Konyasport-OM (1-1), La Canebière académie ballotte
Ligue Europas trop vite le matin, et doucement le soir.
Aïoli les sapiens,
Pour vous chers abonnés, dans le but de retranscrire l’intensité émotionnelle du match le plus fidèlement possible, nous allons rédiger cette introduction avec la même implication qu’ont montrée nos joueurs au cours de la rencontre :

L’équipe
Mandanda
Sakai – Rami – Rolando – Amavi
Luiz Gustavo – Zambo Anguissa (Sarr, 84e)
Thauvin (Njie, 69e) – Sanson – Ocampos (Payet, 65e)
Germain
A l’exception de Mitroglou, replacé par Germain, l’équipe-type est alignée (quoi, « Payet » ?). Certes, on peut toujours s’interroger sur la pertinence de jouer les quatre premières rencontres en mode « battage de couilles » avant de se préoccuper de la compétition pour deux derniers matchs au slipomètre. En général, les équipes supposées meilleurs assurent rapidement la qualification pour se permettre d’aligner une équipe bis dans les dernières journées, mais Rudi Garcia, faute de léguer son nom à un style de jeu bien défini, tente sans doute de passer pour un entraîneur de football postmoderne dans un projet de jeu le rapprochant encore plus vite de Michel Houellebecq que ses transformations capillaires en cours.
Le match
La vivacité de Serge Gainsbourg à trois grammes dans les duels, la lucidité de Cyril Hanouna à trois grammes au moment de s’appliquer sur une passe : si la meilleure équipe est alignée, la différence avec les rencontres précédentes ne saute pas aux yeux. Passons rapidement sur la première mi-temps, inintéressante au possible malgré un net réveil olympien dans les dernières minutes.
Le coup d’envoi de la seconde période, tapé directement en touche dans les 22 mètres turcs, augure de 45 minutes tout aussi passionnantes. Passes ratées, mauvais choix, défense souvent dépassée : Monsieur Lapin commence tout doucement à pointer une oreille hors de son terrier, quand le match vire au grand n’importe quoi. Pressés par leur retard au classement, les Turcs se livrent en ordre dispersé aux alentours de l’heure de jeu, laissant des boulevards impressionnants dans leur camp.
L’OM se met alors en devoir de saloper consciencieusement les innombrables situations qui, de la part de joueurs un tant soit peu appliqués, aboutiraient normalement à une flopée d’occasions. Une minute après son entrée en jeu, Clinton Njie enrhume cependant un défenseur, avant d’être accroché dans la surface : l’arbitre ne siffle pas le pénalty qui semble s’imposer. Dix minutes plus tard, en revanche, notre défense montre une nouvelle fois la vivacité du vier marin lorsqu’un sale tir de l’entrée de la surface se transforme en passe décisive. En retard, Amavi pousse l’attaquant dans le dos et, cette fois-ci, le chauve de service indique le point de pénalty. Et assorti d’un carton rouge, tiens, comme pour mieux nous dire : « peut-être comprendrez-vous enfin qu’en jouant vos matchs à moitié, vous vous mettez à la merci du premier trou du cul arbitral venu ». Skubic ne se prive pas de battre Mandanda (1-0, 80e).
A dix minutes de la fin, l’OM est donc relégué à la troisième place du groupe, en infériorité numérique, techniquement bourré au Cointreau et tactiquement sous LSD. Seul un miracle pourrait alors nous sortir du traquenard, sachant que ledit miracle s’est déjà produit pas plus tard que dimanche dernier à Bordeaux. Et pourtant.
Et pourtant, à la 92e, Konyasport gâche une contre-attaque par un mauvais choix. Une minute plus tard, Rami adresse le ballon du désespoir à Clinton Njie, qui dépose la défense et le gardien, sorti n’importe comment à sa rencontre. Excentré, Clinton redresse le ballon d’un piteux centre que le dénommé Moké conclut d’un contre-son-camp assez grotesque (1-1, 93e). En ce triste anniversaire académique, nous remercions le défenseur pour son but que l’on pourrait aisément qualifier de « comme un symbole ».
Pour le reste, j’aimerais assez qu’en cas d’élimination à la dernière journée, Rudi Garcia ne s’épanche pas sur l’influence de tel ou tel fait de jeu, eu égard au wagon de points dilapidés dans ces cinq premières journées. Et en cas d’élimination en 16 contre un ogre reversé de la Ligue des Champions, j’aimerais derechef qu’il ne s’épanche pas sur l’impossibilité de la tâche, puisque lui et son équipe n’auront rien fait pour obtenir une première place qui nous aurait garanti un tirage plus aisé. En fait, je me rends compte que j’aime assez quand Rudi Garcia se tait, de manière générale (sauf ici : là, c’était bien)
Les joueurs
Mandanda (2+/5) : Rien à faire à part claquer du slip sur les tirs non-cadrés turcs et être pris à contre-pied sur pénalty. Avec une telle expérience de la Turquie, Valérie Boyer vient de gagner un électeur.
