Pays de Galles-Slovaquie (2-1) : La Haluski Akadémie livre ses notes.

Ahoj, beaux esprits !

Ça y est cet Euro de football a commencé ! L’occasion pour nous, fier peuple slovaque de démontrer à l’Europe et au monde la qualité supérieure bien que congénitalement meurtrie du sang slave, sa fougue impétueuse, sa force saine et virile, sa mélancolie joyeuse.

Dans les fiers rangs slovaques se comptent les talents à la pelle, et si vous n’en connaissez que peu parmi eux, soyez assuré que votre serviteur n’en possède pas lui-même une science hors du commun. C’est que de ce côté du Danube, le football n’est qu’une vitrine bien dérisoire du puissant patriotisme qui coule dans les veines nobles du grand peuple slovaque, que certains parmi vous confondent certainement avec les pauvre Slovènes, absents des débats lors de cette grande messe du football européen comme des livres d’histoire. De notre côté, nous avons fort à faire ici-bas pour bouter la phtisie hors de nos Carpates, et liquider l’héritage idéologique de ce démon de Vaclav Havel, l’immonde personnage qui crut un temps devoir nous maintenir sous la coupe des Tchèques et de leurs pillages systématiques de notre grandiose patrimoine. Alors pensez que le football, cela reste une sorte de loisir, chez nous.

Mais il sera temps de digresser plus avant sur ces quelques considérations géopolitiques au moment où le triomphe permanent d’une hégémonie chevillée à nos organes vitaux roulera au grand jour sur le monde. En attendant cette épiphanie humaine sur fond de sanglots longs de violons printaniers, il incombe dans un premier temps aux élus de notre équipe nationale, la Repre, de battre de vulgaires enculeurs de moutons, outrecuidants personnages qui ne comptent même plus parmi leurs sélectionnables leur seule figure un tant soit peu romantique, j’ai nommé le grand Ryan Giggs.

Place donc au jeu, avec comme savoureuse mise en bouche, la composition du onze du Haluski : de beaux organismes, équipés de magnifiques outils hyperconnectés, faisant le bonheur de l’Union Slovaque du Football et des femmes comme des hommes qui s’en servent comme instruments de plaisir sans fin.

Dans les buts : Matus Kozacik. Nous avons vérifié, il est bien gardien.

Pour le défendre : Peter et Steven Pekarik, Martin Skrtel (capitaine), Jan Durica et Dusan Svento.

Au milieu, les crêtes flamboyantes de Juraj Kucka et Marek Hamsik encadrent Patrik Hrosovsky.

Enfin, l’attaque est composée de Christy Robert Mak, Wladimir Weiss, et Romain Michal Duris.


ZAPAS

Peu avant le coup d’envoi, l’hymne slovaque Nad Tatrou Sa Blyska embrase la MMA Arena de Bordeaux d’une ferveur unique, tandis que le chœur des 5 millions de Slovaques présents au stade vitalise l’air ambiant d’un souffle si épique que les mots manquent pour l’exprimer. Pour cette première participation à une phase finale depuis l’avènement de notre fière nation (et de son émancipation du joug scélérat de ces raclures de bidet de Tchèques), les larmes de joie sont autant de diamants roulant sur les pentes rebondies de nos joues nourries du halusky millénaire de nos campagnes. Le reste du public s’endort pendant l’erzatz de God Save The Queen of the stone age que les baiseurs d’ovin tentent de faire retentir dans les travées.

Et c’est dans un grand moment de sublime que la Repre engage ! Sans réel tour de chauffe, Marek Hamsik affirme d’emblée son rôle de détonateur impétueux, décidant de mener campagne à lui seul sur cette balle hautement récupérée. Il s’infiltre dans le camp de base gallois, chevauche tel un destrier emballé, perce la défense et frappe de l’estoc un grand coup après avoir bravement évité un dernier défenseur. Le gardien des dragons est battu, mais c’est sans compter sur le retour désespéré d’un pauvre hère promis aux gémonies en cas de défaite, qui se jette corps et âme sur le ballon lancé à vive allure, pour sortir icelui en catastrophe.

Hamsik run

Quelle belle crête.

Au cœur d’un engagement total, ce sont nos adversaires surexcités qui profitent de la mansuétude de l’arbitre pour mettre à mal notre Repre. Un coup-franc est décidé en faveur des Gallois, qui à la faveur de leur artificier aux airs de golem de bile Gareth Bale, ouvrent le score comme tonne le canon de la dissolution de 1939. 1-0 (10e).

