La Forez Académie fait le bilan à mi-saison

Il s’est passé plus de choses en 6 mois dans les coulisses que sur le terrain.

1.    La demie-saison :

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il se sera passé des choses. Mais au final, le bilan qu’on tire à la moitié de cette saison n’est pas forcément flatteur. Tout commence idéalement pour le nouvel entraîneur Printant avec cette victoire un peu heureuse face à Dijon (1-2). Puis vient déjà le temps des premiers doutes sur le Ghis’ avec une série anale : nul à domicile face à Brest (1-1), défaite à Lille (3-0), défaite saisonnière au Vélodrome (1-0) et nul à domicile face à l’ogre toulousain (2-2). La coupe d’Europe arrive : chouette, on va se relancer ! Evidemment non, avec une défaite frustrante face à la Gantoise (3-2), avant de prendre l’eau à Angers (4-1) et de perdre de nouveau à domicile face à Metz (0-1) ! La barque du Ghis’ qui tanguait déjà fortement prend l’eau de toutes parts cette fois, et on commence de plus en plus à parler de son limogeage. La victoire sur le terrain de Nîmes (0-1) sera son baroud d’honneur : il disputera son dernier mâche de coupe d’Europe dans le Chaudron face à Wolfsburg (1-1) et est remplacé par Puel dans la foulée. On est alors à 3 jours du derby à domicile face à Lyon. Les Verts sont derniers avant ce choc, personne n’ose l’imaginer et pourtant, Sainté va battre son rival à la dernière minute dans un derby qui restera au moins dans les mémoires stéphanoises (1-0). L’état de grâce puelien va durer le temps du mois de novembre (au moins en Ligain) avec deux victoires à Bordeaux (0-1) et face à Monaco (1-0) plutôt heureuses, entrecoupées par un nul contre Amiens (2-2). En Europe, le Glaude ne fait pas mieux que  Ghis’ et concède deux nuls très décevants (1-1 chez nous, 2-2 chez eux) face à l’équipe la plus faible du groupe, Oleksandriya. Une victoire face à Nantes (2-3) dans ce qui est l’un des meilleurs mâches des Verts, avant deux nuls contre Montpellier (0-0) et la Gantoise (0-0), et les Verts terminent le mois de novembre un peu émoussés et éliminés de l’Europa League avant même la dernière rencontre. Le mois de décembre sera catastrophique : défaite face à Rennes (2-1), victoire convaincante face à Nice (4-1) avant la dégringolade. Défaites face à Reims (3-1), face à Wolfsburg (1-0), face à Paris (0-4) et face à Strasbourg (2-1), avec une seule victoire en Coupe de la Ligue contre Nîmes (1-2).

Dès les matchs amicaux, on a pu voir une équipe sans collectif. Surtout, on a vite constaté que le travail foncier posait soucis. Une préparation complètement flinguée (merci les stages « Club Med » aux States et en Angleterre) avec des joueurs qui se pètent plus vite qu’un Beigbeder en boîte, un système de jeu calqué sur la saison dernière dans lequel on a plus l’impression qu’il est mis en place pour ne pas chahuter nos sénateurs et une communication absente. L’entame de la saison s’est faite aux forceps mais il y avait quelques promesses avec cette victoire à Dijon. Puis le trou noir. Le bilan de Printant est catastrophique sur tous les plans : 8 matchs de L1, 2 victoires, 1 nul. Mais le pire, c’est que derrière l’aspect comptable, on a senti le navire prendre l’eau. Le plan de jeu était juste absent, les joueurs ne se bougaient pas le cul, on sentait que la gestion du groupe était molle et le travail foncier n’avait pas avancé. Il y a eu cette embellie contre Nîmes néanmoins, avec un Moulin talisman et une sorte d’union sacrée. Sauf que les joueurs se seraient auto-gérés avant ce match… Rocambolesque. Au final, le chapitre « coach Printant » se finit par une mascarade qui égratigne encore une fois l’image du club – avec en point d’orgue cette conférence de presse lunaire pour l’intronisation de Puel. Romeyer et Caïazzo font de la merde depuis bien longtemps, les luttes intestines entre les deux présidents continuent de faire mal au club.

