Auxerre-OM (0-2), La Canebière académie se réchauffe

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Plaisir simple

blaah

Aïoli les sapiens,

Le stade de l’Abbé-Deschamps, cette petite madeleine qui fleure bon le football de notre enfance, le football de patronage, l’entraîneur de terroir, la pépinière de talents où l’OM s’est fourni plus souvent qu’à son tour, et des retournés acrobatiques refusés en Ligue des champions.

Là où l’actualité de l’OM est au diapason de celle du football d’en haut, absolument déprimante, la crainte était grande de voir la rencontre de l’après-midi nous laisser le choix entre la purge victorieuse ou l’humiliation. Finalement, contre toute attente, cette parenthèse nous aura offert quelques petits moments d’amour du football vrai :

Dans les yeux de Jean-Marc Furlan, interrogé sur l’OM en conférence de presse d’avant match :

https://twitter.com/tom_OM13/status/1359305263812145155
La beauté simple du football chez les amoureux de ce sport


… dans les yeux de Nasser Larguet, après le but de Cheikh Bamba Dieng pour son premier match en pro :

La beauté simple du football chez les amoureux de ce sport (bis)


… dans les yeux des minots de Diambars, d’où est originaire ce même Dieng :

La beauté simple du football chez les amoureux de ce sport (ter)


… dans les yeux de Jacques-Henri Eyraud… ah non, pardon, lui reste comme toujours égal à lui-même :

La beauté simple du football chez les amoureux de ce sport (quater)


L’équipe

Pelé
Lirola – Balerdi – Kamara– Sakai
Rongier (Ntcham, 45e) – Gueye – Khaoui (Cuisance, 57e)
Luis Henrique (Thauvin, 45e) – Benedetto (Rocchia, 69e) – Germain (Dieng, 81e)

Après avoir craqué contre le PSG, Payet gagne le droit de se mettre la tête au frais pour quelque temps. Amavi n’est pas encore de retour, tandis qu’Alvaro et Milik sont blessés. Sans parler d’équipe B, Nasser Larguet effectue cependant d’importants changements : la défense centrale est remplacée, Khaoui prend place au milieu et Luis Henrique gagne le droit de faire ses preuves comme titulaire.


Le match

Témoins de la légendaire hospitalité bourguignonne, les Auxerrois prennent soin de nous réchauffer par ce froid glacial en entreprenant notamment de faire danser tout notre côté gauche sur chaque action. Les combinaisons icaunaises font progresser le ballon entre Sakai et ses copains comme une bille de flipper au milieu des champignons, aboutissant à un slipomètre déjà en alerte dès la 5e minute.

Quand bien même l’adversaire est en Ligue 2, l’OM ne prend pas le jeu à son compte et procède par contre-attaques. Benedetto répond ainsi au très bon appel de Germain plein axe, qui remet à Khaoui. Saïf-Eddine retrouve Dario mais, au terme d’un long sprint, l’attaquant ne parvient pas à piquer son ballon dans le cadre.


Bien qu’affichant une ambition de jeu certaines, les auxerrois ne dédaigneraient pas pour autant un bon but de con, qu’ils sont tout près de marquer après une faute de Gueye : sur le coup-franc, Benedetto est dominé de la tête avant que Germain et Pelé ne regardent ce ballon tout mou rouler lentement jusqu’au poteau. Pas davantage de réussite de notre côté sur une offrande similaire, quand le gardien bourguignon croit judicieux de boxer notre corner vers son propre but. Le ballon est repoussé par un défenseur sur sa ligne ; seul à un mètre du but vide, Gueye est victime d’un arrêt-réseau inopiné qui l’empêche inexplicablement de pousser le ballon au fond.

Cette mi-temps difficile s’achève sur un nouveau coup de chaud slipométrique, quand une ultime contre-attaque aboutit à un bon ballon dans le dos de Gueye et Rongier, pour une reprise entre les jambes de Pelé que l’Albatros détourne de manière chanceuse par la grâce de ses pieds palmés.


