Aioli les sapiens,

 

Tu m’excuseras du retard de l’académie, je n’avais pas fini mon transfert vers le zoo de la Barben. Il faut dire que le directeur du zoo n’a accepté ma venue qu’à la condition que le convoi se fasse en mode « Hannibal Lecter » de peur que, porté par les bonnes performances olympiennes, je n’agresse sexuellement tout ce qui bouge dans les massifs forestiers du département.

Les adieux déchirants au Jardin des Plantes.

 

L’équipe

Pas de compo animée cette fois-ci, académie dégradée oblige. De toute façon, le 4231 classique n’a guère bougé en cours de partie (à part quelques reculs de Romao en fonction des déplacements de Saint-Maximin – non, pas le village, lui il reste où il est) :

Mandanda – Dja Djédjé-Nkoulou-Morel-Mendy – Romao-Imbula (Lemina, 64e) – Thauvin (Alessandrini, 56e)-Payet (Barrada, 83e)-Ayew – Gignac

 

Le match

Après que Reims nous a donné l’occasion d’un hélicobite dont l’ampleur aurait pu à elle seule annihiler le blocus de Berlin en 48, ce premier test contre un « gros » de la Ligain devait enfin permettre à notre effectif de s’étalonner – je t’arrête tout de suite, cela n’a rien à voir avec les pratiques sexuelles équines. Note qu’une défaite aurait permis à Bordeaux de prendre la tête du championnat : nous attendons les remerciements officiels du gouvernement à Marseille pour avoir ainsi évité aux ménages français de sombrer un peu plus dans la sinistrose.

Sans pouvoir dire si cela nous rassure réellement, ce match fut la copie quasi-conforme du Marseille-Saint-Étienne de l’an dernier : acte 1 : on démonte ; acte 2 : on prend un but connement (arbitrage sévère l’an dernier, inattention défensive cette fois-ci ; acte 3 : on serre les miches).

De manière plus détaillée, cela donne un début de rencontre où les Verts tentent de s’imposer au milieu de terrain, mais se font cueillir aussi naïvement qu’un anus d’énarque dans les chiottes d’un relais pour routiers. Sur une belle percée, Imbula transmet à Payet, qui écarte pour Dja Djédjé. Les Stéphanois sont particulièrement attentifs à Dimitri, habitué à s’immiscer entre les lignes défensives sur ce genre d’action. Manque de bol pour eux, Payet reste en retrait, et c’est Gianelli qui poursuit très intelligemment son déplacement pour occuper l’espace entre milieu et défenseurs adverses. Le temps que ces derniers se sortent les doigts du fondement, Imbula a déjà envoyé sa frappe enroulée au fond du but (1-0, 8e).

Si Saint-Étienne se montre toujours présent dans l’entrejeu, ce sont bien les occasions olympiennes qui rompent la verte uniformité des slips foréziens en donnant à leurs propriétaires l’occasion de les garnir de jolis camaïeux allant du glauque au brun, voire au jaunâtre pour les plus malnutris de cette région déshéritée.

Pensant offrir aux siens un instant de relâchement de leur raphé anococcygien (cherche sur wikipedia), Clerc protège le ballon après une passe trop longue de notre part. Une candidate se rendant en mini-jupe à un jury de recrutement pour horsjeu.net n’eût pas été plus exposée que François Clerc à cet instant du match : André Ayew se jette sur la pauvrette et la dépouille de sa dignité en même temps que du ballon. Esseulé à l’entrée de la surface, Payet se charge de faire subir les derniers outrages à une proie bien trop consentante pour qu’on lui fasse l’honneur de la nommer victime (2-0, 28e).

La déréliction des défenseurs verts laisse un instant poindre l’éventualité d’une nouvelle fessée en bonne et due forme. Las, nos joueurs pêchent par manque de concentration et laissent Saint-Etienne surnager, jusqu’à inquiéter Mandanda en fin de mi-temps.

