Nîmes – Bordeaux (1-0) : La Scapulaire Académie, était au Costes, à côté.

Je vais pas t’emmerder, je peux bien patienter. Bientôt dans les forêts nous irons nous étendre. Moi j’ai jamais aimé les repas pour parler. Les crevettes à vingt sacs, les tomates en sorbet. Peut-être es tu tombée dans les yeux délavés d’un footballeur acteur, d’un cycliste chanteur.
A t’attendre à côté, j’ai l’impression d’être mis de côté.
Au propre, au figuré, je suis carrément à coté.
A t’attendre à côté, j’ai l’impression d’être mis de côté.

Les trois points du match.

La composition :

Poussin

Michelin – Gregersen – Barbet (c) – Nsimba

Lacoux

Ignatenko – Fransérgio

Bakwa – Maja – Davitashvili

Après le formidable succès remporté à Bastia grâce à nos Supers Nanas… ah non. Bon en tout cas revoilà Bulle, Belle et Rebelle au milieu, et c’est Nîmes qui en retire l’assurance d’une belle fête, comme les Bastiais pour les 90 ans d’Armand Cesari. Chanceux.

Le match :

Ce n’est pas Blankass qui donne le coup d’envoi mais bien B. Blaquart, comunsymbole pour celui qui a covoituré avec les deux clubs.

Début de match en conduite accompagnée. On circule prudemment, et surtout on ne s’aventure pas plus loin que sur les chemins à côté de chez nous. La sécurité avant tout. Mais tout de même on se fait deux gentilles petites frayeurs : par Gregersen puis Lacoux. Nous ne sommes pas encore très à l’aise sur la conduite de balle dès qu’il faut s’insérer sur une route un peu chargée…

Bref ça commence bien brouillon quand tout à coup, le présentateur nous rappelle que nous sommes leader de la division…

Avec une entame aussi timorée qu’orientale (eh oui on joue à gauche de l’écran), les Nîmois se disent à juste titre qu’il suffit de nous coller un peu au cul pour nous pousser à la faute. Et comme des Indonésiens, les voilà déterminés à venir nous piétiner la gueule sur notre propre moitié de territoire.

Le pressing nîmois montre les muscles et la relance bordelaise patine : touche pour Bordeaux sur la gauche, dans son camp. Perte de balle immédiate, le ballon est repris de la tête par un Nîmois, puis par un Ukrainien qui remet vers… un Brêlesilien. Et ce qui devait arriver, arriva. Grâce à un éclair de génie dont il a le secret et surtout une vision du jeu moins amputée qu’une taupe avec une lésion du chiasma optique (entrainant une hémianopsie bitemporale), Sérge décide de s’en remettre au petit bonheur la chance en remettant mollement le ballon plein axe sans avoir aucune idée de ce qui pourrait se passer après. Ou alors il est complètement con.

Pauvre taupe… mais on préfère quand même jouer avec elle !

In fine le ballon arrive sur N’Guessan qui n’en demandait pas tant mais qui sait déjà, lui, ce qu’il va en faire. Le Nîmois efface plus facilement Lacoux sur son contrôle, qu’un licenciement par mail un vendredi 4 novembre au matin, en amenant le ballon derrière sa jambe d’appui, ce qui lui permet également de se mettre dans le sens du jeu. Surpris par tant de spontanéité et de technicité, Lacoux trébuche et laisse le Nîmois filer seul vers le but, plein axe. Pendant que Sérge lui trottine, bien placé pour profiter au mieux de ce match de football dans lequel « il est le héros ».

Lancez le ballon au hasard, s’il tombe sur un adversaire, rendez-vous page 236 pour prendre un but dès l’entame du match. Sinon recommencez. 

Gregersen n’attaque pas N’Guessan qui arme et catapulte de fort belle manière le cuir sur la droite de Poussin, 1-0 (5e minute).

Sérge, rendez-vous à la 74e minute pour aller sur le banc, en attendant le ban, merci.

On rappelle à ce moment-là que Nîmes n’a encaissé que deux buts à domicile. De bon augure.

Et d’ailleurs les Girondins réagissent aussi rapidement que le gouvernement à propos d’un bateau de migrants sans ressources ni perspectives.

