OM-Strasbourg (2-2) : La Canebière Académie a encore glissé

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Ca valait le coup d’être patients avec eux.

Aïoli les sapiens,

Maintenant que le fusible De Zerbi a sauté, les joueurs sont face à eux-mêmes. La mission de leur entourage est avant tout de restaurer leur confiance, de les recouvrir de câlins, poutouns, papiers-bulles et pansements psychologiques divers, afin qu’ils aient une chance d’éviter de se comporter comme des trépanés à chaque fois que le quatrième arbitre brandit le panneau du temps additionnel. Eu égard au foutage de gueule auquel nous sommes soumis depuis plusieurs semaines, les protestations des supporters restent d’une dignité admirable, surtout pour qui se rappelle le temps où on enfermait des joueurs dans le coffre de leurs voitures pour moins que ça.

Ma sœur avait partagé le post d’une professeur de danse de renom, qui regrettait la baisse de niveau des Français en concours international, la faute (je résume) à ces jeunes générations wokistes qui refusent de passer leur jeunesse les pieds en sang et le cerveau en tapenade, ce qui est le prix de l’excellence comme chacun sait. On y a repensé l’autre jour devant les JO, et l’opération « patinez bourrés » offerte par les meilleurs mondiaux : outre le fait de relativiser en nous montrant que l’OM n’avait pas le monopole du craquage mental et de l’autodestruction ridicule, le naufrage sportif de ces jeunes gens ne nous montrerait-il pas que les temps ont changé ? Ces jeunes générations ne seraient-elles pas tiraillées entre la culture du sacrifice inhérente au sport de haut niveau, et l’envie de plus en plus exprimée de ne pas sacrifier sa santé mentale à une quelconque médaille ? Sur ces enjeux, qui touchent à la fois au générationnel et à l’intime, chacun, sportif, entraîneur, suiveur, est invité à tirer ses propres leçons.

Pour ma part, comme leçon, j’ai particulièrement relevé celle offerte à la presse américaine dans ses encouragements à Ilia Malinin (ce jeune prodige US ultra-favori qui s’est cagué dessus comme Bardella dans l’amphi Tolbiac – pas au sens littéral mais presque) : « ce petit con que l’on aimait tant a failli, c’est un loser, un enfant gâté, un mauvais américain, et c’est un devoir patriotique que de lui cracher à la gueule ». La leçon, elle est là : si toute la presse d’un pays de 280 millions d’habitants tombe sur un minot de 21 ans qui vient de prendre la plus grosse claque de sa vie et a évoqué ses soucis psychologiques devant la presse, autant dire que je vais d’autant moins avoir de culpabilité à insulter onze connards qui passent leur temps à nous caguer à la figure. Psychologiquement fragiles ou pas, nous aussi on va la jouer Oncle Sam, maintenant : t’es un loser ? Ben t’es un connard. On sera gentils quand t’arrêteras d’être un connard. Fuck yeah.

Oh oh say, can you see


Les Longorious Basterds

Rulli
Weah – Pavard– Aguerd – Emerson
Højbjerg– Timber
Greenwood (honte à nous)– Nadir (Abdelli, 71e) – Aubameyang (Paixão, 71e)
Gouiri (Medina, 85e)

Balerdi, blessé (ou malade, ou juste nul) est absent. Aguerd fait son retour dans le onze de départ préparé par Pancho l’intérimaire, où la nouveauté consiste en la titularisation d’Aubameyang comme ailier droit.


Le match

Le début de rencontre est triste comme une sortie au Parc des Automates un lendemain de divorce : une boîte de Prozac à la main, on regarde sans le voir le minot qui enchaîne les tours de karts à pédale sans trop savoir ce qu’il fait ici.

L’OM passe près de rentrer précipitamment se rouler en boule sous un plaid, quand Godo est trouvé absolument seul sur un centre au deuxième poteau : c’est le montant qui sauve Rulli sur la tête du Strasbourgeois.

