OM-Nîmes (3-1) : La Canebière Académie dresse la table

Aïoli les sapiens,

Papa Noël, en bons enfants gâtés, nous nous sommes permis d’alourdir ta liste depuis quelques semaines. La deuxième place à la trêve, on la déballe avec les étoiles plein les yeux. Lyon en ruines, c’est la petite délicatesse qu’on n’avait pas commandée mais qui fait plaisir. L’exclusion du PSG pour dopage financier, fraude fiscale, esclavagisme et soutien à Daech, on ne te l’a pas demandée, on sait que c’est au-dessus de tes moyens. Mais il est où notre match maîtrisé, Papa Noël ? Tu sais, ce truc que l’avait coché dans le catalogue, c’était là, page 18. « Le match maîtrisé ! 90 minutes d’amusement garanti ! Martyrisez un club de bas de tableau ! Enfilez les buts jusqu’à la victoire 6-0 !  Ne laissez pas votre gardien toucher un ballon ! » Si si, c’est ça qu’elle disait la pub. Et ça a l’air vachement bien, alors moi comme j’ai été sage j’en veux un. J’en veux un sinon je fais un caprice.

L’équipe

Pelé
Sakai– Alvaro – Caleta-Car – Amavi
Rongier (Lopez, 80e) – Kamara – Sanson (sort à la 90e)
Radonjic– Benedetto (Sarr, 78e) – Payet (Aké, 84e)


Blessé au match précédent, Mandanda est ménagé. Au contraire, Benedetto retrouve le onze de départ malgré son alerte de la semaine dernière. Kamara prend la place de Strootman, suspendu, alors qu’à droite Villas-Boas veut vérifier si le Radonjic nouveau est aussi capable d’être titulaire.


Le match

L’OM attaque pépère. Là où quelques semaines plus tôt aucun adversaire n’aurait pu effectuer trois touches de balle sans se faire sauter à la gorge par des chiens de guerre nourris aux amphétamines, c’est une domination de bon aloi qui s’installe, davantage marquée par les pertes de balle que par de réelles occasions.

Même en jouant une main dans le slip, ceci dit, nous parvenons à nous procurer quelques occasions. Hélas, nous avons le défaut d’adresser systématiquement nos tirs en plein sur le gardien, à l’image d’une tête d’Alvaro sur corner, d’une autre de Benedetto sur coup-franc ou encore d’une volée de Rongier, de nouveau sur corner. Hormis ces coups de pieds arrêtés, peu d’actions collectives sont proposées. La meilleure d’entre elles survient en fin de mi-temps, quand Radonjic perce à droite grâce à un contre favorable. A la réception du centre en retrait, Benedetto se voit contré mais le ballon échoit à Sanson, placé idéalement mais dont les émois de pucelle face au but le reprennent au plus mauvais moment. Son tir piteux ne pose ainsi aucune difficulté au gardien.

Appliqués avant tout à se tracer la route la plus rectiligne possible vers la Ligue 2, les Nîmois passent pourtant près de nous jouer un vilain tour, quand Alakouch s’emplâtre sur ce gros nounours de Caleta-Car après lui avoir collé un petit pont. Comme avec la faute de Sakai la semaine dernière, tout est affaire d’interprétation : soit l’arbitre juge que le Croate a fait obstruction, soit que l’attaquant lui a foncé dedans tête baissée, et bon courage à ceux qui pensent que la vidéo permet de se faire une idée objective de l’action. En tout cas, M. Letexier ne se déjuge pas et nous pouvons rentrer au vestiaire sans trembler outre mesure.


A peine le temps pour l’entraîneur gardois de gagner la tribune après avoir présenté ses meilleurs vœux à la mère de l’arbitre, et l’OM prend conscience que même face à des brêles pareilles, la victoire ne va pas tomber s’ils ne se sortent pas les doigts un minimum. Nos joueurs consentent donc à 17 secondes d’efforts, le temps d’engager la seconde période et de porter le ballon à droite où Sakai et Radonjic combinent pour lancer Benedetto. Dario centre en taclant et, si Payet est trop court, ce grand dadais d’Alakouch expédie un magnifique tacle au fond de ses filets (1-0, 46e).

Quelques minutes plus tard, Payet est trouvé entre les lignes et déclenche une lourde à ras-de-terre, que Benedetto a le bon goût de dévier pour prendre le gardien à contre-pied. La chatte olympienne a malheureusement oublié de s’épiler, puisque c’est un hors-jeu de l’épaisseur d’un poil pubien que vient sanctionner la vidéo pour annuler ce but.

Considérant sa mission accomplie, l’OM passe en mode « vendredi après-midi de veille de vacances », quand toute la classe a fini le programme et passe le reste de la journée à faire des Uno et des morpions en attendant que la cloche sonne. Nîmes profite de notre relâchement pour tenter une série de tirs, dont l’objectif semble essentiellement de décapiter un petit ramasseur de balle davantage que de faire trembler nos filets.

A l’image des agents municipaux qui n’oublient pas de coller une affiche électorale par-ci par-là une fois bouclé leur fini-parti, nos joueurs pensent à placer une petite contre attaque de temps en temps. Ca n’est pas grand chose, c’est fait de bon cœur et ça montre qu’on n’oublie pas la famille. Sanson lance ainsi Radonjic en face-à-face avec le gardien : fort de sa sérénité toute nouvelle, Nemanja déclenche son tir alors que tout le stade fête déjà le but assuré, avant de voir sa frappe foirée échouer lamentablement à un mètre du but.  Comme quoi, le Radonjic nouveau c’est comme le nouveau monde, il y a quand même pas mal d’aspects par lequel il ressemble à l’ancien.


Alors que Nîmes tente maladroitement des choses et que l’OM attend les contres, Payet fait l’effort d’éviter une touche dans notre camp. Dimitri remonte alors à toute allure, jusqu’à parvenir aux abords de la surface adverse où il décale Sanson. Nouvel échec pour Morgan, dont le tir repoussé par le gardien a néanmoins le bonheur de parvenir à Benedetto, qui conclut de près (2-0, 66e).

Nîmes profite de notre relâchement pour continuer à rater des attaques, tandis que de notre côté l’esprit de Noël nous incite à quelques fantaisies. Caleta-Car n’est pas loin de marquer d’une talonnade aérienne sur un coup-franc de Payet avant que Dimitri nous gratifie d’une surprise plus incroyable encore : sa spécialité « rentrer de la gauche puis frappe enroulée » achevée par une frappe absolument dégueulasse, au lieu de finir au fond de la cage comme d’habitude. Simple facétie de notre meneur de jeu, qui, dix minutes plus tard, reçoit un ballon de Radonjic, pénètre de nouveau dans la surface et expédie une lourde au ras du premier poteau histoire de remettre les pendules à l’heure (3-0, 81e).

La suite est marquée par un bel hommage à la jeunesse olympienne, avec l’entrée d’Aké pour Payet, et le capitanat alors confié à Kamara. On pourra éventuellement regretter que Bouba fût trop occupé à se lustrer le brassard pour défendre correctement à la 92e : Ferhat, qui avait déjà profité d’une glissade d’Amavi, obtient trop facilement le contre favorable et centre en retrait pour Briançon, suivi par dégun et qui ne laisse aucune chance à Pelé (3-1, 92e).


Des gosses de riches fronceraient les narines devant cette victoire acquise à l’usure et sans génie. De notre côté, après avoir mangé de la vache enragée plus souvent qu’à notre tour, on se contentera de savourer cette trêve bien au chaud, quand il y a quelques mois tout nous promettait de passer l’hiver en slip sur le pavé. Certes, entre le mercato et notre deuxième partie de saison, le futur est plein d’incertitudes ; cela vaut toujours mieux toutefois que la certitude de lendemains abominables.


Les notes

Pelé (3-/5) : Des interventions pas toujours académiques, mais juste pour mettre un semblant d’enjeu dans le match. C’est un peu comme le méchant dans les films de Noël, il est là mais on sait tous au fond de nous que tout se finira bien.

Sakai (3/5) : Du tréfonds du Japon ancien, le dit des Heike Monogatari, transporté par le luth des moines aveugles, a soufflé ses mille histoires aux enfants de l’Empire. S’ouvrant au vaste monde, ils ont emporté avec eux ces contes, et c’est ainsi qu’Hiroki-san nous raconte chaque soir le dit de l’homme qui devint lui-même.

Pendant la guerre des Heike et des Genji, il advint qu’un soldat se considérât comme mésestimé de ses camarades. Homme de devoir, humble travailleur sans aspérité, telle était sa réputation et cela le désolait.

Il alla trouver un vieux sage :
– Maître, tout le monde me regarde comme un honnête homme. Je voudrais tellement que les autres me considèrent comme un combattant sanguinaire !
– Pour quoi faire ?
– Heu…

Et c’est ainsi que, de semaine en semaine, Hiroki-san médite les conseils du vieux sage et livre un match sans aspérité, parce qu’après tout on ne va pas tous les jours se faire chier à contrarier sa réputation, n’est-ce pas.

