Lorient-OM (0-1) : la Canebière Académie relance les dés

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Tentative de conceptualisation tactique.

blaah

Aïoli les sapiens,

« Le football se joue sur des détails », aiment à dire les entraîneurs, particulièrement ceux dont l’équipe ne maîtrise tellement rien que leurs matchs ne sont qu’une succession de coups du sort, parfois favorables, parfois non. Après avoir longtemps cru pouvoir passer une rencontre de Ligue des Champions sans tirer la carte « analité du latéral gauche », l’OM se rendait à Lorient muni de quelques innovations tactico-personnelles et surtout de ses pattes de lapins et fer à cheval.

L’histoire a vu fleurir différentes expressions : football total, football champagne, football protagoniste… L’OM de Villas-Boas, lui, se montre encore différent. Certainement pas offensif, certainement pas défensif non plus, pas totalement passif, il s’agirait de plutôt mêler deux styles : d’une part le style aléatoire, qui assume le fait que la vie est une pute et que, quoi que l’on tente, le destin aura toujours le dessus ; d’autre part le style cycliste, où l’enjeu essentiel est de passer le plus de temps possible à avancer ses pions sans se découvrir ni s’exposer, avant de placer l’attaque décisive au moment stratégique. En un mot comme en cent, André Villas-Boas vient de conceptualiser le football-flubupte.


L’équipe

Mandanda
Sakai – Balerdi – Alvaro – Amavi
Rongier – Kamara – Gueye (Sanson, 70e)
Cuisance (Caleta-Car, 88e)
Thauvin (Radonjic, 82e) – Benedetto (Aké, 88e)

La suspension de Payet est du pain bénit, en ce qu’elle permet à la fois des changements d’hommes et de système sans risquer d’égratigner l’égo du capitaine. Ce contexte permet à Villas-Boas de répondre à la campagne d’Octobre Rose en se décidant enfin à l’exérèse de quelques tumeurs pendant que notre jeu est encore curable.

On revient ainsi au 442 losange entrevu contre Bordeaux, pendant que Caleta-Car est laissé au repos au profit de Balerdi.


Le match

Top ! Je représente une métaphore de la combativité, pour certains je suis un élément essentiel au sport de haut niveau tandis que d’autres m’emploient ironiquement pour dénoncer un poncif destiné à masquer la pauvreté du jeu, mon emploi représente également un procédé comique par exemple dans les sketchs des Nuls, organe pair du corps humain renfermant les cellules germinales mâles, je suis désigné par un terme que le Larousse signale comme « vulgaire », je suis, je suis…

Les couilles, en effet. Faute d’espoirs en termes de jeu, on savoure avec un certain entrain le duel de gentlemen brutaux que se livrent Lorient et Marseille, à base d’hippopotacles dans le respect, de charges à l’épaule fraternelles et de semelles jamais où il ne faut pas. Après l’interdiction de passes vers l’avant et le changement de toute la première ligne à la 75e minute, l’OM fait tout ce qu’il faut pour nous faire aimer le sport ; dommage que ce soit le rugby.

Bref, les Lorientais nous imposent un défi physique auquel nous répondons volontiers. Cela représente déjà un progrès notable, par rapport à des joueurs se rendant à la Ligue des Champions comme s’ils allaient voir Le Tombeau des Lucioles projeté sur écran géant au Camp des Milles. Plus encore, des coups de pieds arrêtés prometteurs, dont le tout premier aboutit à une tête de Balerdi sauvée par le gardien, nous autorisent même quelque espoir. Posté en meneur de jeu, Cuisance montre justesse et volume de jeu et, comble du bonheur, cela semble inciter ses équipiers à jouer vers l’avant.


Communsymbole de campagne de Joe Biden, il y a cependant une marge entre « peut-être mettre un terme une ère d’ignominie » et « ouvrir une ère de progrès ». Ainsi, malgré toutes ses bonnes dispositions, l’OM ne se procure finalement guère plus d’occasions que d’habitude. Disons que l’on ne se taillade désormais les veines qu’une fois le ballon à 25 mètres du but adverse : les optimistes diront qu’on a gagné 30 mètres depuis mercredi dernier. À la pause, on peut encore se dire que notre impuissance est en grande partie due à la discipline lorientaise, alternant blocquéquipe impénétrable et séquences de pressing de mammouth.

