Montréal – Colorado (2-2) : L’Impact Académie livre ses notes

Tout frémissant et blême quand sonne l’heure, je me souviens de ces centres fuyants et je pleure

De l’enchantement à la frustration, il n’y a qu’un pas qu’un ballon hasardeux dans la surface peut franchir. Comme une belle Brésilienne rencontrée sur la plage de Copacabana, travaillée un après-midi durant, et qui découvre finalement, sous un string à plumes masquant difficilement une protubérance malheureusement ignorée, un énorme mandrin que l’on ne saurait caresser.

L’Impact a presque tout bien fait face aux Colorado Rapids, mais deux absences de jugement ont ruiné la belle journée ensoleillée montréalaise. Avec un peu plus d’attention, nos grands dieux auraient pris trois points mérités et bienvenus, mais le Gashi bien nommé et le Curling mal orthographié nous ont chatouillé le rectum du bout du doigt, comme nous l’avions fait à New York mercredi dernier.

L’alignement

Retour au plan de jeu habituel pour Mauro Biello, après l’expérience plus ou moins fructueuse, ou foireuse si tu vois le verre à moitié vide, à New York. Donadel légèrement touché, c’est Pat’ Bernier qui débute au côté de Kyle Bekker. Nacho Piatti reste à l’aile et Harry Shipp reprend sa place dans l’axe. Didieu est de nouveau titulaire.

L’immonde Jermaine Jones est quant à lui présent dans les rangs des Rapids.

Le Matchauricio

Pour votre serviteur, dépourvu, alors que la bise n’est point venue, d’un streaming fonctionnel en début de match, la rencontre commence non pas par un coup d’envoi, mais par un coup franc aux vingt mètres. Ah si tous les matches pouvaient commencer ainsi. Comme si l’on ouvrait les yeux face à une opulente jeune femme, dessous affriolants et regard aguicheur. Il ne reste plus, pour un Dom Juan averti, qu’à la mettre au fond. Une formalité pour le divin Didier qui, d’un habile coup de pied, retourne Zac MacMath, fesses face au créateur de toutes choses, et soulève les foules enivrées par le soleil du Québec.

 

Quand l’idiot montre sa lune, le sage regarde Drogba.

Mais l’Impact, souvent en cette situation, ne parvient pas à faire la différence. L’incapacité de mettre rapidement un deuxième coup devient un vrai problème. Un one-shot qui n’implique pas un deuxième rendez-vous. Drogba s’y essayera une paire de fois lors de cette première demie relativement bien contrôlée, mais timidité n’est pas alliée du gros niqueur. Ainsi, regagnant les vestiaires avec cette courte avance, Montréal n’est pas à l’abri de l’habituel retour de manivelle, qui ne manquera pas d’arriver.

Un classique des matches de l’Impact.

Car dès le pied remis sur le pré, les Rapids reviennent dans la partie, profitant d’une apathie généralisée et que trop connue de nous z’aut’. Distancée dans le marquage, l’équipe montréalaise offre à Gashi et Williams une occasion alors inespérée aux légalement foncedé de revenir au score. Mais comme une électrode scrotale, l’égalisation réveille nos bels endormis. Maxim Tissot, prévenu dans le box, prend alors ses balloches à deux mains pour redonner, d’une frappe à tête chercheuse, l’avance à l’Impact.

La patate de Gatineau.

Ô joie que cette réaction immédiate. Nous voilà à nouveau devant et l’espoir de reprendre goût à la victoire renaît. Mais il était écrit que lors de cette vilaine semaine d’avril, le football nous ferait la pine. Bien qu’il faille encore ne pas oublier d’y jouer pour éviter tout regret. Car sur un coup de pied arrêté, phobie de l’Impact, fuyant telle une proie face à son prédateur, un nouveau commun pet au casque nous ôte une victoire qui aurait fait tant de bien, comme un vidage de couilles après de longs jours d’abstinence.

Un pack de Montréal

Evan Bush (2/5) : Ne peut pas ou n’essaye pas, quoi qu’il en soit Evan Bush n’intervient pas dans ses six mètres. En tout cas pas samedi. Deux ballons qui passent devant son but et qui finissent au fond des filets, c’est à peu près tout ce qu’il s’est passé pour lui. Dommage, car du peu d’occasions que se sont procurés les Rapids, il aurait peut-être pu en sortir au moins une. Même s’il pouvait penser, à juste titre, que ses défenseurs le protégeraient un peu plus. C’est dans ce genre de match, où l’adversaire est finalement peu dangereux, qu’il faut savoir être décisif. Ce ne fut pas le cas.

Maxim Tissot (3/5) : Un match sacrément contrasté pour celui qui profite des blessures de Camara et Toia pour avoir du temps de jeu. Appliqué mais également impliqué sur la première égalisation, où il laisse filer Gashi, il s’est immédiatement rattrapé d’une jolie praline à distance, transperçant (Marie) la forêt de jambes devant lui pour se loger au ras du poteau de MacMath. Une précision sublime, mais mon petit doigt me dit qu’avec un peu moins de chatte, ça partait en touche ou sur Sherbrooke Est. Il aura encore l’occasion de se montrer lors des prochaines rencontres, les deux latéraux sus-nommés manqueront à l’appel pour respectivement quatre à six semaines et trois semaines. Damn.

Laurent Ciman (2/5) : Le jeu de Lolo est fait de fougue et d’anticipation. Cela peut être grandiose quand il a de l’avance, comme être catastrophique quand il est en retard. Eliminé plusieurs fois par manque de discernement, il gagnerait à être plus posé dans ses interventions, à prendre parfois ses distances pour contrôler son adversaire. Enfin pas trop non plus, car sur le but de Gashi, il lui manque quelques centimètres pour faire la différence, ce que peuvent parfois entendre certains de ces messieurs de la bouche de leur(s) conquête(s). Je l’invite donc, en toute amitié amourachée, à un poil plus de discernement.

