OM-Dortmund (1-2), la Canebière Académie simule
Rare : contient un gif de Sophie Marceau habillée.
« Putain, même moi quand je suis passé à Plus Belle la Vie, j’étais meilleur acteur », soupirait José Anigo.
Aioli les sapiens,
Pour cette dernière affiche de la Ligue des Champions, l’objectif est de gratter notre premier point et, ce faisant, priver le vice-champion d’Europe d’une qualification. Certes, ce serait très mesquin, mais des études scientifiques ont montré que se comporter envers autrui comme un gros casse-couilles induit des effets bénéfiques sur l’estime de soi (pour l’anecdote, c’est la méthode qu’utilise le psychanalyste de Jean-Michel Aulas pour tenter de le guérir de sa constipation chronique).
L’équipe
Nkoulou et Romao suspendus, Valbuena et André Ayew blessés, José est contraint d’expérimenter dès le premier match, au moins dans la sélection des joueurs. Pour ce qui est du schéma en effet, les partisans d’un 442 losange avec Thauvin en meneur de jeu sont déçus : on en reste à un bon vieux 4231 :
Mandanda – Fanni-Diawara-Mendes-Mendy – Lemina-Cheyrou – Payet-Thauvin-Khalifa – Gignac
Le match
Dès le début, l’équipe montre des progrès significatifs puisqu’elle n’encaisse un but qu’après 202 secondes de jeu, soit une période d’inviolabilité six fois plus longue que contre Arsenal. Reus envoie ainsi, presque sans y croire, une passe en profondeur vers Lewandowski. Prémices de l’analité qui préside à notre alignement défensif tout au long de la rencontre, Lucas Mendes couvre le hors-jeu, se fait battre au duel face à l’attaquant et, pour faire bonne mesure, s’explose la gueule contre Mandanda pendant que le ballon entre dans le but (0-1, 4e).
Cette facétie mise à part, l’OM subit mais parvient à se procurer un coup-franc après un beau slalom de Payet. Dimitri se charge lui-même de tirer le coup-franc sur la tête de Khalifa, lequel profite de l’absence de marquage et du retard de Weidenfeller. Le ballon rebondit sur la barre et, malgré une position de hors-jeu non signalée, Diawara conclut facilement (1-1, 14e).
Le quart d’heure qui suit est celui de tous les espoirs, puisque l’OM fait jeu égal avec son adversaire. La première différence tactique notable avec les schémas d’Elie Baup réside dans le placement très bas des milieux : quand Elie réclamait un bloc haut, ce qui en Ligue des Champions nous a valu quelques contres punitifs, José assume de voir Cheyrou et Lemina assis sur leur défense. Cela évite à Dortmund de nous gêner dans l’axe, mais pose un problème croissant tout au long du match : les Allemands ont tout le loisir d’adresser des belles en profondeur sur notre côté gauche, où Mendy ne cesse de se faire passer dessus avec une complaisance gourmande.
L’OM parvient cependant à proposer de belles remontées de balle et à combiner dans le camp allemand. C’est alors qu’intervient le tournant de la rencontre : déjà averti une minute avant pour un tacle par derrière, Payet reçoit une belle passe de Mendy dans la surface. Devancé, Sahin n’a d’autre choix que de tacler notre attaquant en le touchant légèrement. Dans l’absolu, un pénalty aurait pu se concevoir, mais Dimitri préfère s’en assurer en sortant son grand jeu d’acteur, section « Plus Belle la Vie ». La chute de Payet se transforme en saut de parachutiste : une accentuation grossière d’un contact pourtant réel, mais que l’arbitre décide de considérer comme une simulation pure et simple. Un deuxième carton sévère, et voici l’OM réduit à 10, ce qui fausse entièrement le déroulement d’une rencontre jusqu’ici équilibrée. Alors, de Payet ou de M. Strahonja, qui blâmer ? Indiscutablement, les deux, si l’on suit le théorème du nanar qui postule qu’un mauvais jeu d’acteur ne vaut rien s’il n’est pas magnifié par l’incompétence du réalisateur. Et je le prouve en images :
Voyez donc comment l’œil de Mario Strahonja magnifie l’acting de Dimitri Payet.
Dès lors, peu de choses restent à signaler de la rencontre. Déjà positionnée bas avant l’expulsion, notre équipe se consacre d’autant plus à la défense. Seuls restent devant Gignac, qui s’active comme il peut, et Thauvin, en grande difficulté faute de solutions (Khalifa passant quant à lui à gauche, où ses taches deviennent essentiellement défensives). A la mi-temps, Abdallah replace Mendès, blessé A°) au visage B°) à la cuisse C°) à l’amour-propre, tandis que Fanni glisse dans l’axe. La seconde mi-temps nous voit adopter une stratégie digne du FC Vesoul en Coupe de France pour tenter d’enrayer les assauts de Dortmund. Malgré notre courage, le maintien du score reste un miracle tant notre alignement défensif s’avère calamiteux et notre couloir gauche ouvert comme un sphincter congolais au festival de l’Ebola (au point que Morel est appelé en renfort pour doubler la défense sur ce côté, sans grand succès). Le sommet du n’importe quoi est atteint lorsque Diawara et Lewandowski se livrent à un concours d’analité footballistique.
