La Gones Académie note Olympique Lyonnais-Athletic Bilbao (2-1)

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Torben vit l’Europa League tranquillement.

Torbenbonne

Bon, cela semble bien engagé pour la suite. Aulas avait déclaré que le club jouerait à fond cette compétition et, malgré le turn over, cela semble bien être le cas, puisque nous trônons en tête de notre groupe d’Europa League avec neuf points en trois matchs. Les seuls à afficher un tel bilan sont l’Atletico Madrid, l’un des favoris de cette compétition et Dniepropetovsk qui domine Naples et le PSV (ainsi que l’AIK Solna, mais ce club est tellement moins de la réputation de sa section féminine…). Le boulot est fait, toujours avec des frissons et des difficultés, mais cette équipe est accrocheuse et se bat. On paiera peut-être ces efforts en championnat ou dans une des Coupes, mais franchement, pour le moment, cela en vaut la peine.

Pour ce match, Garde se voit toujours privé des mêmes éléments: Gourcuff, Bastos et Grenier. Mvuemba n’est pas qualifié, pour rappel. Garde choisit de faire souffler plusieurs de ses cadres avant le match contre Marseille. Ce qui donne une composition assez rock’n roll en fin de compte. Vercoutre est dans les buts, mais sa défense est composée d’une charnière Lovren-Koné, avec Réveillère à droite et Umtiti à gauche. Visiblement, Garde a choisi de bonifier l’ancien poste du jeunot. A la récupération, Fofana (qui avait déclaré dans la presse vouloir en profiter un maximum) est associé à Gonalons, tandis que Malbranque se retrouve dans le rôle du créateur. Briand est sur l’aile droite, tandis qu’à gauche c’est Monzon qui est aligné. Décidément, Cissokho aurait eu sa chance avec Garde, on l’aurait peut être reconverti à ce poste… En pointe, c’est Lisandro qui est titulaire.

En face, c’est l’Athletic Bilbao, l’incarnation du football basque. Le club est né grâce aux Anglais qui importèrent le football dans le coin grâce aux marins (comme au Havre oui..) et aux étudiants. Le club est un des piliers des trois premières décennies du football en Espagne par la Coupe (14 victoires pour 18 finales entre 1902 et 1933) et au championnat (4 titres, 2 secondes places entre la création du championnat en 1928 et 1936). Après la guerre d’Espagne, le club est encore performant jusqu’aux années 60 (2 titres, deux fois vice champion, 7 Coupes et 4 finales) avant d’alterner les bonnes et les mauvaises périodes. Il est redevenu un outsider en Espagne, après une grosse éclipse suite aux belles années Javier Clemente (dernier titre et doublé en 1984) si l’on excepte le coup de génie de Luis Fernandez (vice champion 1998, ce qui remet le club sur le devant de la scène médiatique en France). Le club, avec une histoire plus que centenaire (puisque ses débuts datent de 1898 dans ses premières incarnations), compte plusieurs légendes dont un certain Rafael Moreno Aranzadi (1892-1922). Un buteur assez connu. Si, si vous en entendez parler chaque année par son surnom, Pichichi. Le club, outre le record de Zarraonainda (buts marqués en une saison, record battu par Cristiano Ronaldo, vous en avez assez entendu parler) est plus connu pour sa politique de recrutement. Plus que les liens du Barça et de la Catalogne, Bilbao incarne vraiment une idée du football basque, voire même du sport basque. Euskaltel-Euskadi, l’équipe cycliste qui porte un maillot qui a inspiré un maillot third lyonnais (avec Laval), est obligé désormais de recruter des non Basques pour pouvoir survivre en ProTour (joie d’un classement qui affecte les points uniquement aux coureurs et qui favorisent les armadas de façade, tandis que les équipes moins nanties comme Euskaltel, galèrent à survivre en se faisant piller leurs meilleurs éléments…). Le club sort d’une saison satisfaisante, une mini Bayer Leverkusen avec deux défaites en finale, une en Coupe et une en Europa League après avoir sorti notamment Manchester United, Schalke et le Sporting Portugal (et avoir écarté le PSG en phase de poules). C’est l’Atletico Madrid qui les dominera en finale.