Bale freekick

Admirez la technique toute continentale du gardien, dite du « jeté/couché ». Aussi soigné qu’une Adriana Sklenarikova, aussi utile qu’un chibre sur un mulet.

Les Gallois sont en confiance pour la suite des événements, et ne cessent de nous presser si fort, que tout Bordeaux sent désormais le fromage de brebis. Nos jeunes éphèbes tentent alors de lutter avec des armes déclassées, et se lancent dans un concours de frappes souterraines, qui à force d’ascension ne cessent de se transformer en offrandes à nos dieux anciens. Nous les Slaves sommes trop spirituels. Attention, j’ai pas dit Polonais.

C’est d’abord Weiss qui crève le firmament vers la 20e minute, puis son comparse Kucka s’essaye lui aussi à une réconciliation avec notre panthéon à la 23e, grâce à un tir atteignant l’empyrée sur un coup-franc lointain. On note pour passer le temps que Joe Allen et Aaron Ramsey semblent s’être inspirés de ces modèles Saxons de musique dégénérée exposés dans les pastilles télévisuelles décadentes qui s’abattent comme une perestroïka sur notre beau pays depuis 1993. Ces importuns chanteurs de peccadille laissant croire que la virilité s’affirme par le flegme et la richesse matérielle nous éreintent, nous les damnés aux cœurs consumés par la bile.

Et comme pour le réaffirmer, le fier Hrosovsky s’attribue le premier carton jaune de la partie, ce pour avoir légèrement fait mentir l’équilibre d’un Gallois. Faut-il préciser que ces falots provocateurs s’acharnaient à relancer plein axe depuis de longs instants ? Mais la mélancolie se mue en vraie tristesse lorsqu’une passe de Kucka écope du sort d’un tir tellement minable que le gardien adverse se penche nonchalamment pour le ramasser ; une offrande si pure eut mérité meilleur sort, et il ne posa même pas un genou à terre pour lui adresser le plus modeste honneur.

Mais les vaillants beaux garçons de notre mère patrie ne reculent pas, et au contraire chargent à nouveau ! Peut-être est il sot de tenter de forcer un peu la décision (« on ne force pas le cochon », dit-on par chez nous) dans l’axe ainsi, alors qu’il est plus bouché qu’un Hongrois après sa troisième slivovica – ces gens ne savent pas boire. Il faut tout le panache et la bêtise patriotique de Wladimir Weiss pour démontrer que si nous manquons peut-être de talent, nous avons au moins de l’humour, puisque pour attendre la mi-temps, le jeune homme se perd dans d’invraisemblables arabesques destinées peu ou prou à impressionner les Gallois et/ou leur public quant à sa supériorité technique. Plutôt cela que d’être dangereux, comme pourrait dire une devise d’armoiries autrichiennes (si ces fourbes étaient honnêtes avec eux-mêmes).

La seconde période est riche de nouvelles péripéties aux accents chevaleresques. Dès la 55e minute, Robert Mak exécute une sorte de frappe que nous qualifierons de « digne dans l’adversité », sur un bel et bon service dans l’axe. Mais c’est insuffisant pour ramener la Repre à hauteur du Prince de Galles, dont les fidèles sujets tentent alors de prendre le large avec une tête fort dangereuse du bougre Bale. Kozacik se rattrape comme il peut de son air-arrêt de la première période en réalisant une parade homérique enfin digne de son rang, de son sang, de sa patrie.

Kozacik yeah

Technique dite du « prix Nobel au nom obscur venu du froid ».

Quel ferveur s’empare alors de notre sélectionneur Jan Kozak, qui tourne casaque et voit en la lueur de faiblesse s’immiscer en les regards bas de ses adversaires, l’opportunité de les poignarder en retour ! Dans l’instant il prémédite un double changement, rappelant sur le banc Hrosovsky et Duris, au profit d’Ondrej Duda et Adam Nemec. On dit depuis que des confins des Carpates jusqu’aux faubourgs de Bratislava, le nom de Kozak est prononcé avec une telle déférence que les enfants boudent désormais La Mort de Juraj Janosik, pour ne plus se faire conter que l’histoire de l’Heure Triomphale de Ondrej Duda, l’homme qui entra sur le terrain bordelais pour asséner le but égalisateur au terme de 58 secondes. Il se murmure aussi que ce but secoua tant les monts des Tatras qu’il fallut mettre nos meilleurs poètes à l’œuvre afin qu’ils écrivent un nouveau couplet pour notre hymne, de peur que lesdits monts s’écroulent et défigurent notre symbolique fierté de voir les éclairs illuminer la vallée depuis leur majestueuse hauteur. 1-1 (61e). On dit encore que le public local, jamais habitué à tant de lyrisme footballistique, fut pris d’une soudaine sympathie pour les Girondins de Bordeaux en s’exclamant « Qu’ils nous pardonnent, nous ignorions que ce genre d’actions ne pouvaient être effectuées que par des hommes ! ».

