Aïoli les sapiens,

Les oreilles encore bourdonnantesde notre jeudi soir dantesque, ce dimanche soir anonyme nous ramène à l’ordinaire, ce championnat avec nos quatre matchs de suite sans victoire, le ventre mou, les adversaires médiocres, et des gogols qui profitent de ce que pour une fois le préfet ne casse les couilles à personne pour se taper dessus à la barre de fer en centre-ville.

La passion a ce revers : elle nécessite des courageux pour rester présents les lendemains de fête éponger les traces de vomi et ramasser les cadavres de bouteilles. Enfilons nos gants et mettons-nous à la tâche.


Les Longorious Bastards

Lopez
Murillo (Daou, 66e) – Balerdi – Gueye
Luis Henrique – Veretout (Kondogbia, 59e) – Ounahi – Onana (Abdallah, 87e) – Garcia
Correa (Ndiaye, 59e) – Aubameyang (Moumbagna, 59e)

Les forfaits de Meïté, Mbemba, Clauss, Merlin, Soglo, Rongier, Nadir, Sarr et Ngapandouetnbu laissant l’effectif encore trop pléthorique, les suspensions de Gigot et Harit viennent faire bonne mesure. Le repos de Balerdi, Veretout et Aubameyang n’est donc pas à l’ordre du jour, et tant pis si les deux derniers cités ont fini le match de jeudi avec des bittes d’amarrage en fonte à la place des quadriceps.

Finalement, le fait de ne pas avoir sélectionné Gueye, Onana et Garcia en coupe d’Europe, s’il nous met un peu plus en slip pour les joutes continentales, préserve assez de sang frais pour aligner un onze de départ entièrement composé de joueurs professionnels.


Le match

Ami lecteur, toi qui étais de mariage ce samedi, toi qui as pris froid dans le mistral, toi qui t’es couché à 5 heures du matin après avoir pris une cuite monumentale, toi qui prends la voiture ce lundi avec une barre au casque que dix kilos de paracétamol ne parviennent pas à apaiser et de vagues souvenirs de rires de de joies que la perspective de passer huit heures à remplir des tableaux Excel achèvera vite de dissiper, ami lecteur, tu ressens sans doute ce que vivent les Olympiens à l’heure de fouler le Stadium. La bamboche, c’est terminé.

Vu ce dont nos joueurs sont incapables en pleine possession de leurs moyens, on ne s’étonne donc guère de voir Toulouse nous dominer à l’impact, occuper notre camp, et récupérer en rigolant les quelques misérables ballons que nous parvenons péniblement à faire progresser dans leur moitié de terrain.

Quoique menaçants, les Toulousains ne se procurent pourtant guère d’occasions, et se liquéfient aux alentours de la vingt-cinquième minute. C’est alors l’OM qui se met à dominer, notre cohésion et notre pressing nous offrant une moisson de ballons dans le camp adverse. A la demi-heure de jeu, Aubameyang exécute le coup-franc qu’il s’est lui-même procuré, d’une jolie frappe à ras de terre droit sur le poteau : seul au rebond, Onana préfère se touiller une salade de pieds plutôt que de pousser la balle au fond.

Malgré notre médiocrité technique constante, notre travail sérieux finit par emporter le morceau, quand un corner mal renvoyé est repris par Veretout. Déviée, la frappe de Jordan suit une trajectoire en cloche, et à la retombée Onana dépose une tête lobée dans le but de Restes (1-0, 38e).

Dans la continuité de sa dernière sortie, l’OM paraît décidé à obtenir des résultats inversement proportionnels à son niveau famélique. La parenthèse enchantée finit néanmoins par se refermer, voire à nous claquer salement à la gueule, quand Lopez sort sur corner en hurlant le cri de ralliement de tous les gardiens de district du monde : « J’AIIIIIIIIIIIIiiiiiiiipas ». Notre gardien lobé, Gueye n’est pas assez vif pour empêcher Nicolaisen de lui grimper sur les épaules pour pousser la balle dans les cages (1-1, 45e+2).

Vu notre condition physique du moment, mener au score représentait un luxe inespéré, luxe que nous avons donc par maladresse laissé échapper au fond de la cuvette. A l’heure de jeu, Gasset décide de sortir Aubameyang et Veretout pour éviter leur décès par overdose d’acide lactique, ainsi que Correa pour éviter de réveiller son ulcère. Le jeune Daou remplace rapidement Murillo : les événements nous laissent d’une part une défense centrale Balerdi-Kondogbia-Gueye, et d’autre part le sentiment navrant que nos remplaçants supposément frais n’arrivent pas à tenir le jeu mieux que Jordan et Jean-Bite avec leurs jambes d’octogénaires.

