OL – Evian (3-0) : La Gones Académie revient et livre ses notes

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Il est de retour. IL EST DE RETOUR.

Contexte

Oui. Après une grosse pénurie d’acad pour des raisons qui ne vous intéressent pas, la bonne période de l’OL nous a rappelés à nos devoirs d’académiciens. 5 matches, 5 victoires, et autant de raison de croire à des jours meilleurs après un début de saison qui nous a tous mis un sacré coup. Après la défaite surprise du PSG contre Montpellier, l’OL est la seule équipe française encore en course dans 4 compétitions différentes. L’occasion de croire à une saison à trophée ? On a envie d’y croire, même si nous ne sommes qu’en janvier, et que sauf surprise, la coupe de la Ligue va nous offrir une finale un tout petit peu difficile. D’ailleurs, est-ce vraiment un trophée que veulent les supporters… Après des jours dans les profondeurs du classement, entendre « Lyon » et « Europe » dans la même phrase suffisent au bonheur de la Capitale des Gaules. Pour finir par ne pas la jouer, direz-vous ? On verra quels seront les choix de Garde au moment où le calendrier se densifiera, surtout quand il faudra aller en Ukraine à 3 jours de LOSC-OL, mais il faut rappeler que même si l’OL avait un groupe abordable, il l’a conclu en tête. Rien que pour ce respect affiché pour la compétition, on devrait y être qualifié d’office. Si tu me lis, Michel…

L’objectif, donc, est l’Europa League. Même si la tentation de s’emballer est grande, surtout avec un niveau de jeu très plaisant ces temps-ci, restons modestes (#BisevacStyle). A court terme, le but est même très clair : recoller au train d’équipes qui se détache tout doucement et qui jouera certainement les places européennes en fin de saison, à savoir Bordeaux, Nantes, Marseille, peut-être même Reims, et évidemment Sainté. Toutes les équipes susnommées peuvent avoir des coups de mou, peuvent douter, peuvent laisser filer des points bêtement. Le problème, c’est que tout ça, l’OL l’a déjà fait, et pas à moitié. Du coup, même si le rythme semble bon aujourd’hui, on a l’impression que le moindre coup d’arrêt peut nous faire repartir dans un ventre mou comme l’épaule de Miguel Lopes. Alors on savoure, en espérant que ça va durer le plus longtemps possible.

Même à l’échelle des individus, c’est plutôt la fête au village. Si l’infirmerie s’est ennuyée sec ces temps-ci (il paraît même que Ghezzal en est sorti, où va le monde), ce sont bien les seuls à se plaindre, en dehors de petites contrariétés sur le banc qui ont valu à certains membres du staff des matches en tribune pour se rafraîchir les idées. Miguel Lopes va faire une pause pour blessure, lui qui se plaignait des critiques incessantes à son encontre (je me demande bien qui a pu oser faire ça), et son remplaçant va enfin pouvoir répondre à la question que se posaient tous ceux qui souhaitaient voir du neuf sur l’aile droite : Où est Zeffane, avec ses gestes plein de charme. A la grande surprise des rhodaniens pétrifiés quand Bisevac est sollicité dans sa propre surface, la défense centrale résiste plutôt bien, ce qui est un signe de bonne santé en soi. Sur son côté gauche, Bedimo continue de tabasser les latéraux adverses avec une facilité déconcertante, notamment pour les susnommés latéraux. De quoi vous faire regretter l’AEF, car comme aurait pu le chanter Michel Sardou : Il aurait pu briser en mille, plein de défenseurs au Brésil, il aurait remplacé Clichy, au temps béni des colonies.

sardouOn t’aime Michel.

Devant tout ce joyeux petit monde, le milieu, emmené par sa doublette Grenier-Gourcuff, enchaîne avec plaisir, à tel point qu’on en viendrait presque à passer sur les performances d’un Gonalons pourtant en très bonne forme. En effet, si les deux bellâtres de l’OL confirment que pour faire l’amour aux défenses, c’est mieux à deux, c’est bien Fofana qui fait particulièrement plaisir en ce moment. En dehors de son cachou ayant occis Agassa, il régale par son activité, sa capacité à tout faire dans un rôle où c’est, coup de chance, ce qu’on lui demande. L’intérêt de Newcastle ne devrait pas tarder.