Ah, pardon, j’avais oublié une autre leçon des Jeux Olympiques : être un enculé, dans le sport de haut niveau, ça aide quand même vachement à ne pas avoir trop de doutes parasites. Médaille d’or : la biathlète condamnée pour avoir volé la CB de son équipière, qui remporte le titre pendant que sa victime finit 80e et qui célèbre avec un gros « chut » comme le premier Sarkozy venu. Médaille d’argent : le couple de patineurs reformé, qui multiplie les soutiens à l’ancien partenaire accusé de violences sexuelles, et gagne le titre malgré une méchante presse honteusement hostile. Médaille de bronze : Mason Greenwood (honte à nous), qui grâce à une préparation mentale du même type, n’est pas le moins du monde effleuré par le doute qui a saisi ses coéquipiers et continue de pisser sur ses adversaires avec une régularité admirable.

Strasbourg perd la balle dans son camp, et voit aussitôt Gouiri attaquer une défense déséquilibrée. La passe millimétrée d’Amine dans le dos de la défense est une pure merveille, bonifiée par Greenwood (honte à nous), qui reprend d’un délicieux piqué sans contrôle (1-0, 14e).


Curieuse première période que celle livrée par Alsaciens et Marseillais qui, autant les uns que les autres, multiplient les circulations de balle timides en paraissant à tout moment capables de s’effondrer en suçant leur pouce. Certains, Jean-Bite en tête, s’efforcent tout de même d’apporter un peu de joie dans ce spectacle. Aubameyang régale ainsi avec un enchaînement contrôle-passe de toute beauté, que Gouiri gâche malheureusement. Puis, envoyé dans l’espace par Højbjerg, Jean-Bite échoue contre le gardien, qui récidive une vingtaine de secondes plus tard. En toute fin de mi-temps, ce sont les Alsaciens qui affolent le slipomètre par deux tirs, de peu hors cadre.

En tant qu’experts en buts de merde, on ne peut qu’admirer celui offert par nos adversaires dès la reprise. Pressé par Timber, le gardien ne peut qu’exécuter un dégagement de vieille. Gouiri récupère à l’entrée de la surface, et lui aussi met en pratique une grande leçon des JO d’hiver : le slalom, c’est vachement plus facile quand les piquets ne bougent pas. Une main dans le slip, Amine zigzague ainsi entre trois stassis et place le petit enroulé qui va bien (2-0, 47e).

Au terme d’une combinaison avec Aubameyang, Timber est tout près d’enterrer des Strasbourgeois pas rentrés du vestiaire – pas avec tous leurs neurones en tout cas. Mais bon, l’OM, tu sais ce que c’est… on ne va pas parler de 3e but manqué ni même de ce qui s’est passé dans les minutes suivantes : l’important, c’est de savoir comment on va se caguer après les premiers changements. Zappons donc jusqu’à la 71e minute. Précieux, Nadir est remplacé par Abdelli, et Aubameyang par Paixão.


Résultat immédiat : une minute plus tard, Igor passe à deux doigts de concéder le pénalty sur son premier ballon. Trois minutes plus tard, Abdelli est censé aider un Weah en difficulté devant Godo mais intervient avec la détermination d’une figue sèche. La cavalerie arrive un poil trop tard pour sauver la patrie, notamment Højbjerg qui ne parvient qu’à dévier le tir de Nanasi hors de portée de Rulli (2-1, 74e). Cinq minutes plus tard, Geronimo réalise une RAIE après une tête de Doué sur corner, puis dans la foulée est tout heureux de voir Nanasi tirer à côté.

