Bordeaux-Annecy (1-0) : la Scapulaire Académie en haut ça va
Bordeaux en leader

« Attention, les gars ! Ils font peut-être une saison en d’Annecy mais il mordent souvent à l’extérieur ».
Ah ah, qu’il est con, ce David !
Le nul ramené de Bastia a confirmé deux choses : le jeu des Girondins patine et il faudra batailler à chaque match.
Mais c’est en tant que leaders que nous recevons Annecy, il est donc primordial de bonifier le point pris en Corse afin de poursuivre notre marche en avant.
Mais d’ailleurs, Annecy c’est quoi ?
Ville de Haute-Savoie, oui et toi ? Au bord du Lac du même nom, la ville « où il fait bon viiiivre » et là où les fiches de paie commencent au minimum par un deux.
C’est aussi un club de foot. Pensionnaire de deuxième division entre 1988 et 1993, le FC Annecy a décidé de quitter le monde du football professionnel en octobre de cette même année, bien dégoûté par les magouilles du club du Sud. Comment ? Ce n’est pas pour cela ? Prouvez-le.
Enfin, le FC Annecy tombe en DHR, met le FC derrière et le Annecy FC offre des bières au club house après le derby Annecy contre Epagny Metz-Tassy (normalement c’est à ce moment-là que les potentiels lecteurs lorrains vont cliquer sur « retour à la page précédente »). Le club tombe même jusqu’en PHR et l’histoire raconte que lors de l’assemblée générale de 2013, a soufflé un vent de révolte :
« On en a marre des 33 Export ! On veut de la Kro comme à Montagny-les-Lanches !
-Tu nous a pris pour l’ETG ? Ce n’est pas le même lac, Clément ! On n’attire ni les Suisses ni les Champions du Monde. Nous n’avons pas de moyens. Laissez-nous une saison pour trouver des solutions. Martine de la buvette va tricoter des bonnets en peau de chamois et on demandera à Guy Stephan de venir faire des photos dédicacées qu’on vendra 2,50 euros à la Fête du Lac ».
Et c’est ainsi que, après vingt années à végéter dans les fonds du football amateur, le club a repris son nom d’origine (FC Annecy) et a commencé à remonter les échelons. Des idées, du dévouement et des bières dégueulasses, le football d’en bas est l’essence même de ce sport. Ils méritaient donc de se voir récompensés.
En cinq ans, le club passe du CFA2 au Natianal. Et au printemps dernier, il valide sa promotion en Ligueudeux grâce à un doublé de Bosetti, qui a tout donné pour avoir la chance de rencontrer à nouveau son club de cœur : les Girondins de Bordeaux. Mais le plus grand club du monde du Sud-Ouest a autre chose à faire que de féliciter chacune des réussites de ses petits supporters.
Car oui, les Girondins préparent bien leur retour dans l’élite et cette entreprise prend tout son temps. Les résultats sont là, les bières dégueulasses aussi et il ne manque plus que les bonnes idées pour y avoir accès.
La composition :
Poussin
Michelin Mwanga Barbet (c) NSimba
Lacoux
Sissokho Ignatenko
Bakwa Elis
Maja
Fransérgio est sur le banc : fait majeur ! Ou faites… avec le majeur, on ne vous en voudra pas.
Le résumé :
Le match :
Comme à son habitude, Bordeaux prend possession du ballon en début de rencontre. Les Girondins sont appliqués, font tourner mais on sent déjà la volonté d’allonger le jeu. Tactique qu’ils utilisent finalement de manière abusive, d’autant plus que les longs ballons ne sont pas toujours précis.
En parlant de long ballon, Elis s’essaie au kick and démerde-toi tout seul rush. Il part sur son côté gauche depuis la ligne médiane, pousse la balle à vingt mètres, accélère et dépose son latéral – jusqu’ici tout va bien – puis entre dans la surface en ayant perdu son temps d’avance (foutues dimensions du terrain, obligé de freiner et d’être plus précis). Il oriente son corps de façon à pouvoir enrouler tel un Titi Henry des grands soirs. Mais sa molle tentative ressemble plus à une offrande décisive de Platini à l’émir du Qatar lors du fameux rendez-vous à l’Elysée. Escales n’a qu’à se baisser pour ramasser.
Bakwa lui, aime avoir le ballon dans les pieds. Ses provocations sur le côté droit amènent le danger. Après avoir éliminé son adversaire grâce à ses dribbles et sa vitesse, il tire dans un angle fermé mais Escales repousse sur sa barre !
Le ballon à terre, c’est plus facile. Preuve en est avec cette magnifique action qui débouche sur l’ouverture du score :
Jeu à trois entre Barbet, Sissokho et Lacoux. Le beau gosse trouve Maja dos au jeu et qui oriente vers NSimba, seul sur son côté. Le latéral accélère et centre à ras de terre au point de penalty. Maja, Elis et Ignatenko sont présents dans la surface mais c’est Bakwa qui reprend sans contrôle et qui marque (1-0 ; 22e) !
Les Girondins ont rapidement pris l’avantage et on aurait pu s’attendre à les voir dérouler. Au lieu de quoi, ce sont les adversaires qui se montrent les plus dangereux. Honnêtement, par moments, Annecy régale (aucun lien avec la First Lady). Mais surtout, Annecy dérape. A de nombreuses reprises et alors en situation favorable, les attaquants se sont mis au ventre et glisse, sûrement des réflexes de cours de curling en EPS. Poussin reste concentré le peu de fois où cela semble nécessaire.
Les Bordelais atteignent la pause avec un but d’avance et imbus d’eux-mêmes. C’est pourquoi, dès la reprise des débats, ils imposent le 46.3. C’est comme le 49.3 (cela vous emmerde, pas grave, on le fait quand-même) mais à la 46e. Ça chauffe, on sert les fesses alors que la moitié des protagonistes seulement semble avoir regagné son poste. Ce n’est pas la première fois qu’ils nous font le coup et nous avons été épargnés la vigilance de Poussin.
Les Girondins ont bien du mal à sortir la tête de l’eau. Notre trio de légumes au milieu semble dépassé par la pression exercée par l’Annecytrouille. Ne nous méprisons pas, nous ne prenons pas le bouillon non plus.
Bordeaux se crée même une belle occasion. Après un relais avec Maja, Elis entre dans la surface. Bakwa se sent encore plus seul que la laïcité dans la poche de Macron. Alors que le bon sens aurait été de le servir, il a été complètement méprisé à la faveur d’un intérêt personnel. Et là encore, le tir d’Elis n’est à montrer dans aucune école. Escales aurait pu se mettre à genoux et stopper le ballon de la tête. D’ailleurs, il l’a fait, non ?
Malgré ce crachat de puceau, on s’ennuie ferme comme devant un film érotique sur RTL9. Les gamins manquent certes d’expérience mais leurs hésitations me font penser aux catéchistes de KTO. Ah ! Quel imbécile ! Pardon, j’étais vraiment sur KTO. J’ai du zapper en balançant ma télécommande sur le raté d’Elis.
De retour au match, à temps pour assister à l’entrée du Vieux-Papesergio. Malgré son acidité et ses caractéristiques qui feraient pâlir la merde d’un homme sous Fumafer, figurez-vous qu’il a fait du bien par où il est passé. Il a failli atteindre le nirvana mais il était tout de même à un mètre du but lorsqu’il a tenté sa chance sur un délicieux centre de NSimba. C’était quelques instants avant une double opportunité de Badji mais c’était sans compter sur Escales et sa forme.
Le match en restera là. Son résumé est parti dans tous les sens, à l’image d’un lapin aveuglé par les phares d’une bagnole. Quand on vous dit qu’il aurait mieux valu l’ignorer.
Les notes des 33:
Poussin (4/5):
D’abord, le feu de paille.
Puis les bois qui tremblent.
Maintenant, il tient la baraque et c’est du solide.
Plus l’histoire de Poussin avance, plus elle ressemble à celle des Trois Petits Cochons.