Ce renouveau est dû en grande partie à un homme. Marcelo Bielsa. Ce dernier a profité d’une base déjà solide, grâce au boulot de José Caparros. Le championnat fut moyen, avec une dixième place due en grande partie à un début plus que poussif et à quelques résultats médiocres (la défaite à domicile contre Grenade par exemple…). Ils furent bien meilleurs en Coupes. Bielsa est sans doute l’un des entraîneurs les plus énigmatiques et les plus difficiles à gérer. La Fédération chilienne en sait quelque chose, puisque Bielsa, héros national après le Mondial 2010, a démissionné début 2011 suite à l’élection du candidat qu’il ne voulait pas comme président de la Fédération. Malgré des résultats en dents de scie, il n’apparaît pas forcément comme un entraîneur spécialement en danger alors que son équipe galère cette année en Europa League. En effet, ce qui était présenté comme une lutte entre deux outsiders et qui réduisait le groupe à la lutte entre ces deux clubs s’est avéré faux. Si Lyon a rempli son rôle, en ramant pas mal, Bilbao a fait pire. Le club, avant de venir à Gerland, n’avait qu’un petit point. Un mauvais nul contre Shmona et surtout une défaite indiscutable contre Prague. Autant dire que si ce match pouvait permettre à Lyon de se propulser au second tour ou presque, Bilbao jouait un gros morceau de son avenir.

Le match:

A vrai dire, on se demande comment Bilbao peut être si mal en point dans ce groupe. Par chance, c’est encore rattrapable pour eux, ils n’ont que cinq points de retard sur Prague, mais il va falloir qu’ils les dérouillent copieusement à San Mames. A la vue du match, c’est largement faisable. Bielsa a déclaré qu’il avait vu son équipe dominer jusqu’à l’égalisation. Ce n’est pas totalement vrai, mais son schéma de jeu changeant a largement contribué à une grosse emprise basque. Si, en dehors d’Iraizoz dans les buts, la défense est restée identifiable (avec un quatuor Aurtenexte-Amorebieta-Gurpegi-Iraola de gauche à droite) et qu’Iturraspe était le récupérateur attitré de l’équipe, le reste fut mouvant, contribuant sans doute aux difficultés lyonnaises. L’aile gauche, occupée pendant presque une heure par Munain a été peu à peu délaissée avec des joueurs repiquant de plus en plus au centre alors que Susaeta était fixé dans son couloir.  Ander Herrera et de Marcos ont beaucoup permuté dans l’axe, tandis qu’Aduriz a occupé la pointe de l’attaque jusqu’à l’entrée de Llorente.

Les vingt premières minutes sont tout sauf passionnantes, rythmées par les fautes et les hors-jeux. Il faut attendre la 26e minute et un premier tir d’Aduriz pour voir de l’action et la première parade de Vercoutre. Les Lyonnais réagissent enfin et tentent de répliquer en combinant beaucoup avec les ailes. Peu de centres aboutissent ceci dit… Malbranque force enfin Iraizoz à se bouger à la 41e minute (+1).  La mi-temps arrive et pas grand a se mettre sous la dent en terme de jeu. Les Basques sont bien en place, suivent leurs schémas et tentent de dérouler sans vraiment bousculer la défense lyonnaise. Les Lyonnais ont moins de ballons, ont mis un moment à se retrouver en position de centrer, et encore plus de tirer, mais n’en sont pas plus dangereux.

La seconde mi-temps repart sur ce même rythme pendant dix minutes. C’est sur une combinaison que Réveillère se retrouve en position de centrer. Lisandro se démarque sans trop de soucis (je sais qu’il est petit pour un attaquant, surtout quand il rend vingt centimètres à Llorente, mais quand même…) et marque. 1-0 à la 54e minute. S’ensuit vraiment les difficultés pour les Lyonnais. Pendant une vingtaine de minutes, les Basques sont plus percutants, plus entreprenants et ont plus de réussite. Sauf quand il s’agit de tirer puisque Vercoutre n’est pas inquiété outre mesure. Lyon fait d’abord le dos rond avant de procéder en contre. Gomis, qui ne cadre pas, et Monzon, qui bute sur le gardien, ont des balles de 2-0 qu’ils ne convertissent pas. Forcément, la sanction arrive. Servi par un Llorente qui s’offre un magnifique contrôle au passage, Ibai Gomes trompe Vercoutre d’une belle frappe. On est cinq minutes après l’occasion de Monzon, et cela fait donc 1-1 à la 78e. C’est paradoxalement ce qui va changer la physionomie du match. Sans doute un peu usés par le fait d’avoir couru derrière le score, peut-être trop relâchés mentalement, les Basques laissent plus d’espace aux Lyonnais. Gomis par deux fois tente sa chance tandis que Vercoutre sauve les Lyonnais. Puis Fofana frappe avec la finesse qui le caractérise (une grosse minasse pour ceux qui n’auraient pas compris). Iraizoz repousse un peu comme il peu, Jimmy « Mad Dog » Briand se jette sur le ballon qui traîne et plante. 2-1 à la 85e minute. Les Lyonnais durcissent le jeu (une bonne idée pour une fois) afin de préserver le score et offrent du joga mochito avec trois ou quatre fautes en autant de minutes. Fin du match, l’OL est presque sorti des poules, Bilbao va devoir s’employer pour ne pas sortir de la compétition.