La fin de match se tend : c’est le moment pour Pancho de revenir aux fondamentaux de l’entraîneur français : la rétractation gonadique, marquée par l’entrée de Medina à la place de Gouiri. Jouer encore plus bas avec des gens qui ne savent pas défendre, ouate could govrongue, comme on dit. Soyons honnêtes cependant, si le résultat final est le même qu’avec les pétages de câble dezerbiens, on ne peut pas dire que ladite rétractation gonadique s’est traduite par dix minutes de siège de notre surface. C’est même le contraire qui se produit, dans un temps additionnel plutôt dominé par l’OM. Paixão bénéficie ainsi de la balle de match sur un appel en profondeur, mais ne parvient qu’à tirer droit sur le gardien. L’OM tue le chrono dans le coin du camp strasbourgeois, d’où le ballon finit par s’extraire jusqu’à l’entrée de la surface : en demi-volée, Weah expédie sans contrôle une LOURDE qui passe à dix centimètres de nous offrir le but de l’année.

Et là, je le jure, je dis à Dromadette : « non mais ce qui compte, c’est l’action de la 93e : je fais plus confiance aux autres pour la rater qu’à nous pour ne pas la prendre ». Comme on les connaît bien, nos chèvres : 93e minute, malgré nos cinq défenseurs, un Strasbourgeois profite on ne sait trop comment d’un boulevard à gauche. Son centre trouve Panichelli au second poteau, dont la tête est écartée dans la plus grande des confusions par Rulli puis Pavard. Nos dons de divination s’arrêtent ici : pendant qu’on souffle d’avoir enfin bénéficié d’un coup de bol en fin de rencontre, le ballon revient et Emerson, irréprochable jusqu’ici, nous fait un arrêt réseau. Le ballon rebondit devant lui, il a juste à tendre la jambe et à balancer un gros pointu devant pour que l’arbitre siffle la fin, mais non, il attend. Juste, il attend. Il attend quoi ? Il attend que l’attaquant lui passe devant pour prendre la balle, bien sûr : et quand Emerson a fini de laguer et envoie enfin son gros dégagement, il ne trouve pas le ballon mais la cuisse de Yassine, qui finit planté dans la pelouse sans même avoir besoin d’en rajouter.

On pourrait croire que le ridicule s’arrête ici mais non, même au fond du seau Rulli trouve le moyen de l’enrichir. Il aurait pu subir un pénalty imparable, ou être pris à contre-pied, mais non : figurez-vous qu’il a PARFAITEMENT ANTICIPE le tir en force de Panichelli en restant au milieu de sa cage. Genre, n’importe quel gardien aurait fait un plongeon désespéré sur la droite ou la gauche, mais Geronimo, lui non, il avait parfaitement tout lu et tout compris… tout ça pour avoir la main en mousse et se faire transpercer par le tir (2-2, 97e).

N’en jetez plus : OK, harceler, insulter, humilier, détruire mentalement les sportifs de haut niveau, c’est mal, m’voyez. Mais ils n’avaient qu’à pas commencer, j’ai envie de dire : je recommencerai à me préoccuper de leur santé mentale le jour où ils se préoccuperont un peu de la nôtre.


Les joueurs

Rulli (2+/5) : Aurait pu être le héros de la rencontre, mais il a préféré se faire trouer en plein milieu de la cage comme le premier Yohann Pelé venu. Loser.

Weah (3-/5) : A quelques centimètres d’être le héros du match sur une frappe de l’espace, à un seul oubli défensif près d’accomplir la rencontre parfaite. Loser.

Pavard (3-/5) : Aurait pu être le boulet du match mais pour une fois il a laissé les autres faire de la merde. Aurait pu être le héros du match sur la dernière action, sauf que finalement c’était pas la dernière action. Loser.

Aguerd (3/5) : Aurait pu… il aurait pu quoi, en fait ? Non, il n’a rien fait de particulièrement mal mais on a quand même pris deux buts. Loser.

Emerson (1+/5) : Crétin. Crétin, crétin, crétin, crétin. Une balerdise, c’est une seule erreur qui torpille un match parfait. Mais dans ce cas, il faut aussi parler des Emersonises : lui, c’est l’un de nos meilleurs joueurs, mais quand il se cague c’est carrément la moitié de la saison qu’il déglingue, cf le carton rouge au Sporting. Crétin. Et loser, aussi.

