Montpellier – Bordeaux (1-0) : La Scapulaire Académie livre ses notes

14

Bruno Bistrot n’a pas envie mais se lance quand même.

illustration acad' Bruno Bistrot

Il était une fois, dans le monde merveilleux du football français, une compétition appelée « Coupe de la Ligue ». Née en 1994 selon le modèle de la « League Cup » anglaise, elle ne concerne que les clubs professionnels, auxquels elle offre un format avantageux, protégeant les équipes européennes, – qui n’ont que 4 matches à gagner pour la remporter – distribuant des primes nettement supérieures à celle de son ainée – ouverte à tous les clubs – la Coupe de France, et délivrant à son vainqueur un ticket pour la C3. Une compétition qui est donc des plus intéressantes sur le plan sportif et financier, qui se veut la vitrine du foot pro de notre belle France et qui assure à tout amoureux du ballon rond la possibilité de pouvoir contempler – sur les chaînes du service public qui plus est – le sacro saint « spectacle » qui lui est cher. Mais ce tableau idyllique n’est malheureusement pas apprécié à sa juste valeur par les supporters français ! Ces éternels insatisfaits, qui l’affublent du sobriquet de « MoustacheCup » en référence à la pilosité faciale du Président de la Ligue de Football Professionnel Frédéric Thiriez, reprochent en effet à la Coupe de la Ligue de ne pas avoir de légitimité, de surcharger des calendriers déjà bien remplis et de proposer des rencontres fades jouées par des équipes B et pas motivées, le tout dans des stades quasi vides car les rencontres ont lieu en semaine et sont programmées à des heures où les gens qui ne sont pas encore au chômage ne peuvent se rendre au stade.


La Coupe de la Ligue : une compétition comme le pouce de Frédéric Thiriez, tordue.

Mais, tandis que les Girondins de Bordeaux font leur entrée dans cette Coupe de la Ligue version 2012/2013 et que je juge utile de vous présenter le contexte délicat qui règne autour de cette compétition, loin de moi l’idée de prendre parti dans ce débat (même si un peu quand même) ! Passons donc au match. Surtout qu’il s’agit d’un Montpellier – Bordeaux, une belle affiche entre deux clubs européens. Le Champion de France en titre qui reçoit le 5ème du dernier championnat et triple vainqueur de ce beau trophée en plastique jaune à spirale pour une place en 1/4 de finale ça fait rêver non ? Et que dire d’un match sur France Télévisions avec les commentaires du duo Patrick Montel – Jacky Bonnevay ?!? Bref, me voilà convaincu et j’espère que vous aussi. Et si vous ne l’êtes point encore, le générique et la musique  de cette formidable épreuve sauront sans nul doute vous persuader !

Les 22 qui courent

Pour ce match à la Mosson qui sent bon les poubelles, la poésie René Girardienne et la sueur dans le slip de Loulou Nicollin en tribune présidentielle, Francis Gillot – homme de parole s’il en est – tient ses promesses  et aligne une équipe avec tout plein de remplaçants, dont Matthieu Chalmé qui s’apprête à disputer ses première minutes de la saison en match officiel, et David Bellion, pour qui c’est la première titularisation de la saison  : Carrasso (cap) – Chalmé, Sané, Planus, Marange – N’Guémo, Sertic – Ben Khalfallah, Jussiê, Saivet – Bellion. Sur le banc on retrouve d’autres jeunes comme Keita, Poundjé et Sacko, tandis que Plasil, Mariano et Obraniak sont devant leurs télés (ou au bar).

Par souci de respecter la « tradition » de cette Coupe de la Ligue, qui veut que les entraîneurs fassent tourner mais espèrent quand même la gagner, René Girard – qui doit en plus faire face aux suspensions de Bocaly, Saihi et Yanga M’Biwa, ainsi qu’à la blessure d’Aït-Fana – aligne également une formation remaniée dans laquelle les anciens encadrent les jeunes pousses et les bides du dernier mercato estival : Pionnier – Deplagne, El-Kaoutari, Congré, Jeunechamp – Pitau (cap), Marveaux, J. Martin – Tinhan, Charbonnier, Herrera. L’occasion pour moi de découvrir les têtes et les noms de Mathieu Deplagne, Jonas Martin et Jonathan Tinhan ; lesquels réussissent l’exploit d’avoir l’air encore plus intelligents – et mieux coiffés – que leurs glorieux prédécesseurs récemment sortis du centre de formation héraultais, j’ai nommé Mapou Yanga M’Biwa, Younès Belhanda, Karim Aït-Fana et Rémy Cabella. Sachant qu’à Montpellier, le talent des jeunes est inversement proportionnel à leur Quotient Intellectuel je me méfie cependant.