Les images des buts sont.

Les Gones:

Vercoutre: 4/5. Il est un peu trop avancé à mon goût sur le but basque. A part ça, on voit que Vercoutre était gamin dans les années 80, surtout sur les ballons aériens qui traînaient dans son secteur. Grand fan d’Actarus et des Mazinger, il a dégainé du fulguropoing à tout va. On voit que son alter ego, visible lors de la finale de la Coupe de la Ligue, était loin, très loin. A des années lumières, sans doute pas loin d’Euphor. Alors quand en plus, il s’acharne à préserver les chances de victoire lyonnaises, forcément…

Réveillère: 3/5. Ce qui est bien avec lui, c’est que quand je râle que j’attends plus de lui offensivement, il me donne raison à chaque fois qu’il le fait. En équipe de France, il s’était aventuré loin de son milieu de terrain et avait fini avec un but (et un vrai, pas un coup de bol incroyable à la Jallet…). Là, à la suite d’une très bonne inspiration de Briand, il délivre un centre millimétré et trouve Lisandro. Passe décisive. Si l’on excepte sa tendance à repiquer au centre en défense quand Koné commence à céder (ce qui libère Ibai Gomes. Mais bon, s’il n’intervient pas, c’est Llorente qui peut défier Vercoutre. En fait, ce but est sponsorisé par ce site… ), il fut impeccable derrière.

Lovren: 3/5. Un peu sale dans les relances, il fut par contre solide en défense. Il est à peu près au niveau de performance qui faisait de lui l’un des candidats au titre de meilleur défenseur central du championnat. Bon, le problème est autre maintenant. Les dernières fois qu’il a commencé à enchaîner les bonnes performances, il s’est blessé…

Koné: 3/5. Sur le but, il est franchement trop tendre. Bon, le contrôle de Llorente sur la longue ouverture est superbe, mais de là à être transformé en spectateur… Un match tout à fait satisfaisant pour le reste. Sauf pour un point: les relances dégueulasses un peu trop souvent…

Umtiti: 3/5. Il a bouffé du Basque dans son couloir, glanant vingt-sept ballons. On n’ira pas jusqu’à dire que c’est la seule raison qui fait que les Basques ont plus centré leur jeu dans l’axe en seconde mi-temps, mais les difficultés de ses adversaires ont permis à Umtiti de se faire voir comme un latéral gauche potentiel, ce qui n’était pas forcément gagné à mes yeux…

Gonalons: 4/5. Pour célébrer son premier choc européen de la saison (et on sait à quel point il les aime ces chocs. Liverpool aussi le sait…), il avait sorti son plus beau costume, celui qu’il revêtira sans doute pour Halloween afin d’effrayer ses coéquipiers, Scissorman. Et il y a de la vraie performance à le sortir. D’une part parce qu’il fut efficace. D’autre part parce qu’il se paie le luxe de finir avec six fautes (20% du total du match à lui seul. Total pour les deux équipes…) sans pendre un carton jaune. Du côté basque, en cas d’élimination, on prépare un discours à base de « Entre ici Marcelo Bielsa avec ton terrible cortège, de ceux marqués par Gonalons »*…

Fofana: 4/5. Ce qui est amusant, c’est que d’habitude, les joueurs qui se lâchent dans la presse, je les descends dans l’académie qui suit parce qu’il se plante. On tient donc un cas rare de joueur qui tient son rang et qui le fait bien. Moins propre à la relance que Gonalons, mais nettement moins brutal dans ses interventions, il s’est porté vers l’avant quand il a pu. Bien lui en a pris car sa frappe a finalement offert le but de la victoire à Briand.