Le match nul nous paraît dans un tel contexte une issue très convenable. Las, vers la fin d’une seconde période à sens unique, Toulouse se décide à convertir sa domination par une action un peu sérieuse : de la gauche, Babicka renverse astucieusement dans le dos de Luis Henrique. S’ensuit un centre en retrait pour Gboho, dont les trente dernières minutes étaient essentiellement consacrées à faire vivre la misère à Murillo et Balerdi : autant dire que la perspective d’un duel à l’épaule contre Ounahi n’est pas de nature à effrayer le Toulousain. Faisant preuve de la plus exceptionnelle détermination à ne rien empêcher du tout, Hasbine Ounahi laisse ainsi Gboho s’avancer et allumer Lopez, avec un tel entrain que le buteur s’explose la cuisse dans l’histoire (2-1, 82e).

Après dix minutes à faire semblant d’être capables de construire des actions, l’OM se recentre sur une tactique plus à sa portée : balancer devant et crier « alibofistoc » en espérant qu’il se passe quelque chose. Bingo : du milieu de terrain, Pape Gueye envoie cinq euros dans le tronc aux cierges de la Bonne Mère et un grand coup de tatane dans la surface. Dévié par un défenseur, le ballon parvient à Moumbagna, à qui la consigne « ne réfléchissez pas et tentez un truc » sied à merveille : en un dixième de seconde, Faris exécute le retourné parfait, qui dépose le ballon hors de portée du gardien (2-2, 96e). Si l’OM ne produit toujours ni jeu ni points, il offre au moins cette semaine du cœur et du divertissement.


Les joueurs

Lopez (2-/5) : En fait il ne faut jamais que ce garçon joue en confiance, d’ailleurs il ne sait même pas ce que ça veut dire. Si Ruben Blanco avait fait correctement son travail de deuxième gardien, il aurait compris que Pau n’est jamais aussi bon que lorsque la totalité de l’équipe et des supporters sont au bord de se flinguer : pendant la mise au vert, tu passes « Jeux interdits » et « Le Tombeau des lucioles » avant de lire « La petite marchande d’allumettes » pour la sieste, et là t’inquiète pas, Pau Lopez ça devient Neuer.

Murillo (3/5) : Moins dominateur qu’en coupe d’Europe, pour ne pas dire qu’il en parfois salement chié, en attendant Amir continue à faire le boulot de manière assez inespérée.

Daou (66e, 2/5) : Deux fautes de goret avant de toucher son premier ballon en Ligue 1, qui a eu l’idée de génie de lui coller Samuel Gigot comme tuteur ?

Balerdi (3+/5) : Promu chef de service du secteur défensif, il n’a pas attaqué de gros dossiers mais a assuré son installation dans son nouveau bureau : on règle le siège à la bonne hauteur, on change le mot de passe du PC, on pose la plante verte et le petit cadre avec la photo des enfants, et on pisse bien dans les coins au cas où Gigot aurait l’idée saugrenue de revendiquer la place à son retour.

Gueye (2/5) : Son match permet de comprendre ce qu’éprouvent les arboriculteurs à chaque épisode de gel sur leurs pêchers : quand on craint un saccage total et apocalyptique, on sort presque soulagé de constater qu’on a vécu un saccage « normal ».

Luis Henrique (2/5) : Nous qui nous sommes tant aimés, nous nous éveillons tous les deux côte à côte au lendemain de cette nuit de folie, nus et sans maquillage, tels qu’en nous-mêmes au premier matin du monde. Je ne crois pas que je vais garder ton 06, en fait.

Onana (3/5) :  Un but et plusieurs récupérations salutaires en fin de match, comme s’il fallait ajouter en dernière minute plein de jolis rubans, colifichets et fanfreluches pour rendre le cadeau vaguement présentable et éviter qu’on se pose trop de questions qui font de la peine.

Abdallah (87e) : Pour son premier match en pro, le neveu de Toifilou Maoulida a voulu aller chercher une bandelette Velpeau à l’infirmerie, pour y inscrire un message au cas où. Vu l’état des stocks de matériel médical en ce moment, le médecin l’a cueilli en hurlant « TOUCHE PAS AU GRISBI SALOPE », comme Francis Blanche dans les Tontons Flingueurs.