[Par respect pour le football et parce que des jeunes nous lisent, nous ne proposerons pas de capture d’écran de l’action Diawara-Lewandowski]
Ajoutons à cela l’ouverture du score napolitaine, et l’on se prend à rêver d’un monde où les hipsters dégoûtés retourneraient faire du vélo à pignon fixe sous le métro aérien au lieu de faire chier les honnêtes gens qui veulent juste voir du foot. Hélas, à 5 minutes de la fin, un débordement sur notre côté droit (oui, pour une fois) aboutit à un centre contré qui revient à Gro?kreutz. Son tir en glissant est un modèle de ratage, mais la trajectoire ainsi donnée au ballon surprend Mandanda (1-2, 86e).
Nous finissons ainsi cette Ligue des Champions 2013-2014 avec le même total de points que l’Olympique lyonnais. Sur ces six défaites, l’une a résulté d’une différence de niveau écrasante (BVB-OM, 3-0) et deux d’un effondrement total de notre part (OM-Naples, 2-1 et Arsenal-OM, 2-0). Les trois suivantes « se sont jouées sur des détails », diraient les joueurs, alors que l’OM parvenait à tenir la comparaison : l’erreur de Morel (OM-Arsenal, 1-2), le hors-jeu passif surprenant notre défense (Naples-OM, 3-2), et l’expulsion de Payet. Espérons seulement qu’une telle accumulation de « détails » finisse par mettre la puce à l’oreille de nos joueurs quant à leur niveau réel, et aux progrès qu’il leur reste à atteindre.
Quoi de mieux qu’un but moche pour prendre congé de cette Ligue des Champions ?
Bauposcopie Anigoscopie
Quels enseignements tirer de cette rencontre ? On entend parler d’une « envie » retrouvée, d’un engagement plus intense de nos joueurs. Si notre combativité n’a en effet pas été démentie hier, on se permettra néanmoins de nuancer ce jugement : même regroupée, notre défense a subi un nombre énorme d’occasions, et l’écart final pourrait être de 4 ou 5 buts sans que l’on n’y trouve à redire. Si le ridicule a été évité, il me semble que le responsable en est la maladresse adverse plus qu’une performance admirable de notre part.
Parmi les circonstances atténuantes, outre bien sûr l’infériorité numérique, on retiendra également les charnières centrales inédites, Diawara-Mendes puis Fanni-Diawara. Nos graves défauts dans l’alignement trouvent sans doute des explications dans ce manque de repères, même s’il est vrai que ce secteur de jeu reste fragile cette saison même en la présence de Nkoulou.
Tactiquement, le placement bas de nos milieux s’est avéré être une arme à double tranchant (oui, j’écris des clichés si je veux, et je t’emmerde), comme nous l’avons vu plus haut. L’absence de pressing sur les passeurs nous a fait du tort compte tenu de nos insuffisances sur l’aile gauche. Mais de toute façon, le déroulement du match ne nous offre que peu d’enseignements pour la suite : le recrutement de Jean Fernandez n’étant pas à l’ordre du jour, on n’imagine pas les Marseillais employer en Ligue 1 une tactique utilisée pour défendre à 10 contre 11 face au vice-champion d’Europe.
Les notes
S. Mandanda (2/5) : Un bon match jusqu’aux dix dernières minutes, où il enchaîne une sortie kamikaze pardonnée par l’arbitre, puis une parade manquée sur le tir vicieux de Gro?kreutz.
S. Diawara (2/5) : Beau match dans l’ensemble, mais une monstrueuse cagade qui rendra Jérémy Morel d’autant plus jaloux qu’elle n’occasionne finalement pas de but.
L. Mendes (1/5) : Quand il manque de rythme, il est mauvais. Quand il est mauvais, il ne joue pas. Quand il ne joue pas, il manque de rythme.
R. Fanni (1+/5) : S’il couvre sa femme aussi souvent qu’il couvre le hors-jeu, il aura au moins fait une heureuse. Le petit-pont final par Mkhitarian, c’était cadeau.
B. Mendy (1-/5) : Un point pour l’apport offensif. Pour le reste, il est à la virginité de notre couloir gauche ce qu’une petite culotte est à la virginité de Miley Cyrus : un trompe-l’œil peu crédible.
M. Lemina (2+/5) : Pas de miracle, mais un match appliqué : ce genre de performance lui permet d’accumuler de l’expérience.
B. Cheyrou (2+/5) : Comme pour son jeune équipier, difficile de lui mettre plus compte tenu de la domination allemande, mais ça reste correct vu les circonstances.