Michelin (2/5):
+1 pour le coup d’épaule sur Bosetti.
-1 pour le coup d’épaule sur Bosetti (c’est bien de vouloir te mettre les supporters dans la poche, c’est mieux de le faire en jouant au foot)
Mwanga (2+/5):
Moins impressionnant qu’en début de saison mais il n’avait pas joué depuis plusieurs semaines. On espère que son petit tour sur le banc ne lui aura pas coupé son élan.
Barbet (4/5):
Yo, la beubar de daron !
NSimba (3+/5):
Parfois en difficulté dans son dos mais il est tellement bon quand il prend les devants qu’on lui pardonne. Surtout qu’il fait du « beaujob » comme personne (tous nos ex depuis dix ans n’étaient personne).
Lacoux, Sissokho et Ignatenko (2/5):
Si Cerbère protégeait les Enfers…

Bakwa (4/5):
Des dribbles, des frappes, un but. Un match plein pour le virevoltant attaquant.
Elis (Échec/5):
Il a tapé plus fort pour conduire son ballon que pour frapper au but et a enchaîné les mauvais choix.
Mais Alberth a une excuse :

Maja (2/5):
Le pivot dont rêverait le PSG.
Les entrants:
Aymeric arrive à Depussay ses limites.
L’entrée de Fransérgio a fait du bien. Est-ce vraiment cette vie que l’on veut mener ?
Davitashvili a mis autant de temps à entrer dans son match que votre serviteur pour écrire son nom sans faire faute : vingt minutes.
Delaurier-Chaubet a fait son retour et il nous avait manqué.
Badji n’a pas été décisif ce coup-ci mais va en planter quatre en Coupe contre nos Jumeaux.
En face : Annecy les cages faisaient 25×8…
…On aurait peut-être fini à 1-1.
Annecy joue bien mais LE problème majeur est l’incapacité à cadrer les tirs. Laisser le ballon dans l’enceinte serait déjà un exploit, c’est dire.
Pour conclure :
[Copier-coller la conclusion de Bordeaux-Metz]. Peu de maîtrise, peu de jeu (ou seulement par à-coups) mais trois points de pris. Pour le moment, on s’en sort et cela suffit pour creuser un premier écart en tête. Mais les Girondins seraient bien inspirés de l’être un peu plus sur le terrain.
Prochain match contre le Stade Bordelais à Sainte-Germaine en Coupe de France. L’occasion de fêter les Martine locales.
D’ici là, mettez-vous Horsjeu et venez discuter sur Twitter : @NauseeSavajicl, @IanWalterFoote et @KikiMusampala.
Si vous parlez à l’un, l’autre vous répondra sans doute et c’est sûrement mieux ainsi. N’oubliez pas le compte @La_Scapulaire gérés par nos mères.
A bientôt.
Nausée Savajicl