Le match reprend slipomètre au plancher, nos joueurs conservant la détestable habitude de se montrer encore plus mauvais au retour des vestiaires. Au propre comme au figuré, un déluge s’abat sur la cage de Mandanda, sept minutes ininterrompues de pertes de balle dans notre camp et ponctuées par un tir sur l’extérieur du poteau.

Au flubupte, c’est le moment que Villas-Boas choisirait pour tirer en début de manche un sort « Eléphant en slip » à 6 jetons et griller tous ses adversaires d’un coup.  Appliqué au football, cela se traduit par cette semelle reçue par Amavi, et ce coup-franc trop long de Thauvin : démentant la légende des Bretons capables de pisser face au vent, le gardien voit arriver vers lui le ballon et la dépression nord-atlantique et, ne sachant pas comment manipuler cette chose tourbillonnante et chargée d’embruns, choisit de prudemment la laisser sortir. Pas de bol pour lui, Florian a titré un double-six : le ballon le lobe sans franchir la ligne, pour le plus grand bonheur de Balerdi qui avait suivi la trajectoire et parvient à placer sa tête dans un angle impossible (0-1, 54e).

Thauvin est tout près d’une seconde passe décisive dans la foulée, qui cette fois-ci ne doit rien au hasard : le centre pour Benedetto est parfait, le démarquage de l’Argentin également. C’est oublier que la confiance de Dario est au fond du mitroglouffre, d’où ce coup de tête qui va se perdre à côté du but.


Par la suite, qu’il s’agisse des tentatives lorientaises ou de nos contre-attaques, l’arrosage des tribunes est de mise en ce samedi décidément très humide. Mandanda ayant peu l’occasion de préserver le score par ses arrêts, il s’y emploie à raison d’une minute gagnée par renvoi aux six-mètres. Le match se conclut ainsi sur de multiples paradoxes :
– une absence de maîtrise des événements, mais au final un certain nombre d’occasions ;
– inversement, une construction bien meilleure avec ce 442 Cuisance, mais une défense adverse pas plus déséquilibrée qu’avec l’Outremangeur des Mascareignes ;
– un Florian Thauvin une nouvelle fois décisif alors qu’il a à peu près tout raté.

On en viendrait presque à souhaiter que la bonne grosse branlée promise par City se concrétise, histoire qu’au moins une fois dans la saison on sache à quoi s’en tenir avec cet OM-là. Si certains schémas de jeu se caractérisent par la force du bloc équipe, on préfèrera ici proposer le concept de blob-équipe : c’est informe, c’est moche, mais ça réussit à accomplir la seule mission qui lui est destinée : survivre.


Les joueurs

Mandanda (3/5) : Quelques traces de pneu dans le slip en seconde période, mais c’étaient des pneus-pluie donc ça va.

Sakai (3-/5) : Théorie : en fait Hiroki a toujours le même niveau en match. Si on le trouve parfois correct et d’autres fois nul à chier, ce n’est pas un baromètre de son jeu, c’est un baromètre de notre humeur.

Balerdi (4/5) : Eh bien eh bien, en voici une bonne surprise. Après deux bizutages délicats, Leo a réalisé un match irréprochable, avec ce but très adroit en bonus.

Alvaro (3/5) : Après avoir tenté de suppléer Caleta-Car à la relance longue avec le même résultat que ses compatriotes restauratrices d’art sur les tableaux de maître, Alvaro s’est cantonné à ce qu’il sait faire de mieux : le duel autoritaire assorti d’un regard de tueur psychopathe dont on ne sait jamais bien s’il s’adresse à ses partenaires ou à ses adversaires.

Amavi (4/5) : Même une grosse bévue dans le temps additionnel en Ligue des Champions n’érafle pas la sérénité du Jordan nouveau. Maintenant, à chaque fois que Jordan réussit une interception j’ai l’impression d’avoir réussi à signer un contrat avec De Mesmaeker.

