OM-Benfica (1-0, 4-2 t.a.b) : La Canebière Académie reprend la main

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C’est pas moi qui pleure, Papet, c’est mes yeux.

Aïoli les sapiens,

Nous nous étions quittés la semaine dernière sur les paroles lénifiantes de nos joueurs, une nouvelle fois nullissimes et se réfugiant derrière le cliché du Vélodrome-en-fusion-prêt-à-renverser-n’importe-quelle-situation. Vous savez quoi ? Ce n’est pas un cliché, en fait. Non que nous eussions un doute sur la capacité du public à porter ses joueurs au-delà d’eux-mêmes : celle-ci n’est plus à démontrer, au contraire de la dignité de nos joueurs. Allaient-ils enfin accomplir l’effort de s’élever au-dessus de leur médiocrité ordinaire, ou bien allaient-ils se contenter d’attendre en se touchant les génitoires que lamagieduvélodrome® descende sur eux comme le Saint-Esprit sur le ravi de la crèche ?

Plus de deux heures après le coup d’envoi, à voir notre tas de broques asthmatiques se ruer hors du banc de touche, boiteux mais joyeux comme des résidents d’Ehpad à qui l’on vient de sonner la soupe, nous pouvons le constater : oui, nos joueurs sont capables d’aller au fond d’eux-mêmes, oui, malgré une préparation physique criminelle et une inaptitude congénitale à la pratique du football, nos gars ont tout fait pour mériter qu’on les aime enfin un peu.

 Ce Benfica-là n’avait rien d’une montagne à renverser, tout juste un ralentisseur, qui plus est familier par notre ressemblance dans l’analité et la capacité à saloper dans les grandes largeurs ses matchs à enjeu. On a les défis qu’on peut se donner. Que l’enjeu fût trop prestigieux pour un tel combat d’infirmes, on s’en moque : cet enjeu se nomme bien « demi-finale de coupe d’Europe », et nous y sommes.

Les joueurs ne sont pas responsables d’avoir été recrutés à prix d’or à l’OM malgré leur niveau infâme. Leur responsabilité, c’est d’y croire malgré tout, de croire à l’irrationnel, de se donner les moyens de recevoir cet amour improbable que Marseille est prête à leur donner. Hier encore cette équipe était la plus antipathique que nous ayons connue depuis quasiment une décennie (celle de Michel, qui avait gâché par une finale de coupe honteuse contre le PSG le seul moyen de sauver une saison noire). Ce matin, Jean-Louis Gasset ne sait même pas s’il pourra compter sur onze joueurs adultes pour débuter le match de Ligue 1 dimanche, notre qualification en Coupe d’Europe l’an prochain relèverait plus que jamais du miracle, l’intersaison s’annonce une nouvelle fois comme un bordel sans nom, mais on s’en cague : alors que l’OM sombrait dans la dépression, l’équipe a jeté un jerrycan d’essence sur la flamme et nous fait repartir pour des semaines de oaï, d’estrambord, de ce foutoir irrationnel qui fait que, si l’on en doutait encore, Marseille restera toujours Marseille. Vous êtes fatigants.

Les Longorious Basterds 

Lopez
Mbemba (Murillo, 46e) – Gigot (Daou, 100e) – Balerdi
Harit (Lafont, 110e) – Veretout – Kondogbia– Ounahi (Luis Henrique, 59e) – Soglo (Moumbagna, 59e)
Ndiaye (Correa, 75e) – Aubameyang

Ceux de nos éclopés qui peuvent encore marcher sont bourrés de cortisone et alignés, tandis que tout un lot de prépubères vient faire le nombre sur le banc de touche. L’OM finit d’ailleurs par manquer de remplaçants, au point d’achever la prolongation à dix sur cette composition :

Cette équipe s’est qualifiée pour une demi-finale européenne.


Le match

Nous pouvions pardonner beaucoup de choses à nos joueurs, mais certainement pas de réaliser un non-match similaire à celui contre le Feyenoord il y a deux ans. On peut supposer que le message a été correctement transmis par Gasset et Printant, puisque nos joueurs affichent d’entrée l’attitude combative qui sied à ce genre d’événement. Servi par Ounahi, Illiman Ndiaye chauffe d’ailleurs très vite le gardien à l’issue d’une jolie percée.

