L’Impact Académie fait sa rentrée chez Mickey
Le retour de Mauricio
Coucou les caribous, hello les orignaux !
Presque quatre mois d’absence, tu as dû te lamenter de ne pouvoir te régaler des douces académies impactantes du plus beau club de la planète et même du monde. Certes, tu as vécu la fin de saison avec ardeur et sentiments, ne sachant sur quel pied danser, heureux d’une qualification historique en playoffs, triste comme la mort la faute à une fin de saison en eau de boudin et une rouste reçue à Houston. Tu t’es réveillé dans le froid de novembre qui picote, ravi mais ankylosé, fier mais sale, commun symbole d’une première sodomie que tu aurais longtemps désiré. Tu hésites alors : « Dois-je me replonger dans cette expérience encore douloureuse mais pour autant si délicieuse ? »
L’Impact de Montréal n’est pas du genre à te laisser le choix ou même le temps d’hésiter. Après 3 semaines de camp d’entraînement au complexe Marie-Victorin, voilà les Bleu et Noir sur la route de la présaison, direction la Caliiiifooo… euh non pardon, la Floride et Orlando, pour la traditionnelle Classique Disney, plus communément appelée la Coupe Mickey. L’Impact y a rendez-vous pour une première série de trois matches, qui les verra chronologiquement les champions 2013 de Kansas City, les New York Red Boules, et le Fluminense.
Mais tu imagines bien que notre douce équipe a un visage légèrement différent de celui qu’il arborait à Halloween dernier. Remaniement interne, draft, mercato, bien des choses se sont passées en MLS depuis notre dernière rencontre. Je ne te parlerais pas de Toronto aujourd’hui, je préfère attendre qu’ils se ridiculisent d’eux-mêmes pour ensuite frapper la bête blessée, mais sache que les gars d’Ontario ont fait fort avec les arrivées de Defoe, Bradley et Julio César, rien que ça.
Nous, on a misé sur du moins clinquant, synonyme peut-être de plus sûr. Une sorte de continuité inassumée, car le principal élément du staff a changé. Laisse-moi te présenter la gang des newbies.
Entraîneur-chef : Frank Klopas.
La mauvaise deuxième partie de saison aura eu raison de Marco Schällibaum. Le volcan suisse, recordman mondial des sorties de zones techniques, expert ès match coaché des tribunes, a payé son incapacité à faire sortir l’Impact de sa léthargie de fin de saison. La qualification en play-offs n’y aura rien changé. Il faut dire que coach Schälli avait ses aspects problématiques. L’incapacité de trancher entre le 4-4-2 et le 4-5-1 par exemple, son impossibilité à changer le cours d’un match mal engagé, et la façon qu’il a eu de blacklister certains joueurs, Blake Smith le premier. Ce dernier a d’ailleurs multiplié des déclarations à l’intersaison, confirmant à demi-mot que sa relation avec Marco Schällibaum semblait être conflictueuse.
L’Impact Montréal a donc remercié le Suisse pour se pencher vers un pur produit MLS, l’ancien coach du Fire de Chicago, le Greco-Américain Frank Klopas. Passé par l’AEK Athènes en tant que joueur, sélectionné 39 fois avec le Team USA, Klopas prend les rênes du Fire en 2011 et participe à une finale de coupe étasunienne et une participation aux play-offs avec des moyens relativement limités. Sa bonne capacité d’adaption aux situations et contextes différents et soudains seront un avantage certain pour les Bleu et Noir cette année. Sa personnalité moins explosive que celle de Schällibaum, mais son caractère intransigeant peuvent également permettre à l’Impact d’évoluer plus sereinement en 2014.
(Un nouveau parmi les) Entraîneur-adjoint : Nikolaos Kounenakis.
Un Greco-Américain entraîneur-chef, et désormais un Grec pur-sang entraîneur-adjoint aux cotés de Mauro Biello… On sent se rapprocher un clash entre mafia italienne et mafia grecque dans la ville aux cent clochers, depuis qu’on a arrêté le parrain local, il y a une place à prendre. Passé par la Crète ou encore Anderlecht, on espère que sa grande expérience de la Coupe Intertoto va nous ouvrir quelques portes.
Conseiller technique : Alessandro Nesta
La voilà, la nouvelle qui a fait plaisir à tous les supporters montréalais. Alessandro Nesta, tout juste retraité, que l’on annonçait un peu partout, comme à Miami avec Dayvid, est de retour au Québec. Certes, son poste fantôme ne servira pas à grand-chose mis à part récolter ses précieux conseils. On aura probablement l’occasion de le croiser se buvant des canons avec Ferrari, Di Vaio ou Biello… D’ailleurs, en parlant de Ferrari, Nesta aura probablement plus de temps qu’avant pour lui apprendre à défendre correctement.
Draftés : Eric Miller, George Malki, Pete Caringi, Jordan Ongaro.