Kamara (2/5) : Pas le dernier à arracher les ballons des pieds bretons en première période, Bouba s’est trouvé parmi les principaux à se liquéfier au retour des vestiaires. Lorient a dû lui envoyer une miss météo à la pause, ou quelque chose dans le genre.

Gueye (3-/5) : Nous passons d’un milieu de terrain perdant des ballons après avoir couru tout droit en criant « AAAAAH », à un autre milieu de terrain ayant certes perdu des ballons, mais en montrant néanmoins la volonté d’en faire quelque chose.

Sanson (70e) : Eh bien figurez-vous que nous allons nous-mêmes péter la vanne précédente en signalant que Morgan savait non seulement ce qu’il devait faire, mais en plus l’a plutôt correctement fait. Morgan a récupéré et transmis nombre de ballons chauds, et y est même allé lui aussi de son tir hors cadre en fin de match.

Rongier (3/5) : L’envie de déboîter des adversaires semble revenue, et on croirait même voir poindre celle de jouer vers l’avant. Autant, il a prévu d’éclore définitivement à la fête de Samain ? C’est con, avec tous les druides qu’il y avait dans le coin on aurait pu leur demander confirmation.

Cuisance (3/5) : L’OM sans Payet, c’est comme un plat de champignons de Paris sans amanite phalloïde : on perd à la fois le goût et le poison. Michaël a donné à notre jeu une fluidité que Toxic Dim est bien en peine de nous procurer, mais pour un résultat chiffré finalement guère plus important en termes d’actions dangereuses. Si sa nette baisse physique l’a empêché de faire jaillir nos contre-attaques, on notera qu’il s’est montré assez adroit et lucide pour conserver le ballon dans ces moments cruciaux.

Caleta-Car (88) : En concurrence avec Valère Germain pour la fonction de défenseur des cinq dernières minutes.

Thauvin (2+/5) : Rate à peu près tout à l’exception de ses coups de pieds arrêtés, rate aussi un coup de pied arrêté qui se transforme en passe décisive.

Il est énervant, hein ?

Radonjic (82) : Une bonne entrée matérialisée par d’excellentes récupérations et deux passes qui auraient pu s’avérer décisives. Pour tout dire, il n’a goinfré qu’une seule contre-attaque, et encore était-ce sans doute à cause de la météo davantage que d’un problème de développement psychomoteur.

Benedetto (2-/5) : Il manque tellement de confiance, on dirait une enquête Odoxa sur le moral des ménages.

Aké (88e) : A pu empoisonner un peu les relances lorientaises, et soigner un peu aussi notre total d’occasions salopées.


L’invité zoologique : Laurent Abergerdespyrénées

Le chien de berger des Pyrénées est un joyeux et fidèle compagnon, qui ne dédaigne pas sauter aux couilles de l’importun que celui-ci soit un loup, un ours ou un randonneur. Mais bon, il suffit de nez pas se laisser impressionner et cela reste au final un bon gros toutou domestique. Voici ses observations.

– Les autres : Discipline et engagement, manque de créativité, maladresse face au but, vous me mettez un tampon « made in France » et vous m’envoyez ça au contrôle de certification pour le ventre mou de la Ligue 1. Ah, et pour une fois nous n’avons pas fait de blague sur le second prénom de Thomas Monconduit (Ramon). Voilà qui est corrigé.

Le classement : Trois points pris à l’extérieur un « lendemain » de Ligue des Champions et nous revoici sur les talons de Rennes. Survivre, on vous a dit.

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La radio : On se retrouve jeudi à 18h30 pour « Passe ton ballon » sur la radio rk13.fr, l’émission qui fera également office de cellule psychologique après OM-Manchester City.

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– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Instagram et sur Twitter. Didier A. gagne le concours zoologique.

Bises massilianales,

Blaah.

3 réflexions sur “Lorient-OM (0-1) : la Canebière Académie relance les dés

  1. on dirait bien qu’AVB a un peu perdu le fil…
    (et que Payet l’a mangé avec un énorme plat gras)
    mais bon, qui sait, avec un Pipa retrouvé on pourra enfin dire à monsieur Lapin de prendre quelques vacances méritées…
    allez l’OM!

  2. On va vraiment jouer contre City Avec cette équipe ?
    Genre ils jouent la même compétition que nous ??

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