Orléans – Metz (0-1) : La Metz Que Un Club Académie dont vous êtes le héros

Félicitations, vous voici entraineur du FC Metz

Dire que c’était inattendu est un euphémisme. Et pourtant, vous voici bien là, sur le banc du FC Metz. Et pour quel match ? Un sommet du football anal, un déplacement à l’Union Sportive Orléans Loiret Football. Vous comprenez derechef pourquoi Philippe Gaillot vous a indiqué que personne d’autre ne consentait à se peler l’Hognon en plein mois de janvier chez un ventre mou de Ligue 2. En déposant votre frêle postérieur sur le glacial banc de l’US Orléans, vous comprenez que vous avez peut-être fait une connerie en acceptant ce job. Mais les joueurs sont en place, et le match s’apprête à débuter. Votre adjoint vous tape sur l’épaule et vous tend un bout de papier :

Vous saisissez le bout de papier – Aller voir la composition de l’équipe

Vous le jaugez du regard et lui dites « Ne me touche pas, sac à merde »Rendez-vous directement au début du match, 1ère minute.

20e journée : Orléans – Metz :

Composition de l’équipe : Empoignant le feuillet transmis par le type qui semble vous servir d’adjoint, vous vous arrêtez quelques secondes pour déchiffrer cette composition.

Ca ressemble à quelque chose de cohérent, avec un milieu Angban-Cohade-Fofana de chasseurs de gibier et une défense habituelle qui a le potentiel destructeur d’un 33 tonnes freinant sur une autoroute verglacée. Chiffonnant la composition, vous la jetez sur Gauthier Hein, qui se trouve ravi de voir un objet sphérique arriver vers lui. Il semble en manque de ballon. Poursuivez à la 1ère minute.

Metz Que Un Match :

1ère minute : Votre adjoint s’est assis, et le coup de sifflet est donné. Le match débute :

Vous fixez instantanément le tableau d’affichage en vous disant que si vous aviez su, vous n’auriez pas venu – Aller en 12e minute.

Vous comptez combien de Messins blancs sont sur le terrain – Aller en 3e minute.

3e minute : « Balliu, Oukidja, Cohade et Delaine. Ca va pas être simple de demander à Génération Foot de nous trouver des latéraux et un gardien » murmurez-vous à vous-même. Delaine obtient par ailleurs un premier corner qui ne donne rien. Poursuivez en 15e minute.

4e minute : Votre consigne semble être mal passée. Sunzu tente de dégager un ballon anodin tout en éternuant. La balle file en corner. Pierre Bouby s’avance pour le tirer, c’est capté par Oukidja.

Votre gardien relance au sol – Allez en 21e minute.

Votre gardien envoie une chaussette vers l’avant – Rendez-vous en 33e minute.

12e minute : Un cri vous tire de votre torpeur. Ivan Balliu est au sol et se tord de douleur.

Vous insultez un Orléanais au hasard – Le jeu se poursuit en 30e minute.

Vous demandez à vos gars de rester calme et de s’appliquer – Allez en 4e minute.

15e minute : La partie est insipide, le froid polaire et l’arbitre mauvais. Vous jetez un œil vers l’autre banc, et apercevez le sommet du crâne de Didier Ollé-Nicole qui dépasse de la grille derrière son banc, alors qu’il est bien interdit de séjour sur ce match.

Il n’ira pas dire qu’il était au bord du terrain.

Vous vous dites que c’est un gros con – Poursuivez en 39e minute.

Votre milieu récupère le ballon – L’action continue en 33e minute.

21e minute : Le ballon est vite intercepté par les Orléanais et rode dangereusement dans vos 25 mètres. Boye parvient à le dégager et c’est un local qui hérite de la gonfle et tente une frappe très lointaine. Droit dans la tribune.

Vous soufflez de dépit – Ca se poursuit en 39e minute.

Vous exhortez vos gars à ne rien lâcher – Rendez-vous en 33e minute.

30e minute : L’arbitre méprend vos insultes et se dirige vers le banc adverse, pour exclure l’adjoint Orléanais qui assure l’intérim durant l’expulsion d’Ollé-Nicole. Vous demandez à vos joueurs de profiter de cette confusion pour jouer calmement, et poursuivez en 4e minute.

33e minute : Le ballon arrive jusqu’à Nguette qui effectue un bon contrôle au milieu de terrain et élimine son vis-à-vis. Il avance sur quelques mètres et sert parfaitement Delaine en profondeur. Thomas se défait du marquage, perfore la défense et élimine un second adversaire puis sert le ballon en retrait… et trouve Boulaya qui n’a plus qu’à ajuster le gardien pour un superbe but. 1-0, 33e minute.

Le jeu se poursuit 45e minute.

39e minute : Les Orléanais effectuent une nouvelle incursion dans votre camp, côté gauche cette fois. Balliu est éliminé et son opposant parvient à centrer, droit dans les grandes pattes d’un Oukidja qui rassure tout le monde. Il dégage la balle et vous continuez en 33e minute.

45e minute : Le Capitaine Courage Cohade traque très haut le gibier et récupère le ballon. Il sert Nguette qui enclenche une frappe qui rase le poteau droit, hélas non cadrée. L’arbitre en profite pour envoyer tout le monde au vestiaire. C’est la mi-temps. Vous vous demandez si la frite Orléanaise mérite vraiment d’être la deuxième meilleure de France et reprenez en 54e minute.

54e minute : Les Orléanais sont revenus sur le pré avec d’autres intentions. Delaine vient de sauver un ballon sur sa ligne, et entre débordements et centres, les jaunes sont entreprenants à l’image de ce nouveau centre pour le crâne dégarni d’Anthony Le Tallec qui fuit la cage d’Oukidja.

