Bordeaux-Nancy (1-1) : La Chardon à Cran Académie n’a pas perdu espoir.

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Viens t’amuser en Nouvelle-Aquitaine.

Marcel Picon rédige son acad’ en même temps que le match de Nancy en coupe de la ligue, fier de rater cette merde.

Salut les propres à rien.

Je me rends compte que je prends presque autant de temps à trouver une insulte originale qu’à écrire mes articles, ça devient bête comme principe. Du coup ça va changer bientôt. « Les meilleures habitudes sont celles qu’on perd » a prononcé un grand esprit imaginaire que je viens d’inventer. Il s’appelait Jean-Alési-Honoré de Mauffat, puait de la gueule et des aisselles, adulait Charles Manson grâce à une couverture d’album des Beatles, et avait la fâcheuse tendance de ponctuer certains de ses discours d’un « Mauffat-la-Bamba-Dabala-Dabala » tonitruant, qu’il jurait être le cri de ralliement de sa famille depuis de nombreuses générations (en fait, tout le monde sait qu’il était opiomane). Mais bref, ne voyez aucune allusion à Alain Juppé dans cette description, quand bien même notre vaillante troupe de gueules cassées se déplaçait à Bordeaux lors de la dernière journée de Ligain.

Juppé, ses séides atrabilaires et quelques uns des représentants frappés du scapulaire de cette ville riche grâce à l’esclavage, belle grâce à l’esclavage et pourvoyeuse de picrate dégueulasse ne seront d’ailleurs pas des cibles privilégiées de nos invectives du jour, étant donné que le club des Girondins de Bordeaux a déjà pas mal de problèmes à régler avec lui-même. À commencer par cette lose infâme qui lui colle aux basques comme les remugles putrescents qui semblent monter de la Gironde, des boues visqueuses d’où suppurent d’abjectes odeurs mêlant sécrétions malheureuses de celui qui a abusé des huîtres empoisonnées du bassin d’Arcachon et saillies nauséabondes d’une de ses anciennes gloires à l’époque chevelue devenue depuis consultant télé chauve et acariâtre.

Pour ce déplacement dans la pointe basse du commerce triangulaire la radieuse cité aquitaine et son stade au patronyme si séduisant, l’ASaNaL est accueillie par une troupe d’étudiants en colère, car ils n’ont plus de fruits à la cantine. On les sent un peu pâlots, mais tout de même assez dynamiques pour prendre de saines initiatives, comme celle de placer la tête malade de Jean-Louis Triaud au bout d’une pique afin de montrer que eh, oh, c’est pas parce que même Gourvennec n’arrive pas à tirer le meilleur d’un des recrutements les plus sexy qu’on ait eu depuis la période Blanc qu’on va vous faire des mamours dans le cou non plus, les sous-hommes venus du froid. En substance, c’est à peu près ce que l’on comprend du message de bienvenue adressé par ces pédants.

Mais qu’on se rassure : les tribunes étaient loin d’être aussi peuplées. Au fait, dans le nouveau Walking Dead, figurez vous que Glenn…

SUR LE GAZON MALADE

Ou en rémission, on ne sait pas vraiment ce qu’ils trafiquent avec leur pelouse. Toujours est-il que la nôtre reste hors catégorie, profitons-en.

Pablo (cela vous étonne que je ne le cite que maintenant, non ?) a décidé de s’inspirer d’un des plus grand coachs du moment pour aborder ce match : finie la défense à trois, on repasse à un plan plus ancien comprenant quelques fondamentaux : le 4-3-3 des familles, qui nous avait vu piétiner pas mal de candidats malheureux à la montée la saison passée, et même de paisibles bovidés aujourd’hui en ligain avec nous, alignant sans problèmes des onze Turco-luxembourgeois dans des maillots frappés d’une pub pour le Tchad. Oui, vous l’avez compris, le grandissime petit Pablo s’inspire de son compatriote Bruno Génésio pour former son équipe, ce saint homme qui est lui-même repassé au 4-3-3 quelques heures auparavant avec le succès que l’on sait face à Guingamp.