Enfin, à la pointe, les deux inamovibles que sont Bafétimbi qui, entre deux cours d’anglais (et peut-être de provençal en secret), tente d’abandonner sa place de lanterne rouge au Jurynho. Objectif louable, mais qui n’a pas le panache de son coéquipier d’attaque, qui essaie tout bonnement de se faire payer ses vacances d’été, et si possible pas dans le Cantal. Pour cela, l’objectif est simple : cartonner, planter encore et toujours, comme pour faire oublier ces phrases que tout lyonnais devait fournir en alibi dans un passé encore proche : « Ok, il a pas des grosses stats, mais il est bon dans le jeu ». A ce stade, j’ai une pensée émue pour le Powerpoint qu’un ami avait réalisé pour me convaincre que Cabella, Mollo ou Danic méritaient plus leur place en équipe de France que Lacazette. Qu’est-ce qu’il devient d’ailleurs Danic, quelqu’un a des nouvelles ?

En cherchant bien, pourtant, on peut trouver des personnes qui se réjouissent avec modération de cette réussite lyonnaise. Gaël Danic, donc, qui se verrait bien confier un carré de terrain chez les corons, mais aussi Rémy Vercoutre, dont la capacité à faire briller les attaquants de Marseille tout autant que leur fameux savon semble avoir eu définitivement raison de la place dans les cages. Les jeunes en manque de temps de jeu risquent aussi de trouver le temps long face à un onze type en pleine forme, et il serait intéressant de suivre les prochaines sorties médiatiques de Benzia, dont l’habileté de communicant aurait inspiré les créateurs d’House of Cards pour leur personnage de Frank Underwood (ce que, contrairement à Karim, Benzia nie).

En ce dimanche après-midi, l’enjeu est donc bien supérieur à une quelconque suprématie rhodanienne. L’objectif face à Evian, c’est de cracher sur la tombe de l’OL d’antan, et de déserter le ventre mou.

 

Formation

Changer une équipe qui gagne, très peu pour Garde. Mis à part un lusitanien de droite, tout le monde est disponible. L’absent est remplacé par Mehdi Zeffane, qui avait montré de belles choses à Rijeka, et qui doit maintenant confirmer en professionnel.

olevian

Résumé

En bon match du dimanche 14h, la rencontre commence tout doucement, comme pour laisser le temps aux courageux gones fidèles au poste devant leur écran. C’est donc timidement qu’Angoula (qui disparaîtra progressivement au fil du match, devenant ainsi Angouplula) arme, et encore, le mot est fort, la première frappe vers Antho Lopes, qui se couche tranquillement sur le ballon. Comme pour rappeler aux Lyonnais que la Ligue 1, ce n’est pas comme à l’entraînement : quand on lève le pied, l’équipes adverse ne fait pas de même. Heureusement, le roi Henri y va de ses petites courses face à des défenseurs qui semblaient paralysés par la peur. Du coup, c’est de son côté que vient le corner tiré par Grenier sur la tête de Gonalons contrée, et que Gomis reprend en pivot (tiens donc). Bien aidé par Berigaud qui dévie la frappe, il trompe Laquait et offre à l’OL un peu de sérénité.

En d’autres temps, cette ouverture du score aurait promis aux savoyards une égalisation en fin de match, mais cet OL a changé. Sans pour autant régaler, les lyonnais gèrent un adversaire bien timide, voire même carrément maladroit dans sa moitié de terrain. Maladroit sur le terrain, bien sûr, mais pas seulement : après avoir fait goûter le pré vert à Gomis, Mensah prend un jaune, puis décide de dire les mots bleus à l’arbitre qui voit rouge. A 10 contre 11 à la 40e, pas besoin d’être un grand mathématicien pour comprendre que l’équation eviannaise comporte beaucoup trop d’inconnues. Un peu découragés, les visiteurs se relâchant, et c’est sur une sortie de balle niveau junior que Gueida Fofana prend le ballon à Berigaud (encore lui), trouve Lacazette qui se retrouve en duel contre Laquait, qu’un art de petit lob trompera en beauté. 2-0, le genre de matches qui aurait pu se terminer à la mi-temps sur un accord à l’amiable, tant on ne voit pas ce que les deux équipes pourraient faire de plus.

berigaudUn peu de déchet technique chez Bérigaud.