Le bilan à mi-saison est médiocre : 14e place en Ligain (11e attaque, 17e défense), et aucune victoire en Europa League avec une élimination avant même la fin de la phase aller. Si le bilan en championnat est en (grande) partie imputable à Printant, le Glaude prend la plus grosse responsabilité de cet échec hors de nos frontières. Malgré tout, ce changement était absolument nécessaire tant le Ghis’ donnait l’impression d’être roue libre avec son groupe. Puel est arrivé pour mettre de l’ordre et frappe en grand coup en enlevant le derby pour son premier mâche. Fidèle à sa réputation, il a fait confiance aux jeunes et certains comme Camara ou Fofana qui sont passés entre les blessures ont eu beaucoup de temps de jeu. Cependant, après des premiers matchs convaincants, la machine huilée par Puel s’est grippée. La faute aux blessures qui l’ont empêché de donner un cadre à son 11, notamment. Mais on sent aussi les joueurs fatigués mentalement. Cela se voit dans l’animation du système de jeu surtout. La défense à 3 avec 2 pistons fut séduisante aux débuts, avant de s’essouffler. Ce système n’a de toute façon marché que de manière sporadique à Sainté. Pour ce qui est du jeu, nous n’avons pas encore compris où on allait : le système change presque à chaque rencontre, et certaines compositions (face à Paris ou à Strasbourg) ont semblées vraiment faites par-dessus la jambe. Maintenant, Puel a clairement dit qu’il trouvait que l’effectif est trop fourni en quantité, et pas forcément en qualité : il faut donc s’attendre à un dégraissage poussé, peut-être dès cet hiver, mais sans doute plus violent cet été.

2.    L’effectif :

On rappelle le tableau du mercato de cet été, mercato que nous avions jugé plutôt prometteur et équilibré. Mais on sentait déjà que Printant ne passerait pas l’automne et on a eu le nez creux. Pour ce qui est des recrues, on va retenir deux satisfactions : Bouanga qui porte à lui seul l’attaque stéphanoise, c’est le meilleur joueur de cette mi-saison. Il a pris de l’ampleur tant dans la qualité de ses prestations que dans l’enchaînement des matchs. Non seulement il travaille beaucoup sur le terrain, mais il a su être décisif plusieurs fois. Et puis Youssouf qui a colmaté les brèches tant qu’il a pu au milieu de terrain. L’arrivée de Puel lui a donné encore plus d’épaisseur et de régularité, mais il confirme ce qu’on a vu dès ses premiers matchs : c’est un jeune qui doit apprendre mais qui déjà est capable de fulgurance mais aussi de tenir pratiquement tout un match à un régime satisfaisant. Pour le reste, c’est au mieux décevant, au pire sans espoir. Boudebouz arrivé comme le successeur de Cabella peine déjà à être celui de Yohan Mollo. Le mec aurait besoin de temps pour s’acclimater. Bien. Mais là, on le voit se traîner sur le terrain, c’est insupportable. La justesse technique n’est pas au rendez-vous non plus. Seul rayon de soleil : ce centre pour la tête de Beric second poteeaaaau. Moukoudi apprend que le haut niveau, c’est dur. Beaucoup lui tapent dessus et c’est un peu exagéré. Le mec découvre la L1, il n’avait pas joué depuis le 1er janvier. Ça reste une jeune recrue qu’on a envoyé en première ligne, mais sa vitesse fait peur et il  ne semble jamais relever la tête. Aholou, entre deux blessures et deux cartons rouges, nous rassure sur le fait que son prêt est sans option d’achat. C’est un badabeu de première. Il peut faire du bien de par son abattage et ses projections vers l’avant, on l’a vu plusieurs fois. Mais il n’a pas confirmé et peut être un boulet pour l’équipe. À moins d’une grosse deuxième mi-saison, on ne le verra pas rester. Si Palencia a été formé à la Masia mais n’y a jamais joué, c’est tout à fait logique. Quant à Trauco, il va falloir lui laisser une bonne saison de mise en route avant de se faire un jugement valable sur ce joueur. Il manque pour l’instant de présence dans les duels et de sureté dans le placement. Le plus honteux reste sans doute Kolo, qui revient avec une option d’achat obligatoire, mais aussi un niveau de jeu proche de M’Bengue. Cabaye, lui, a passé plus de temps à l’infirmerie ou sur le banc que sur le terrain, et pas sûr que ce soit mieux en 2020. Pour le reste de l’effectif déjà présent la saison passée, tout est revoir sauf Ruffier, éternel rempart. Perrin n’arrive même plus à rattraper l’arbitre sur le terrain, Debuchy n’est que l’ombre du joueur arrivé à l’hiver 2018, Silva a été longtemps blessé, M’Vila a mis toutes ses forces pour défendre Printant (lol) et n’a plus rien dans les chaussettes, Khazri a été grillé par le Ghis’ qui l’a fait reprendre beaucoup trop tôt, Diony reste un joueur écarté par tous ses coaches successifs, et Beric joue 1 mâche sur 5 environ, sa mobilité de plot ne jouant pas en sa faveur. La seule éclaircie vient des jeunes : Saliba a peu joué, mais quand il est là, on ne perd pas. Fofana s’affirme de plus en plus et, s’il commet encore des erreurs, il représente l’avenir à ce poste. Camara est lui beaucoup plus perfectible, mais ne fait pas pire que Dioussé, Aholou ou même M’Vila. Enfin, Abi est déjà attendu comme le sauveur d’une attaque orpheline d’un véritable buteur. En attendant que d’autres comme Benkhedim, Tormin ou Tshibuabua qui ont déjà goûté au moins au banc en professionnel s’affirment eux aussi avec le Glaude.