Nasser Larguet sort Luis Henrique à la mi-temps, remplacé par Thauvin. Ntcham fait quant à lui son apparition à la place de Rongier. Si l’on ne peut pas dire que les Olympiens maîtrisent quoi que ce soit, on semble néanmoins constater une certaine volonté de jouer plus haut. C’est ainsi qu’un bon pressing de Lirola permet à tous les supporters olympiens de se remémorer enfin à quoi ressemble un centre digne de ce nom : la passe millimétrée de Pol trouve Benedetto, qui a su se démarquer pour placer sa tête dans le petit filet (0-1, 54e).

L’OM subit immédiatement sa fameuse rétractation gonadique, à peine atténuée par les cris de l’entraîneur implorant ses troupes de ne pas se recroqueviller dans leur camp. Même nos contre-attaques se raréfient, pénalisée par un déchet technique constant tout au long du match. L’AJA presse sans guère se montrer dangereuse, à l’exception d’une belle parade de Pelé, alors qu’un attaquant était parti dans le dos de Kamara. À l’image des manchots empereurs, nos Olympiens affrontent la tempête regroupés et solidaires : ça tient chaud et c’est bon pour la confiance.

Pour son premier match en pro, le jeune Cheikh Bamba Dieng se met au diapason, apportant son écot aux tâches défensives. C’est alors que Lirola récupère le ballon aux abords de notre surface, remonte le terrain et lance Dieng dans la profondeur. Notre attaquant résiste au défenseur et clôt la marque : peu intéressant au-delà du raisonnable, ce match aura au moins eu le mérite de se conclure sur ce petit bonheur footballistique simple dont notre club est si avare en ce moment (0-2, 92e).


Les joueurs

Pelé (3+/5) : Solide sur les occasions auxerroises, mais de toute façon le destin avait choisi de ne pas lui faire encaisser de but quoi qu’il arrive.

Lirola (4/5) : Le simple fait de nous voir réussir un centre aurait suffi à nous plonger dans l’extase, alors deux passes décisives dans le même match, je te raconte pas.

Balerdi (3/5) : Un match serein, de l’expérience emmagasinée à peu de frais.

Kamara (3/5) : « Celui qui se laisse aller à de petits dérapages reste pardonnable tant qu’il couvre les dérapages d’autrui. » Cette appréciation du match de Bouba pourrait aussi servir de devise aux sexagénaires pédophiles du Quartier Latin.

Sakai (2-/5) : Je n’ai pas relu les engagements sur le rôle sociétal de l’OM, mais si ça se trouve la présence de Sakai est un geste militant. Certains font la grève de la faim, bah nous on fait la grève du Sakai : Hiroki ne se reposera pas tant que Gérald Darmanin n’aura pas démissionné. On commence quand même à craindre pour notre Bobby Sands nippon, dont la santé semble commencer à être salement entamée.

Gueye (3-/5) : Le travail avec le psychomotricien semble porter ses fruits, au moins pour ce qui est du module « je prends conscience de la longueur de mes membres pour éviter de prendre des cartons jaunes en les mettant dans la gueule des adversaires ». À voir son loupé devant le but on peut supposer qu’on a perdu des connexions neuronales en route mais bon, ça, ça se répare.

Rongier (2/5) : Les réseaux sociaux ont le sarcasme facile sur les zadistes, altermondialistes, hippies et autres baba-cools. Personnellement, j’ai du mal à dénigrer ceux qui cultivent, certes de manière pas toujours adroite, l’utopie de s’extirper de notre monde de merde. Vivre en harmonie les uns avec les autres et avec l’environnement, a priori, ça se défend. Mais pas sur un terrain de foot. Alors Valentin, s’il te plaît, maintenant tu arrêtes de faire de la démocratie participative pendant les matchs et tu te remets à pisser dans tous les coins pour montrer aux autres que le milieu de terrain, c’est notre propriété.