A la mi-temps, Erding sort pour Lemoine, ce qui a pour conséquence de renforcer encore le milieu stéphanois. Mais si nous souffrons au centre de terrain, la défense fait bonne garde. Les trois-quarts de la défense en tout cas, car sur le côté droit, Dja Djédjé et Thauvin nous gratifient d’un grand numéro de n’importe quoi : sur un centre d’Allan Saint-Maximin à la trajectoire à peu près aussi informe que son patronyme, Dja Djédjé n’intervient pas tandis que Thauvin ne suit pas la montée de Brison (« Les roux c’est comme les séropositifs, se justifiera Florian après la rencontre. Même s’il ne faut pas croire les rumeurs, je préfère ne pas les serrer de trop près. »). Peu technique au-delà du raisonnable, le latéral forézien imagine qu’un tibia adverse se tient en lieu et place de la balle : résultat immédiat, il envoie un grand coup de latte qui propulse d’une part le ballon au ras du poteau (2-1, 54e), et d’autre part Thauvin sur le banc de touche (remplacé immédiatement par Alessandrini, il se voit remettre par Bielsa l’ordre de conjuguer vingt fois et à tous les temps « Je ne quitterai plus le marquage de mon adversaire quand celui-ci part au but »)

Usés physiquement et mentalement, les Olympiens subissent le jeu des verts, sans cependant concéder d’occasion. Quelques tentatives de notre côté, par Alessandrini notamment, inquiètent légèrement Ruffier. Enfin, si Nkoulou frôle le carton rouge en fin de match à la suite de deux fautes grossières, nous avons d’autant moins le temps de trembler que Saint-Étienne s’acharne à faire n’importe quoi à mesure que le terme approche.

Nous retirons donc de la rencontre une victoire solide face à notre opposant le plus sérieux depuis le début du championnat. Après trois matches en une semaine, l’effectif a naturellement montré des faiblesses qui l’ont empêché de réaliser l’intense pressing habituel. Si les questions demeurent quant à notre capacité à durer à ce niveau, on ne chipotera pas notre plaisir d’avoir remporté un match au sommet, tant ce genre de victoire fut rare ces derniers temps.

 

Les joueurs

S. Mandanda (3/5) : Une sortie à la oneagain – mais efficace – en première mi-temps, et globalement un match sérieux même si, lors du but, il laisse entre lui et son poteau autant d’espace qu’il s’en trouve entre les cuisses d’une miss météo un jour de casting.

N. Nkoulou (4-/5) : Des interventions ciselées au poinçon d’orfèvre dans les 80 premières minutes, à la tronçonneuse de bûcheron pété au calva dans les 10 dernières. Tant que ça reste efficace et impuni, on est preneurs.

J. Morel (4-/5) : Un jour, j’ai frappé l’académicien lorientais pour le punir de Jérémy Morel. Qu’il me soit ici permis de me repentir publiquement : je n’avais pas saisi que la Bretagne nous envoyait plus qu’un joueur, plus qu’un homme : un Symbole. Un peu comme Jo le Sconse dans le sens inverse. Et avec un Citroën Berlingo.

B. Dja Djédjé (1/5) : Forcément, face à Reims, on peut fermer les yeux sur le placement défensif. Là, ça variait du sévèrement douteux au franc n’importe quoi.

B. Mendy (3+/5) : Pendant que Dja Djédjé continue à faire le con en Segpa, Mendy bosse sérieusement son CAP. Dans la vraie vie on s’en foutrait, ils finiraient chômeurs de toute façon. En foot en revanche, on est plus enclins à encourager Benjamin.

A. Romao (2+/5) : Non mais alors, OK, c’est sobre et correct, le placement entre défense et milieu est toujours adéquat. Rien à dire là-dessus. Mais quand on souffre à ce point au milieu dans un match au sommet, un petit supplément serait bienvenu. C’est comme au restau : là, tu sens que c’est pas le soir où tu te fais le kebab habituel, non, là c’est un repas accompagné et potentiellement pré-fornicatoire, donc c’est entrée-plat-dessert, obligé. Alors t’es un peu déçu quand le patron n’a pas saisi l’enjeu et qu’il a laissé la nappe trouée et les verres sales de d’habitude.

G. Imbula (4/5) : Gianelli est un milieu qui récupère, qui percute, et qui marque de 20 mètres. Pendant ce temps, les ravisseurs de Benoît Cheyrou viennent de baisser la rançon à 3,75 euros et un abonnement gratuit à Le Vélo.