Veretout (3/5) : L’un des rares organismes de l’effectif à encaisser sans (trop) broncher une quatrième heure de jeu en trois jours. De deux choses l’une : il faut s’interroger soit sur les aptitudes de ses coéquipiers à la pratique du haut niveau, soit sur les facultés extraordinaires de Jordan à résister à notre préparation physique d’équarisseurs.

Kondogbia (59e, 3/5) : Comme d’habitude, une entrée un peu au milieu, un peu en défense, en fait un peu partout où il veut pourvu qu’il colmate une équipe qui craque de partout.

Ounahi (2-/5) : Ma femme fait des charges plus viriles quand elle s’endort en posant sa tête sur mon épaule sur le canapé.

Garcia (2/5) : Dans la capitale de la Haute-Garonne, l’histoire aurait pourtant voulu qu’Ulisses se mît sur son 31. Car oui, c’est la loi du genre : quand une académie reçoit trop d’abonnés, la suivante doit comporter des références de vieux et des imparfaits du subjonctif pour faire fuir tout le monde, c’est pas moi qui fais les règles sur ce site.

Correa (1/5) : Le plus triste, c’est que même lui semble avoir conscience de son niveau. Je préconiserai d’aller effectuer un stage à Forcalquier, que Christophe Castaner lui apprenne la manière d’occuper un poste à responsabilité sans aucun complexe malgré une incompétence totale.

Ndiaye (59e, 1/5) : Chaque plan de Pablo Longoria en tribune paraît montrer notre président en train de soupirer « putain, même si c’est moins nocif que la clope, c’est la dernière fois que je fais un mercato sous champis ».

Aubameyang (3+/5) : Encore un bon standard pour Jean-Bite, qui doit regretter que ses coéquipiers ne se soient pas hissés à la hauteur. Préservé par Jean Louis Gasset, qui dans la perspective de la Ligue Europa lui réserve entre les matchs le traitement des boeufs de Kobé : lumière tamisée, massage à la bière, et Ghislain Printant agenouillé en kimono et jouant du shamisen qu’il accompagne d’airs traditionnels japonais.

Moumbagna (59e, 4/5) : Notre prince charmant à nous n’est pas beau, notre prince charmant à nous n’est pas adroit, notre prince charmant à nous n’a rien de charmant, mais surtout, NOTRE PRINCE CHARMANT À NOUS POSSÈDE UNE ÉNORME réussite devant le but.


L’invité zoologique : Shavy Babiroussa

Animal classé parmi les plus tordus de la création, le babiroussa est une sorte de porc dont les défenses poussent de manière recourbée jusqu’à transpercer son propre crâne. Emblème du grand n’importe quoi masochiste, il était donc bien l’invité approprié pour livrer ses observations sur ce match.

  • Les autres : Un choc de milieu de tableau avec des joueurs physiques mais limités, du jeu collectif minimaliste et quelques éclairs techniques au milieu d’un océan de déchets. Bah le niveau était quand même meilleur que celui de Benfica.
  • Le classement : Seule la septième place paraît désormais atteignable. Cela mériterait d’en faire l’effort, histoire de disputer un petit quelque chose sympathique l’an prochain, ne fût-ce que la Conference Ligue.
  • Coming next : Le compte à rebours est enclenché, à sept (ou huit) matchs de la fin : Nice, Lens, Bergame deux fois, Lorient, Reims et Le Havre (voire Leverkusen).
  • Le replay : comme tout va très vite dans le football, l’académie d’OM-Benfica appartient déjà au passé ; séance de rattrapage ici : https://horsjeu.net/france/lelite/la-canebiere-academie/om-benfica-1-0-4-2-t-a-b-la-canebiere-academie-reprend-la-main/
  • Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Twitter, ainsi que sur BlueSky. Olivier L. remporte le concours zoologique.

Bises massilianales,
Blaah.

1 thought on “Toulouse-OM (2-2) : La Canebière Académie décuve

  1. ? Pape Gueye envoie cinq euros dans le tronc aux cierges de la Bonne Mère et un grand coup de tatane dans la surface. ?
    On arrive avec un retourné acrobatique au bout du temps additionnel, on repart avec un zeugma. On n’est pas bien là ?

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