 

La première mi-temps anale

(Si vous avez trouvé que l’intro de cette Académie traînait en longueur, je vous rassure immédiatement, la suite est plus courte tellement le match était pourri)

Au moment d’entamer mon résumé du match, je vous avoue mes immenses difficultés à trouver quoi écrire. Vu le niveau d’ensemble de la rencontre, plus proche d’une course de tortues que d’un 100 mètres au J.O, l’analyse sera impossible car il n’y a tout simplement RIEN eu à analyser. N’ayant même pas trouvé les fonds nécessaires pour me payer de quoi boire depuis la dernière académie je vis, paradoxalement, la première période comme si j’étais en plein coma éthylique, telle la parfaite illustration du téléspectateur abruti dont Patrick Le Lay vendait le temps de cerveau humain disponible à Coca Cola. Pourtant bien conscient, je n’ai cependant pas la force de râler, de m’énerver, de me plaindre, de m’endormir, ni même – plus grave – de rire face au festival de passes ratées, de mauvais contrôles, de longs ballons pour personne, de successions de duels conclus par des chandelles en touche, de non appels et de non déplacements – autrement dit de non football – que nous proposent les deux équipes.


La première période en image

Dans un relent de dignité humaine (enfin presque), je trouve cependant tout juste l’énergie d’hausser les sourcils, surpris, à la 13ème minute par la relance dégueulasse de Romain Pitau, contré plein axe par Jussiê qui file seul vers le but mais se fait rattraper lamentablement par Congré, laissant Pionnier récupérer le cuir. Mes yeux s’écarquillent même de stupeur quelques secondes plus tard (15ème) quand Fahid Ben Khalfallah, côté gauche aux 30 mètres, repique dans l’axe et décoche une frappe de mulet que Pionnier boxe des poings avant de récupérer la balle suite à une tête en retrait d’El-Kaoutari prenant Bellion à contre-pied. La tentative de pressing du numéro 11 bordelais et sa glissade sur la remise de son vis-à-vis montpelliérain m’arrache finalement un petit rire ironique ; celui-là même qui avait failli sortir de ma bouche dès la 5ème quand Montpellier s’était offert une situation de face à face et que, comme un con, Tinhan (jeu de mots) avait poussé trop loin son ballon pour le donner gentiment à Carrasso.

Dans la foulée de ce premier quart d’heure, qui sera le plus animé de la rencontre (c’est dire) et qui se conclura par l’expulsion à la 16ème minute  de Nicolas Girard, préparateur physique du MHSC et fils de René Girard, pour des mots crus à l’encontre du 4ème arbitre, la réalisation de France Télé nous montre la statistique de la possession du ballon, qui est alors de 68-32 en faveur de Bordeaux. C’est cool, mais quand on sait que Sertic et N’Guémo se sont fait déjà 762 passes on se dit que la possession… ben ça sert à rien ! Enfin si, ça sert à lancer Patrick Montel qui annonce théâtralement que « Montpellier est pris à la gorge d’entrée par cette équipe de Girondins de Bordeaux». C’est cela oui. Sinon, niveau jeu, on a trois frappes lointaines au dessus à noter – une de Sertic (40ème) après un bon pressing de Bellion et Jussiê sur la charnière centrale des locaux, une de Tinhan (35ème) en pivot sur un long dégagement d’El-Kaoutari et une de Charbonnier (43ème) après une ouverture de Martin et une tête plein axe de Sané – ainsi qu’une cagade (la classique) de Matthieu Chalmé, qui laisse rebondir le ballon et se fait griller la politesse par Tinhan, dont le centre au sol est dégagé en catastrophe par un tacle de Marange devant Herrera, qui avait armé la frappe (45ème).

La deuxième mi-temps anale

Après un quart d’heure de sieste qui m’aura empêché de voir Laurent Luyat nous montrer les buts des autres matches et nous survendre le match du soir, le « Classico » (mal écrit) à la française entre Paris et Marseille, la purge reprend en même temps que ma léthargie profonde. Léthargie qui s’accompagne d’une certaine anxiété car si le match est toujours aussi pourri, on sent chez les Montpelliérains une plus grande détermination dans les duels et dans les bribes d’enchaînements collectifs. Illustration à la 49ème sur un mauvais contrôle, de la main en plus, signé Sané et un déboulé de Tinhan qui pousse le ballon et court derrière (le terme « conduite de balle » n’est ici pas approprié) mais se fait reprendre par un tacle litigieux du Sénégalais. L’alerte est sans frais, tout comme la suivante (59ème) où Herrera réalise un contrôle orienté dos au but suivi d’une air-volée en pivot laissant à Planus le temps de rattraper son retard et de dégager – en touche bien sûr – avec la grâce d’un phacochère asthmatique. La troisième, par contre, fait mouche. Tout part, comme à Bastia, d’une touche anodine sur laquelle tout le monde se touche la nouille côté bordelais et d’un mouvement rapide des héraultais. Après une percée plein axe, Marveaux trouve Charbonnier qui lance en profondeur Tinhan, oublié par Sané, dont la frappe piquée en bout de course lobe la sortie maladroite de Carrasso et tape le poteau avant de rentrer dans les buts vides (61ème).

