Shakhtar Donetsk – OM (2-2) : La Canebière Académie garde la foi

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Tu la sens mon épopée ?

Depuis le temps où nous avons battu Dnipropetrovsk 0-0 / 1-0 sur un pénalty marqué en glissant, ou celui où nous nous sommes extirpés des phases de poules grâce à un but contre son camp d’un joueur de Konyaspor à la dernière minute, nous savons que de la fange olympienne habituelle peut parfois fleurir une belle historie européenne.

Nous commenterons donc les pitreries de ce soir avec bienveillance et nous joindrons volontiers à l’union sacrée des encouragements à l’approche du match retour. La bienveillance n’excluant pas la lucidité, il faudra cependant se résoudre à se demander tout le match durant par quel exploit improbable nos demeurés vont encore réussir à gâcher leur performance.

Les Longorious Basterds 

Lopez
Clauss– Gigot – Balerdi – Merlin
Ounahi – KondogbiaHarit 
Luis Henrique (Ndiaye, 72e) – Moumbagna (Correa, 92e) – Aubameyang (Meïté, 92e)

Les interviews de la semaine l’ont confirmé : non seulement Gattuso n’a pas d’idées, mais en plus il est prêt à mourir avec. Le 433 est donc « assumé », ce mot mis à la mode par les politiciens de droite pour signifier « je fais de la merde, je sais que je fais de la merde, mais je ne changerai pas et de toute façon je vous méprise ».

Au rayon des petits bonheurs, nous enregistrons néanmoins le retour de Kondogbia.


Le match

433, 352, heureusement nos joueurs sont au-dessus de ces arguties tactiques, et le prouvent en appelant qu’ils peuvent aussi bien défendre à trois, à quatre, ou même en équilibre en tutu sur des poney, ça peut de toute façon partir en cirque à tout moment.

On entame donc par une horrible relance de Lopez, sur laquelle Kondogbia ne peut que dégueuler le ballon en pleine surface : Pau se rattrape en claquant en corner la frappe instantanée qui s’ensuit. Très esthétique également ce cafouillage en pleine surface avant la demi-heure, quand Lopez et Clauss s’embronchent mutuellement sur un ballon anodin et laissent les Ukrainiens marquer en rigolant. Par miracle, l’arbitre avait déjà sifflé une faute de Balerdi quelques mètres plus haut : un coup de pouce qui rattrape bien deux actions litigieuses précédemment non siffles en notre faveur (un centre contré de la main et un accrochage sur Moumbagna).

Face à un grand d’Europe, on pourrait dire que l’OM, malgré des difficultés à maîtriser ses émotions, tient la dragée haute à son adversaire. En revanche, face à une équipe délocalisée de son pays en guerre et qui n’a pas joué un match officiel depuis deux mois, le spectacle proposé en première mi-temps a quelque chose de sinistre.


L’OM attaque la seconde période avec un peu plus d’entrain. Avec un jeu collectif toujours réduit au minimum, notre présence continue dans le camp adverse amène plusieurs occasions. Ratant une tête à bout portant à la réception d’un centre parfait de Merlin, Luis Henrique montre que les attaquants n’ont rien à envier aux défenseurs en matière de gestes techniques hautement comiques.

Gâché sur son aile gauche mais volontaire, Jean-Bite prend les choses en main, à la conclusion d’une action initiée par une belle récupération haute de Luis Henrique. Lancé par le Brésilien, Clauss adresse un centre parfait qui prend à revers la défense et permet à Aubameyang de reprendre au second poteau une main dans le slip (0-1, 64e).

La passe décisive de Clauss marque-t-elle le signal de joueurs enfin remis à l’endroit ? Nenni, le mal est profond et c’est Jonathan lui-même qui le démontre quatre minutes plus tard. Quand un coup-franc boxé par Lopez revient en cloche dans la surface, Clauss arme ainsi son plus beau coup de tatane, qui ripe lamentablement sur le ballon en faisant « poûet » comme un jouet pour chien, une trompette dans Benny Hill, ou la radio qui souligne une blague de Jean Roucas. Au lieu d’être expédiée quarante mètres devant, la balle est posée au pied de Matviyenko, qui se trouvait derrière Jonathan et ne se prive pas d’aligner Lopez (1-1, 68e).

Le temps de manquer une nouvelle reprise, certes plus difficile, Luis Henrique est remplacé par Ndiaye. Le retour de Kondogbia se fait quant à lui sentir par de belles et autoritaires récupérations de balle dont l’une, sur la première relance adverse, permet à Moumbagna d’être lancé seul face au gardien. Ce dernier effleure Faris, qui ne se prive pas de se laisser tomber comme une merde : l’arbitre juge le contact trop léger pour siffler faute (mais dans ce cas, pourquoi n’avertit-il pas l’attaquant pour simulation ?) et invite Faris à se coller son pénalty où je pense. Certes, le Camerounais avait cherché la faute, mais il n’en demeure pas moins que le contact avec le gardien était réel : qu’un arbitre mieux luné aurait accordé le pénalty et le carton rouge, et Faris aurait pu être célébré comme « un attaquant roublard qui joue bien le coup ». Tant pis.


De toute façon, il ne sert à rien de prendre l’avantage trop tôt, eu égard à notre façon de nous faire invariablement égaliser dans les cinq minutes qui suivent. Aubameyang l’a bien compris, qui attend la toute dernière minute du temps réglementaire pour se lancer dans une série de dribbles à gauche de la surface, affoler toute la défense, et servir parfaitement en retrait Illiman Ndiaye, qui pladupiésécurise (1-2, 90e).