Nouveau caca culotte après une incursion nîmoise à droite et un centre fort devant le but mais Barbet veille et dégage tant bien que mal (14e minute).

Lacoux trouve Bakwa au cœur du jeu. Dilane s’avance et décoche un tir tendu à ras de terre sur la gauche de Maraval, qui se couche et dévie en corner… qui ne donnera rien (18e minute). Premier tir cadré.

Belle incursion de Bakwa qui s’engouffre de la droite vers le centre mais son tir est contré à l’entrée de la surface (28e minute).

Les Girondins commencent enfin à occuper le camp adverse et trouve quelques solutions dans les intervalles.

Coup-franc de Nsimba vers le second poteau pour Gregersen qui surgit et sert une volée de l’intérieur sur Maraval qui claque en corner (29e minute). Un bel arrêt réflexe pour un ballon malheureusement trop centré sur le gardien.

Bakwa et Davitashvili permutent. Nos ailiers se retrouvent alors sur leur pied fort. Probablement pour qu’ils étirent plus l’équipe adverse en collant la ligne. A moins que ça ne soit pour que Zuriko sente le souffle de son coach dans sa nuque vu qu’il n’a encore rien branlé du match. Quoiqu’il en soit ça parait être une idée nécessaire. Sera-t-elle suffisante ? (Rendez-vous à la mi-temps pour le savoir).

Les Nîmois se rappellent qu’il y a une autre partie de terrain après la ligne médiane. Corner à gauche du but de Poussin. Pagis trouvé au deuxième poteau envoie une première frappe détournée par Lacoux. L’un de ses coéquipiers récupèrent la balle et le sert de nouveau dans la même position. Cette fois il envoie un centre à ras-de-terre enroulé intérieur à destination du deuxième poteau. Son centre n’est pas coupé ni par Saïd ni par Tchokounté et file vers le petit filet droit de Poussin mais Gaëtan veille et s’étire impeccablement (43e minute).

Et c’est la mi-temps. Une fois n’est pas coutume, David Guion en profite pour effectuer deux changements : Sissokho et Elis remplacent Lacoux et Davitashvili. Visiblement le changement de côté ça n’a pas eu l’effet escompté sur la prestation du Georgien, et on n’est bien d’accord.

Belle ouverture de Barbet à destination d’Elis. Notre technicien de surface arrive à contrôler le ballon mais c’est un peu long et Maraval surgit (46e minute). L’entame est plus encourageante.

Situé dans le coin gauche de la surface nîmoise, Sissokho élimine un premier défenseur, puis fixe un second et se retourne pour servir Bakwa plein axe à l’entrée de la surface. Dilane qui ne réclamait que ça, trouve néanmoins le moyen de rater complètement son tir en glissant au moment de frapper (53e minute).

Nouvelle action initiée à gauche par le duo Nsimba – Bakwa, centre de ce dernier pour Elis mais il est inévitablement devancé comme Coyotte (54e minute).

Thomassen trouve Saïd aux 6 mètres plein axe mais il rate sa tête (61e minute).

Cette deuxième période est bien plus rythmée. Fini la conduite accompagnée, on a le sésame alors on se lâche, même si on ne sait toujours pas conduire.

Ignatenko récupère un ballon dans les pieds nîmois, il s’avance et frappe premier poteau mais Maraval n’est pas inquiété (64e minute).

Bakwa décale Nsimba dans son dos. Vital centre devant le but, Maja coupe la trajectoire premier poteau mais manque de conviction et le ballon fini sa course au-delà du second poteau… (65e minute).

Les Bordelais décident enfin, non pas de ne plus subir, mais en tout cas de faire subir un peu plus aux adversaires. On prend plus de risque, et c’est logique. Ils n’ont plus peur de progresser balle au pied. Jusqu’ici la possession était largement en notre faveur, à présent elle se rééquilibre mais nous sommes enfin plus dangereux. Sauf quand le ballon passe entre les pieds de La Créature Venue du Chaos qui rate à deux reprises une passe courte puis une passe longue (son « point fort« ). Il est temps David, vraiment.

Encore un temps fort des Bordelais : Nsimba trouve Elis au second poteau qui remet vers Maja seul aux 6 mètres, mais Djiga se jette et permet à Maraval de se saisir du ballon. (71e minute).