Duda goal

« Un foie cuit vaut mieux qu’une triste nuit » est le proverbe qui semble convenir ici pour illustrer la joie éthylique slovaque.

Dans la folie hiératique du moment, Weiss reprend son rôle d’exécutant de la démence, en visant d’invisibles faîtes lui rappelant certainement les visites au Paradis slovaque de sa jeunesse. Mais cela n’a rien de trop inutile, car il inspire son camarade le grand, l’immense Marek Hamsik, qui déchaîne la foudre divine sur le but gardé par Ward, foudre que ce dernier dévie de peu au prix de quelques phalanges dont il perd l’usage définitif ! Il est néanmoins trop tard pour calmer la colère mystique des membres fous furieux de la Repre, qui sont entrés dans une transe par trop insensée pour pouvoir être contenue par le fantôme de pressing qui a remplacé l’habile machine défensive galloise de la première période. Des vagues déferlent tel un ressac indomptable sur la surface de vérité anglo-saxonne, et si leur défense recroquevillée telle un sujet du haut mal ne faiblit pas, elle essuie à nouveau des tirs de loin que d’improbables coups de chance dévient vers les tribunes. Plus possédé que tout le peuple tchécoslovaque lors de la dissolution de 1918, notre capitaine Martin Skrtel se disloque lui la jambe en trois endroits sur un tacle, mais un frisson nationaliste le relève, et il reprend sa place. Dans le même élan, Weiss faute à nouveau, et se voit adresser un avertissement pour conduite dangereuse. La jauge de patriotisme est alors à son apogée, et il se pourrait que le panslavisme prenne le dessus jusqu’à une issue avantageuse.

Bien malheureusement, et comme d’habitude lorsque les peuples d’Europe continentale se décident à verser dans la victoire, un destin facétieux s’occupe de les ramener à de tragiques desseins en appliquant fermement un sort scélérat sur leurs épaules voûtées par tant de besogne et de misère passées. Cette fois, ce n’est ni la charrue ni la famine qui frappe, mais un dénommé Robson-Kanu, qui joue de chance sur une dernière touche d’Aaron Ramsey en bout de course après avoir percé notre défense : le crochet voué à l’échec de ce dernier se transforme en passe décisive pour le Gallois aux contours grassouillets, ce dernier adressant un tir entre les jambes de Durica et au fond des filets de Kozacik. 2-1 (82e).
Goal Galles

Et ce tragique dessein fut amené par un cosplay de Romain Alessandrini.

Et ce vil poteau, qui repousse un assaut de la dernière chance ! Gredin, cette tête de Stoch méritait meilleur sort ! Des torrents de larmes véritables déferlent vers le Danube, tandis que les premières notes des violons meurtris de notre grandiose philharmonie se font entendre dans les intérieurs poussiéreux des foyers slovaques. Et demain, c’est la pluie, la soue à nettoyer, les sillons à creuser à l’aide du soc ferrugineux qui vous larde les pieds si vous n’y prenez pas garde, ou si vous avez la chance qu’il vous en reste.

Signe sordide de la décadence annoncée de ce match au dénouement une nouvelle fois malheureux, la confrontation front contre front annoncée entre Martin Skrtel et un petit homme trapu ne peut avoir lieu, annulée qu’elle est par l’arbitre, qui adresse en plus un carton jaune final à notre capitaine ; comme un symbole de l’avertissement auquel la Repre devra faire face pour encore deux matchs : c’est mal parti, mes gaillards.


POZNAMKY

Pan Kozacik, avec son beau plongeon, a rabroué la nullité dont il fit preuve sur le coup franc du baiseur d’ovin au regard bovin. Il ne mérite pas la moyenne pour autant, tout obnubilé qu’il fut par l’entrecuisse de Durica sur le second but, plutôt que par la trajectoire pourtant tout à fait orthodoxe du tir. Il est donc frappé comme du sceau de la honte, d’un cinglant 1/5.