M. Lemina (64e, 3/5) : Parfois hésitant dans son placement. A part ça, ni coup d’éclat ni grosse erreur.

F. Thauvin (1/5) : Ah non, mais déjà qu’offensivement il n’y a pas grand-chose qui passe, si en plus tu laisses Brice se démerder tout seul en défense, c’est comme si tu confiais un taille-haie à un mongolien.

R. Alessandrini (56e, 3/5) : De l’envie et de bonnes tentatives, mais pas de réussite. Dans une sodomie-académie, une telle appréciation ne vaudrait pas la moyenne, mais pour un match de foot cela convient.

A. Ayew (4/5) : Quand on se souviendra d’Ayew, on retiendra les passes décisives et les buts, mais aussi et surtout les retours défensifs qu’il était capable de sortir après 88 minutes de jeu.

[là, si j’avais l’ADSL déjà installé dans mon enclos, tu aurais droit à un gif de retour défensif d’André à la 88e minute ; tu n’as te dire que c’est comme le porno, c’est meilleur quand ça laisse  place à l’imagination.]

D. Payet (4/5) : Lui en ce moment, que ce soit Reims, Saint-Étienne ou les Fauvettes de la Viste, il s’en cague : il défonce tout de la même manière.

A. Barrada (83e) : Attend que les grosses cylindrées de l’effectif tombent en panne sèche pour prendre le relais.

AP Gignac (2/5) : Rien à faire, malgré ses efforts, ce n’était pas dans son coin que la soirée se passait, pour une fois.

 

L’invité zoologique : Jonathan Bison

D’une puissance à la limite de la brutalité, inesthétique mais si absolu dans son absence de subtilité qu’on en viendrait presque à lui trouver une sorte de majesté, le bison est avant tout une bête du passé vouée à être exterminée par plus moderne que lui, ne laissant végéter de sa population que quelques individus à seule fin de maintenir éveillée, on ne sait pourquoi, la nostalgie des vertes années. Le bison, emblème vintage pour les riches, pacoulin définitif pour les autres, et donc stéphanois jusqu’à l’excès.

CQFD.

Les autres : C’est très gentil à eux de ne pas avoir débuté dans leur configuration de la seconde période, qui nous a bien ennuyés. Merci aussi pour l’absence d’ardeur défensive. Sorti de cela, une vraiment belle équipe nonobstant leurs traits disharmonieux et leur accent à faire pleurer des boulets d’anthracite.

L’ambiance : à en croire nos lecteurs, c’était plus que grand au Vélodrome. Mais là encore, il te faut imaginer, la faute à ma connexion défaillante et, de toute façon, à la vidéo promise non fournie par Benjamin, que je vous invite à huer en commentaires. Bravo en revanche à Lee Suix pour le concours zoologique.

La découverte : tiens, puisqu’on parle de huer, je te propose de te rendre sur cette page et d’en saluer la noblesse du projet et la grâce des illustrations (personnellement, je trouve qu’il existe des termes déjà suffisamment hideux en soi pour que l’on ait en plus envie de les associer. « Colorectal », par exemple. Ou « PSG-Sciences-Po », donc).

Vu d’en face : normalement, ça arrive aussi aujourd’hui.

Le classement : Toujours au beau fixe, 2 points devant Bordeaux, 4 devant Lille, et 5 devant l’ASSE et Paris. Et Metz, aussi.

La page abonnement : à visiter, pour que vive l’alterfoot cananal historique.

Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook et sur Twitter. Les éventuels lecteurs tarasconnais peuvent s’en servir pour m’inviter au bistrot.

Bises massilianales,

Blaah

9 thoughts on “OM-Saint-Etienne (2-1), La Canebière Académie s’installe

  1. Maaaaa foi les fautes j’ai honte; une orthographe en hommage aux replis de Thauvin, je suis encore tout chose de ce début de championnat !

  2. Attention, risque de priapisme généralisé pour tout les suiveurs de l’OM cette saison…ça fait mal mais qu’est ce que c’est bon ! Pourvu que ça dur(e)…

  3. Quelle Acad.
    Bon, c’est comme du Michel Onfray, faut un dictionnaire à côté de soi, mais on a l’impression d’être moins con après. Bravo aux mecs d’en haut.

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