D. Payet (1/5) : Tant qu’à faire comme d’habitude, c’est-à-dire une bonne demi-heure et puis rien, autant ne pas rester sur le terrain en effet.
F. Thauvin (2-/5) : Quelques belles séquences lors de notre bonne période, mais aussi quelque déchet. Trop isolé après l’expulsion.
S. Khalifa (2+/5) : Même si je ne suis pas fan de son placement sur l’aile, Saber s’est activé, a défendu et est à l’origine de l’égalisation. Remplacé pour raisons tactiques.
AP Gignac (2/5) : Il n’a pas ménagé ses efforts, malgré la vanité de nos espoirs offensifs en seconde mi-temps. Il lui a manqué l’efficacité dans ses frappes.
Les remplaçants
K. Abdallah pour L. Mendes (45e, 2/5) :Plutôt tranquille, tellement les Allemands se sont appliqués à nous violer sur l’aile opposée.
J. Morel pour S. Khalifa (55e, 2/5) : Vu que Khalifa finissait par défendre à hauteur de Mendy, José a préféré entériner cette configuration en faisant entrer un vrai défenseur. Avec un résultat ni meilleur, ni pire.
G. Imbula pour F. Thauvin (79e) : A eu le temps de produire l’une de ses chevauchées, vite descendue par un tacle adverse.
L’invité zoologique : Jürgen Kloppossum
Bestiole rigolote s’il en est, l’opossum crie, saute partout, fait des tours et amuse la galerie. Animal très intelligent, il a toutefois du mal à être crédible lorsqu’il se prend pour le roi de la jungle, d’autant que l’histoire se finit souvent par son aplatissement sous les roues de quelque BMW bavaroise. Voici ses observations.
– Les autres : Leur défense décimée est porteuse d’un beau potentiel slipal, de même que leur fébrilité à la conclusion des actions. Après, entre les deux, évidemment, ça reste très fort.
– Vu d’en face : La Borussia Akademie ressortira-t-elle ses petits mickeys ?
– Les jeunes : Pendant ce temps, les moins de 19 ans s’imposent 4 à 1 face à Dortmund en Youth League. Ils finissent éliminés pour un point à cause d’un mauvais début de compétition, mais ont montré des résultats bien plus satisfaisants que leurs aînés.
– « Oh là lààà ! Oh c’est nuuuul-euh. »: la réaction de l’apprenti-CJP commentant l’expulsion de Payet sur BeIn Sport est particulièrement savoureuse. Promis, tu auras une capture audio en bonus.
– L’Alter-OM : Ca fait longtemps qu’on ne te l’a pas rappelé : Petit-Pont Moulon délaisse parfois sa mémé pour écrire des bons papiers sur l’OM, ici : http://alterom.wordpress.com/
– La page abonnement : à visiter, pour que vive l’alterfoot cananal historique
– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook et sur Twitter. Comme notre abonné Rémi M., viens gagner le concours zoologique et repars avec un filet garni.
– Instant ludique : Avec « les Yeux de l’OM » continue à jouer avec les supporters :
La bonne réponse était : Œdipe Monvier, de la Cabucelle, après la passe en retrait de Diawara.
Bises massilianales,
Blaah.

salut Blaah,
je te rejoins sur l’analyse bien trop optimiste du regain d’envie de l’équipe hier, notons que les ratés allemands nous permettent de pas prendre une vilaine rouste (Lewandowski par trois fois, Reus et Grossekrotte aussi)
perso, j’ai vu une équipe au supplice de la quatrième minute à la dernière, avec juste un temps faible de qq minutes post égalisation
Payet joue très mal le coup, y’a péno mais son carpé vrillé gâche tout…
sinon Gignac, je ne sais pas combien de fois je l’ai vu perdre le ballon suite à une tentative de dribble face à deux ou trois allemands, sa finesse technique n’a d’égale que l’élasticité de son short
bref ce matin ça pique un peu, on rejoint le club des zéros, à jamais les premiers français et les premiers anciens champions d’europe
fait chier pour la fatigue physique, déjà qu’il manque nos meilleurs éléments, mais en plus les autres se sont crevés le cul pour rien
José qui balance que c’est anecdotique et qu’on aurait du prendre des points avant, comme dirait loulou N, il a poignardé Baup à coup de saucisses
la classe à l’américaine pour Don josé
PS : les jeunes, ce sont les mêmes qui ont fait demi de Next Series y’a deux ans ? y’en a un ou deux qui pourraient monter en équipe une ?
mes petits yeux s’étaient éclairés en apercevant le GIF avec Sophien Marceau… et puis en fait non…
Merci pour ces bons moments!! On y reviendra dans qq années!!
On pourrait déjà se positionner comme l’Olympic Madinet d’Arzew du Nord sans emmerder personne… Mais avec Anigale qu’allons nous devenir..?
*** ** * Allez l’OM ! * ** ***