Højbjerg (2/5) : Lui, à force de se planquer à chaque fois que le match tourne mal, il va finir par m’être absolument antipathique. Sa seule chance, c’est que Beye arrive vite pour que j’aie un autre empaffé que lui à détester. Ce loser lâche.

Timber (3+/5) : Du bon gros volume de jeu qui fait bien mal à l’adversaire, sauf à la fin où il baisse sévèrement de pied aussi. On ne peut pas lui en vouloir de suivre la voie tracée par son capitaine, mais bon, ça fait un peu loser, quand même.

Nadir (3/5) : La lose, c’est d’avoir donné envie à son entraîneur de le sortir pour faire entrer Abdelli.

Abdelli (71e) : Deuxième entrée, deuxième fois que l’on encaisse deux buts dans la foulée. On va pas encore taguer un gros « L » sur ton gros crâne chauve, mais bon, faudrait voir à ce que ça change vite.

Greenwood (honte à nous, 4/5) : Rien à dire, lui c’est pas un loser. Ceux qui se font floquer son maillot, par contre…

Aubameyang (3+/5) : Pour une fois, il a raté ses occasions à cause d’un bon gardien et pas parce qu’il a tiré comme un gros loser.

Paixão (71e) : Finalement, c’est lui qui a jeanbité la balle de match. Pour trouver un Brésilien qui gagne il fallait aller voir le ski et pas le football, ya plus de saisons, ma bonne dame.

Gouiri (4/5) : Une passe décisive (merveilleuse) et un but, et pourtant ça ne suffit toujours pas. Toute cette compassion pour un adversaire à terre, alors qu’il suffirait de l’achever puis d’uriner sur son corps comme tout winner qui se respecte…

Medina (85e) : On ne l’a pas vu faire de cagade. Cela dit, on ne l’a pas vu défendre non plus.


L’invité zoologique : Joaquín Canichelli

Qu’il soit nain, moyen, ou royal, le caniche est une saloperie, cachant derrière ses frisettes une mentalité de roquet de bas étage. Joujou pour propriétaire pété de thunes, le caniche est donc l’invité approprié pour raconter ce match contre le satellite de Chelsea.

  • Les autres : On admire lagrande habileté de Panichelli pour faire la fouine sans trop se faire attraper par l’arbitre, ce qui lui permet de rester sur le terrain par miracle jusqu’au pénalty final. Que nos benêts en prennent de la graine.
  • Le classement : Lyon peut creuser un écart de cinq points en cas de victoire. Les poursuivants sont trop loin pour nous contester la 4e place, mais pour combien de temps encore…
  • Coming next : Déplacement à Brest vendredi prochain : on essaiera de ne pas anéantir le peu de confiance qu’il nous resterait encore avant l’enchaînement crucial de début mars au Vélodrome : Lyon en Ligue 1 et Toulouse en Coupe de France.
  • Les réseaux : ton dromadaire blatère surFacebook et BlueSky. Thibault D. remporte le concours zoologique.

Bises massilianales,
Blaah

2 réflexions sur “OM-Strasbourg (2-2) : La Canebière Académie a encore glissé

  1. Vu du stade le penalty est 100% pour Rulli. Il nous fait deux fausses sorties sur les centres qui précèdent et hop gros merdier dans la defense qui n’en menait pas large. La faute n’est que conséquence d’un manque de sérénité généré par les hésitations de Rulli. Les RAIEs c’est bieng, ne pas allumer le feu à sa propre maison c’est mieux. Et cette main molle…

  2. Par contre la banderole qui veut voir McCourt se barrer c’est pas très malin. Ils veulent qui? Textor? Lopez? Pour comprendre que vaut mieux voir notre club gâcher des chances de titres que de voir notre club gâcher ses chances de jouer en L1…

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