OM-Monaco (2-1) : La Canebière Académie fait du team building
What happens in Mallemort stays in Mallemort

Aïoli les sapiens,
Les documentaires sur cette victoire de prestige contre Monaco ne manqueront pas de revenir sur ces moments intense fondateurs vécus lors du « stage-commando » mis en place par Roberto De Zerbi à Mallemort. Extraits choisis :
- Bonjour Messieurs, j’aurai l’honneur d’être l’animateur de vos quatre jours de séminaire, et pour commencer nous allons faire un petit jeu pour la cohésion de groupe.
- Un escape game ?
- Non. J’ai jamais compris pourquoi, dans un séminaire de motivation et de cohésion, on proposait aux salariés un truc dont le but est de se casser le plus vite possible. Déjà en général c’est un peu paradoxal, et puis pour ce qui est d’être foutu dehors en moins d’une heure, de toute façon chez vous vous avez déjà Mehdi Benatia pour ça.
- Bah alors ?
- Alors ? D’abord vous, première équipe, vous sortez dans la pinède et vous allez me chercher du bois et du romarin Si vous trouvez des plants de beuh et une capote usagée vous les prenez aussi, ça pourra servir. Deuxième équipe, ya un élevage de poulets à 300 mètres, vous m’en ramenez trois sans vous faire gainter par les poulets ; les autres poulets, je veux dire. Troisième équipe, vous me ramenez deux bâtons d’encens, un bouquet de cèleri et trois paquets de tabac pomme pour chicha.
Nos caméras surprennent ensuite une conversation entre l’entraîneur olympien et l’animateur :
- Maintenant qu’ils sont tous partis chercher vos trucs là, je peux vous le dire, je les trouve curieuses vos méthodes. Vous allez faire quoi une fois qu’ils auront ramené tout ça. Leur dire « l’important c’est pas ce que vous avez trouvé, c’est le chemin que vous avez parcouru ensemble pour y arriver ? »
- Vous vous croyez sur Linkedin ? Bien sûr qu’on va s’en servir, de tout ça. Le bois, c’est pour faire un feu.
- Ah.
- D’ailleurs, il me faudra désigner quelqu’un pour égorger les poulets et un autre pour recueillir leur sang, vous savez qui pourrait faire ça chez vous ?
- Alors l’an dernier ils avaient Samuel Gigot qui faisait ça avec les dents chaque matin pour le petit déjeuner mais il est plus là. Mais on va trouver. C’est pour signifier le dépassement de soi, c’est ça ?
- Ben non, c’est parce que j’ai besoin de sang de poulet, je viens de vous le dire.
- Et donc. Vous mélangez tout ça avec ce que vous aurez fait cuire sur le feu ? Et après ? Ils le mangent ? Ils le fument ? Vous allez pas me les mettre d’équerre hein, on a quatre jours de boulot qui suivent, là.
- Meuuuuh non, voyons, on est des professionnels. C’est juste un appel aux forces divines, pour leur présenter Erzulie.
- Pardon ?
- Erzulie. La déesse de l’amour. Vous tous, là, aussi nouveaux que vous êtes, y a dégun à la Commanderie qui vous en a parlé ? Bah on va reprendre les bases. T’es nouveau, tu prends audience auprès d’Erzulie.
- Attendez, là, vous êtes en train de me dire qu’il faut faire un rituel sacré quand on arrive à l’OM pour ne pas fâcher je ne sais quel déesse ? Et que si elle est contente elle va nous faire gagner tous nos matchs ?
- Ah non, faut pas déconner non plus, faut savoir jouer au foot un minimum quand même. Mais vous avez du bol, comme vous tombez sur le Black Friday vous avez droit à une promotion : pour toute invocation cette semaine, Erzulie vous garantit deux débilités défensives gratuites de l’adversaire.
- Bon, allez, cassez-vous, je sais pas qui dans ce club de cinglés a recommandé vos services, mais j’aimerais bosser sérieusement maintenant.