Le problème est qu’à ce stade de la compétition, au-delà de l’attitude, le fait de savoir jouer au football entre également en ligne de compte. Or, si le pressing collectif fait des merveilles, nous sommes infoutus d’exploiter correctement la multitude de ballons vomis par des Portugais encore plus détraqués que nous. D’une qualité inégale, les nombreux coups de pied arrêtés de Veretout sont mal exploités, en une occasion manquée par Mbemba notamment. Harit, lui, s’emploie à justifier notre comparaison unanimement saluée par la critique dans l’académie de la semaine dernière, en continuant d’enculer systématiquement les lapins qu’il a pourtant joliment sortis de son chapeau.

Sur le plan défensif, si nous ne donnons guère de gages de sérénité, l’absence totale d’ambition de Benfica ainsi que leurs pieds tordus ne nous posent guère de problème. La mi-temps s’achève ainsi sur un magnifique pétage de câble de Gigot dans le camp adverse, qui détruit d’un hippopotacle de deux kilotonnes une contre-attaque (et le joueur qui va avec), sans remontrance de l’arbitre. On peut imaginer que Samuel a été sauvé par Mbemba, lui-même auteur d’une faute de porc dans la continuité de l’action et qui reçoit le carton jaune attribué à l’ensemble de l’œuvre.


Chancel, justement, n’est pas en état de tenir plus d’une mi-temps et cède sa place à Murillo, latéral gauche panaméen reconverti dans l’axe droit de la défense (le fait qu’il soit panaméen n’entre en rien dans la considération tactique, c’était juste pour renforcer l’aspect exotique de la chose). L’OM intensifie ses efforts dès la reprise, faisant monter le niveau d’agacement de « rhâ, ils sont chiants à jamais faire le bon choix en arrivant devant la surface » à « rhâ, ils sont chiants à faire des tirs de vieille alors qu’ils ont des occasions en or ». En soi, c’est un progrès, certes. Il n’en demeure pas moins que le chrono tourne et que la conversion des occasions se fait attendre. Pour une fois qu’un mouvement collectif construit dans les petits espaces (Kondogbia-Veretout-Aubameyang) permet de nous placer en position de tir, Geoffrey satellise la balle.

Benfica de son côté procède par épisodes, sans plus d’efficacité : Di Maria préfère ainsi tenter un tir compliqué plutôt que de nous achever d’un centre en retrait, avant que dans la foulée Tengstedt ne soit lancé dans notre dos et pique sa balle de peu à côté. L’alerte marque également pour Gasset le moment du renouvellement : sans avoir démérité, Ounahi sort pour permettre à Moumbagna de venir épauler Jean-Bite en attaque, quand Luis Henrique prend pour mission de représenter un piston gauche plus offensif que Soglo.

Le Brésilien se met immédiatement en évidence en servant Harit à l’entrée de la surface, pour une frappe bien détournée par le gardien. Juste après, un beau coup-franc de Veretout est mal négocié par un Balerdi pourtant bien placé. Jordan voit ensuite son tir contré par le gardien, après un beau cafouillage entre Trubin et son défenseur suite à un centre pourtant anodin. Si la qualité technique offensive est discutable, défensivement les deux équipes semblent en effet capables de commettre à tout moment la bonne grosse faute de concentration aussi stupide que fatale. L’OM accroît la pression, se procure un tir contré par Moumbagna avant que Kondogbia, à la conclusion d’une jolie action de Veretout, adresse une passe rongiesque au gardien en lieu et place de la sacoche qui s’imposait.

Le moment de flottement tant redouté survient à un quart d’heure de la fin, quand nous laissons les Portugais faire mumuse dans notre surface avant d’expédier une frappe péniblement repoussée par Lopez. Notre bourreau habituel Angel Di Maria se trouve à point nommé pour reprendre mais Pau s’est relevé et, de près, valide une double RAIE salvatrice. Gasset se tourne vers le banc, constate qu’il n’a plus le choix qu’entre Correa et des adolescents, et se résout à faire entrer Joaquin.

