Marseille-Nîmes (3-1) : La Crocro Académie accuse

Salut les zguègues,

« Le football est une chose suffisamment sérieuse pour ne pas la laisser aux flics », aurait déclaré en son temps Winston Churchill, ou Georges Clemenceau, ou Bill Shankly, je sais plus. Quoiqu’il en soit, le déplacement à Marseille aura servi une nouvelle fois d’illustration de la gestion lamentable du football et du supportérisme en France. Et encore, quand on dit « gestion », on leur fait trop d’honneur, tant il semble que la réalité s’approche plus d’une forme d’amateurisme autoritaire et autiste.

On ne va pas y passer la nuit, mais grosso modo on avait la situation suivante : le préfet du 13 limite avant le match le nombre de supporters nîmois autorisés à faire le dép à 200, chiffre en soit déjà insultant quand on sait qu’on aurait facilement pu garnir le parcage. Les Nemausus et les GN décident d’y aller à environ 500 et de négocier le passage pacifiquement avec les condés, qui décident qu’il s’agit là d’une cause majeure de trouble à l’ordre public et bloquent tout ce petit monde sur l’autoroute, avec interdiction de sortir des bus même pour aller pisser, etc. Allez hop, on fait tout pour faire péter un cable à tout le monde, et on décide d’escorter le cortège sur tout le chemin de retour jusqu’aux Costières, en prenant soin d’empêcher un bus de quitter l’autoroute pour aller voir le match (qui entre temps avait commencé), sans doute de peur que ledit bus n’aille s’encastrer sur le MUCEM en signe de protestation, on gaze tout ce petit monde au passage, et rebelote sur le parking une fois rentrés à Nîmes, parce que ce serait dommage de pas en rajouter une petite dernière pour la route.

A l’arrivée, une négation de la liberté de circulation la plus élémentaire, des supporters pacifiques et des gosses dégoutés voire traumatisés, une image déplorable des forces de l’ordre (étant personnellement plutôt hostile par principe aux slogans de type « ACAB » ou « Tout le monde déteste la police », je reste pantois devant tant d’abnégation à se tirer une balle dans le pied), une gestion ubuesque des effectifs de maintien de l’ordre, et comme il se doit une autosatisfaction insupportable de la préfecture des Bouches-du-Rhône. La logique est désormais bien connue : on excite le supporter, il s’en trouve un dans le lot qui se rebiffe légitimement, les pandores gazent tout le monde, et le préfet se dandine en expliquant que le comportement de ces sauvages justifie a posteriori les mesures coercitives qu’il a courageusement mises en place, et justifie même a priori les prochaines interdictions de déplacement. Formidable, non ?


Ah, sinon on a perdu, mais je laisse le soin au collègue d’en face de vous faire le récit du match. En résumé, on n’est pas très bons.

Le match

Pour la peine, j’ai été tenté de mettre un 5/5 à tout le monde tellement je n’ai pas eu grand chose à foutre de match pourtant déjà capital pour le club… Mais à revoir la compo et les images, j’ai quand même envie de coller des bifles.

Bernardoni

Alakouch – Briançon – Martinez – Miguel – Paquiez

Sarr – Valls

Ferhat – Ripart – Philippoteaux

Blaquart, toujours en poste malgré de grosses incertitudes dernièrement, avait misé sur un bloc dense qui resta plutôt solide en première MT avant de logiquement se faire ouvrir suite à l’ouverture du score (un CSC, comme il se doit en période de doute…). La seconde MT fut plus à sens unique, les Marseillais attendant les contres que nos maladresses techniques ne manquèrent pas de leur procurer. Les buts de Benedetto et Payet doivent au moins autant au talent d’en face qu’à notre tendance terrible à la reculade. La question est de savoir si on est capable d’autre chose, té.

Les chèvres

Bernardoni (3/5). Comme toujours, finalement. Peu de choses à lui reprocher sur les buts, et il nous a maintenu à flot plusieurs fois en première MT. Il devrait songer à consulter quelqu’un pour éviter la déprime de janvier.

Paquiez (1/5). Rien à dire niveau implication, combativité, tout ça… Mais c’est chaud quand il y a des joueurs de foot en face. Remplacé par Duljevic, dont on se dit qu’il mériterait plus de temps de jeu.

Martinez (2/5). Bon, il faudrait

Briançon (2/5). Un but qui rehausse le tableau entaché de pas mal de reculades et d’une fébrilité très Thiagosilvienne. D’ailleurs, que foutait-il en position d’avant-centre ?

Miguel (2/5). Je dois t’avouer que je n’ai pas franchement été marqué par ta prestation, mon bon Florian. Étant donné qu’on a perdu et que tu es défenseur, j’en déduis que ce n’est pas bon signe.

Alakouch (1/5). Gageons que le frère jumeau de Sofiane nous rendra le vrai en 2020…

Sarr (0/5). Comme Frédéric Mitterrand, je n’aime pas quand on frappe un homme déjà à terre. Mais là, rien à faire, y a rien à sauver. A contretemps, toujours à la ramasse, l’air de jamais savoir quoi foutre de sa grande carcasse.

Valls (1/5). A peine mieux… Se dire que c’est sur lui que repose notre créativité au milieu de terrain explique assez largement la panade dans laquelle on est.

Ferhat (2/5). Quelques accélérations et une conduite de balle pas dégueu qui nous auront donné quelques situations. Mais ça reste timide, et sa tendance à s’empaler dans les recoins est franchement pénible.

Philippoteaux (1/5). Le genre de match où tu te rappelles que le mec arrive d’Auxerre.

Ripart (2/5). Pas envie de lui taper dessus, il donne tout et me semble faire de réels progrès. Mais ses jambes semblent peser chacune une putain de tonne.


PS : et un bon gros 0/5 au club qui n’a évidemment pas jugé utile de communiquer sur les incidents d’avant-match.

En espérant que 2020 nous réserve des bonnes surprises. La bise, va.

Karoud Fider

Un commentaire

  1. * Pour Martinez : « il faudrait qu’il nous sorte un vrai gros match avant de refaire des tweets de bonhomme ». Sa grand-mère le copier-coller.

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