 


La deuxième période en image

En réaction à cette ouverture du score, récompensant plus ou moins logiquement la bonne période de la moins mauvaise des deux équipes, Gillot opère rapidement ses 3 changements, excédé par l’apathie de ses troupes. Exit donc Bellion (66ème), Ben Khalfallah (71ème) et Saivet (72ème), qui laissent leurs places à Maurice-Belay, Gouffran et Trémoulinas. Des changements qui amènent Jacky Bonnevay  à déclarer sobrement que l’entraîneur girondins « Envoie du gros », mais qui n’apportent rien sur le terrain. Pire, c’est même la bande à Girard qui manque de doubler la mise à la 68ème sur un centre de Martin côté gauche et une tête décroisée du grand Charbonnier qui passe de peu à côté du poteau de Carrasso. Pour ce qui est de la qualité du match, ça ne s’arrange pas. On a quand même l’occasion de se détendre les zygomatiques à la 72ème quand Chalmé, averti 3 minutes plus tôt pour son classique tacle par derrière, effectue un petit pont sur Jonas Martin (vous avez bien lu) et entraîne cette conversation surréaliste entre le duo Montel-Bonnevay quant à savoir ce qu’est un petit pont « ultime ». Comprendront ceux qui peuvent.

Décidément plein de hargne (l’un des seuls côtés bordelais) le latéral roux du FCGB est ensuite victime d’un tacle assassin de Cyril Jeunechamp, pourtant très peu habitué à ce genre de comportement, qui vaut à ce dernier un retour prématuré aux vestiaires (82ème). Une infériorité numérique à laquelle René Girard s’adapte en faisant sortir le génie Jonas Martin – à qui je prédis un bel avenir au vu de son match – pour faire rentrer Hilton (84ème). Le défenseur brésilien rentre bizarrement dans son match et manque même d’inscrire un csc à la 88ème sur un centre de… Chalmé qu’il détourne vers ses propres filets sans pour autant surprendre un Pionnier vigilant. Le gardien montpelliérain sera une dernière fois sollicité, à la 92ème, sur une ultime frappe de Planus, monté aux avants postes face au air-pressing de l’entrant Belhanda (un autre génie).

 Voilà pour le match et l’élimination des Girondins dès le premier tour de la Coupe de la Ligue. Après ce match anal et celui – déjà bien foireux – à Bastia on espère une réaction ce weekend en championnat lors de la réception du rival local Toulouse, actuel 2ème de L1 avec 4 points d’avance sur Bordeaux, pour le désormais mythique « Garonnico », que le non moins célèbre Ours à Collier vous académisera. Bon, place aux notes !

Les 11 types 

Carrasso (Frustration/5) : On peut lui reprocher sa sortie moisie sur le but de Tinhan, mais bon fallait bien qu’il se dégourdisse les jambes sinon il risquait la phlébite. Encore un match difficile à vivre pour la divinité des supporters bordelais qui encaisse des buts à la con mais n’a pas l’occasion d’effectuer d’arrêt, sauf sur un face à face avec Charbonnier (77ème), qui était de toute façon hors-jeu(.net).

Chalmé (2/5) : Son engagement et sa bonne volonté auraient presque mérité un point de plus, mais faut pas déconner non plus, son match est trop moyen. Même s’il a été l’un des moins mauvais Girondins.

Sané (Flashback/5) : De la relance, au placement en passant par les duels et le marquage, le N° 6 des Marine et Blanc est revenu, le temps d’un match –enfin on l’espère-, à ses débuts anaux sous Blanc et Tigana.

Planus (2/5) : Relativement solide défensivement mais trop stéréotypé dans ses relances, dont la plupart prenaient la forme de longs ballons terminant, le plus souvent et faute de mouvement, en touche ou dans les pieds de la défense adverse.

Marange (3/5) : Pas grand-chose à reprocher au Médocain, qui a souvent colmaté les brèches en défense. Apport offensif minimal, mais, d’une, il n’est pas Trémoulinas et, de deux, les autres ont fait bien pire.