Actif mais sans réussite, Aubameyang profite ensuite d’un beau lancement de Veretout pour, une fois n’est pas coutume, mettre une application infinie dans son centre. Au deuxième poteau, dans son style caractéristique de percheron sous caféine, Moumbagna passe devant son défenseur et expédie un gros coup de casque entre les jambes de Trubin : le ballon suit une trajectoire couilles-talon-but chanceuse, mais qui suffit à notre bonheur (1-0, 78e).

Après 80 minute de non-match, Benfica se dit qu’attaquer ne serait pas inutile en vue de la qualification. Conjugué à une certaine désorganisation de notre part, ce changement d’attitude nous procure quelques moments slipométriques, quand à deux reprises nous nous arrêtons inexplicablement de jouer : la première fois, Kokçu tire à côté, et à la seconde Di Maria ne peut pas exploiter une touche longue que tout le monde avait très curieusement laissé passer.


La prolongation est inévitable, et s’annonce comme un long chemin de croix quand Balerdi et Gigot se plaignent de crampes quasiment dès le coup d’envoi. Malgré notre semaine de repos, il se confirme que nous avons recruté des préparateurs physiques qui avaient pourtant inscrit « CAP charcuterie fine » plutôt que STAPS dans leurs vœux Parcoursup. Ces trente minutes équivalent à la remontée de la rivière dans Apocalypse Now, avec onze types exténués et hallucinés avançant encore pour trouver on ne sait quoi au bout. Irréprochable jusque-là, Lopez foire une relance, l’action revenant immédiatement devant ses buts où notre gardien pare à une main et de manière bizarre une tête de Di Maria. A bout de forces mais non sans avoir pensé à recevoir un carton jaune aussi idiot que suspensif, Gigot laisse sa place à Raimane Daou, 19 ans. Le minot prend place au milieu, Kondogbia descendant en défense. Peu après, une fulgurance de Jean-Bite manque de faire exploser le stade, mais son enchaînement contrôle-petit lob finit de peu à côté. C’est le bordel, c’est le feu, comme diraient les commentateurs cyclistes, « il y en a partout c’est absolument dantesque ».

Malgré des parpaings à la place des ischio-jambiers, Veretout serre les dents et tient sa place comme il le peut. Le slipomètre est absolu quand Cabral bénéficie d’un contre favorable après un tacle désespéré de Kondogbia, mais se voit contré par une sortie supersonique de Lopez. Notre dernier changement voit Harit remplacé par Gaël Lafont, 17 ans, avant que Veretout ne s’avoue vaincu et ne doive quitter le terrain. L’OM finit à 10, voire à 9 tant Aubameyang, lui-même cramé jusqu’à l’os, ne peut guère que jouer les utilités.


Le football s’apprête donc à connaître la séance de tirs au but la moins équilibrée de son histoire :  d’un côté, un assemblage hétéroclite de joueurs pas bons, pas en confiance, boiteux ou encore en âge de regarder Gulli, et secondés par un gardien notoirement nul dans l’exercice ; de l’autre, de vieux briscards, deux champions du monde justement sacrés aux tirs au but contre la France, et un gardien réputé pour toucher sa bille en matière d’arrêtage de pénos.

Comme il se doit, les Lisboètes choisissent pour se mettre en confiance le type qui a passé dix ans à considérer le Vélodrome comme sa pissotière personnelle, notre Nemesis aux grandes oreilles, Angel Di Maria, QUI TIRE SUR LE POTEAU ! L’occasion, en ce cinquantenaire de la mort de Pagnol, de se rappeler cette sagesse : « Si vous voyez un fil à plomb oblique, dites-vous bien qu’il se passe quelque chose quelque part ».

Et nom de Dieu, oui, il se passe quelque chose. Après une entrée égale à lui-même, le dépressif des côtelettes Tucu Correa rassemble ce qu’il peut d’énergie vitale et assure son premier tir à contre-pied de Trubin. Appliqué à partir du bon côté, Lopez n’a pas encore validé le module « parer les tirs » et laisse échapper une tentative pérave de Kokçu. Kondogbia, lui, ne fait pas de sentiment et allume en force pour le 1-2. Otamendi bat quant à lui de justesse un Pau Lopez une nouvelle fois bien parti mais trop court.