En marquant tout à la fin, au moins, on est certains de ne pas se faire remonter, d’autant que Gattuso gagne un peu de temps en faisant entrer Correa et Meïté. Ce qu’il faudra m’expliquer en revanche, ce sont les consignes qu’il a pu donner à Tucu pour qu’il aille faire le mariolle au pressing au lieu d’aider Merlin à sécuriser le côté gauche dans le temps additionnel. C’est ainsi qu’une fois la première ligne franchie, les Ukrainiens déboulent à deux face au seul Quentin, qui ne peut donc pas intervenir : s’ensuit un centre sur lequel Gigot intervient en retard et ne peut empêcher Eguinaldo d’égaliser de la tête (2-2, 93e). En deux matchs, le FC Pinder vient donc de se faire égaliser à trois reprises dans les cinq minutes après avoir pris l’avantage : non contents d’être limités techniquement et d’être conduits par un entraîneur nul, nos joueurs souffrent également d’un mental si mince que même le plus enculé des rentiers le refuserait pour isoler les murs des immeubles qu’il loue. Dans ces conditions, on serait presque soulagés d’aborder le match retour sans avoir un avantage à défendre.


Les joueurs

Lopez (2/5) : D’accord, il a des problèmes personnels, il a eu le courage d’en parler et en tant que personne, il a droit à tout notre soutien, que nous lui accordons d’ailleurs très volontiers. Reste que l’absence de confiance en soi pour un gardien de but, c’est comme la cécité ou l’agénésie des membres supérieurs, un petit handicap pour pratiquer ce métier.

Clauss (2/5) : Une activation sans limite du mode « Pierre Richard », celui où il réussit une seule chose une seule fois, et encore, on se demande si c’était vraiment fait exprès.

Gigot (2/5) : Part d’un mètre plus bas que d’habitude au moment d’aller s’emplâtrer sur l’attaquant adverse en criant « COPAIIIIIN ». Bilan : la commotion cérébrale est pour une fois évitée, mais pas l’égalisation. Sur le plan du ridicule, c’est à peu près équivalent.

Balerdi (3-/5) : Excessivement nerveux, ce qu’il a moins manifesté par des erreurs techniques que par une façon de s’adresser en permanence à l’arbitre comme s’il allait défoncer sa mère. Il s’en sort avec un seul carton jaune, valant certes suspension, ce qui n’est déjà pas si mal.

Merlin (3/5) : A le laisser se démerder ainsi tout seul en défense, je ne lui donne pas un mois avant qu’il se mette à tout bazarder en soupirant « oh et puis merde, tiens », comme tout le monde.

Kondogbia (3+/5) :A ramené un peu de densité dans le flan qu’était devenu notre milieu de terrain.

Ounahi (2/5) : Encore que non, un flan, quand on le secoue, ça fait « blblblbl », alors qu’Azzedine est maigre, dont l’image ne fonctionne pas. On va partir sur du papier crépon, plutôt, c’est fragile, ça dépasse pas le niveau kermesse et ça fait « frssssh » quand on le froisse.

Harit (2/5) : On a pensé à changer son filtre à gas-oil ? Non parce que ma Ford Focus, en pleine route elle faisait « mup » et refusait de dépasser les 30 km/h, on a cherché et en fait c’est le filtre à gas-oil quoi était obstrué et qui faisait buguer le calculateur d’injection. Moi juste je propose, hein, c’est Gattuso qui a dit « je sais plus comment faire », alors on essaie d’aider.

Luis Henrique (2/5) : Dans son défi lancé avec Clauss du « je fais 90 % de trucs risibles pour un seul truc bien », il y a une chose pour laquelle on peut chaleureusement les féliciter, c’est d’avoir fait leur truc bien en même temps.

Ndiaye (72e) : Un but bon pour la confiance, comme on dit, si l’on met de côté le fait que chez nous marquer un but a autant d’influence sur le résultat que de pisser sur le piquet de corner.

Aubameyang (4/5) : Les frontières nationales sont trop étriquées pour notre Jean-Bite, qui a décidé de ne briller qu’en Europe. Ce garçon a Delors dans les pieds, comme on dit.

Meïté (92e) : Un quart d’heure de consignes transmises par Pancho avant d’entrer en jeu, tout ça pour ne disputer que les cinq dernières minutes en prenant l’égalisation au passage. Football Manager hall of fame.

Moumbagna (1/5) : Un peu mieux que Vitinha en ce que Faris a l’air d’occuper la totalité de son corps. On a déjà un attaquant qui n’est pas un déficient psychomoteur, pour ce qui est d’être bon au foot on vérifiera plus tard.

Correa (92e) : D’habitude on le trouve absent sur le terrain, mais cette fois il n’était littéralement pas là. Genre il y avait une attaque où Merlin défendait à un contre deux, et Tucu Dupu, je sais pas où il musardait mais en tout cas il était pas là. C’est un peu couillon du coup, c’est à lui que Pancho aurait dû matraquer la consigne pendant un quart d’heure, parce qu’apparemment « on mène au score dans le temps additionnel, t’es ailier, viens aider ton latéral à bloquer le couloir », pour certains c’est pas intuitif.


L’invité zoologique : Valery Bondréapivore

La bondrée apivore est un rapace migrateur, ce qui explique son invisibilité à certains moments de l’année et sa réapparition épisodique à n’importe quel endroit de l’Europe. Il s’agit donc de l’invitée appropriée pour livrer ses observations sur ce club errant.

  • Les autres : Sans être un spécialiste du championnat ukrainien, je me suis laissé dire que nos petits soucis les faisaient doucement rigoler.
  • Coming next : Nous rendons visite et peut-être les armes à Brest dimanche soir, avant le match retour de ce 16e de finale. Autant dire que la saison peut tout aussi bien s’achever dès la semaine prochaine.
  • Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Twitter, ainsi que sur BlueSky. Thibault D. remporte le concours zoologique.

Bises massilianales,
Blaah

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