OM-Metz (0-0), La Canebière académie perd patience
Il va craquer.
Aïoli les sapiens,
On voulait une tendance franche ? On en a une : après une série de matchs mi-chibre mi-dégun, de résultats frustrants mais encourageants mais frustrants, la trêve survient sur une performance sans équivoque : dégueulasse.
Comme sous Villas-Boas, l’OM de Sampaoli anime l’éternel débat entre beau jeu et pragmatisme, et comme sous Villas-Boas commence à réconcilier les deux en penchant vers la pire des solutions : jouer mal ET ne pas marquer de points. Conclure une série de matchs nuls par un nouveau 0-0 contre l’avant-dernier, qui plus est lorsque celui-ci joue 40 minutes à dix, qui plus est quand celui-ci se procure plus d’occasions que nous, sur le plan de la confiance en l’avenir ce n’est pas le meilleur moyen d’aborder une trêve.
Alors on garde son sang-froid, on ne jette pas en bloc le début de saison au compost, on ne renie pas les compliments d’août-septembre, on garde la confiance dans le fait qu’on mettra ces deux semaines à profit pour inverser la tendance. Mais je vous préviens, encore un coup comme ça et on fait sauter la muselière de Monsieur Lapin.
Les Longorious Basterds
Mandanda
Saliba – Caleta-Car (Dieng, 89e) – Luan Peres
Lirola (Balerdi, 45e)– Guendouzi –Gerson (Harit, 65e)
Ünder – Payet – Luis Henrique (De La Fuente, 65e)
Milik
Sampaoli suspendu, c’est son adjoint Jorge Desio qui est chargé de le représenter dans ce duel de chauves tant attendu contre Frédéric Antonetti. Le coup d’envoi est fixé à 13 heures, permettant ainsi la titularisation de Mandanda qui peut enchaîner sans se coucher après son samedi soir en boîte. Kamara suspendu et Rongier au repos, Guendouzi est en sentinelle avec à sa droite Lirola en milieuailierbis, et à sa gauche Gerson qui va essayer de faire des trucs. L’aile gauche est quant à elle confiée à Luis Henrique qui se voit donner une deuxième deuxième deuxième chance de lancer sa saison.
Le match
Horaire inhabituel oblige, certains sont venus au stade sans avoir pu cuver la cuite de la veille. D’autres ont fui le rôti du dimanche en délaissant femme, enfants et belle-mère, d’autres ont été déshérités pour avoir zappé la visite à Mamie dans son Ehpad. Les allées du stade se sont emplies des soupirs de chacun se demandant ce qu’il foutait là à une heure si incongrue, unis dans une prière commune pour que :
– sur 1 411 780 802 téléspectateurs chinois, il y en ait au moins un qui regarde le match, histoire que la LFP n’ait pas programmé cet horaire imbitable pour rien ;
– l’OM torche comme il se doit le FC Metz puisque tant qu’à se faire violence pour venir, autant que ce soit pour y prendre du plaisir.
Si la réponse à la première prière est incertaine, la seconde est limpide, puisque les dieux nous envoient à la face un franc majeur bien tendu, sous la forme d’un tir croisé de Delaine dévié par Mandanda sur le poteau dès la 6e minute. Malgré cette alerte consécutive à un contre joué de main de maître, l’OM domine. Enfin, si l’on considère que « dominer » peut être synonyme de « monopoliser le ballon sans rien en faire ». S’il s’agit en revanche de se procurer des occasions, reconnaissons dans ce cas que Metz nous défonce. Sur un corner que notre défense cafouille aussi admirablement que jeudi contre la Lazio, Mandanda repousse un premier tir de Ndoram avant de s’avouer battu… Miraculeusement, le défenseur (messin) Kouyaté sauve sur sa ligne. Payet tente bien de remettre de l’ordre dans le bêtisier mais, ici encore comme jeudi, le tir lointain de Dimitri trouve la transversale.
Si quelques actions se matérialisent par des centres permettant à Milik de rater ses tirs, ce sont bien les Messins qui récitent le kama-sutra des occasions ratées. Sur une transition identique à celle du début de match, mais dont le fonctionnement n’a toujours pas été intégré par le cerveau de nos joueurs, Delaine se retrouve une nouvelle fois décalé sur notre côté droit. Pour varier les plaisirs ; il choisit cette fois-ci d’aligner Steve sur son premier poteau, pour un résultat identique : tchonk.
Quelques centres et corners à chier plus tard, l’OM rentre aux vestiaires heureux d’avoir survécu aux trois énormes occasions lorraines. Un changement d’importance survient : Lirola sort et notre défense devient Saliba-Balerdi-Caleta-Car-Luan Peres (Gerson passant milieu droit). Et là vous me direz : on n’a pas de latéraux, pour jouer en défense à quatre ? Ce à quoi je répondrai : bah non, l’autre, hé, puisqu’on te dit qu’on vient se sortir Lirola, faut suivre hein.