Vient le moment de Balerdi que, nous le rappelons, nous détestons officiellement depuis le match contre Annecy l’an dernier, et ce même si ces derniers temps il devient de plus en plus difficile de le détester. Pour tout dire, si Leo venait à rater son tir après le match de patron dont il vient de nous gratifier, il serait même très probable que l’on en soit peinés pour lui plutôt que fâchés. Leo, ça a longtemps été l’équivalent du « 99,7 % d’ingrédients naturels » sur les étiquettes : 99,7 % de naturel, bien, mais avec les 0,3 % restants classés cancérigènes certains. Leo, notre compagnon de route rarement pour le meilleur et souvent pour le pire, notre frère de lose qui nous rappelle qu’avec le meilleur talent et la plus grande volonté, il y a des gens qui sont nés pour attirer l’échec comme Chibrald Darmanin attire les mouches. Et hier Leo nous a quittés, d’une sacoche assumée dans le petit filet il a validé son match complet, il est devenu Monsieur 100 %, a détaché les dernières amarres qui l’empêchaient d’aller rejoindre les joueurs de classe en nous laissant un peu honteux d’avoir dit de lui tant de mal. De la même manière que Boli se ruait à vers les supporters pour leur signifier à renfort de grands gestes que ses larmes appartenaient au passé, on aurait voulu à ce moment-là se jeter sur Leo pour lui dire « c’est fini, on n’est plus fâchés ».

Di Maria se foire, Lopez n’est pas pris à contre-pied, Balerdi exécute le match et le tir au but parfaits : si cela n’est pas un alignement des planètes, cela commence à s’en rapprocher méchamment. Habité, notre gardien plonge une nouvelle fois du bon côté et, cette fois, repousse un tir toujours aussi médiocrement exécuté par Antonio Silva. Pour en rajouter dans l’improbable, c’est Luis Henrique qui est chargé de livrer la balle de match, lui, baladé cette année de continent en continent, de poste en poste, lui dont tout le parcours cette saison relève du manuel « Flinguer sa confiance en soi pour les nuls ». Alors qu’on guette les gouttes de sueur et les petits pets mouillés inhérents à tout jeune joueur dans une telle situation, notre attaquant a soudain pris 15 ans d’un coup, ce n’est plus le ti’Gibus de Botafogo qui pleurniche « si j’aurais su j’aurais pas venu », non, c’est le daron de Château-Gombert qui en a vu d’autres et qui est venu disputer le tournoi de sixte des commerçants parce qu’il manquait du monde chez les jeunes. Il s’amuse tout en décontraction avec la balle, et te sort au gardien un regard à la Clint Eastwood, mais pas celui de Sergio Leone, non, pas celui avec la musique d’opéra, les gros plans et l’intensité dramatique, non, le regard à la Dirty Harry. « Je sais ce que tu te dis, tu te dis que les tirs au but c’est une loterie. Mais là, ce que tu vois sur mon short, mon n°44 c’est mon calibre. Alors t’as qu’une seule question à te poser : ’est-ce que je me sens chanceux aujourd’hui ?’ ».

Encore une soirée européenne ordinaire au Stade Vélodrome, en quelque sorte.


Les joueurs

Lopez (5/5) : Certains n’en démordront pas et maintiendront qu’avec tout le travail du monde, les tirs au but restent une loterie. Si ça leur fait plaisir à ce point concédons-le, mais reconnaissons aussi qu’une loterie c’est toujours mieux qu’une roulette russe avec cinq balles chargées. Rendons donc grâce à Pau d’avoir bossé pour trouver son style de « mec qui la ramène pas et qui fait du bon boulot », autrement plus efficace que ses styles précédents dit « du chien battu » ou « Jean-Claude Dusse qui veut faire le bad boy ». Et quand en plus ces progrès se doublent d’arrêts plus que décisifs dans le match, on se tait et on salue bien bas, Messieurs.

Mbemba (3+/5) : Pour jouer blessé à ce point, c’est pas une retraite qu’il méritera c’est une pension d’invalide de guerre.