Soucieux de bien refaire la blague du commerce triangulaire pour ceux qui ne l’ont pas encore comprise, Pablo envoie donc au feu Issiar Dia, Anthony Koura et Karim Coulibaly, soit les trois joueurs les plus noirs de son effectif. Ou peut-être est-ce par respect pour deux illustres anciens entraîneurs du club à domicile, qui disent apprécier la compagnie de ces rudes gaillards sans intelligence. On ne sait pas.

Au milieu, autre trinôme (plus petit, peau blanche oblige) : Benoît Pedretti et Vincent Marchetti prennent place devant l’inénarrable Alou Diarra, seule vraie sentinelle du rond central encore en vie dans ce football qui se pâme devant les meneurs reculés comme Sergio Busquets, Thiago Motta et autres Maxime Gonalons (l’un des trois est surcoté, je vous laisse me demander lequel en commentaire).

En défense, devant l’imperméable Gui Roland Jacquard Nd’y Assembésanscésansdé, Julien Cétout prend place à droite, Eric Cabaco et Clément Lenglet (capitaine) dans l’axe, et Tobias Badila et sa coquille d’œuf sur la tête à gauche.

EUL MÔTCH

-15 Être plus drôle que Claude Pèze.

-10 Battre la hype Gourvennec sur son terrain.

-5 Se relancer en championnat avec pour objectif de finir devant Lyon.

-1 Rien n’est impossible, rien n’est assez fou, ni trop absurde pour Pablo Correa et ses ouailles. Rien.

1 Bordeaux engage devant un public clairsemé car pas trop au courant qu’il y avait match ce soir.

2 Et c’est sans tour de chauffe que Cabaco est obligé de se placer en opposition sur un premier tir bordelien.

3 Sur le corner qui suit, un de nos captifs de couleur sauve le ballon sur la ligne suite à une sortie timide de N’dy, qui n’avait pour seul objectif que de gifler un impudent local à l’aide du ballon. Une franche réussite, mais s’il avait pu y joindre la tâche de garder le but, cela nous aurait évité un début d’infarctus.

6 La passion pour la souffrance de l’ASaNaL atteint un début de demi molle avec ce centre pour Rolan, qui rate heureusement sa tête après avoir faussé compagnie à Clément Lenglet.

8 Cabaco livre un combat sans merci au tendon d’Achille de Jérémy Menez. La furia uruguaryenne, petit.

10 Les deux équipes procèdent en contre, ce qui donne lieu à des contres-contres, ou à des corner obtenus en contre, qui sont tellement mal tirés que l’adversaire part immédiatement en contre après ceux-ci, etc.

11 Cabaco rend parfaitement le ballon au milieu bordeliste sur sa relance. Propre.

16 Les fautes sanglantes se succèdent, à cause de fautes techniques presque aussi sanglantes.

21 Anthony Koura se fait emplafonner par une espèce d’hybride entre Jérémie Mathieu et Mathieu Chalmé sur une protection de balle. Appelons cette abomination Jérémie Chalmé. La violence passe d’un côté à l’autre plus vite que le ballon.

23 Pour avoir eu l’outrecuidance de dribbler deux girondins au milieu du terrain, Alou Diarra est averti sans ménagement.

25 Au sommet de l’insolence, le même Alou se venge d’un petit pont sur Plasil. L’arbitre fulmine mais laisse jouer.

28 Coulibaly touche son premier ballon, qu’il expédie en touche immédiatement.

32 Lenglet y va de son petit jaune lui aussi pour un croche pied sans grande conviction sur Rolan qui filait au but.

35 Tandis que Florent Toniutti fulmine à propos des expected key pass que les Bordelistes ont vendangées plus outrageusement que les occasions de bloquer des half-spaces autour de Jérémy Toulalan à l’aide de leurs pièges à pressing total-football, Koura part tranquillement défier Carrasso en profondeur, mais ce dernier lui retire le ballon des pieds à l’aide de ses petits pics dans les cheveux, sans mêmes craindre l’effet velcro avec le gazon. Courageux homme.