3.    La suite de la saison :

Pour la suite de la saison, on va forcément attendre du mieux. Dans le jeu et dans les résultats. L’élimination piteuse en Europa League et le retard pris en championnat condamnent presque les Verts à réaliser un exploit en coupe(s) pour goûter de nouveau aux joies des joutes hors de nos frontières. Pas épargné par les blessures, le Glaude va devoir composer avec un effectif qu’il n’a pas forcément choisi mais qui sur le papier est l’un des meilleurs qu’ait connu le club ces 30 dernières années. L’éclosion des jeunes et surtout le retour des cadres à un niveau plus conforme à leur statut sera forcément indispensable pour atteindre les objectifs fixés en début de saison : s’installer durablement dans le top 5, voire titiller le podium si possible. Avec un calendrier allégé de la coupe d’Europe, et peut-être de la Coupe de la Ligue (voire de France) dès janvier, les Verts n’auront plus l’excuse de la fatigue pour expliquer leurs mauvaises performances. On va sans doute assister aux premiers coups de ciseaux du Glaude dans l’effectif, et les places vont sans doute devenir plus chères qu’en début de saison où on a parfois eu l’impression d’assister à une revue d’effectif pendant deux mois. Les plus motivés et les meilleurs joueront, faut juste espérer qu’on réussira à les aligner tous en même temps un maximum de fois dans cette deuxième partie de saison.


La Forez Académie


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Roland et ses collaborateurs tiennent à remercier EVECT, pour ses infos quotidiennes sur le club, le site asse-stats.com, qui est une mine d’infos chiffrées sur les Verts, Furania Photos pour ses images des tribunes stéphanoises à domicile comme à l’extérieur, ainsi que Poteaux Carrés, où l’on trouve un peu de tout.

N’oublions pas aussi d’encenser la Divette de Montmartre, qui permet à Roland d’étancher toutes ses soifs (de victoires et de houblon).

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Roland Gromerdier

Né dans le Chaudron, de la verveine coule dans mes veines. Mes analyses sont aussi carrées que les poteaux de Glasgow. Peu importe les époques : je n’oublie jamais qui sont les plus forts.

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