Le début de 2e mi-temps, je vous assure, j’étais là, devant mon ordi. Rien pour me distraire, tout juste un paquet de gâteaux sur le bureau, parce que le sport de haut niveau, mine de rien, ça creuse. Et pourtant, pour être honnête, j’ai dû aller revoir le live de l’équipe pour me souvenir de ce qu’il s’y est passé. La réponse était pourtant simple : rien. Aucun temps fort entre la frappe de Benezet à la 49e qu’Antho Lopes renvoie à la manière de son auguste remplaçant et le but CRUELLEMENT refusé à Arnold Mvuemba à la 65e. Le hors-jeu y était, certes, mais c’était tellement beau, tellement près d’être valable, et surtout tellement Arnold qu’on aurait aimé que l’arbitre fasse preuve, comme l’a dit Pascal Dupraz en fin de match, « d’un peu de psychologie ». Les journalistes de BeIn ont cru qu’il faisait référence à l’expulsion, mais nous, au fond, on le sait. Comme Pascal, on n’est pas dupes, ras-le-bol. Le match se poursuit tranquillement, et alors que tout le stade attend que Mvuemba l’épate, le damné Briand met le turbo, pare l’O soto gari de Sorlin et vient servir Lacazette au 2e poteau. A 3-0, et avec un Arnold qui a laissé passer sa chance, le match est désormais plus que plié : il est quasiment fini. Une petite occasion d’un Fekir qui semblait marcher sur des braises ardentes au moment de son contrôle, même pas de temps additionnel d’un arbitre qui voulait rentrer à temps pour la finale de hand (désolé pour la mention de ce fait, mais je vous rappelle que j’habite au Danemark, vous imaginez comme on a pu rigoler dimanche soir) et terminé bonsoir. L’OL est 5e de Ligue 1, à 3 points de Saint-Etienne 4e. Les audacieux viseront le podium ; j’en appelle au pragmatisme. C’est en se croyant trop beau à l’hiver dernier que les Lyonnais ont failli tout perdre. Si Rémi Garde s’est passé d’ailes dans son dispositif tactique, ce n’est pas pour se les brûler tel Icare au soleil printanier de la fin de saison.

 

Notes

Lopes (3/5) : Pendant que Vercoutre pleure au Canal Football Club, notre petit portugais gominé a sorti un match tout à fait correct. Et vu qu’il s’est pas mal fait chier, il a décidé de poser pour la photo en claquant des balles qui sortent en 6 mètres ou en boxant n’importe comment des ballons pourtant à sa portée. Comme on dit chez nous, obrigado la famille.

Zeffane (3/5) : Un peu timide en début de match, il a fallu du temps pour qu’il pose ses couilles sur la table. Un match de mec qui débute quoi, pas de prise de risque, peu d’erreurs, mais rien qui nous fasse regretter le bisou dans le cou de Miguel.

Bisevac (4/5) : Propre et assez calme, Milan a été fidèle à ses performances récentes. Il a surtout l’air de prendre son rôle de leader à cœur, notamment dans les mouvements offensifs où il hésite pas à apporter sa pierre à l’édifice. C’est sûr que c’est autre chose que ses pénaltys et cartons rouges dégueulasses du début de saison.

Umtiti (3/5) : Moins clean que le tueur à gage serbe, Sam a fait quelques conneries de jeunesse, en se laissant notamment avoir plusieurs fois par cette chèvre de Benezet. Le problème c’est que malgré son jeune âge, Umtiti commence à accumuler une expérience qui n’excuse plus ce genre de conneries qui nous rappellent les pires heures de Pape Diakhaté.

Bédimo (5/5) : Déjà qu’il est monstrueux depuis la reprise et qu’il est le meilleur lyonnais depuis le début de saison, mais en plus il parait qu’il fait des pizzas délicieuses. Henri épouse moi.
Bon sinon, pas de frappe sur la barre ou d’énorme folie, mais Bedimonstre est toujours dangereux offensivement, apportant en permanence le danger et en restant intraitable derrière.