39 Note pour plus tard : éviter de passer par Julien Cétout pour lancer un contre.

41 Étrange tentative d’un Bordelien de placer le ballon en orbite.

43 Même avec l’arbitre qui nous aide en montant au pressing, on ne récupère pas le ballon.

46 Koura se dribble lui-même avec réussite ; il choit.

Mi-temps.

46 Nancy engage dans un stade Bismuth Atlantique pacifié.

47 Marchetti prend l’initiative de tirer, c’est de peu à côté. Christophe Dugarry somme de Tavernost de vendre le club à des investisseurs riches et prodigues, mais tout en maintenant Gourvennec.

49 Le jeune insiste avec une frappe assez similaire, cette fois cadrée. Elle bien sortie par Carrasso.

51 De l’autre côté du terrain, Jean Gui Assembé lance le match des gardiens en sortant une frappe contrée bien vicelarde.

54 Marchetti est excellent. Voilà, c’est tout.

55 Mais on s’endort, on se relâche ? Et pourquoi ce beauf de Ménez ne frapperait-il pas, si aucun défenseur ne monte sur lui ? 1-0. De Tavernost envoie un texto à Dugarry : « tu l’aurais expédiée dans la gueule d’un Ultramarine du dernier rang, TG stp. ».

58 C’est beau la confiance. Maintenant qu’il a mis son but, Ménez tente de dribbler tout le monde. Si tu finis avec trois genoux, faudra pas venir pleurer.

61 Une-deux bordelais de qualité château-Margotton, conclu par une frappe de qualité gros rouge qui tache.

65 Nancy frappe de loin, c’est le plan de jeu si on ne parvient pas à s’approcher, c’est marre. Maintenant c’est Coulibaly qui s’y colle, et ça force Carrasso à se coucher encore.

73 But d’une joie et d’une félicité confondantes de béatitude d’Anthony Koura ce fort bel homme ! Sur une passe aussi soyeuse que précise du Ben Ped immortel, le véloce attaquant s’en va croiser sa frappe afin de tromper Carrasso et tous les commentateurs, qui voient désormais en lui un finisseur de prestige ! 1-1. Dugarry appelle à la révocation de Gourvennec au profit de Laurent Blanc.

74 Robic entre à la place de Coulibaly.

75 Encore une parade somptueuse de Gui Roland Ndy Assembé, qui figure dans le top arrêt de la semaine : la routine.

76 On frôle le 2-1, mais un idiot bordelien rate sa tête.

79 Mais l’espoir d’une victoire bascule de nouveau de notre côté, avec cette tête de Diarra juste à côté sur un coup franc de Pedretti.

85 Junior Maurice Dalé prend la place de Dia.

88 Robic opère un faux centre qui se transforme en vrai tir, mais Carrasso est vigilant et claque en corner. Sur celui-ci, Dalé manque de peu le tromper, mais non.

89 Pedretti joue un corner au sol, Robic ne cadre pas. Ça fait beaucoup d’occasions que Nancy plombe alors qu’il y a la place comme dans la mère de [placer ici le nom de quelqu’un-e que vous n’aimez pas].

90 Badila pourrit la fin du match avec sa « spéciale » touche longue, que Marchetti ne peut mieux exploiter qu’en tirant à côté.

91 Dalé tape au-dessus sur la meilleure occasion du match. Putain de sa race de pute borgne.

92 Comme pour complaire à Picon, c’est Clément Lenglet qui clôt la partie, d’un tacle de la dernière chance absolument parfait.

Fin du match.

DES NOTES

Ndy 3/5 : Toujours impérial dans ses envolées d’albatros au plumage mazouté, mais les sorties restent un exercice à forte dose d’aléatoire, un peu comme la digestion après une cuite à la mirabelle.

Cétout 2/5 : Déçu de ne pas figurer sur la liste des nommés au ballon d’or, le Juju a sorti un match bougon, plein de petits scrogneugneus boudeurs, et jalonné d’efforts qu’il a refusé de faire, de courses qu’il ne s’est pas donné la peine de prendre, de gestes défensifs qu’il a méchamment dédaignés.