- Je vois, je vois. Je vous laisse quand même ma carte, on ne sait jamais, des fois que vous changiez d’avis… sachez que l’offre d’Erzulie vous autorise à intercéder auprès des dieux jusqu’à dimanche vers 22h, environ vers la mi-temps de votre prochain match si je ne m’abuse… Vous aurez peut-être envie d’avoir tous ces ingrédients avec vous. Je vous conseille de les emporter dans une glacière, ça fait toujours son petit effet sur la déesse…
Les Longorious Basterds
Rulli
Murillo– Balerdi – Kondogbia
Luis Henrique – Rongier – Højberg – Rabiot– Garcia (Merlin, 60e)
Maupay (Wahi, 74) – Greenwood (honte à nous, Nadir, 93e)
L’équipe victorieuse à Lens est reconduite, tandis que Brassier fait son retour sur le banc après sa mise au frigo d’une semaine. Profitons de ce moment pour rappeler la liste des absents, dont certain que l’on n’a vraiment pas eu beaucoup l’occasion de citer cette saison : Moumbagna, Carboni et Blanco se remettent doucement de blessures sérieuses, tandis qu’Harit, Cornelius et Lirolareprennent progressivement. Mbemba, lui, a toujours tout le loisir d’occuper ses journées à vérifier si les téléfilms de Noël de TF1 sont meilleurs que ceux d’M6.
Le match
Généralement, les sommets annoncés à grand renfort de flonflons sur l’air de « on a changé notre méthode, attention, on va voir ce qu’on va voir, ça, ça va vraiment être l’OM » sont sanctionnés d’un 0-2 dans la mouille après 20 minutes de jeu. Monaco s’y emploie dès la 4e minute, en vrillant notre milieu de terrain d’une seule touche de balle, ce qui aboutit à un premier face-à-face sauvé par Rulli.
A défaut de football-champagne, l’OM nous offre du football-Côtes-du-Rhône : c’est pas dégueulasse, loin de là, mais faut apprécier ce qui râpe un peu. D’autant que cet OM-ci manque encore clairement de maturation : on appréciera sans doute de le goûter après quelques années de bonification, mais dans l’immédiat on sent surtout le changement climatique et ses 45 degrés l’été. Ya de l’énergie et du potentiel, mais dans l’immédiat on voit surtout l’énergie.
C’est ainsi que l’OM neutralise très correctement Monaco, et tente surtout de s’illustrer par des transitions rapides, bien amenées, mais trop rares et peu judicieusement conclues. De part et d’autres, les occasions réelles sont ainsi très limitées, mais on ne peut pas non plus dire que le match est ennuyeux. Ca combat, ça accroche, et surtout ça prie pour ne pas être LE couillon qui fera basculer cet affrontement très équilibré. Vous savez, celui qui nous a tant fait dire à la pause « on s’en sortait beaucoup mieux que prévu, c’est dommage qu’une erreur à la con nous ait plombés juste avant la mi-temps ». Vous voyez, ce genre de match, là ? Bah Valentin Rongier aussi, il voit : d’une passe absolument dégueulasse dans les pieds d’un adversaire, il envoie les Monégasques dérouler tranquillement leur surnombre dans notre camp, jusqu’à Golovin qui ajuste Rulli en bout de ligne, avec l’aide d’une déviation malheureuse de Murillo (0-1, 41e).
En de telles situations, l’usage veut que l’enchaînement « équipe méritante en première mi-temps + erreur individuelle fatale juste avant la pause » déclenche automatiquement le combo « équipe qui se met à jouer comme une sous-merde en 2e et achève de s’effondrer complètement ». Mais ça, c’était avant le STAGE DE TEAM BUILDING DE MALLEMORT.
Grâce au STAGE DE TEAM BUILDING DE MALLEMORT, l’OM revient sur la pelouse animé d’une vigueur nouvelle, et empreint d’une motivation unanime à effacer collectivement l’erreur du Rongieur. En théorie du moins, car dès la reprise, un corner défendu par dégun nous laisse à penser que l’option « s’effondrer comme des vieilles merdes » n’a pas été totalement écartée. Un sauvetage in extremis d’Højbjerg évite toutefois la catastrophe et nous autorise dès lors à tirer la quintessence des acquis du STAGE DE TEAM BUILDING DE MALLEMORT.