Vous vous interrogez si Diallo est bien sur le terrain mais l’un des vôtres se fait abattre  – Continuez en 62e minute.

Vos milieux enchainent les mauvaises relancent – Rendez-vous en 68e minute.

60e minute : Une nouvelle frappe de l’USO est non cadrée. Ils manquent autant d’occasions dans ce match que vous avec les femmes dans votre vie. Un cri de douleur glace un peu plus l’atmosphère, l’un de vos joueurs est au sol.

C’est Boulaya – Poursuivez en 62e minute.

C’est Balliu – Poursuivez en 82e minute.

62e minute : Boulaya est plié en dix-sept sur le sol. Il s’est envoyé un Total Régal en ridiculisant un défenseur Orléanais, à qui il n’en a pas fallu plus pour le découper sans autre forme de procès. On entend distinctivement ses « chhhhh chhhh » sur les ralentis, donc c’est pas volé.

La suite se passe en 72e minute.

68e minute : Une nouvelle relance manquée de Fofana à 30 mètres l’oblige à y mettre de la grosse semelle en retard. C’est un bon coup franc et un carton jaune pour le jeune milieu.

Vous vous demandez combien de temps le score va tenir et décidez de renforcer le milieu – Allez en 70e minute.

Vous vous demandez combien de temps le score va tenir et priez votre mère – Allez en 60e minute.

70e minute : Vous remplacez Angban, dont la somme des choix faits sur ce match est presque inférieur à zéro, par Maïga. Continuez en 82e minute.

72e minute : Moment très chaud dans votre défense, le ballon ayant du mal à être dégagé. Une frappe sur Boye fait hurler au péno tous les Orléanais, joueurs, staff et supporters compris. Mais clairement, yapapéno. Notre grand John avait les bras le long de son grand corps. Il n’empêche que vous prenez l’eau. Poursuivez en 70e minute.

82e minute : Balliu vient de se faire découper à nouveau, et se fait conspuer par le public comme sur chaque toucher de balle. Cohade tire le coup franc dans la boite, c’est dégagé par la défense sur Fofana qui arrive lancé et envoie une maxi lourde non loin du but. Orléans repart balle au pied, et Maïga loupe à nouveau une interception.

Vous hurlez sur Maïga – La suite 84e minute.

Vous hurlez vraiment sur Maïga – Le jeu se poursuit 89e minute.

84e minute : Maïga en prend plein la musette mais ne se replace quand même pas. Les Orléanais poussent mais ni Quentin Lecoeuche ni Ousmane Cissokho ne cadrent leur tentative. Vous décidez de cacher vos yeux dans vos mains le plus longtemps possible, et continuez à la 92e minute.

89e minute : On souhaite que la mère de Maïga n’ait pas entendu ce que vous venez de dire à son fils. Plus vraiment lucide, vous faites entrer Niane à la place de Nguette alors que le match est presque terminé. Allez à la 92e minute.

92e minute : Les locaux ont beau eu mettre la pression sur les arbitres, ils n’ont pas eu leurs cinq minutes de temps additionnel. Vous pouvez donc retrouver un rythme cardiaque normal, Varela sifflant le coup de sifflet final. Vous venez de gagner votre match, bravo.

Metz Que Des Notes

Oukidka, 3/5 : 

Solide dans ses interventions, il a communiqué sa sérénité à ses partenaires. On est loin du chien fou du début de saison, et c’est plaisant.

Balliu, 3/5 : 

Pris en grippe espagnole par le public, notre petit Ivan a mangé de la pelouse dégueulasse une bonne partie du match. On espère ses douleurs passagères, pour ne pas revoir Rivierez sur une feuille de match de si tôt.

Sunzu, 3/5 : 

Maman est en haut,  et elle ne fait pas de cadeau.

Boye, 3/5 : 

Papa est en bas, et il fait de l’adversaire du petit bois.

Delaine, 4/5 : 

Une activité Alcaline qui masque ses quelques errements défensifs. Son débordement dévastateur est à l’origine du but, un fabuleux sauvetage à la 50e nous sauve de l’égalisation. Trois points pour Thomas. 

Cohade, 3/5 : 

Le Ngolo Kanté blanc.

Angban, 2/5 : 

Faire des choix, c’est bien. En faire des bons, c’est mieux.

Remplacé par Maïga, 70e (non noté). Il s’est plus fait engueuler pendant 20 minutes qu’il n’a joué au football.

Fofana, 2/5 : 

Si certaines de ses interventions sont belles comme un matin de Noël, il a cruellement manqué de punch sur ce match.

Boulaya, 3/5 : 

Toujours cette vilaine habitude de se croire sur un terrain de five. Un 5e but offert par la merveille de Delaine, et une seconde mi-temps d’un meilleur tonneau. Caution Total Régal.

Nguette, 3/5 : 

C’est lui qui enclenche l’action de but. Il s’éteint ensuite progressivement. Le coup de l’Opanne.

Remplacé par Niane, 89e (non noté).

Diallo, 2/5 : 

Notre Olivier Giroud, qui se démène sur le front de l’attaque et qui n’a rien à bouffer de tout le match. Dur d’exister quand on ne voit pas le ballon de tout le match.

Ce n’est pas sexy mais efficace, une méthode de champion du monde. La suite, c’est la réception de Clermont le 18 janvier. En attendant, c’est 9 points d’avance sur le troisième, et toujours un derby en retard à jouer. Ligue 2 is coming home.

Klass & Deuch

Klass & Deuch

Vous n'avez rien de mieux à faire ?

2 Comments

  1. En gros, il n’y a que deux moyens d’atteindre la fin de l’histoire à la 92e : la déception ou la honte.

    Super idée cette acad’.

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