OM-Lorient (3-1) : La Canebière Académie expédie les affaires courantes

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Eh non, c’est pas les vacances.

Aïoli les sapiens,

Il règne depuis la déroute européenne de jeudi une atmosphère de fin de classe. Et encore, pas de n’importe quelle classe. Ici, pas d’effusions ni de fêtes débridées, pas de souhaits de bonnes vacances dans l’impatience déjà naissante de se retrouver à la rentrée. Non, cette fin de classe-là, c’est cette période morose où les placards se vident alors que le travail doit pourtant continuer, ce sont ces jours qui ne passent pas assez vite avant de pouvoir s’enfuir pas assez loin, ce sont les professeurs qui soupirent de devoir pendant quelques semaines encore faire semblant de pouvoir apprendre quelque chose à ce ramassis de cancres. Personne n’a plus envie d’être ici mais tout le monde y est forcé par de fumeuses échéances.

Pour ce qui est de l’OM, il s’agit avant tout, maintenant que la saison est ratée dans les grandes largeurs, de ne pas déjà commencer à gâcher la suivante. Une qualification européenne est à sauver, mais exige trois victoires lors de nos trois dernières rencontres. Cela impose d’obtenir en deux matchs autant de victoires à l’extérieur autant de victoires à l’extérieur qu’au cours des quatorze précédents. Le tout avec des joueurs dont la moitié se doute fort qu’ils ne seront de toute façon pas au club l’an prochain. L’essentiel, donc, reste d’au moins faire semblant d’y croire.


Les Longorious Basterds 

Lopez
Murillo – Mbemba – Gigot (Meïté, 71e) – Garcia
Sarr (Ndiaye, 63e) – Gueye (Kondogbia, 77e) – Veretout (Onana, 77e) – Luis Henrique
Moubagna (Harit, 63e) – Aubameyang

Balerdi suspendu, Gasset revient à une défense à quatre. Nous enregistrons également le retour de blessure de Meïté.


Le match

Comme on pouvait le craindre, l’OM entame un match mouligasse, ponctué cependant de quelques accélérations. Lorient fait le dos rond, puis s’ancre progressivement dans notre camp et à maîtriser le ballon. La rencontre se présente ainsi comme le genre de prestation amorphe où le moindre événement contraire peut suffire à faire démissionner l’équipe. Heureusement, le temps fort breton de la demi-heure ne se concrétise pas.

Côté lorientais ceci dit, l’affaire se présente sans trop de surprises non plus. Nous avons affaire au type du valeureux relégable capable de réussir un coup mais qui peut se faire assommer de deux coups derrière les oreilles en une minute. L’un de ces coups arrive en fin de première mi-temps, quand après avoir fait tourner le ballon dans le camp adverse, Murillo est servi à l’angle de la surface. Son centre fouetté paraît téléguidé pour Aubameyang, qui surgit entre deux défenseurs pour marquer de la tête (1-0, 37e). Moins fin mais tout aussi efficace, ce corner joué à deux par Luis Henrique et Veretout, dont le centre trouve la tête de Moumbagna. Le gardien pare d’une belle horizontale, et le ballon retombe entre lui, un défenseur et Samuel Gigot. Notre héros envoie des coups de jambes comme Vin Diesel envoie des coups de machette pour se frayer un chemin dans la jungle : principalement concentrés sur le fait d’en sortir vivants, ses deux adversaires évitent de contrarier Samuel, qui fait progresser le ballon à grands coups de tatanes ponctués de  grands « GNIAAAAARGH » jusqu’à ce que ces coéquipiers viennent l’informer que le ballon avait déjà passé la ligne depuis un quart d’heure et qu’il pouvait donc cesser de taper dedans comme un sourd (2-0, 41e).