Pan Pekarik fut un piteux centreur, comme un triste relanceur. La dignité nous permet cependant de parler de ses talent défensifs, à placer entre les murailles de Strecno et la vertu des gigolos bratislaviens, ce qui lui confère tout de même 2/5.

Pan Skrtel fut sollicité à outrance par les impudents dragons rouges, ce qui ne manqua pas de l’exciter au point qu’il nous montra de forts beaux restes de ses années liverpuldiennes. On me dit d’ailleurs qu’il y joue toujours, quoique poussé sur le banc par un impressionnant morceau de viande à la graisse brûlée, et un Yougoslave des têtes d’enfants encore coincées entre les dents. De haute lutte, il obtient son 3/5.

Pan Durica porte le numéro 4, mais n’a pas valu mieux que sa moitié. C’est donc d’un geste franc que l’on lui assène un ferme 2/5.

Pan Svento n’a jamais existé, coincé qu’il fut dans son couloir gauche entre l’anonymat et l’indigence de sa tâche. Ne dépassant pas le niveau de ses ancêtres austro-hongrois, qui eux non plus ne penchent pas tout à fait à gauche, c’est tout naturellement qu’il écope du 1/5.

Pan Hrosovsky a paraît-il agi en sentinelle lors de ce match, mais il nous a plutôt semblé apercevoir un retardateur cul-de-jatte dressant pitoyablement son écuelle pour mendier à de bourrus Saxons. Ces derniers étant toujours pressé d’agir en dépit du bon sens, ne lui rendirent aucun ballon, ni ne lui permirent d’en faire quoi que ce fût. 2/5.

Pan Kucka fut un sérieux challenger au concours de la plus belle crête. Coq en pâte sur son côté, il a fait preuve d’une belle vivacité, et a bien résisté au pressing, signe que les Gallois préfèrent définitivement les bêtes à quatre pattes. Voilà bien quelqu’un qui mérite la moyenne : 3/5.

Pan Hamsik a lui remporté le concours de la plus belle crête, tout joyeux qu’il était d’agiter à nouveau partout ses mollets divins. Affûté mais privés de partenaires à la hauteur, celui qui a semble-t-il juré de ne jouer qu’en bleu a porté son équipe et failli ouvrir le score, il mérite donc amplement son 4/5.

Pan Mak a eu bien du mal à s’exprimer, mais il a tout de même trouvé la faille une fois, une seule, puisqu’il a glissé le ballon à Duda pour l’égalisation, suite à une course épique au beau milieu des coupe-jarrets adverses. Mais quand bien même cette action fut spectaculaire, le reste de sa prestation ne le sauve pas d’un cruel 2/5.

Pan Duris a joué selon les médias probablement menteurs et propagandistes et corrompus des pays latins, mais rien ne le laisse affirmer de visu. S’il était vraiment là, il ne verra pas d’inconvénient à se voir gratifier de la note suivante : 1/5.

Pan Weiss a subrepticement fait croire à ses adversaires qu’il était mauvais, ceci afin de déstabiliser leur défense. Puis il leur a prouvé rigoureusement, avec des critères objectifs tels que frappes en tribunes, passements de jambes aussi utiles qu’une carafe d’eau pendant un repas de famille, course dans le sillon vide de sa propre indigence…son abnégation ne sera récompensée qu’à hauteur d’un 2/5.

REMPLAÇANTSKY :

Pan Duda a donc marqué le but le plus rapide de sa vie, ce qui ne le privait pas d’en ajouter un second ensuite, s’il le désirait. Pour l’espoir et la fougue qu’il a apporté, il récupère au moins un 3/5.

Pan Nemec n’a pas connu le même sort, occupé qu’il fut à plutôt imiter Duris : 1/5

Pan Stoch aurait pu entrer et faire une Duda lui aussi, puisque servi sur le fil il catapulta sa tête en bonne voie vers une seconde égalisation. Las, un poteau malin glissa son front d’acier afin de l’empêcher de marquer. Pour la peine, et comme il n’a joué que 10 minutes, il ne sera pas noté.

Nous reviendrons commenter l’exploit à venir de nos mignons garçons lors de leur confrontation contre les laids pani d’outre-Carpates. À la faveur de leur propre exploit contre les Anglais, ces faux Slaves violents et puérils occupent la seconde place du groupe, mais feront moins les fiérots quand notre Repre aura décapité leurs espoirs à l’aide de ses seuls crampons non aiguisés au stade Pierre-Mauroy ce mercredi. Et que viiiiiiiiive la grande Slovensko !

Zbohom,

Bratisla ToyBoy.

Bratisla Toyboy

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *