Notre footballologue analyse Lyon-Real

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Le vieux barbu est toujours dans la référence culturelle lorsqu’il évoque l’OL…

Une bande de barbus, des maillots sans sponsor, un club français « prudent » face à un ogre européen jouant le contre à l’extérieur, des duels sur les côtés, le tout ponctué d’ « arrête interne », de « coup de pied de coin » et autres lartiquités « café-crème »… soit la Jupiler Ligue illumine de son houblonnière blondeur la première chaîne française, soit cet OL-Real Madrid annonce les longs sanglots monocordes d’une défaite face à un adversaire pourtant dans les cordes. A quoi bon le savoir, tout finit dans l’amertume…

Tandis que, « tout en fourrure », David Astorga singe les pimp de sa rappeuse jeunesse, Lisandro le satyre tripote du jeune éphèbe non thaïlandais de beaucoup moins de trente ans, et Guy Roux salut l’engagement lyonnais converti en touche dans le camp adverse. L’hypothèse OL-Real Madrid se confirme et les équipiers Domino’s Pizza lancent en chœur leur célèbre « Prudence ! » D’une fica d’honneur, Lacombe, bilderman à la botte*, redoute la boucherie pour sa rosette et sacrifie à l’ancien culte Juninhiaque contre l’horrible gorgone Puela. De son côté, plus « ponts et chaussées » que romaniste, Pellegrini présente une casa blanca à l’architecture incertaine, mêlant défense à la Gropius et utopie offensive d’un  Niemeyer, le tout finissant le plus souvent en chiffonnade de Gehry. En effet, le Bauhaus madrilène repose sur une ligne de 4 – Marcelo, Sergio Ramos, Albiol, Arbeloa – surplombée par le duo Diarra- Xabi Alonso. Latéral à la brésilienne, Marcelo est donc ailier gauche tandis que Sergio Ramos fait une pige au centre, et la casa s’affaisse sérieusement sur le flanc gauche. Diarra renforce un milieu où Xabi Alonso règne en « président », comprenez défend debout et relance juste et long comme le faisait en son temps le Blanc de gironde. Curiosité esthético-non galactico-tactique, Granero se place plus haut en centre droit, unique point fixe d’un dispositif offensif qui voit trois comètes s’entrecroiser dans la pénombre défensive adverse. Courbes et arabesques pour chorégraphie, cette Milky Way dansée par K², CR9 et Higuain est supposée subjuguer l’adversaire pour mieux l’achever. « Supposée » puisqu’en matière de regard, Puela le médusant en a vu d’autres et son bloc de granite encadré d’ « un grand gardien et d’un grand avant-centre » (Lizarazu) ne laisse que peu de place aux rêveries des promeneurs solitaires madrilènes. A peine une talonnade de CR9 (15ème) et un centre de Marcelo (20ème) avant de se rendre à l’évidence : le Real joue le contre face à une équipe qui refuse le jeu, et l’habituel « tic-tac long » de Xabi peine à pénétrer une rosette résolument fermée. Excédé par tant de mauvaise volonté, l’ex de Benitez finit même par dégager en touche des 40 mètres (42ème) avant l’ultime et pathétique jet du milieu de terrain (44ème.) Que nenni, la sauce blanche bute sur l’airain de la rosette.

Définitivement Gropius, l’OL présenté par Puel constitue un véritable hommage rendu au Bauhaus. Cissokho-Boumsong-Cris-Reveillère + Toulalan voire Makoun et Pjanic, auxquels il convient d’ajouter le repli défensif de Delgado et Govou (carton jaune sur CR9, 28ème) ainsi que le pressing « four motion » de Lisandro – décisif dans la castration du Xabi -, cette équipe est bâtie pour faire déjouer l’adversaire et plus car affinité. En effet, conscient du vice de construction sur le flanc gauche de la casa blanca, Puel a mis au point un double plan d’infiltration. Au classique duel Govou-Marcelo, le technicien gone s’est permis d’ajouter un coup de Chelito, l’ailier gauche argentin repiquant sans cesse dans l’axe pour trouver Lisandro ou Govou côté opposé (centre pour la volée de Govou, 9ème .) La prudence lyonnaise exige que chaque attaque finisse par une frappe (17, 18, 19, 32ème), tandis que Lisandro « tout, tout seul » (Lizarazu) se voit bientôt rejoint par un Delgado prenant un « café-crème » (Larqué, 32ème) avec Arbeloa avant de centrer pour Reveillère (38ème), puis de trouver le poteau sur une volée à l’entrée de la surface (40ème) et de casser les reins de l’ibère défensif droit à « souplesse perplexe. » Puis, vient LE moment Christian Jean-Pierre (CJP pour les plus CR9), moment choisi par l’énigmatique mais non moins jovial goalisant à frisette, rosette à l’œil et milky way en bouche, pour rêver à l’Auto-Motorisée Marion Jollès : « Lyon fait trembler le Real Madrid…si ça peut leur donner des idées : Tous les espoirs sont permis. »

Mi temps, « il y a des choses plus importantes que le football… même qu’un Lyon-Real Madrid » (CJP) : « Alerte enlèvement d’un métisse de type africain »…au cas où d’aucun se demanderait encore pourquoi les blancs tiennent tant à établir leur suprématie.