Chez n’importe quel club la cause serait entendue dès la mi-temps, mais il est acquis qu’à l’OM on ne plie pas un match : on le chiffonne. Dès l’engagement ou presque, Mbemba hérite du ballon à l’entrée de notre surface et, dans un somptueux pétage de plomb, son genou droit de met à dribbler son genou gauche. Bamba saisit l’aubaine et lance Benjamin Mendy, resté en pointeur et qui ajuste facilement Lopez (2-1, 43e).


Conscients que le Vélodrome leur prépare son plus beau florilège d’insultes aux mères, aïeules, grands-oncles et animaux domestiques, les joueurs se mettent en devoir de rapidement dissiper les doutes. Une récupération autoritaire de Gigot dans le camp adverse, l’une des seules percussions dignes de ce nom d’ailleurs, se prolonge d’une petite combinaison Aubameyang-Sarr. A la réception du centre d’Ismaïla, Katseris se prend d’une flemme monumentale à l’idée de devoir se taper un énième duel aérien contre Moumbagna, et se contente de retenir notre 38-tonnes par le bras. C’est un pénalty, que Jean-Bite transforme d’un contre-pied une main dans le slip (3-1, 54e).

Prenant le parti que cette fois, l’essentiel est acquis, l’OM se met en devoir de se battre totalement de la notion de jeu. L’équipe se contente ainsi de subir en s’appliquant à ne pas commettre de nouvelle bourde fatale. Dans le même esprit, Gasset procède à des remplacements destinés à préserver les joueurs, ce qui atténue d’autant nos ambitions : avec les sorties de Sarr et Moumbagna pour Ndiaye et Harit, la solidité de notre ancrage dans le camp adverse s’abaisse en effet à un niveau compris entre le prout et la Patafix périmée.

Un gros moment d’errance défensive s’achève par une tête de Katseris sur la barre. Cet avertissement sans frais nous permet de continuer à gérer le match en gâchant nos contre-attaques le plus tranquillement du monde. La deuxième alerte sérieuse n’intervient ainsi qu’à la 88e, mais l’attaquant lorientais, esseulé, nous évite une fin de match au slipomètre en catapultant la balle au-dessus.


Les joueurs

Lopez (3/5) : Tout aussi surpris que Mbemba de la présence de Benjamin Mendy à cet endroit du terrain, comme en témoigne ce dialogue entre nos deux joueurs :

Murillo (3/5) : Savoureux comme des pâtes à l’eau, avec cependant ce petit centre décisif en guise de cube de bouillon.

Mbemba (2/5) : Cette Mbembourde, c’était clairement un avertissement de ses genoux : « maintenant tu nous reposes ou on démissionne ».

Gigot (4/5) : Alors que ces derniers temps on voyait surtout le mauvais Samuel Gigot, celui qui saute sur tout ce qui bouge en criant « GNAAARGH », ce soir on a enfin revu le bon Samuel Gigot, celui quis saute sur tout ce qui bouge en criant « GNAAARGH ».

Meïté (75e) : Enfin de retour, il ne sera pas de trop pour les deux dernières échéances.

Garcia (2/5) : Il n’a pas de forme bien définie, son esthétique est discutable, son usage est limité, mais il dépanne quand on en a besoin : c’est le serre-joint Garcia.

Gueye (3-/5) : Pour sa dernière au Vélodrome, il a paru jouer à l’économie. J’ai cru comprendre que c’était important pour lui, les économies.

Kondogbia (77e) : Pas de bougnette.

Veretout (3-/5) : Comme le dit le dicton, « contre Lorient, c’est suffisant ».

Onana (77e) : Pas de catastrophe en sa présence, c’est tout ce qu’on lui demande.

Sarr (3+/5) : Sans prétendre à la perfection, il a tout de même fait en sorte que l’on ne fasse pas totalement pendant une heure.

Ndiaye (65e, 1/5) : Pablo Longoria va le dealer au mercato comme Dromadine deale ses doubles du phyllobate à bande dans les cartes Merveilles du Monde. Avec la succession de prêts qu’il va se taper, Illiman peut tirer une croix sur ses problèmes immobiliers et directement habiter dans un camping-car.