Murillo (46e, 4/5) :

  • Comme il maîtrise, votre défenseur, là, ça fait dix ans qu’il est chez vous pour jouer comme ça une main dans le slip ?
  • Ah non, c’est son premier match après une opération et trois mois d’absence. Et il joue pas à son poste, on n’avait personne d’autre à mettre.
  • Vous vous foutez de moi ?
  • Non. Par contre, on comprend pas non plus.

Gigot (3-/5) : Des montées ailier droit, des tacles de jobastre, de courses et des duels jusqu’à l’agonie, un carton jaune idiot et une suspension pour la demi-finale aller. Dire que certains appelaient à mettre de la folie dans le match alors qu’on avait déjà Samuel Gigot.

Daou (100e) : Lui, tu vas pas me faire croire qu’il a 19 ans et pas 35. La preuve : quand Balerdi a commis sa seule erreur du match, Raimane a couru derrière Joao Neves, lui a récupéré la balle d’un grand coup d’épaule de patron, et après, on n’a pas vu mais chuis sûr qu’il est allé tapoter sur le dos de Leo en lui disant « t’inquiète minot, on fait tous des erreurs ».

Balerdi (5/5) : Sûr que l’origine du carême, ça vient de là. Au FC Nazareth il y avait un défenseur central nommé Balerdus qui faisait trop de bourdes, au point qu’il y a même un mec qui avait promis de faire la grève de la faim jusqu’à ce qu’il aille se néguer dans la Mer Morte. Deux mois plus tard, après qu’il a enculé une cohorte romaine à lui tout seul, ya Jésus Gasset qui est parti régler des comptes avec les fidèles : « Ho les mastres, vous vous souvenez quand vous l’insultiez mon Balerdus, avé vos grèves de la faim, là ? Bah maintenant en pénitence vous allez me faire un mois de jeûne chaque année pendant 2000 ans, ça vous fera les pieds, tas d’ignares. »

Kondogbia (3+/5) : J’aurais voulu pinailler sur ses frappes de pucelle à la Valentin Rongier mais bon, du moment qu’il met sa bonne grosse lourdasse aux tirs au but, il n’y a finalement pas grand-chose à redire de son match.

Veretout (4/5) : Même avec des coups de pieds arrêtés imparfaits, il aurait pu sans problème facturer deux ou trois passes décisives si celles-ci n’avaient pas eu pour destinataires des handicapés psychomoteurs. Pour le reste, vu l’état dans lequel il a fini son match, l’OM va devoir recruter un kiné pour masser son kiné.

Ounahi (3/5) : Son retour dans la catégorie socio-professionnelle des joueurs de football semble se confirmer après huit mois consacrés à la meilleure imitation possible du papier crépon.

Luis Henrique (4/5) : Il jongle des épaules ! Le mec il a à peine passé 20 ans, le club le trimballe partout comme un sac de patates, il savait pas sur quel continent il allait habiter trois mois plus tôt, ses matchs précédents puaient le manque de confiance il a 60000 personnes prêtes à lui niquer sa mère s’il se rate et le type IL JONGLE DES EPAULES AVANT DE FOUTRE UNE GROSSE SACOCHE EN LUCARNE ! MAIS COMMENT VOUS VOULEZ QU’ON ANALYSE QUOI QUE CE SOIT DE CE CLUB DE TARÉS !

Harit (3-/5) : Ça commence à ressembler à un gros complexe, ce moment où il faut tirer ou réaliser la dernière passe. Il va lui falloir prendre conseil auprès d’autres joueurs sur la manière d’appliquer la méthode « débranche ton cerveau et fais les choses » ; et si possible, auprès de Lopez plutôt que de Gigot.

Lafont (110e) : Le centre de formation de l’OM produit des joueurs alignés en quart de finale de Ligue Europa. C’est un fait, même si dans la plaquette publicitaire on ne précisera pas qu’il a fallu abattre la moitié de l’effectif pro pour en arriver là.

Soglo (3/5) : La dernière fois qu’un Di Maria a été humilié à Marseille, c’était Gérard Di Maria de la Boule Cabucelloise, qui avait pris fanny au Mondial à pétanque 1965. Ça situe la performance d’Emran.