Rami (2+/5) : Pas beaucoup plus vif que le reste de la défense ni beaucoup plus adroit, mais parmi les différents parpaings balancés au cours du match il est l’auteur de celui qui s’avère décisif. Le rédac’chef n’aime pas que je mette des « plus », mais c’est typiquement le genre de chose qui vaut un « plus ».
Rolando (2/5) : OK, j’arrête de le comparer à un tracteur. Un tracteur ne se fait pas renverser par une charge à l’épaule dans le rond-central.
Sakai (3/5) : Une constance qui montre qu’Hiroki Sakai ne s’est pas totalement acclimaté à son pays d’accueil : au lieu de se battre les noix de la coupe d’Europe comme tout le monde, il y joue comme en championnat.
Amavi (1+/5) : On passera sur le carton rouge plutôt sévère, mais toujours est-il que sa charge de bœuf, serticquienne dans l’âme, a failli nous coûter bien cher.
Luiz Gustavo (3-/5) : A d’abord essayé de se montrer mou du gland pour se conformer au reste de l’équipe, mais c’était trop lui demander : en seconde période il n’a pas pu s’empêcher de presser haut et de transmettre des ballons propres, ce rebelle.
Zambo Anguissa (2/5) : Moins perdu qu’à Bordeaux, mais ses passes ont toujours l’acuité d’une analyse sociologique de Pascal Praud.
Sarr (84e) : Lâché en plein foutoir avec un pistolet à bouchon.
Thauvin (3-/5) : « Numérobis, si je t’ai appelé, c’est parce que tu es le meilleur architecte d’Alexandrie… ce qui n’est pas grand-chose, d’ailleurs ». Eh bien Florian c’est pareil, c’était notre meilleur attaquant.
Njie (69e) : Aurait d’abord pu obtenir un pénalty. Mais il aurait pu aussi obtenir des tombereaux d’insultes si Moké n’avait pas eu l’idée de dévier son centre dans le but, donc l’un dans l’autre ça reste une bonne soirée pour Clinton.
Sanson (1+/5) : Voilà, un autre exemple du « plus ». C’est pour dire que même mauvais, il n’a pas rien foutu, qu’il a essayé. Une sorte de pédagogie nordique basée sur les encouragements, quoi.
Ocampos (1/5) : Se met au service du collectif, obtient quelques succès, en tire une certaine estime, puis se remet à faire de la merde en jouant tout seul. Depuis septembre, Lucas Ocampos c’est une campagne de Jean-Luc Mélenchon.
Payet (65e) : La seule consolation, c’est qu’actuellement West Ham n’est pas en état pour se foutre de notre gueule.
Germain (1/5) : Non mais l’intelligence de jeu, les déviations subtiles de la tête, les remises délicates, ya rien à dire, c’est parfait. Mais des appels terminés par des pointus de gros rustre au fond des filets, on serait aussi preneurs.
L’invité zoologique : Nejc Skubic-Doo
Avec sa tête de demeuré maladroit, on est bien en peine de le prendre au sérieux. Pourtant, nous aurions dû savoir que lui et sa bande de bras cassés démasquent toujours les méchants. Avant de ficeler Rudi Garcia et de lui enlever son masque pour révéler qu’il s’agit en vérité d’Elie Baup, notre canidé-détective nous livre ses observations.
– Les autres : Vilains, mais plus vifs et plus appliqués que nous : la recette parfaite pour susciter l’hilarité de la France du foot s’ils nous éliminent.
– Le classement : Salzburg est qualifié et assuré de la première place du groupe. Lors de la dernière journée, seule une défaite à domicile contre les Autrichiens couplée à une victoire de Konyasport contre Guimares nous éliminerait. Dans tout autre cas, c’est la seconde place qui nous tend les bras, et donc un 1/16e de finale contre un probable gros adversaire avec retour à l’extérieur.
– Bielsa : Une pensée pour le départ imminent et si prévisible de Bielsa du Losc. Il y aura toujours un couvert dressé pour lui à la table des hommes intègres.
– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook et sur Twitter. Didier A. remporte le concours zoologique.
Bises massilianales,
Blaah.
#unverrepourMoké #unCSCpourMoké.
PS : quel maillot de chiotte ! Violet-Real Madrid… atroce !
Pour une fois (c’est rare ! ) je m’interroge sur la note de Rolando… Qui fut selon moi le meilleur joueur sur le terrain hier. Ça fait même quelques matchs qu’on se rend a peine compte qu’il est lent.
La vie c’est fou, non?
Un cubi pour Moké