Delaurier-Chaubet fait son entrée pour apporter plus de percussion et de justesse au jeu bordelais. Du moins on l’espère, mais il peut apporter ce qu’il veut, même rien, ce sera toujours mieux que Sérge (74e minute). Elis glisse au centre aux côtés de Maja et Logan prend l’aile droite. Sissokho et Ignatenko en double pivot.

Carton jaune pour Nsimba qui de fait sera suspendu pour Trelissac et plus dommageable pour la réception du Havre (84e minute).

Double changement : Depussay et Mwanga rentrent à la place d’Ignatenko et Michelin (88e minute).

Coup-franc lointain, légèrement à droite. Nsimba s’en charge et trouve Barbet second poteau, qui peut couper la trajectoire mais c’est raté (90e minute). C’était pourtant le moment idéal pour gâcher la fête.

Corner depuis la gauche (Poussin est monté), Barbet trouvé au second poteau reprend de la tête mais en reculant. Le ballon manque de puissance et Poulain détourne pour un second corner (93e minute).

Sur cette nouvelle tentative Mwanga au centre dévie le ballon de la tête au second poteau, pour Gregersen idéalement placé pour couper la trajectoire. Comme une revanche de sa première tentative en première période. Mais il s’avance le corps penché en arrière et envoie le ballon au-dessus de la cage (94e minute). Très plaisant de voir nos centraux se projeter à trois reprises pour essayer de catapulter les bonbons de Nsimba… mais ce serait bien d’avoir la capacité à les reprendre correctement.

Fin du match et une réussite pour les Nîmois pour cette dernière aux Costières.

Les notes :

Poussin (4/5) : Il se fait fusiller d’entrée comme s’il se promenait tranquillement un dimanche matin en forêt. Pour autant il assure et rassure les collègues comme sur cet arrêt décisif sur le centre tir vicieux de Pagis en fin de première période.

Michelin (3/5) : On a envie de croire qu’il peut apporter encore plus. D’ailleurs il a arrêté de rater tout ce qu’il entreprend. On le sent bien discipliné (en restant bien collé à la ligne), il propose plus régulièrement des solutions même s’il n’a pas été beaucoup servi. Il doit prendre plus de risque, on sent qu’il pourrait être aussi dangereux que Nsimba, car il a le même coffre, une qualité technique proche mais par contre pas la même vivacité. A voir.

Gregersen (3+/5) : Il se fait piéger par N’Guessan, car il est mis à poil par les Supers Nanas mais sinon son match est plus que correct. Les points positifs : il ne perd pas ses duels, et se montre dangereux (pour l’adversaire) quand il monte balle au pied. Points négatifs : monter c’est bien mais ne pas rater LE geste décisif à deux reprises c’est mieux, et les racines noires de sa teinture blanche. Faut retravailler.

Barbet (4+/5) : Son meilleur match sous nos couleurs ? Sérénité, anticipation, leadership et jeu long faisaient déjà partie de sa panoplie depuis quelques temps. Il les a encore montés d’un niveau sur ce match tout en rajoutant de bonnes initiatives pour apporter le surnombre.

Nsimba (4/5) : Une activité incessante. Rien à lui reprocher défensivement, il a énormément apporté par ses dédoublements et la justesse de ses centres et autres CPA. On n’avait rien vu de tel à gauche depuis Léon Blum.

Lacoux (2+/5) : A croire qu’il était au Costes hier, mais pas sur la pelouse en même temps que les autres. Je ne sais pas s’il faut remercier le Nîmois qui lui a collé lacoux derrière lenuque, mais ça a précipité sa sortie et diminué notre ennuie dès la mi-temps.

Ignatenko (2+/5) : On ose imaginer sa frustration quand il a quitté la pelouse sans son carton jaune. Au contraire de l’équipe il n’a pas haussé son niveau de jeu en seconde période.

Fransérgio (6/5) :

Bakwa (3/5) : Bel étalage en première mi-temps de ce qui nous agace dans ses prestations en ce moment : son irrégularité. Il sait ponctuellement être dangereux en se créant des situations dangereuses mais gâchées par des approximations techniques, ou des choix non collectifs. En seconde période il la joue plus collectif et son entente avec Vital n’est plus à démontrer.