On en sait assez peu à propos des draftés… A chaque fois, c’est la même rengaine : on attend les noms, les plus drogués d’entre nous cherchent des vidéos YouTube de nos nouveaux poulains. Vidéos que l’on sait parfaitement représentative des qualités d’un joueur de foot, et surtout des qualités dont on a besoin. Bref, le seul qu’on a pu voir évoluer jusqu’ici, c’est Eric Miller. Arrière droit de formation, qu’il a effectuée à la Creighton University, il a évolué avec les U18 et U20 américains. Pour ce que j’en ai vu jusqu’ici, le petit a l’air pas mal doué, même s’il va devoir prendre confiance en lui, parce que là, on a surtout l’impression qu’il retient sa diarrhée à chaque montée adverse. Ce qui n’est finalement pas si évident pour jouer. Pour ce qui est de nos trois autres rookies, je t’en toucherai deux mots le jour où je verrai de quoi ils sont capables.
Recrutés : Santiago Gonzalez, Heath Pearce ?
Footix et Soccerix , en lisant ci-dessus cette si courte liste, tu déchantes, tu te crispes… Attendais-tu Drogba ou le messie ? Pour des lanternes nos vessies tu as pris.
Tout ça pour dire que NON, on n’a pas recruté gros, NON, on n’a pas craché moult billets pour s’attacher les se(r)vices de prostituées footballistiques, et NON, ce n’est pas SI grave. Même si Santiago Gonzalez, 21 ans, recruté sous le statut de Jeune Découverte, est passé complètement à côté de ses trois fois vingt minutes de préparation oui, et que Heath Pearce, en provenance de New York, et visiblement complètement à court de compétition, nous a fait une mi-temps catastrophe contre Kansas City…
Oh, et puis on a eu la rumeur du vrai-faux Piatti aussi, grand moment. Touitteur s’est enflammé par un matin enneigé sur la possible arrivée d’un Piatti à Montréal. Serait-ce Pablo Piatti, le Valencian ayant été un temps annoncé à Rennes l’année dernière, et qui semble bien trop haut et trop jeune pour venir jouer en MLS ? Enflammade généralisée, découverte de liens entre certains joueurs et Piatti via leur agent commun, information d’une offre de gros sous qui tourne (6 à 8 millions de $ de salaire)… Il n’en fallait pas plus pour que le tout Montréal croie un jour voir le jeune Pablo avec le maillot fleurdelysé. C’est l’effet grosses recrues à Toronto, nous aussi on veut notre star, mais restons réaliste messieurs.
Captainé et vice-captainés : Patrice Bernier, Marco Di Vaio, Matteo Ferrari et Troy Perkins.
Captain Davy ayant été gentiment poussé vers la sortie et Washington, il fallait bien que les Bleu et Noir se trouve un nouveau leader. Bon de suspense, le mieux placé et le plus légitime à tenir ce rôle ayant été désigné haut la main. Patrice Bernier portera donc le brassard en 2014, lui qui vient tout juste d’être opéré du genou pendant l’intersaison et qui revient doucement en forme aura la lourde tâche de kicker les foufounes des incompétents. Di Vaio, Ferrari et Perkins seront ses suppléants, mais aucun n’a l’élégance de velours du doux Patrice.
Les partants (tous ne chanteront pas « Je reviendrai à Montréal ») : Davy Arnaud, Andrea Pisanu, Daniele Paponi, Alessandro Nesta (plutôt revenant)…
Des bisous à ceux qui partent et ne reviendront plus, notamment à notre ancien capitaine Davy. C’était sympa de vous avoir avec nous, mais vos départs cumulés libèrent environ 750 000 $ de masse salariale. De quoi se payer des tonnes de putes, ou quelques renforts de poids hmm ?
La Walt Disney Pro Soccer Cup, dite « Coupe à Mickey ».
C’est (presque) une tradition. Chaque année, l’Impact va vivre sa présaison en Floride, à Orlando, au sein d’un mini-tournoi à 8 se déroulant sous le regard bienveillant et protecteur de la bande à Mickey. Le tirage au sort nous ayant placé dans le groupe de la mort, c’est face à des bonnes formations de MLS (New York et les champions de Kansas City) que l’Impact va se frotter, le quatrième larron étant la formation des U23 de Fluminense.
Cinq matches nous attendaient donc : un match préparatoire aux matches préparatoires face à Orlando City, franchise fraîchée du matin pêchée qui rejoindra la MLS en 2015, les trois matches de poule, ainsi qu’un match de classement en fin de tournoi. Heureusement, MLSSoccer et l’Impact permettait gracieusement de suivre ces matches en webstream. Malheureusement, seulement trois de ces cinq matches étaient finalement diffusés.
