Angers-OM (2-1) : la Canebière Académie n’avait pas commandé ça

3

Fan in a slip.

Blaah et lapin

Aïoli les sapiens,

On a coutume de dire que la présence de Clément Turpin sur une feuille de match suffit à annoncer une défaite ponctuée de quelque enculerie arbitrale. C’est, sinon faux, du moins largement exagéré. D’une part il est arrivé que nous gagnions des matchs sous sa direction, et d’autre part il ne faut pas nous prendre pour le centre du monde : cet homme a moins une haine envers nos couleurs qu’envers le football en général.

Non, si l’on cherche un indicateur bien plus fiable d’une branlée à venir, c’est à la une de l’Équipe et des différents médias qu’il faut la chercher : quand Jacques-Henri Eyraud commence à y pointer sa gueule de raie, là on peut prédire à coup sûr que le destin se chargera illico de lui rabattre le claque-merde.

Qu’est-ce qu’on devrait dire.

Ces derniers jours, nous avons eu droit à un président injuriant les anciens employés du club, étalant son arrogance techno-mes-couilles de dirigeant de XXIe siècle tout en pleurnichant de s’être fait pigeonner par Médiapro et appelant à la mobilisation d’une armée de hackers pour lutter contre le fléau du piratage. Car oui, on s’étonne dans les hautes sphères que les jeunes rechignent à payer 300 balles pour voir onze abrutis chier sur leurs couleurs à longueur de temps. Pourtant, s’il fallait s’étonner d’une chose, ce serait surtout du fait qu’il reste de vieux cons comme nous pour continuer à consacrer du temps (beaucoup) et de l’argent (trop) à cette bande de pignoufs. Mais bon, il semblerait que l’anomalie soit en passe d’être résolue puisque notre manager du siècle semble convaincu de la pertinence de dégoûter tous ceux qui attachent une quelconque importance à l’identité du club.

Or donc, comme d’habitude en de pareilles circonstances, les joueurs ont apporté sur le terrain une réponse à la hauteur des flatulences verbales du trou du cul qui leur sert de chef : ils ont souhaité joyeux Noël à tous les supporters en pissant dans leurs petits souliers.

All I want for Christmas is you.


L’équipe

Mandanda
Sakai (Khaoui, 45e) – Alvaro – Caleta-Car – Nagatomo (Strootman, 74e)
Rongier – Kamara
Germain (Luis Henrique,60e) – Cuisance (Thauvin, 60e) – Payet
Benedetto (Aké, 74e)

Après avoir vu sa suspension suspendue au match précédent, Gueye a vu la suspension de sa suspension suspendue par le CNOSF qui a considéré qu’il n’y avait pas lieu de ne pas le suspendre. Bref, Pape est absent, mais Morgan Sanson n’est pas pour autant sur le terrain, laissant à Michael Cuisance l’espoir de jouer enfin à son poste, dans un 442 mené par Payet et doté de deux vrais attaquants.

Du moins, c’est ce que nous croyions, pauvres naïfs : Payet est à gauche, Germain à droite et Cuisance quelque part entre les deux. Autre joueur forcé de jouer à un poste contrariant ses qualités naturelles, Nagatomo est aligné à gauche plutôt qu’en maison de retraite, à cause de la blessure persistante d’Amavi.


Le match

Au début cela ressemble à un accident : Alvaro est un peu mou au duel, alors que l’attaquant contrôle devant lui, mais on peut imaginer qu’il s’applique à éviter le pénalty. Valentin Rongier revient à point nommé pour intercepter le centre qui s’ensuit, mais foire son contrôle et permet à Perreira Lage d’ajuster Mandanda une main dans le slip (1-0, 4e). Cela ressemble à un accident mais au fond, on sait qu’il est inutile de nous mentir à nous-mêmes : on ne reconnaît que trop bien les dispositions d’esprit affichées, et l’OM est évidemment parti pour nous chier à la gueule.

Deux actions de Payet font illusion, avant que l’OM ne démissionne dès la 13e minute : Cuisance est signalé hors-jeu, si bien que tout le monde s’arrête pendant que l’arbitre laisse l’avantage et que les Angevins partent en contre-attaque. Miraculeusement, le tir fuit hors cadre et l’on se dit qu’à défaut du jeu, leur chatte proverbiale pourrait bien sauver une fois de plus notre bande de mastres. Ceci étant dit, la chance c’est comme l’orgasme féminin, il faut essayer d’être un minimum attentionné pour espérer la provoquer. Or nos branleurs du soir sont tout sauf concernés et, sur une touche dans notre camp, laissent les Angevins brouter sur la tête de Rongier pour une remise vers Diony, lequel jongle tranquillement autour de Nagatomo pour ficher un tir en pivot dans le petit filet d’un Mandanda scotché (2-0, 23e).

