AV Ranch / Paris SGEL (0-4) – La Porte de Saint-Cloud Académie rencontre la France d’en-bas

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Le petit déplacement chez le petit peuple

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Quatre à la suite

 

Salut les encartés,

Voyage au coeur de la France profonde aujourd’hui, celle de la paysannerie, des cocoricos, des saisonniers et de Pithiviers (ne me demandez pas pourquoi, mais ce nom évoque pour moi la quintescence de la ruralité du XXème siècle, dans un savant mélange de Jean Lefebvre et de silos à grains). Bref, à nous la campagne, probablement le seul endroit au monde où l’on peut élire des maires qui s’appellent Steeve. Je ne vois rien à ajouter, vous avez tous saisi les enjeux fondamentaux de cette rencontre, et ce en moins de temps qu’il n’en faut pour dire Hénin-Beaumont.

 

Henri Guybet, si tu m’entends : t’es qu’un mauvais.

 


LE TROU NORMAND


 

Avec ce quart de finale de coupe, c’était un peu de notre enfance que l’on retrouvait, de ces sensations oubliées sur les bancs du club de nos débuts… La froidure du plastique des sièges, l’odeur du gazon frais, le cuir des ballons usés jusqu’à la corne, les chaussures qui vous font suer des pieds et qu’on a toujours grand plaisir à retirer après l’entraînement (d’abord la jambe gauche, toujours, sinon vous êtes des putain de fillonnistes), et même que c’est comme ôter un plâtre après six mois d’immobilisation… J’aime ces ambiances… Sauf les regards qui se croisent.

L’AV Ranch (ce n’est pas sale), le petit poucet du Natianal, en plein terrain hostile, c’était le traquenard assuré pour nos srabs du Ouest Side, au flow bien huilé depuis quelques matches. Il s’agissait de réunir les forces vives de la section séquanaise de l’Internationale footballistique et de garder la tête froide. La solidarité de classe, d’accord, mais on n’allait quand même pas commencer à faire des cadeaux à tous les bouseux qui tapent la balle sous le prétexte fallacieux de la camaraderie, à moins de vouloir passer pour des gentils. Et nous ne sommes pas gentils, c’est pas vrai ! Quand Blaise s’énerve, il se met dans des états dingues, il est méconnaissable ! Surtout, donc, ne pas se laisser abuser par les demandes d’autographes et échanges de maillots réclamés avant même le coup d’envoi ! Faire gonfler l’orgueil de l’adversaire pour mieux le piquer au moment opportun, tactique classique du petit face au gros ! Relisez Sun Tzu ! Ou Guy Roux, je sais plus.

Le match en lui-même s’est déroulé comme on pouvait l’attendre : après une bonne demi-heure à résister avec la hargne du sous-prolétaire agricole, les Avranchons ont peu à peu battu en retraite face à la maîtrise psgéliste. La pression augmentait graduellement sur la cage normande durant la première mi-temps, les coups de pied arrêtés se multipliant dans le camp des paysans. C’est logiquement sur l’un d’eux que PSGEL devait ouvrir le score, sur coup franc, par l’entremise du gras Hatem, d’une belle enroulée du gauche qui finit sa course dans la lucarne opposée, avec l’aide d’une tête adverse. 1-0, réinsertion réussie pour Atmen chez les Avrandeschiens.

 

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=s9jJkLfIpr4]

 

Malgré quelques contres dangereux, et un pressing assez courageux pour gêner la relance parisiano-saint-germanoise, les Avranchanais ont vite lâché prise au retour des vestiaires. Coup sur coup, le brave Atmen Ben Afri et le petit Lucas douchaient en effet les espoirs de nos amis du syndicat agricole normand, menés 3-0 à l’heure de jeu. La fin de match voyait les Bleu-et-violet gérer leur avantage sans prise de risque, et même s’offrir le luxe d’un bien beau but à dix minutes du terme : s’infiltrant plein axe, le beau Xavier s’appuyait en retrait sur Ben Afrique qui, en pivot, contrôlait et remettait magnifiquement dans la course de son copain argentinien qui nous gratifiait d’un subtil lob sur le gardien. 4-0, on remballe et on se tire, fin de la foire aux bestiaux.

 


LE SOVIET PROVINCIAL


 

Alf Aréole (3+/5) : Rassurant et rassuré, l’Aréole, même s’il y eut peu de travail.

Tom au moulin (3/5) : Il fait dans le feutré.

Serjorié (3+/5) : Souvenons-nous de sa prestation carnavalesque en défense centrale à Manchèsteure l’an passé, et apprécions l’étendue du chemin parcouru.

Prunelle Quimperlé (4/5) : Y a pire comme intérimaire.

Maxouèlle (3/5) : Toujours relativement discret offensivement, mais il demeure très utile dans les phases de transition.

Adrien Ramette (3/5) : Pas de bourrage papier à l’horizon.

(Remplacé par Jean Le Celsius, 37.2 le matin*)

Chris N’coucou (3/5) : Cours toujours, tu m’intéresses.

(Remplacé par Gonzague de Guèdes, Dewey ibère)

Blaisounours (3/5) : Ce match d’attaque-défense n’était pas vraiment fait pour lui, mais il s’est bien fait suer quand même pour la bonne cause.

Lucasinho (3+/5) : Malgré ses imprécisions et ses solos de merde, il s’en tire avec un but et deux passes décisives.

Ravière Pastoré (3/5) : Beaucoup de pertes de balle, mais le petit but qui va bien, au moment où ça n’avait plus grand intérêt.

Atmen Ben Afra (4/5) : Un doublé, une très belle passe dé. Le plus célèbre travailleur précaire de France vient peut-être de gagner le droit de passer aux tickets restau à 7,80. Level up !

(Remplacé par Marcoco, pour la frime)

 

J’avais prévu de vous parler de l’Entente Anarchiste de Guingamp, mais pas le temps de niaiser, il est déjà minuit, et dans « camarade », il y a « chambre ». Sans transition, bon dodo à tous.

Trotskanalement vôtre,

Georges Trottais

2 réflexions sur “AV Ranch / Paris SGEL (0-4) – La Porte de Saint-Cloud Académie rencontre la France d’en-bas

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