Davitashvili (2/5) : En marche : aussi nul à droite qu’à gauche. On attend avec impatience la Renaissance.

Maja (2/5) : On commence à en avoir l’habitude : No Penalty No Party. Le pauvre ne touche le ballon que quand il doit redescendre dans le rond central, on n’y connait rien mais ça n’a pas l’air terrible comme constat. A qui la faute ?

Les remplaçants :

Sissokho (3/5) : Rouyard a dû lui aussi remarquer qu’il était moins à côté de ses pompes que Tom. Pas difficile non plus. Pour autant il ne livre pas un match flamboyant comme tout le reste des milieux de terrain…

Elis (2+/5) : Il a l’air autant cramé physiquement que mentalement. Dommage, son point fort est la percussion et il en manque clairement. Il est cherché d’entrée mais ses limites techniques courent plus vite que lui. Il a néanmoins été plus utile que le Georgien sur l’aile droite. Il disparait quand il a approché Majax de trop près lors de l’entrée de LDC.

Delaurier-Chaubet (3/5) : Il lui manque encore la maturité tactique d’un Sérge, mais il sait jouer avec le ballon lui. Une entrée intéressante dans la percussion et la sécurité technique qu’il apporte. Comme tous les naufragés du milieu il n’a pas réussi à surnager.

Depussay (X/5) et Mwanga (X/5) : ne sont pas notés eu égard au faible temps de jeu. On peut au moins les remercier de ne pas avoir empirer les choses.

En face :

Un coup de pression d’entrée, un exploit solo de toute beauté, une bataille du milieu largement gagnée, une abnégation poussée et ce petit regain de chance pour ne rien gâcher et vous obtenez le match parfait avec au bout la victoire pour la dernière aux Costières. La dernière ? D’après la magnifique Crocro Académie de Karoud, rien n’est moins sûr. En tout cas ils n’ont pas démérité.

Pour conclure :

Vous l’avez remarqué vous aussi : nous sommes passés à côté. Nous n’étions pas aux Costières, mais au Costes à côté.

Guion et ses joueurs n’ont clairement pas su déjouer le piège identifié (par eux-mêmes) du milieu nîmois en losange. Si en plus vous opposez à ce losange un triangle des Bermudes (nos Supers Nanas), alors l’emporter n’était que douce utopie. On rajoute à ça que nous avons abordé ce match avec des intentions qui ne collent pas à nos qualités. La première période était indigeste : nous ne savons pas progresser via des attaques placées, savamment préparée par des circuits de passes identifiés et reproductibles. C’était nul, c’était chiant, c’était crispant. Alors qu’en deuxième période on a joué plus à l’instinct, sans perdre en solidité, et on aurait espéré mieux. Nous perdons face au dix-neuvième de la division alors que nous étions leader : cela fait tache, et c’est frustrant quant à la qualité de la prestation en première période et quant à toutes ces occasions manquées en seconde. On admet volontiers que ce match, ou plutôt cette seconde période, était plaisante. Des prestations comme celles de Vital ou Yoann ainsi que le nombre d’occasions créées font plaisir mais n’ont pas permis de prendre ce que soi-disant nous étions venus chercher : trois points précieux pour qui veut remonter dans l’élite.

Alors c’est un sentiment complexe qui nous anime, mêlé de déception face au bilan comptable, mais presque enthousiasmé par ces 45 minutes d’espérance et d’engagement à la limite du déséquilibre.

Nous espérons donc que tout cela se concrétise par trois points lors de la réception de Pau ce samedi 12 novembre pour la dernière avant la pause d’automne.

Nous souhaitons par avance un très joyeux et très bel trente-cinquième anniversaire aux Ultramarines Bordeaux 87. Nous savons déjà que ce sera une réussite dans les tribunes, pour la Tribune.

En attendant, mettez-vous Horsjeu et venez discuter sur Twitter : @IanWalterFoote@KikiMusampala et @NauseeSavajicl. Si vous parlez à l’un, l’autre vous répondra sans doute et c’est sûrement mieux ainsi.

La Scapulaire Académie a également fait son apparition sur les réseaux et n’attend que vous : sur Twitter, mais aussi Facebook et Instagram.

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