Plus grand-chose ne survient ensuite, si ce n’est quelques occasions d’aggraver la marque pour nos adversaires. La mi-temps est atteinte sur un total de zéro tir en notre faveur : nous réitérons la performance exécutée contre le Manchester City de De Bruyne, mais cette fois-ci contre le SCO d’Angers de Loïs Diony. Valentin Rongier  promet « de se dire les choses » dans le vestiaire ; d’expérience, il est prouvé que les paroles les plus efficaces en termes de motivation des joueurs sont « ta mère la pute, maintenant tu te mets à courir sinon on te défonce ta voiture », et prononcées de préférence avec une haleine chargée de 2 grammes d’anisette.  C’est peu dire que la mise au point annoncée par Valentin risque de s’avérer bien fade.


Pendant ce temps, André Villas-Boas compulse fébrilement le catalogue King Jouet pour y trouver un latéral à découper et à coller sur sa liste au Père Noël. Dans l’attente, il se résout à jouer avec ce qu’il a sous la main et fait entrer Khaoui, pendant que Nagatomo passe à droite pour vérifier si l’on y respecte davantage la fin de vie (il ne lui faut pas 30 secondes pour qu’une accélération particulièrement humiliante ne lui fasse perdre ses sphincters et regretter le bon temps à l’Ehpad Jolies Blattes, surtout le mercredi, c’était le jour des choux-fleurs béchamel et des soirées Plus Belle La Vie).


La reprise de l’OM est encore plus atroce que sa première période, ce qui n’est pas un mince exploit. Il faut encore patienter un quart d’heure pour que notre entraîneur procède à des changements plus significatifs, sans doute sur l’injonction de Jacques-Henri Eyraud qui attend que les téléspectateurs pirates craquent devant le spectacle et aillent eux-mêmes se dénoncer à la Hadopi. Les entrées de Luis Henrique et surtout Thauvin donnent un peu d’allant à l’équipe, qui se montre enfin présente dans le camp adverse. Sur un centre anodin, Pereira Lage est tellement persuadé que nos attaquants vont mettre un coup de boule n’importe où sauf dans le ballon, qu’il va au duel en se protégeant, le coude en avant. Le ballon lui tombe dessus et nous offre un pénalty particulièrement idiot. À la différence de son président, Payet n’est jamais aussi bon que lorsqu’il ouvre la bouche dans la presse et, par conséquent, applique soigneusement son plat du pied à ras de terre… que Berdnardoni a vu venir à des kilomètres et détourne d’une belle détente.

En réaction, Villas-Boas sort immédiatement Nagatomo et Benedetto, ce qui ne sert pas à grand-chose mais permet au moins de lui passer les nerfs. Payet se rattrape quant à lui quelques minutes plus tard quand, servi par Khaoui, il centre très en retrait pour Rongier. Le GIGN se déploie aussitôt sur les toits d’Angers pour sniper le ballon expédié par Valentin avant qu’il ne cause des dégâts dans la ville. Dans un éclair de lucidité, plutôt que de chercher à contrôler ce ballon haut, Rongier place de l’entrée de la surface une tête lobée qui laisse Bernardoni comme un couillon (2-1, 75e).


Attiré par le parfum d’un nouveau match nul d’escrocs, l’OM accélère mais voit ses tentatives contrariées par un monceau de fautes techniques. Au bout des 6 minutes additionnelles causées par une blessure assez horrible de Romain Thomas, le corner salvateur survient. Pour la seule fois de la rencontre, les Angevins lâchent complètement le marquage et laissent deux des nôtres seuls aux six-mètres. Mais alors que Caleta-Car savourait déjà son but avec un « groumpf » de satisfaction, Marley Hacké saute en premier pour prendre le ballon de la tête et le catapulter à quatre mètres au-dessus du but.

À force de ne pas respecter le football, celui-ci a enfin décidé de se venger et, même si cela ne fait pas nos affaires, on ne peut pas s’empêcher de trouver cela plutôt mérité.


Les joueurs

Mandanda (2/5) : N’a pas vu partir le tir de Diony, occupé qu’il était à crier à Nagatomo de se mettre à défendre, bordel de merde. C’est très respectueux de sa part, mais un autre gardien aurait considéré la cause perdue d’office et se serait concentré tout de suite sur le tir qui allait inévitablement s’ensuivre.

Sakai (1/5) : Pour une fois, Hiroki n’avait pas l’air de se trouver dans un état d’épuisement extrême, il avait juste l’air nul.