N’Guémo (Branlette/5) : Battu au duel sur la récupération héraultaise qui amène le but, Landry a été beaucoup trop facile sur ce match. Et ce n’est malheureusement pas la première fois cette saison !

Sertic (3/5) : Petite moyenne pour sa chalance et pour sa précision technique malgré l’incapacité de ses partenaires à lui proposer des solutions.

Saivet (Touriste/5) : Sans doute l’un des joueurs les plus directement visés par les critiques de Francis Gillot après le match sur le manque d’envie, la suffisance et l’état d’esprit défaillant de l’équipe.

BEN KHALFALLAH (1/5) : Un début de match dans la continuité de sa bonne entrée à Bastia, avec de l’activité et de la percussion, puis une débandade progressive jusqu’à un alignement sur le niveau anal du reste de l’équipe.

Jussiê (1/5) : Trop bas sur le terrain, trop peu régulier dans le pressing et pas assez audacieux balle au pied. Au moins je l’ai vu, contrairement à certains.

Bellion (Running Gag/5) : Carrramba ! Encore rrraté ! (Les Tintinophiles comprendront)

Les entrants

Maurice-Belay, Trémoulinas, Gouffran (Impuissants/5) : Inutile de les accabler. Le mal était fait avant leur entrée. RAS. Terminé.

Bruno Bistrot

14 réflexions sur “Montpellier – Bordeaux (1-0) : La Scapulaire Académie livre ses notes

  1. Wahou, t’arrives à écrire un pavé sur un match de merde. Tu brasses beaucoup d’air. Faites plus court messieurs les bordelais svp.

  2. Je l’ai aussi entendu loulou !
    Après c’est vrai que pour le résumé de ce « match de DH » tu aurais pu juste laissez les deux photos qui illustrent les deux mi-temps et l’analyse des joueurs :)

  3. B1 ouais DudU, si tu savais les années de travail que ça représente d’acquérir ce don pour le brassage d’air et le remplissage de vide à partir de rien…

    Loulou & Foreverbx, à la base Montel et Bonnevay parlaient bel et bien de petit pont « utile », mais quand la « femme de terrain » dégotée par France Télé (j’ai oublié son nom donc j’ai préféré ne pas la mentionner) s’est mêlée à la conversation ça a dérivé vers le petit pont « ultime »… et c’était bien nul !

    Désolé si vous trouvez ça long, mais perso je préfère largement donner ma vision anale d’un match que noter les joueurs. Les notes c’est le moins intéressant au final vu que n’importe média le fait.

  4. Au contraire Bruno, les notes sont l’essence même d’une académie. La nouvelle génération d’académiciens a décidé de raconter des « choses » spatio-temporelles mais ce n’est pas l’exercice premier. Bel interim même si tu ne supportes pas le bon club.

  5. En même temps, sauf erreur de ma part, la femme de terrain présente le JT sur Fr 3 Montpellier d’habitude…

  6. pas d’accord pour 3, 4 joueurs marange 1/5 benkh
    afalah 3/5 sane planus 2/5 comme chalmé ! jussie 1 mais regarde le match son nom a été prononcé 1 fois pour le chercher vous êtes pas du tout réaliste ! dommage

  7. Non mais discuter les notes ça sert à quoi franchement ?! Que Ben Khalfallah ait 2 ou 3 sur 5, que Marange ait 2 au lieu de 3 ou que Sané ait 2 au lieu d’avoir « Flashback » ça change pas grand chose… Tu perds 0-1, tu fais un très mauvais match et t’es éliminé ^^

    Bref, mieux vaut en rire que chipoter sur du superflu, non ?

  8. Burno (désolé je trouvais ça drôle) j’ai pris beaucoup de plaisir à lire ton acad. C’est fluide, c’est sympa, c’est bien écrit, c’est anal.. tous les ingrédients sont là!
    Très bon intérim, et bravo pour réussir à écrire autant (avec qualité) pour un tel match de merde!
    Une petite réaction sur l’interview de Fahid qui a des problèmes d’éjaculation?

  9. (suite)

    n’a pas été formé à Montpellier mais à Grenonble. Il avait d’ailleurs ouvert la marque contre Dijon, faisant passer un frisson dans le stade.

  10. Désolé Didier, j’avoue que j’ai découvert le joueur Thinan à l’occasion du match de Montpellier et que je n’ai pas fait l’effort de me renseigner sur lui. J’aurais dû…

    Murmur, merci. Et pour répondre à ta question je pense que l’ami FBK va avoir droit à son petit focus lors de ma prochaine Académie. Ses déclarations ne sont pas passées inaperçues à mes yeux à lunettes !

Répondre à Oxianor Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.