Luis Henrique (3-/5) : Son activité et surtout le score final invitent à considérer avec une inhabituelle bienveillance son Entressen technique (c’est comme un déchet technique, mais en tas de 8 mètres de haut).

Moumbagna (4/5) : Véritable conte de fée que le sien :Ariel la petite sirène, mais transposée au Cercle des Nageurs de Marseille. Il était une fois Fariel, un water-poloïste avide de découvrir le vaste monde. Heureusement, les allées du CNM sont peuplées de créatures féériques que l’on ne rencontre guère ailleurs, et c’est ainsi qu’il fit la connaissance de Martine la bonne fée. « Petit Fariel, je peux exaucer ton souhait : je t’offre deux jambes qui te permettront de te déplacer sur la terre ferme. En échange, je ne te réclame qu’une chose : ta voix (et celles de ta famille et des copains de ton quartier) aux prochaines municipales. » Grâce au vœu de Martine la bonne fée, Fariel quitta pour la première fois les bassins du CNM pour s’aventurer sur la terre ferme. Evidemment, il ne savait pas bien se servir de ses pieds, et certains se moquaient de son air pataud lorsqu’il évoluait malhabilement au milieu de terrain. Mais dès que Fariel s’aventurait dans la surface de réparation, ce rectangle qui lui rappelait tant ses piscines natales, le water-poloïste retrouvait toute la grâce et l’aisance de son espèce : l’assistance s’émerveillait de le voir, par atavisme, sauter à pieds joints sur les épaules de ses camarades de jeu ou se disputer joyeusement une balle à coups d’épaule dans le plexus. Un jour, un beau marin barbu, qu’il n’avait jusqu’ici jamais aperçu que de loin, s’aventura dans sa surface. Alors qu’ils piétinaient de concert un même adversaire en criant « GNAAAARGH », Fariel et Samuel (car c’était son prénom), découvrirent que le football était un formidable terrain de jeu où les water-poloïstes et les humains pouvaient partager bien plus qu’on ne le croyait. Mais ceci est une autre histoire…

Harit (65e, 1/5) : Il est venu en faisant ish ish, il finira revendu par Longoria sur Wish Wish.

Aubameyang (4/5) : Joyau statistique d’une saisonoscillant entre l’infâmeau quotidien et le rêve-européen-mais-finalement-non, Jean-Bite présente de ce fait certains points communs avec Didier Drogba, à l’exception du principal critère : ma Môman le trouve nettement moins beau.


L’invité zoologique : Benjamin Mandrill

Si les directeurs de zoos poussent à l’achat de ce magnifique animal, celui-ci s’avère au final une bien mauvaise affaire : agressif voire dangereux, la bestiole également la manie déplaisante d’exhiber un sexe rouge vif à tout propos, y compris et surtout le plus inapproprié. Voici ces observations :

  • Les autres : Désormais assurés de passer une année de déplacements à Laval, Grenoble ou Rodez, de quoi faire regretter à Benjamin Mendy d’avoir évité le bracelet électronque.
  • Le classement : Avec deux victoires, nous finissons sixièmes avec certitude. Sans deux victoires, nous serons très probablement 8e et donc sans Europe l’an prochain.
  • Coming next : Un match en retard nous attend mercredi à Reims, avant la clôture dimanche au Havre. Pour ce qui est de nos rivaux, Lens et Lyon recevront deux clubs déjà en vacances, Montpellier et Strasbourg.
  • Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Twitter, ainsi que sur BlueSky. Olivier L. remporte le concours zoologique.
  • Le rappel bonus de la méchante soirée : La soirée Motchus le Laïve aura lieu le mercredi 15 mai à Venelles. J’espère que tchias pris tes billets, car maintenant c’est complet. Mais on te racontera.

Bises massilianales,

Blaah

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