Tandis que, fine, la neige tombe sur Gerland, Boumsong devance Granero, seul sédentaire à sa portée, et pénètre Jean II Mak’Boom dans ta lucarne : 1-0, 46ème. Rien de bien français mais CJP n’en a cure car « Oh ! Que ça fait du bien ! Et main’nant, ne pas en prendre. » Aussi, l’OL contracte en bloc, l’énergie et le mental prenant le pas sur la discipline et la tactique, pour un chapelet de contres orchestré par un Delgado très Robert « Bobby » Six Killer dans l’expression capillaire, tandis que Lisandro percute la meringue poreuse et Govou continue son travail d’infiltration malgré l’entrée de Garay à la place de Marcelo et le repositionnement de Arbeloa côté gauche (Sergio Ramos retrouvant son couloir droit.) « C’est bon quand les matchs partent en vrille » s’exclame le rentier basque rémunéré et il faut toute la sagesse du capitaine Larqué pour rappeler que l’Aviron Bayonnais espèrent battre le record d’affluence du National face au Stade de Reims le 27 février prochain. A ces mots, La sauce blanche finit de se déliter dans la nasse gone, la « balle parachute » (Larqué) de CR9 permettant à Hugo Délire de dévier même les hors cadre (60ème), alors qu’une main lui suffit face à Higuain (62ème.) Benzema remplace le galactique Argentin et, entre deux glaviots « old school », finit d’énerver CR9 par ses passes tantôt trop appuyées, tantôt trop molles, mais toujours plus proches de Manchester. Le milky way n’est guère plus qu’un vulgaire pas de country  dominicale, et K², ex hardeur en mal de milan lab, a le coup de rein vain malgré un Reveillère carbo et en luge (geste défensif de type « Vancouver », 79ème.)

Quoiqu’il en soit, l’OL, en bon club français, n’a pas pris la peine de faire le break, et l’entrée de l’enfer typographique suédois à la place de Pjanic – véritable kicker de foot us ouvrant la porte au retour de n’importe quelle patte grabataire, de Juninho à Mihajlovic en passant par Koeman voire…non, quand même pas N’Gotty – illustre l’an-ambition offensive gone (77ème), et le spectre du « vieux match » refait surface lorsque Sergio Ramos manque d’égaliser de la tête (80ème), et que Cissokho sauve devant Granero sur un centre de K² (84ème.) Remplaçant Lisandro, Gomis ne juge pas utile de presser Xabi Alonso, et le Real Madrid croit retrouver son meneur de jeu avant de s’apercevoir qu’il n’y a plus rien à mener tant la casa était de paille et le vent mauvais. Du reste, pour Lizarazu, « Kaka sent », et il est temps de préparer la troisième mi temps entre mojito et bières avec son nouvel ami Jean-Michel. Gare aux « crampounettes » à Bernabeu…

* http://www.lequipemag.fr/EquipeMag/Bielderman/this-is-bild-lyon-a-t-il-sa-chance-20100215_122040.html

5 thoughts on “Notre footballologue analyse Lyon-Real

  1. Je savais pas que Gustave Flaubert faisait partie de Horsjeu.net. Ahahahah!

  2. « l’habituel « tic-tac long » de Xabi peine à pénétrer une rosette résolument fermée ».

    Il n’y a que sur ce site que l’on peut lire ce genre de phrase. Merci.

  3. Très très bon. Ma première lecture d’une analyse du footballologue après avoir vu le match en question. Va falloir que je me remette à myp2p le dimanche soir moi…

    Sinon, pour ne pas dire que des choses inutiles, je pense que l’un des hommes du match a été Reveillère qui a maîtrise le K² et le CR9 aux 3000 abdos (mouahaha). Mois footloose oblige : il s’est réveillé, ça c’est clair (qui en fait les frais :x).

  4. Pour Réveillière, il est possible que la gastro ait été un moyen rapide de l’affuter pour le mettre temporairement au niveau des 3000 abdos. Je vois que ca…

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