Une action se déploie à gauche, où Garcia adresse un centre, dévié par le défenseur. Or, Majecki et Salisu, eux, n’ont pas fait de STAGE DE TEAM BUILDING DE MALLEMORT, et du coup ils ne se comprennent pas. Il suffit alors d’une trajectoire de balle un peu à la zob pour faire sortir le match monégasque de ses rails confortables : Salisu peine à négocier le rebond du ballon, et se fait subtiliser icelui par Maupay, fort du STAGE DE TEAM BUILDING DE MALLEMORT et surtout de son atavisme pour renifler à dix kilomètres quand un petit coup de putadou se profile. Neal fait un petit centre de la tête pour Luis Henrique, seul devant le but et qui conclut facilement, de la tête lui aussi (1-1, 53e).
Une cagade partout, le match reprend son équilibre. L’OM paraît cependant souffrir d’un certain déchet technique à tous les niveaux, offensif où semble surtout régner la peur de trop se livrer, et défensif où les glissades et mauvaises relances se succèdent à un rythme de plus en plus slipométrique. Toujours impérial dans ses sorties et ses un-contre-un, Rulli maintient à flot un OM que l’on ne sent pas franchement dominé, mais toujours craintif et à capable de sortir une cagade de l’espace à tout moment. Les nouveaux crampons saveur « Savon à l’huile d’olive » de Balerdi sont ainsi tout près de nous coûter la défaite, quand la nouvelle glissade de notre défenseur offre une grosse occasion à Minamino, qui tire miraculeusement à côté.
Les courses vers l’avant sont timides, les passes restent dans les chaussettes, seule l’intensité dans les duels demeure. Cela nous autorise quelques incursions dans le camp adverse, dont ce centre de Murillo que Mawissa, pris d’une inspiration sublime et inattendue, entache d’une grosse patasse façon main de Mickey. Ne s’autorisant pas ce soir ses fantaisies habituelles, Clément Turpin siffle ce coup-franc évident, que l’arbitrage vidéo requalifie même en pénalty. On savait Mason Greenwood (honte à nous) pas très enclin à surcharger son cerveau de doutes existentiels, ce qui en l’occurrence représente un précieux avantage pour le tireur de pénalty : l’affaire est entendue sans état d’âme, d’une sacoche à contre-pied (2-1, 87e).
C’est ainsi que pour une fois, cette fameuse « victoire qui se joue sur des détails » se donne à l’OM, qui ne l’avait pourtant pas franchement méritée plus que son adversaire. Pas moins non plus cependant : par leur implication constante, leur intensité et tout bonnement leur volonté de bien faire, les Olympiens se sont donné la chance de voir la pièce tomber pour une fois du bon côté.
Les joueurs
Rulli (4/5) : Au Poney Prolétaire Pertuisien, ça fait deux ans que la fosse septique a bougé après un gros orage, que les chiottes sont inutilisables et qu’on doit aller pisser dans les buissons dans la peur que quelqu’un ait rebranché par mégarde les clôtures électriques. Le jour où on aura réparé nos toilettes, on se sentira comme l’OM après avoir recruté Rulli : on se demandera comment on a fait pour vivre aussi longtemps sans un minimum d’équipement aux standards acceptables.
Murillo (2/5) : Si c’est pour glisser et faire des relances foireuses il aurait pu venir avec nous au five. C’est passque le STAGE DE TEAM BUILDING DE MALLEMORT, il avait lieu en journée sur des terrains secs, tandis que là, paf, match le soir, brouillard, perte de repères par rapport à Mallemort, glissade. Moi c’est pareil au five, les collègues ils sont pas voulu me croire, mais ça glissait. A cause du brouillard. Passque c’était le soir.
Balerdi (3-/5) : Tant d’occasions de coûter un but et pas une seule saisie. C’était le grand manège de la cagade défensive et Leo a eu le pompon agité sous son nez toute la soirée sans l’attraper une seule fois. Les vrais esthètes savent éviter de se produire en même temps que la plèbe.
Kondogbia (3/5) : Wopopopopop ça tient, on touche plus à rien. NON PUTAIN, TU POSES CETTE PIECE TUTOUCHES PLUS A RIEN, ÇA TIENT ON TE DIT. Pfoou, c’est sympa comme jeu de société le Jenga-Défense-Centrale, mais c’est crispant parfois.
Luis Henrique (4/5) : L’avantage avec Hollywood qu’a plus aucune imagination, c’est que je peux recaser toutes mes références de vieux. Là, par exemple, j’aurais fait une vanne sur « Je suis Luis Henrique, je suis l’Homme qui tombe à pic », voilà, ok boomer, bide, Ehpad. Surtout si tu chantes le générique. Tandis que là, tu fais « Luis Henrique c’est the Fall Guy », bam, la réf fraîchement pêchée, Ryan Gosling, en plein dans 2024, tout ça. Merci Hollywood.
