Bon appétit Pelé : le tajine olives et tomme

(Episode 12/32) Après avoir excité nos papilles tout au long de la Coupe du Monde 2014, Parie-Maule revient munie d’un défi de taille : vous proposer une recette par jour, une pour chaque pays qualifié. Aujourd’hui, Parie-Maule revisite un classique marocain.

Hébonjour,

Alors non, hé, je revisite rien du tout, hé, c’est la recette classique du tajine que je vous propose, l’intro c’est juste du marquéting. Il parait qu’il faut dire « revisiter » dans toutes les rubriques cunilaires maintenant, sinon ça fait ringard et ça fait pas vendre.

D’ailleurs mon tajine il n’est pas du tout aux olives et à la tomme, hé, c’est juste qu’on l’a appelé comme ça pour faire footballeur. Le rédac’chef m’a dit qu’il n’était même pas certain que le Maroc ait bien été présent à ce Mondial, hein, et que doncque, c’est pas le nom du pays qui allait donner envie aux amateurs de foot de cliquer. Donc d’accord, on s’est entendus pour truquer un peu : on va faire un tajine olive et tomme, mais avec des poires à la place des olives et du miel à la place de la tomme.

 

Majeur tomme to ground control.

 

 

Tajine de poulet olive et tomme mais avec des poires à la place des olives et du miel à la place de la tomme.

4 cuisses de poulet

4 « olives » (clin d’oeil) ; en cette saison, vous avez les Guyot ou les Williams qui sont pas mal.

1 gros oignon

1 bouquet de coriandre

4 cs de « tomme » (clin d’oeil)

10g beurre

2 cs huile d’olive

1 cs eau de fleur d’oranger

1 bâton de cannelle

1 dose de safran en filaments ou à défaut, en poudre (non, là il n’y a pas de clin d’oeil, il faut vraiment du safran, ne faites pas vos pinces, hé)

Eau

1/2 cc gingembre en poudre

Sel, poivre

Alors en théorie, pour bien faire un tajine, il faut un tajine. Oui, le plat. Enfin non, pas ce plat-là, mais le tajine, le plat, quoi. Le… le chose, là, le plat où vous allez faire le plat qui s’appelle un tajine, vous comprenez ?

Oh, bouducon, et puis merde, un tajine, c’est ça :

Et puis si vous n’en avez pas qui va à la flamme, prenez une cocotte, hein, vous n’êtes pas obligés de vous la péter. Non parce que je vous connais, pour servir le plat vous allez sortir votre plat, enfin, votre tajine de touristes, quoi, et là vous allez vous sentir obligés de parler de vos vacances à Agadir à vos invités qui s’en foutent. Soyez humbles. Si votre tajine ne va pas à la flamme, ne le sortez pas, c’est encore pour chier dedans qu’il vous est le plus utile (voir figure 1 ci-dessus).

Et puis entre nous c’est couillon de ne pas avoir un tajine, parce que pour faire un tajine, c’est le genre d’ustensile qui est vachement utile. Les Marocains ils te cuisent tout à l’étouffée là-dedans : agneau, poulet, légumes, niveau de jeu, prostitution infantile : c’est impressionnant tout ce qu’ils sont capables de mettre sous un couvercle, c’est vraiment le royaume-tajine là-bas, hé. Mais sinon vous prenez une cocotte ; chez nous on arrive aussi à mettre plein de choses dans une cocotte.

Dans votre cocotte, donc, hébé vous faites chauffer l’huile d’olive et vous y faites dorer le poulet. Vous le réservez. Enfin, je veux dire, ne le réservez pas chez votre boucher, puisque vous l’avez déjà acheté, non, je veux dire que vous le réservez hors de la cocotte. Boudu, il est long ce lundi.

Une fois que vous avez sorti le poulet, vous émincez l’oignon et vous le faites suer dans la cocotte, puis vous ajoutez le gingembre en remuant. Ensuite, vous mettez le poulet dans le plat-à-tajine-qui-va-à-la-flamme pour les vrais, dans la cocotte pour les autres. Vous ajoutez les oignons gingembrés, le bâton de cannelle, le bouquet de coriandre ficelé (dont vous aurez ôté quelques feuilles pour la décoration), vous salez et vous poivrez.

Vous délayez le safran dans un petit verre d’eau et vous versez le tout sur le poulet, puis vous laissez mijoter à feu doux pendant 40 à 45 minutes.

Ah, au fait, vous savez ce que c’est, ça ? C’est un diffuseur de flamme. C’est couillon que vous n’en soyez pas équipé, ça vous aurait évité de ramasser le poulet et les morceaux de terre cuite éparpillés dans votre cuisine. Hébé oui, quand dans le souk de Marrakech on vous a dit « oui oui, pas de problème, il va à la flamme », ça reste de la terre cuite, qu’on vous a vendue, pas des tuiles pour navette spatiale. Ah, et si en explosant, le tajine vous a fiché un bout dans la carotide, vous serez gentil de ne pas l’enlever tout de suite, vous avez déjà mis assez de désordre comme ça dans la cuisine.

Alors, je poursuis pour les survivants (ou ceux qui font cuire leur tajine en cocotte). Donc, pendant que ça mijote, vous pelez et vous épépinez vos « olives » (clin d’œil), et vous les coupez en quartiers. Vous faites chauffer le beurre dans une casserole, vous ajoutez la « tomme » (clin d’œil), puis vous faites dorer vos « olives » (clin d’œil, clin d’œil) dans le mélange cinq minutes sur chaque côté.

A la fin du mijotage, vous découvrez votre tajine, ce qui vous permet de découvrir votre tajine. Vous y ajoutez vos « olives et tomme » (clin d’œil) et 1 cs d’eau de fleur d’oranger. Vous laissez à feu doux encore 5 à 10 minutes.

Olives et tomme.

 

Enfin, vous servez en décorant de de quelques feuilles de coriandre ciselées, et en vous souhaitant bon appétit bien dur.

Parie-Maule.

Parie-Maule Pelé

Experte cunilaire à tendance footballistique, secrétaire perpétuelle de la confrérie de la truffe et du canard gras de Lalbenque (Lot).

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