Foin de sarcasme, le début de seconde période est on ne peut plus prometteur : Ünder centre et Payet réalise un amour de déviation pour Luis Henrique, seul au second poteau mais qui tire sur le gardien. Deux dribbles chaloupés plus tard, Dimitri est victime d’une semelle cotée trois étoiles sur l’échelle du dégueulasse. Il s’en remet sans trop de mal, ce qui relève d’un petit miracle quand les images soulignent l’angle inhabituel mais néanmoins intéressant sous lequel a plié son genou ; car oui, l’arbitre est allé admirer le chef d’œuvre sur son écran de contrôle et, après avoir réprimé un petit vomi bien légitime devant cette horreur, expulse fort logiquement Jemerson. Pas encore remis de son émotion, Jérôme Brisard s’emmêle hélas le sifflet juste après, sifflant une faute de Gerson sur le gardien sans laisser se terminer l’action. Mal lui en a pris : en allant à son terme, le jeu se finissait par un but du Brésilien, dont la VAR aurait révélé que la faute était sinon inexistante, du moins très légère.
Un OM qui va de l’avant, des adversaires réduits à 10 à la 55e minute : les optimistes disent que ça y est, on va enfin enclencher le rouleau compresseur. Les pessimistes, eux se bornent à souligner qu’au pire, Metz arrêtera enfin de nous casser les couilles en contre-atta… et n’achèvent pas leur phrase en voyant motherfucker Nicolas de fucking Préville faire briller Mandanda après un nouveau contre mené en roue arrière dans le cul de notre blocquéquipe.
Suit Fabien Centonze. Fabien Centonze, dites-vous ? Ah oui, votre nom est aussi sur la liste VIP, veuillez entrer je vous prie, vous empruntez le tapis rouge ici dans notre défense et puis pour le un-contre-un face à Mandanda, c’est tout droit.
Tant qu’à ne rien foutre du match, Gerson et Luis Henrique sont priés de continuer, mais en dehors du terrain : Harit et De La Fuente entrent et l’OM passe en 4141, avec Guendouzi en sentinelle. L’activité de Konrad à gauche et de Saliba en latéral droit nous permet de nous montrer plus pressants. William déborde ainsi avant de trouver Milik, qui réussit un enchaînement contrôle-tir en pivot digne de ses plus belles heures à 20 centimètres près (manque de bol, ces centimètres sont ceux qui caractérisent un tir cadré).
De La Fuente rate ensuite sa reprise sur un corner mal renvoyé, Milik manque encore l’occasion de redevenir l’attaquant tueur de matchs en échouant sur le gardien à la retombée d’un centre dévié, Ünder est lancé mais tire en force hors cadre, puis De La Fuente voit son tir de loin encore dévié par Oukidja. Malgré un jeu toujours aussi pauvre, l’intensité de notre pression et les ocasions qui s’ensuivent convainquent les Messins de passer en mode « gagnons du temps comme des porcs ».
Les grenats saisissent ainsi la moindre occasion de se rouler au sol, d’une manière que même un défenseur italien menant à la 92e minute jugerait abusive. On leur reconnaîtra cependant d’avoir poussé le raffinement jusqu’à se donner deux blessures réelles dans le lot, ce qui n’est pas donné à tous les truqueurs. Cela étant, plus la fin approche, plus l’on se dit que les principaux bénéficiaires de ce temps perdu, c’est nous.
En effet, les occasions listées plus haut représentent de la fiente de gabian à côté de ce que Metz manque de nous coller dans le temps additionnel. Après le tir sauvé que la ligne par un coéquipier, les Lorrains creusent leur veine comique avec un talent certain. Arrivant à deux contre Mandanda, ils se débrouillent ainsi pour saloper cette occasion en or, permettant au passage un retour défensif héroïque de… Payet. Puis, alors qu’un nouveau long ballon met Luan Peres aux fraises, ce ne sont plus un seul mais deux Messins qui se trouvent en position de conclure, et en profitent pour se tacler l’un l’autre dans l’hilarité générale. On remerciera ainsi nos adversaire de nous avoir procuré ces moments de plaisir enfantin, puisque ce n’était décidément pas de nos joueurs et de leur palanquée de centres immondes qu’il fallait attendre un sourire ce dimanche.
Les joueurs
Mandanda (4/5) : En étant un poil complotiste, on risquerait d’imaginer que le staff a titularisé Steve exprès à ce match pour achever de le déprimer et résoudre définitivement le problème de gestion des gardiens. Le talent de Steve ainsi qu’une baraka assez invraisemblable ont déjoué le piège.
Saliba (3/5) : Il a fallu qu’il passe latéral droit pour que tout le monde voie comment on fait pour déborder un latéral du 19e de Ligue 1.
Caleta-Car (2+/5) : Propre sur lui, à l’image de cette équipe qui prend des vagues à force de ne pas vouloir faire de vagues.
Dieng (88e) : – T’es sûr qu’on sort Duje ? Il est bon sur corner, quand même.
– En même temps, t’as vu comme on les tire, les corners ?
– Ouais, c’est pas faux.
Luan Peres (2/5) : Les employés de bureau savent se méfier quant on leur propose des renforts : souvent ceux-ci consistent en Dylan, stagiaire de seconde déficient mental, même pas autonome pour attacher ses baskets à scratch et qui occasionne deux fois plus de boulot que quand tu travaillais tout seul. Or Luan Peres n’était pas tout seul à défendre son côté, il avait Gerson et Luis Henrique devant lui.
Lirola (2/5) : Pol a franchi encore un cran dans l’adaptabilité tactique : jusqu’ici on demandait au milieutéral de jouer à côté de Guendouzi et de redescendre en quatrième défenseur sur les attaques adverses. Contre Metz, Pol a joué à côté de Guendouzi et s’est transmué en corps cosmique éthéré sur les contre-attaques adverses.
Balerdi (45e, 2+/5) : Sobre et sans erreur. Auteur d’autant d’interventions décisives sur les contre-attaques que Dimitri Payet et que les attaquants messins entre eux.
Guendouzi (3-/5) : Être partout c’était trop facile, maintenant il faut qu’il soit partout sans Kamara ni Rongier.
Gerson (1/5) : Mais merde à la fin, je veux bien qu’il vienne du Brésil mais il lui faut quoi de plus pour s’adapter ? Le soleil ? On l’a. Les plages ? On les a. Des évangélistes ? On en a. Un président taré d’extrême-droite ? On l’aura bientôt. Alors hop, mon vier maintenant, là, faut se lever le maffre.
Harit (65e, 2/5) : Plus cohérent que Radonjic mais moins rigolo. Vu que l’efficacité est la même, l’un dans l’autre, finalement…
Ünder (2/5) : Non mais je vois ce que c’est, on a le même problème. À Cengiz, il lui faut ses douze cafés pour être précis. Là horaire avancé, paf, seulement 8 cafés dans le sang. Une quantité suffisante pour être agité et faire caca mou, mais pas assez pour disposer de tous ses sens affûtés.
Payet (4/5) : Certes sans génie excessif, mais si l’on récapitule : Dimitri tire sur la barre, donne une passe quasi-décisive à Luis Henrique, fait expulser un Messin en manquant de laisser un genou pour la cause, et nous sauve sur un retour défensif de 80 mètres dans le temps additionnel. Je veux dire, prenez un instant, connectez-vous à votre moi d’il y a un an et demi, et répétez-vous posément que Rougail Toxique nous a sauvés sur un retour défensif de 80 mètres dans le temps additionnel. Mesurez.
Luis Henrique (1/5) : Ce sont tous assurément des gens sympathiques sur qui on n’a pas trop envie de taper, mais bon, un peu de buts et de points de temps en temps ça faciliterait notre bienveillance.
De La Fuente (65e, 3-/5) : Guère plus précis que les autres, mais au moins on a un joueur qui semble sur une trajectoire ascendante.
Milik (1+/5) : Dire qu’en septembre on faisait des rêves humides en pensant à ce que notre jeu donnerait une fois Arek de retour de blessure. Finalement, non seulement il n’arrive pas à nous inscrire ces buts précieux, mais en plus on joue moins bien depuis qu’il est revenu.
L’invité zoologique : Fabien Senlesconse
Le sconse est un animal d’apparence mignonne dont le loisir est de faire gicler ses glandes anales à votre face pour vous imprégner d’une odeur fétide qui vous suivra des semaines. La mouffette est donc bien l’invitée appropriée pour évoquer ce match nimbé d’une odeur nauséabonde et hélas familière : celle de la crise de confiance.
– Les autres : Un talent monstre pour développer des contre-attaques, et une créativité dans bornes pour les faire échouer d’une manière toujours plus originale à chaque fois.
– Le classement : Nice perd, Lyon prend 4 buts par l’équipe de Bruno Genesio, et on ne peut même pas savourer. Lens et, donc, Rennes gagnent. Comme l’an dernier, notre progression asthmatique ne se paie pas trop au classement… pour l’instant.
– Coming next : Au boulot ! Chaque trêve apporte des évolutions : espérons que Sampaoli mettra celle-ci à profit pour renverser la table et rendre au groupe cet allant offensif qui nous plaisait tant en début de saison.
– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Instagram et sur Twitter. Johny Kreuz remporte le concours zoologique.
Bises massilianales,
Blaah.

Je vous aime tous !
Allez l’OM !!!
Nous sommes les Marseillais !
Ça reste plus agréable de regarder l’OM jouer le 19e que PSGEL jouer en poules de coupe d’Europe. Mais c’est peut-être plutôt dû au comique de cirque des attaquants messins cette fois-ci, effectivement.