Malbranque: 4/5. Il est sorti à 26 minutes de la fin. Du fin fond d’un coin étrange du monde, reculé et sauvage qu’on appelle parfois le Forez ou la Loire chez les gens civilisés (les autres disent la maison), on a entendu un cri de rage animal et bestial. Des borborygmes à base de « Garde se moque de nous pour la dernière fois », « C’est du troll », « Appelez la SPA », etc… Oui, parce que combiné à son temps de jeu sur l’ensemble sa carrière stéphanoise, on arrive à un match complet.  Et son match fut bon, même s’il a souvent manqué de justesse dans les passes, peu aidé ceci dit par le schéma tactique basque qui lui foutait régulièrement un défenseur et/ou Iturraspe dans les pattes.

Briand: 5/5. Pour une fois que je peux, profitons-en. OK, son jeu est encore perfectible, il est parfois enclin à trop de déchets. Mais il est impliqué, de fort belle manière sur les deux buts. D’abord, sur le premier, son contrôle et sa protection de balle lui permettent ensuite de lancer parfaitement Réveillère. Première gifle, cela fait 1-0. Sur le second, alors que Fofana tire, il a le réflexe de suivre et est le premier sur le ballon. 2-1. Ne jamais lâcher, c’est l’un des chants des supporters non? Combattre et Vaincre, c’est ce qu’il a fait non? Et c’est ce qu’il tente de faire tout le temps. C’est pour ça que Torben aime ce joueur. (Bon, OK, Living Legend Govou est largement au dessus encore. Un petit doublé de Briand en finale d’Europa League et ce sera réglé).

Monzon: 3/5. Pas en réussite sur ses deux occasions, relativement propre, il a livré un match intéressant. Par contre, il n’a presque jamais été en position de centrer, repiquant souvent au centre. Sans doute un choix tactique de Garde pour profiter de sa frappe de balle, mais ce fut étrange. Un match correct, reste à savoir pour quel poste on l’a réellement acheté…

Lisandro: 4/5. Il n’a pas eu beaucoup de ballons exploitables, mais parvient à en mettre un au fond, de bien belle manière. Sérieusement, l’action est superbe. Bon, la défense du joueur basque chargé de le marquer est aussi efficace qu’une percée en dribbles d’Aly Cissokho, et son  saut pour sa pseudo intervention rappelle aussi furieusement le jeu de tête offensif de Kader Keita, mais c’est Licha qui fait le boulot.

Les entrants:

Lacazette (pour Malbranque, 64e): non noté. Si son entrée, combinée à celle de Gomis, tente de faire passer l’équipe en 4-4-2, on se retrouve pour le dernier quart d’heure avec une formation un peu étrange quand il s’écarte un peu plus sur la gauche. Oui, autant dire que la circulation pour les Basques dans le couloir gauche lyonnais ressemblait à un passage du tunnel de Fourvière aux heures de pointe…

Gomis (pour Lisandro, 66e): non noté. A nouveau sans réussite, malgré quelques bonnes tentatives. Il a eu paradoxalement plus de champ que Lisandro et donc plus de ballons exploitables…

Torben se met peu à peu à la page. Il dispose de la sienne sur Facebook, mais la Gones Académie a aussi droit à sa section à elle seule. La page du site est bien aussi. Si vous ne voulez pas que Pierre Menès devienne sélectionneur de l’Equipe de France après DD, aimez Horsjeu sur Facebook. Si si. Il dispose même désormais d’un compte Twitter comme quasiment tout le monde d’Horsjeu.net. C’est @TorbenPfannkuch. Oui, Torben est un original.

6 réflexions sur “La Gones Académie note Olympique Lyonnais-Athletic Bilbao (2-1)

  1. bonne acad’ bien que un peu gentil dans les notes (Umtiti, Koné…) et surtout très très belle intro! c’est toujours un plaisir de lire des papiers aussi documentés sur cette académie

  2. j’ai pris du plaisir à voir ce match.
    j’ai cru que Briand allait la rater par contre.

  3. Super académie !
    Mais l’académie prend du retard, un peu comme un symbole de tacle de Bakary Koné…
    A quand les prochaines ?!

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