Alvaro (2/5) : Je ne reviendrai pas sur les idées politiques présumées d’Alvaro mais je constate simplement que lorsqu’on se rend dans une ville de droite catholique, il est tout de suite plus conciliant.

Caleta-Car (2/5) : Malmené par les feux follets angevins, il a décidé de résoudre le problème à sa manière, en les assommant à gros coups de charges à l’épaule. Il aurait peut-être fallu commencer par là, en fait.

Nagatomo (1-/5) : À un moment, son recrutement dépasse la simple incompétence, on est à la frontière de la prise illégale d’intérêt.

Kamara (2-/5) : Alors il ne faut pas écouter le président, hein, quand on travaille à l’OM ce n’est pas interdit d’être Marseillais ET performant.

Rongier (2/5) : Après 70 minutes passées comme un gros tas informe complètement noyé, Lamentin Rongier s’est décidé à remonter à la surface pour respirer un peu.

Cuisance (1-/5) : Si on lui demandait de choisir le poste où il se trouve le plus à l’aise, entre meneur de jeu olympien ou présentatrice météo en string ficelle, Michael se précipiterait chez Étam.

Thauvin (60e, 3/5) : Mis au frigo par Villas-Boas sans qu’on sache bien si c’était pour le reposer ou pour lui apprendre à critiquer le jeu de l’équipe en public. Une entrée qui n’a pas révolutionné le match mais comme l’on dit à Cassis : au royaume des viers marins, les figures de poulpe sont rois.

Germain (1/5) : Alors attaquant de pointe, ça me paraissait logique mais apparemment ça ne l’est pas. Défenseur placé haut, ça lui correspond bien. Défenseur latéral servant de couche-confiance pour Nagatomo, à la rigueur. Mais remplacer Thauvin poste pour poste sur l’aile, j’ai beau savoir Valère polyvalent, la finalité m’échappe.

Luis Henrique (60e, 2+/5) : Pas la pire entrée mais de toute façon je boude, moi je voulais Radonjic pour au moins rigoler un peu.

Payet (2/5) : Après son match médiocre et le pénalty raté, la passe décisive était la moindre des choses, ne serait-ce que pour ne pas voir sa prime d’assurance habitation battre des records.

Benedetto (1/5) : Personne ne le calcule, on dirait Jean-Pierre Marielle qui commande un pot d’eau chaude dans « Les Acteurs ». Pas de chance, Villasd-Boas avait glissé la consigne « pensez à chercher l’attaquant de pointe » dans le short de Marley Aké, les joueurs ne l’ont pas reçue plus tôt.

Aké (74e) : Mange la cheville de Romain Thomas (involontairtement) ainsi que l’égalisation à la dernière minute. Soyons indulgent avec ce jeune homme comme nous le sommes avec l’espoir du tennis français qui vient de subir 48 défaites au premier tour depuis qu’il est passé pro.


L’invité zoologique : Loïs Dindony

Invitée par excellence appropriée à la période, la dinde est un mets copieux qui ravit les grandes tablées de fête. Même l’épidémie n’a pas freiné le succès de la volaille reine, qu’il convient d’apprêter comme il se doit : on la farcit, on l’attache et on l’enfourne.

Évidemment, il arrive parfois – comme ce soir – que l’on rencontre des déconvenues.

– les autres : C’est sooooooo twetnty century, ces clubs de football qui se contentent de jouer au football en équipe. On se demande bien comment ces dinosaures espèrent séduire les digital natives alors qu’ils ne disposent même pas de label de rap. Tant qu’ils seront gérés par des fan in suits, ils ne risquent pas de changer.

le classement : 3,5 millions de followers sur twitter et 59 808 sur LinkedIn.

les boutons : les petites choses ci-dessous intitulées « faire un don » et « rejoins-nous » te font de grands yeux attendrissants pour que tu viennes cliquer dessus.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Instagram et sur Twitter. Sylvain LN gagne le concours zoologique.

3 réflexions sur “Angers-OM (2-1) : la Canebière Académie n’avait pas commandé ça

  1. heureusement que je suis fada de l’OM et pas des joueurs sinon j’aurais arrêté de les supporter (au moins 2 sens de ce verbe fonctionnent avec ce que je ressens) et me serais rabattu sur l’impact…équipe de chèvres au demeurant, mais au moins c’est du local et ça me coûterait beaucoup moins cher en frais d’envoi, d’importation et autre vol caractérisée pour que je puisse me procurer des chandails (maillots en français de chez vous) que les olympiens,AVB en tête s’évertuent à souiller à chaque match…et en plus on a Fanni qui refuse de prendre sa retraite et continue à nourrir des pigeons québécois

Répondre à Rami Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.