Garcia (3+/5) : Excellent représentant de l’école du « si t’arrives pas à faire des passes, débrouille-toi au moins pour être pénible pour l’adversaire ».
Merlin (60e, 3/5) : Pas de génie mais bon esprit, c’était le thème de la soirée.
Højbjerg (3/5) : Moins en vue qu’en début de saison, une impression sans doute due au fait qu’il ait de moins en moins à courir partout pour sauver le cul de ses coéquipiers toutes les dix secondes (juste une fois, sur corner). On reste donc sur une tendance rassurante.
Rongier (3-/5) : Rouage indispensable à la stabilité de notre milieu de terrain, et qui par son unique mais spectaculaire erreur endosse tous les péchés de ses coéquipiers pour la rédemption de l’équipe. Il se livre aux supporters les bras en croix, la poitrine offerte et, tombant à genoux, crie « je suis votre sauveur, crucifiez-moi ». Faut l’arrêter, sinon, si ça continue, il va vouloir aller au tribunal à la place de Mason Greenwood.
Rabiot (3-/5) : Un chouïa plus en difficulté que ses deux compères, symbole de cette équipe un peu le cul entre deux chaises, ne sachant pas trop s’il faut attaquer en se projetant en masse ou faire tourner la balle à coup de petites passes cagueuses.
Greenwood (honte à nous, 3-/5) : En ne parlant ici que de football, il s’est montré un tantinet horripilant, avec ses multiples pertes de balles non compensées par des replacements de feignasse. Pour quelqu’un qui sort d’un STAGE DE TEAM BUILDING DE MALLEMORT, je l’ai trouvé un peu discordant par rapport au collectif. Mais bon, si on considère que le collectif on s’en branle et qu’il est là avant tout pour marquer des buts importants, alors on ne peut que constater qu’il a encore été décisif.
Nadir (93e) : Entrée sans anicroche pour un beau moment au Vélodrome. Faut que la vie fasse croquer un peu des trucs bien, quand même, de temps en temps.
Maupay (4/5) : Le petit doigt dans le cul du défenseur juste avant qu’il essaie d’attraper la balle, suffisamment fort pour le surprendre mais pas assez marqué pour être chopé par la VAR, ça c’est mon football de filou que j’aime. Rien que pour ça je surnote, tiens (ne me dites pas qu’il n’a pas mis un doigt dans le cul au défenseur avant qu’il saute, c’est Neal Maupay, quoi, merde).
Wahi (74e) : L’histoire finit bien, donc ne gâchons pas la soirée en cherchant des désobligeances…
L’invité zoologique : Denis Zakarien
Pour la deuxième fois de suite, l’acarien est l’invité zoologique du jour, communsymbole de tous ces adversaires à qui nous faisons mordre la poussière.
- Les autres : C’est eux qui ont dit « Ça s’est joué sur des détails » en interview d’après-match. C’EST PAS NOUS QUI L’AVONS DIT POUR UNE FOIS BORDEL.
- Le classement : Alors que tout était réuni pour voir Monaco s’échapper et toute une meute de poursuivants nous raccrocher au derche, nous revoici deuxièmes à la différence de buts, 7 points derrière le PSG. C’est ce que l’on appelle un moment.
- Coming next : On va à Saint-Etienne, on reçoit Lille. L’idée serait de continuer sur la même lancée, vous voyez le truc ? On fait ça ?
- Les réseaux : ton dromadaire blatère surFacebook, Twitter et BlueSky. DJ Soon remporte le concours zoologique.
Bises massilianales,
Blaah
Faudra arrêter de dire que les acades sont meilleures après une defaite.
Il manque juste une petite référence à Erzulie ou à la glacière en fin d’acad… juste pour faire le lien avec Wahi par exemple !!
Erzulie est la destinataire des sacrifices faits dans la forêt.
Wahi et Brassier ont méprisé le rituel de début d’année. On verra s’ils ont fait preuve de plus d’humilité cette fois-ci.
Par contre Rulli a servi d’esclave sexuel d’Erzulie pendant tout le mois d’août. Il s’en sort avec une crampe à la langue mais bon, on est deuxièmes.