Cabaco 3/5 : Son entame était semblable à une première fois quand la fille a ses règles et qu’on n’a pas changé de slip depuis huit jours. Ça s’est terminé par une cavalcade honnête en apnée, mais sans réveiller les voisins non plus.

Lenglet 3/5 : Ah, le reverrait-on gravir la pente ? En tout cas son carton jaune ne doit pas cacher une performance plus que satisfaisante, et surtout le retour de sa capacité à lever la tête lorsqu’il a le ballon dans les pieds.

Badila 1/5 : Non mais les touches longues, je ne dis pas que c’est absolument de la merde. Ce n’est pas ça la question, c’est juste que quand tu les pratiques, ça laisse trop voir le latéral limité que tu es. Pas de quoi en faire un drame, mais maintenant tu arrêtes.

Diarra 3/5 : ah le bon bougre, il a donné là une leçon de ce qu’est une vieille gloire sur le retour à Jaroslav Plasil. Jamais très juste, souvent en retard, mais compensant toutes ses lacunes à coup de filouterie (d’aucuns diraient « expérience », les naïfs), il prouve bien qu’il faudra compter sur lui. Ou pas. Bref, il était là.

Pedretti 4/5 : « tant que je serai dans le milieu, petit, tu ne seras toujours que le second » dit-il à Marchetti en glissant une subtile passe de l’extérieur du pied à Koura.

Marchetti 4/5 : Mais tout de même on peut dire que le jeune fait des pieds et des mains pour s’imposer durablement, ou au moins reprendre un peu le flambeau du vieux, parce que ça se donne, ça dribble, ça passe, ça tire, bref, ça joue au football, et plutôt bien, quoi.

Dia 3/5 : La fougue de la jeunesse ne l’a pas quittée, lui. Toujours dans la provocation et la percussion, c’est un peu comme les jeunes avec leurs djembés qui laissent leurs mégots au bord de la Gironde pour embêter les bons bourgeois, après leur avoir pourri leur nuit.

Coulibaly 1/5 : Coup parfaitement foireux de Pablo d’avoir titularisé ce fourbe nonchalant. On devrait commencer à penser à rappeler Busin de son prêt…

Koura 3/5 : Enfin ce but tant attendu est arrivé. Il n’a pas été facile à aller chercher, et a bien failli une nouvelle fois se refuser à lui à cause d’une paire de poteaux (je ne parle pas de ses jambes, quoique…), mais cette fois ça y est, Anthony n’est plus un Nîmois : il est bien Nancéien.

REMPLAÇANTS :

Robic NN : entré pour le spectacle.

Dalé NN : entré pour croquer des balles de match.

NOTE ARTISTIQUE DE L’ÉQUIPE : 3/5

On ne va pas crier au match référence non plus, mais nous voilà tout de même remontés à l’avant dernière place du classement derrière Caen, que l’on vient justement de piétiner en coupe moustache, tiens.

Nous voilà donc en pleine spirale positive depuis un match, ce qui, ne le négligeons pas, a le chic pour nous égayer quelque peu. C’est pour cela probablement que la fière équipe rouge et blanche va nous faire le plaisir de poutrer allègrement d’audacieux Normands, qui ont l’insigne honneur de venir fouler deux fois notre pelouse de plastique en une semaine. Si le résultat d’hier soir a fait se lever mamie de sa chaise, on rappellera tout de même qu’il s’agissait de coupe de la ligue, et qu’il n’y a que les Marseillais pour se glorifier d’une victoire dans cette compétition.

Pour ce qui concerne la Ligain, nous jugerons sur pièce depuis l’arrière du crâne luisant de Pablo, puisque la team Picon se rendra dans l’écrin du bonheur vrai de Tomblaine ce week-end. Puisse-t-il nous extirper du froid à grand coup d’émotions authentiques.

Je crois en Pablo Correa.

Marcel Picon.

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