Gonalons (4/5) : Petit à petit, le capitaine reprend ses aises et redevient la sale fouine que j’aime. De là à voir un lien avec le Brésil (et la Sicile) qui approchent, je sais pas, mais en tout cas le gros nez de Max fait désormais bien le taf.

Fofana (4/5) : Comme quoi, c’est pas parce qu’on a un bouc de lycéen métalleux qu’on est mauvais footballeur. Le mec est en train de devenir un vrai pilier du milieu après des années un peu inégales, il entre parfaitement dans le schéma joueur de Garde, avec des mecs comme Grenier et Gourcuff qui s’éclatent ensemble. Il a été à l’origine de quelques combinaisons bien sexy et reste solide défensivement.
Un mec qu’on va vendre comme de la merde cet été quoi.

Gourcuff (3/5) : Sa moins bonne prestation depuis son retour en forme. Moins précis et surtout décisif que d’habitude, il a laissé Grenier prendre la place du héros pour ce match là. N’empêche qu’il a été propre, juste et toujours très précieux au milieu, mais on commençait à le sentir fatigué notre Yoyo. Du coup, comme les myopathes au premier rang du Téléthon, on préfère le faire sortir de la lumière avant qu’il ne soit trop tard, ce serait con qu’il ne se réveille pas le lendemain.

Grenier (4/5) : Bon, on va pas encore parler de ses coups francs d’enculé, mais Clément a été super bon. Malgré la petite baisse de régime de Gourcuff, il a su prendre les rennes et mener l’attaque lyonnaise comme il faut. Toujours très juste, et techniquement complètement zinzin, il commence à vraiment monter en puissance. On va pas se mentir, ce serait vraiment dommage de le vendre à un club où jouent des guignols comme Ben Arfa.

Lacazette (5/5) : Alex je t’aime. Dire que toutes ses années tu as joué à des postes qui ne t’allaient pas. Mais là borde, comme c’est bon de te voir dans l’axe. Cette petite balle piquée m’a foutu des frissons, comme ce joli mouvement à 3 avec Gomis et Mvuemba qui n’aboutira qu’à un but méchamment refusé.
Et puis ça commençait à faire longtemps qu’on avait pas vu un attaquant formé au club marquer autant, hein Rim-K !
Par contre, arrête de célébrer tes buts comme de la merde, c’est gênant pour tout le monde.

menees« Je sens que je vais me répéter »

Gomis (3/5) : Un joli but en pivot avec l’élégance d’un routier, mais une célébration / non célébration toute mignonne. Après comme souvent avec Bafé, c’est pas très beau à voir, même un peu chiant, mais ma douce panthère réussit quelques jolies choses (notamment sur le but refusé), et plante quand il faut.
Et puis c’est quand même grâce à lui que ce mongolien de Mensah se fait sortir, donc respect l’artiste.

Briand (5/5) : 5/5 pour son amour de passe pour Lacazette sur le 3ème but.

Mvuemba (3/5) : Avec un peu de chance, sa rentrée aurait pu être folle. Mais pas de chance, il marque hors jeu et rate son contrôle sur une passe bijou de Grenier.

Gérard Côlon et Jean II Makouille

5 thoughts on “OL – Evian (3-0) : La Gones Académie revient et livre ses notes

  1. Bien gentils avec Bedimo. Il a pas fait un match de fou, mais il a pas été sale. Le 5 pour ses derniers matches, oui, mais pour celui là, c’est gentil.
    Oui, Eric est tatilleux.

  2. J’étais aller voir OGCN-OL en 2012 en coupe moustache, et j’avais trouvé Lopes ridicule. Je lui prédisais une carrière à la Joan Hartock, ou à la Erwin Zelazny. Bon, je suis par recruteur et je n’ai malheureusement pas de cojon de cristal. C’est bien s’il trouve sa place en titulaire.

  3. Euh gonalon c’est pas à Naples qu’on en parle? Parce que c’est pas franchement en Sicile…

    Enfin bref on s’en branle.

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