Alvaro (3/5) : La sobriété faite homme. Ses gestes défensifs sont sobres.  Ses coups de tête offensifs sont sobres. Même sa manière de déclarer à Anthony Briançon : « Essaie seulement de me remettre un coup de coude et je t’arrache la tête pour te chier dans le tronc » est sobre.

Caleta-Car (3/5) : Certains maîtres de kung-fu prouvent la maîtrise de leur art en défonçant des armoires normandes à coups de tête. L’attaquant nîmois, lui, préfère tenter des petits ponts face à Duje, ce dont il a pu tirer le constat suivant : tu n’es pas encore prêt, petit scarabée.

Amavi (2/5) : Une glissade finale qui nous rappelle les heures les plus sombres de Jordan Amavier, avant de nous rappeler que la période des fêtes est propice aux bêtisiers. Il s’agissait donc de la contribution de Jordan à cette tradition, rien de plus.

Kamara (2+/5) : Une détermination, une assurance et une confiance en soi qui n’ont rien à envier aux plus grands généraux américains. Son mépris pour les dégâts collatéraux non plus d’ailleurs.

Sanson (3+/5) : Un taux de conversion digne de celui d’un missionnaire mormon à Djeddah. Son activité lui permet heureusement de se procurer un nombre suffisant de situations de tir pour que, statistiquement, l’une d’elle finisse par être productive. On lui souhaite de retrouver des adducteurs tout neufs au pied du sapin.

Rongier (3-/5) : Un peu émoussé, Valentin a perdu quelques ballons inhabituels..S’il en a encore récupéré un bon nombre, son pressing ne s’est pas accompagné d’expériences de mort imminente chez ses adversaires.

Lopez (80e) : Entre pour avoir droit à son Kinder.

Radonjic (4-/5) : Il va falloir annuler le chapon farci au pâté truffé au réveillon, c’est pas certain que Nemanja ait fini mardi de digérer l’occasion qu’il vient de goinfrer. Hormis cet incident, c’est bien le Radonjic nouveau qui s’est exprimé dans le jeu, avec quelques passes subtiles l’impliquant notamment dans la construction de deux buts.

Payet (4/5) : Un match de Père Noël : les Nîmois l’ont attendu, attendu, attendu sans le voir. Ils ont fini par s’endormir, et c’est à ce moment que Dimitri leur a livré ses cadeaux par la cheminée.

Aké (84e) : A tenté de tirer tout ce qu’il pouvait de ces quelques minutes.

Benedetto (4/5) : Connaissait une légère période de doute, qu’il a comblée en défonçant des faibles. Après 6 mois en France, Dario a déjà tout compris au macronisme.

Sarr (78e) : Un petit footing pour finir l’année sainement.


L’invité zoologique : Kevin Donkey

Victime de sa réputation autant que de ses défauts propres, l’âne finit souvent par se révéler comme le couillon de l’histoire. Il s’agissait donc bien de l’invité approprié pour commenter avec nous ce match contre ce cancre voué à passer toute l’année au coin affublé d’un bonnet à grandes oreilles.

– Les autres : Ce n’est pas qu’ils soient maladroits à faire peur, ni qu’ils se complaisent dans la négation du foot façon toulousaine, non, ces Nîmois n’ont rien de franchement antipathique. C’est juste qu’ils sont désespérément faibles.

– Le classement : Contre toute attente, Lille explose avant Rennes, qui devient donc notre suivant immédiat à 5 points (mais un match en retard). Autant dire que le déplacement chez les Bretons dès le 10 janvier peut nous donner l’occasion d’un posage de couilles massif sur les dix-neuf vingtièmes du championnat.

– Les boutons : as-tu seulement remarqué les boutons qui figurent sous cette académie et qui t’invitent à nous donner respectivement de tes mots et de tes sous. Vois comme ils sont beaux, attrayants et doux au cliquer.

– Les réseaux : Ton dromadaire blatère également sur Facebook et Twitter. Et sur Instagram aussi, tiens, mais voyez ça avec notre chargée de communication, moi je sais pas comment ça marche. Didier A. met un point d’honneur à clore le  concours zoologique 2019.

Le bonus musical : L’ami Toko Blaze sort un nouvel album ! Pour le soutenir, c’est ici que ça se passe : https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/toko-blaze-tropical-cut. Un CD a gagner pour les lecteurs de la Canebière Académie, par tirage au sort entre les partages twitter et Facebook de cette académie et de la précédente.

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

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