Moumbagna (3+/5) : Il y a maldonne, en fait le mec a bien été recruté à Marseille, mais à la Comex, comme scaphandrier. Ce garçon est bourrin et maladroit au point que Vitinha paraîtrait presque gracieux en comparaison. L’avantage, en revanche, c’est qu’à la différence des copains, en position de marquer Faris ne va pas être du genre à se séguer le cortex pendant huit ans pour savoir où placer la balle : un bon coup de boule à travers le gardien et c’est plié.

Ndiaye (2/5) : C’était sans doute celui de l’effectif qui rêvait le plus d’une telle fête au stade et, à l’image de celui qui se chauffe tellement qu’il a déjà enquillé huit flys à 21h15, il a fait son petit vomi et a dû aller comater sur un banc pendant que la soirée battait son plein.

Correa (2+/5) : A regarder son match abominable, son sens des responsabilités n’apparaissait pas au premier coup d’œil. Finalement, il a endossé le premier tir avec succès, gardant au moins le prestige de n’avoir pas été pour une fois l’Argentin le plus à chier de la soirée.

Aubameyang (4/5) : Au milieu d’un match globalement pas terrible, Jean-Bite a une nouvelle fois sorti LE geste décisif qui change tout. Il lui aura manqué de réussir son chef d’œuvre en prolongation pour entrer dans l’Histoire : tant pis, ce sera pour la finale.


L’invité zoologique : Arthur Cabri

Satan, le bouc maléfique, celui qui pue et qui incarne le Mal : impressionnant, certes, sauf dans sa version juvénile que l’on rencontre plutôt servie rôtie dans la douceur d’un soir de mai derrière le port d’Ajaccio (il y est toujours le Da Mama, au fait ? C’était bien bon à l’époque). Bref, tout est question de contexte :voici ses observations.

  • Les autres : Un modèle de « savoir saloper toutes ses chances de qualification en réalisant un non-match ». Même nous, on s’incline.
  • Coming next : Il paraît qu’on joue dimanche contre Toulouse. La bonne blague, on va essayer de sortir de nos fauteuils roulants déjà.
  • Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Twitter, ainsi que sur BlueSky. Anthony Ch. remporte le concours zoologique.


Bises massilianales,
Blaah

3 thoughts on “OM-Benfica (1-0, 4-2 t.a.b) : La Canebière Académie reprend la main

  1. Merci.

    J’ai rarement autant attendu une acad’ dans l’espoir de prolonger ce moment de poésie absurde et douce à mon coeur comme une démission de Oudea Castara.

    Et comment prolonger un tel moment si ce n’est avec cet humour percutant comme Moubagna, efficace comme Aubame fils et magistral comme Balerdi hier soir?

    Je n’ai je crois jamais autant attendu une acade, et jamais autant ri. Merci.

    Je vous remercie comme, j’espère, on va remercier Erzulie. Parce que là, franchement, je ne vois pas d’autre explication aud éroulé homérique du match. Je veux bien cotiser pour le sacrifice.

    Il manquait une note:
    Camelius Blaah: (5+/5) Il devient parfois ridicule de noter une prestation tant les nombres sont incapables de rendre compte de ce qui est intangible, incroyable,
    magique. On pense à un dribble de Zidane, une déviation de Pagis, une répartie de Mandanda ou la dernière Canebière Académie.

  2. Bravo et merci d’avoir chanté cette soirée, où on a peut-être touché à une quintessence du « Pourquoi l’OM malgré tout ? ». Personnellement, j’ai gueulé comme sur le but de Brandao à l’Inter, où je sautais sur place pour toucher l’écran du bar en criant « C’est Brandao, c’est Brandao ! »… La foi, tout ça.
    Balerdi, il ne reste plus qu’à espérer qu’il re-pète un plomb dans un match déjà gagné, du genre reprise de volée des 20m dans la cage de Lopez, un truc qui tourne bien sur Youtube et le rende invendable, parce que sinon on va devoir préparer son petit sac, où on glissera maternellement un paquet de navettes pour la route.
    Un mot pour Ruben Blanco qui choisit au hasard et à l’avance de quel côté Lopez doit plonger et lui marque ça sur un vieux bout de papier : carton plein.

    Blanco : 4/4

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