Ntcham (45e, 3/5) : En effet, ce ne peut pas être le successeur de Morgan Sanson : il a joué sobrement en faisant avancer le bloc au lieu de courir partout n’importe comment.

Khaoui (3-/5) : N’a pas fait grand-chose pour éviter à Sakai de se faire jongler sur les phases défensives. Balle au pied en revanche, il y avait de l’idée.

Cuisance (56e, 3-/5) : L’inverse du précédent : pas avare de pressing pour empêcher les auxerrois d’arriver trop vite dans notre camp, Michaël s’est servi des phases offensives pour s’adonner à son péché mignon, la perte de balle sous toutes ses formes.

Luis Henrique (2+/5) : La pépite de Botafogo : on ne sait pas s’il méritera son surnom au premier degré ou juste pour se foutre de lui. Ce n’est pas son match, ni affolant ni infamant, qui nous en dira plus. Au moins Doria s’était vite positionné, lui.

Thauvin (45e, 2/5) : Il aimerait bien mais ça veut pas.

Germain (2/5) : Peu éblouissant au-delà du raisonnable pendant le match, il s’apprêtait à jouer son rôle de false-nine-advanced-libero lorsqu’Auxerre jouerait son va-tout. C’est alors que Nasser Larguet a eu l’idée ahurissante de le remplacer par un paltoquet qui non seulement a défendu à sa place, mais s’est permis de surcroît l’outrecuidance de marquer un but. Il n’y a plus de valeurs, ma bonne dame.

Dieng (81e) : Nous procure le premier authentique sourire depuis bien longtemps. Évidemment, cette réussite ne présage en rien de la suite de sa carrière, et dresser des avis définitifs ne lui rendrait aucunement service. Gardons donc la tête froide et rappelons que malgré son potentiel, sa carrière pourra aboutir à des résultats très différents. Donc gardons-nous de toute enflammade et contentons-nous de dire que nous tenons le futur Samuel Eto’o, ce sera plus réaliste.

Benedetto (3/5) : Un 32e de finale de coupe de France idéal pour regagner de la confiance et entamer une fin de saison en boulet de canon, comme cela avait été le cas pour Steven Fletcher.

Rocchia (69e) : Mais il était encore là, lui, au fait ? Mais pourquoi on a fait jouer Nagatomo alors ?


L’invité zoologique : Jean-Marc Furet

Animal sympathique et malin, héros de nos comptines d’enfance, le furet est la star des nouveaux animaux de compagnie. Surtout, à la différence des putois sauvages, le furet est parfaitement inoffensif, à plus forte raison si on lui a coupé les couilles. Il s’agit donc de l’invité approprié pour évoquer ces adversaires aussi élégants que peu contrariants.

– Les autres : Jean-Marc Furlan est un bel homme, Jean-Marc Furlan est un apôtre du beau football, Jean-Marc Furlan aime l’OM. Nous aimons Jean-Marc Furlan, c’est pourquoi nous ne lui souhaiterons jamais de venir dans notre club de tarés. De toute façon, ce type a récemment déclaré : « tu as intérêt à avoir une identité régionale forte si tu ne veux pas que tes joueurs te chient dessus » ; on voit d’autant moins pourquoi il viendrait entraîner Dimitri Payet dans un club dirigé par Jacques-Henri Eyraud.

– Les supporters : pensées aux supporters encore en prison ainsi qu’à ceux récemment placés en garde à vue.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Instagram et sur Twitter. Homerc remporte le concours zoologique.

Bises massilianales,

Blaah.

2 réflexions sur “Auxerre-OM (0-2), La Canebière académie se réchauffe

  1. Maître Larguet prend des options courageuses, et payantes… sobre et dans une sorte de garde à vue: le trait d’union qui manque entre le club et ses supporters…

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