L’Impact, à l’issue de ses cinq matches, quitte le tournoi avec une fiche de 2-2-1 : deux victoires contre Orlando City (2-1) et contre Fluminense U23 (1-0), deux défaites contre New York (0-3) et Kansas City (2-3) et un nul final contre Philadelphie (1-1), Montréal perdant la séance de tirs au but pour l’octroi de la cinquième place (1-4). En résumé donc, le XI de la ville aux cent clochers ne sera parvenu à battre aucune des trois équipes MLS rencontrées, mais n’aura pas forcément démérité. En effet, contre les Red Boules, l’Impact a multiplié les situations dangereuses, manquant de réalisme à l’inverse des joueurs de la grosse paume (dans l’anus), qui ont marqué trois buts sur leurs quatre occasions. De la même manière, le match contre SKC pouvait laisser des regrets, tant l’équipe a fait jeu égal avec les néo-champions.
Le palmarès 2014
1. Columbus Crew, 2. Kansas City, 3. Orlando et New York, 5. Philadelphie, 6. Impact Montréal, 7. Fluminense U23, 8. Toronto (Ahah).
Cette série de matches préparatoires aura cependant délivré de précieuses informations pour la saison à venir. Tout d’abord, le choix de la formation et de l’alignement. Si Schällibaum avait longtemps hésité entre deux formules, jonglant parfois entre elles dans un même game, le nouvel entraîneur-chef semble avoir déjà tranché. En effet, sur ces cinq parties, l’Impact s’est systématiquement présenté en 4-5-1, avec un milieu défensif à deux, un 10, et deux ailiers positionnés assez haut. Si Klopas a répété qu’il souhaitait en premier lieu pouvoir s’appuyer sur une défense solide, force est de constater que l’Impact ne gagnera rien en jouant bas. Ce qu’a également compris le Greco-Romain, euh Américain sorry, puisqu’il fait jouer son équipe haut, en se basant sur une bonne densité de joueurs au milieu de terrain, pour pouvoir attirer et piéger les défensifs adverses, avant de profiter des espaces et d’écarter sur les ailes. Un jeu de passes courtes prioritaire, variant avec le jeu long et précis de Lefèvre ou Bernardello, dont Montréal abusait grandement la saison passée. D’ailleurs, c’est ce jeu trop long et trop systématique que l’on a vu réapparaître quand les Bleu et Noir fatiguaient ou avaient tendance à limiter leurs efforts. Avec les conséquences que l’on connaît : un ballon qui revient trop vite, une défense parfois lunatique et des milieux défensifs laissant la voie libre dans l’axe.
Ce tournoi aura également permis de (re)découvrir les jeunes de l’Académie (pas celle-là, l’autre), qui ont probablement chacun eu plus de temps de jeu avec l’équipe A en Floride qu’ils n’en avaient sur la totalité de l’année 2013. De quoi entrevoir un avenir ensoleillé pour Montréal, ces jeunes pousses (pas trop fort) augurant du très bon, à l’image d’un Wandrille Lefèvre à qui la place de titulaire en défense centrale semble d’ores et déjà acquise. Evidemment, il est probable que nous ne reverrons plus les Messoudi, Ndiaye ou autre Gagnon-Laparé (le cauchemar des commentateurs US) de sitôt, même si l’effectif un peu juste de l’Impact nécessitera peut-être des renforts dans un groupe resserré de 17 joueurs.
Malgré une rotation constante, voire parfois excessive, lors des matches du tournoi, un XI de départ se dégage assez nettement. Un XI d’ailleurs amputé d’une partie de ses éléments-clés pour le début de saison : Di Vaio et Romero sont tous deux suspendus trois matches suite à leur altercation lors du barrage de play-offs à Houston, Brovsky, Adrian Lopez, Rivas et Bernier sont blessés ou en rémission. Voilà pourquoi on a beaucoup vu Warner, Wenger, Miller ou Niassy chez Mickey.
Ainsi, samedi 8, pour le premier match de l’année en MLS, nous pourrions nous retrouver avec cette équipe.
Avant de continuer avec celle-ci.
En définitive, le bilan de l’Impact chez Mickey est mitigé. Si l’équipe a montré des qualités collectives de conservation et d’utilisation du ballon, basées sur du jeu court, un placement haut et un pressing intensif, elle est parfois retombée dans ses travers de 2013, reculant, se scindant en deux au milieu de terrain et abusant de longs ballons. En résultent de nombreuses inattentions, qu’elles concernent le marquage ou le placement, et donc pas mal de buts encaissés. Huit buts, en cinq matches seulement, alors que le staff appuie sur la solidité défensive dans son discours. On pourra, pour leur défense, arguer que les buts ont souvent été pris à la suite des nombreux changements de joueurs effectués, que certains ont prouvé qu’ils étaient prêts (Camara, Lefèvre), on est tout de même en droit d’avoir de légères inquiétudes, d’autant plus que le nombre du buts marqués est faible, cinq seulement, malgré pléthores d’occasions de conclure.
Des problèmes que les joueurs de l’Impact devront résoudre dans des matches qui valent désormais des points (pas que la Coupe à Mickey manque de classe, loin de là), en ayant de moins en moins droit à l’erreur. Et ça commence ce samedi, face au FC Dallas (la classe à). À tantôt !
Becs anaux,
Mauricio Vincello
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