Wandrille Lefèvre (3/5) : Wandou est bien, Wandou est bon, mais manque d’un peu de pratique avec ses coéquipiers. La préférence Cabrera de ce début de saison lui coûte, bien malgré lui, quelques automatismes avec ses coéquipiers de la défense. Au-delà de ces maigres griefs, il est précieux et précis dans ses interventions. Quelques erreurs à la relance qui n’ont rien entraîné de dramatique, à part peut-être une occasion de contre. Volontaire et impliqué, il mérite d’autres départs.

Ambroise Oyongo (2/5) : Si Ambroise était né au Moyen-Âge, quand il fallait lever l’Ost pour fondre avec violence sur l’ennemi, sa place aurait été dans les premiers rangs, couteau entre les dents et bave aux lèvres. Il aurait assené des coups mortels de la pointe de sa lance et se serait livré à moult pillages avec une barbarie toute appréciée. En revanche, s’il avait dû défendre les murs de la cité face aux légions d’envahisseurs maîtrisant la poliorcétique, il aurait rapidement été envoyé hors du siècle, derrière la clôture d’un monastère inattaquable.

Patrice Bernier (3/5) : Samedi encore, Patrice avait vingt ans et parcourait le champ en jouant au football comme on le joue dans la cour avec ses amis, sans compter sur ses jours qui fuyaient dans le temps. Il a fait tant de passes arrivées dans les pieds, fondé tant d’espoir d’un beau jeu accompli et arrêté tant d’adversaires d’un geste d’érudit qu’il mérite des éloges et une chanson à lui.

Kyle Bekker (3/5) : Est-il écrit dans le cahier des charges de l’Impact de Montréal qu’un blondinet doit forcément prendre place dans le milieu de terrain du Bleu-Blanc-Noir ? Si tel est le cas, il est en effet préférable d’aligner Kyle Bekker que Calum Mallace, bien que le Canadien soit aussi technique qu’un déménageur de réfrigérateur. En revanche, il est plus dynamique cocaïnomane qui cherche sa dose, ce qui lui permet de compenser.

Nacho Piatti (3/5) : Le bel éphèbe reprend les devants. Certes il a été discret sur le plan offensif mais, comme rarement, il aura participé aux taches défensives de bon cœur. Il aura ainsi soutenu et soulagé Maxim Tissot, clairement visé par les débordements des Rapids. Ces derniers avaient en revanche clairement mis sur pied un plan anti-Nacho, sûrement gluten free, et il fut plus entouré qu’une demoiselle lors d’un bukkake party.

Harry Shipp (3/5) : Indiana Shipp avait visiblement des choses à se faire pardonner. Retrouvant son poste dans le cœur de l’animation montréalaise, il a beaucoup tenté pour animer le front de l’attaque québécoise. Il lui aura cependant manqué un peu de lucidité dans les moments critiques, trop attiré par le but et son désir d’offrir à lui seul la victoire à l’Impact. C’est ainsi qu’à au moins deux reprises, il a choisi l’option frappe lointaine, à tort, puisque Didieu attendait le petit ballon pour aller poignarder de nouveau le cul de Zac MacMath. Mais l’Ivoirien n’est point rancunier, ou alors il ne le montre pas : applaudissement et pouce en l’air copyrightés Thierry Henry, le coéquipier vrai.

Dominic Oduro (2/5) : Moins en vue que lors des derniers matches, notamment celui à New York où il a symbolisé le regain d’activité du XI en fin de rencontre. Plus maladroit dans ses choix aussi et moins efficace au débordement. Plus fautif, plus tendu aussi. Bref, moins bon.

Didier Drogba (3/5) : Et v’là que j’te colle encore un coup franc direct face aux Rapids. Et que j’redescends chercher les ballons quand ça déconne, que j’te fais la touche de balle délicieuse qui accélère le jeu. Et que j’tousse comme un perdu les poumons tout glaireux mais que j’te fais quand même 90 minutes pour la troisième en une semaine. Et que surtout je n’baisse pas les bras et encourage toujours mes copains même quand ils font des conneries. Et que j’vais tout péter quand j’serai au top.

Les substituts

Marco Donadel : Une demi-heure de jeu et pas de carton jaune. Tout fout l’camp.

Lucas Ontivero : Dix minutes de pure folie. Non j’déconne.

Le tableau

Bonus Les Aventures de l’Impact

Didier Drogba continue de martyriser les gardiens de la MLS.

J’espère sincèrement qu’un méga-séisme n’enverra pas Montréal du côté ouest du continent. Parce qu’avec le même nombre de points, on serait sixième dans l’autre conférence. Gardons le regard porté vers l’Orient. Et rendez-vous à Columbus samedi pour la revanche de la revanche de la demi-finale de conférence. Avec le même entrain, mais pas la même conclusion.

Becs anaux,

Mauricio Vincello.

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Mauricio Vincello

Vraie fausse légende du soccer montréalais (ou l'inverse), Mauricio Vincello, après une carrière bien remplie sur les terrains des Amériques, a décidé de prendre sa grosse plume pour conter au commun des mortels les folles aventures de l'Impact de Montréal.

2 commentaires

  1. Moi aussi, par exemple voyez-vous, j’ai un stylo noir, et bien je trouve que le bleu ressort mieux sur le blanc. Un classique.
    jevadidier

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