Lyon – Rennes (0-2), la Breizhou Académie est enfin apaisée

Salut les moches

Tristesses nocturnes et insomnies diurnes. Moments hagards la bouche pâteuse et l’arôme corrosif du mauvais café grattant la gorge, les yeux embués de la douleur lancinante provoquée par la lumière blafarde de mon écran d’ordinateur. Tripes nouées, d’une honte burlesque et insensée, dessinant un rictus de haine silencieuse et gênée sur mon visage crispé. Furieuse et brûlante rage à la vue des ennemis bombant le torse d’une arrogance que seuls ceux n’ayant rien accompli peuvent avoir. Ces esprits adolescents suppliant l’attention des vaincus comme seule motrice de leur fantasmée supériorité.

Dans les rêves fiévreux des rares moments de sommeil, le claquement du fond des filets sonne comme un ricanement aux actes manqués d’une équipe qui prenait déjà le match nul comme une défaite. Et d’un gardien trop confiant. Trop confiant. Une voix résonne dans l’étroit écho de mon esprit troublé. Celle qui connaissait déjà l’issue, sans pour autant vouloir y croire. Celle du destin funeste annoncé, Yéni Ngbakoto en bourreau trop parfait pour exécuter le sort qui avait toujours été le nôtre.

Accepter la séduction du succube de la défaite paraît chose facile, voire nécessaire. Au moins par la force des choses. Seulement, vivre aux crochets émotionnels de l’incarnation terrestre de la médiocrité ne permet pas d’envisager un épanouissement quelconque. Un soir donc, étouffé par ma propre incapacité à me libérer de la prison à ciel ouvert qu’est le Stade Rennais, bercé par les râles sereins de la seule personne méritant mon amour à mes côtés, la révélation est enfin arrivée.

Il était erroné de considérer les défaites comme l’être aimé vous poignardant dans le dos, un sourire au coin du visage et une larme au coin de l’œil. La défaite est simplement un enfant impétueux, refusant de faire ce qu’on espère de lui ; un garnement dont on peut rire calmement, sachant le potentiel inachevé se trouvant toujours au firmament. La victoire au contraire n’est plus un éphémère orgasme voué à s’éteindre au prochain caprice. C’est enfin une fierté, une récompense de la fidélité, le fruit sucré et juteux de l’accomplissement enfin arrivé.

Et quand l’enfant impétueux en reviendra à ses habitudes, c’est en murmurant « Tu quoque fili » qu’on acceptera tristesse et colère comme des vieilles amies retrouvées.

Qu’en est-il d’hier ? C’est la sueur au front et d’un espiègle ricanement que l’enfant impétueux est allé s’emparer de 3 points qui n’étaient pas vraiment les siens. C’est avec l’insouciance des effrontés que malgré les assauts répétés d’une armée désorganisée une de ses flèches est allé se plonger dans la gueule du lion. Fier comme un coq mais les jambes tremblantes comme l’antilope miraculeusement rescapée, l’enfant impétueux survit.

Cela ne vaut qu’aujourd’hui, et les réprimandes seront sûrement remises au goût du jour. Mais c’est avec un esprit apaisé qu’elles seront prononcées. Et si le scénario de ce dernier dimanche venait à se répéter on se rappellera qu’il y a toujours une joie insolente à jubiler des biens mal acquis.

Allez Rennes putain.

 

LES NOTES

Tomas Koubek : 3/5
La barbe du grand Tchèque a tremblé. Mais pas ses filets. On aurait préféré qu’il capte certaines frappes, mais tant qu’il les repousse sur Maxwell Cornet, je ne m’y opposerai pas.

Ramy Bensebaini : 3/5
Il a su se détacher du déterminisme que suppose sa titularisation à gauche. Grand bien lui en fasse. Ce n’est pas pour autant qu’il n’a pas souffert. Quelques phases offensives surprenantes.

Joris Gnagnon : 5/5
Le doute l’a frappé ces dernières semaines. Certaines défaites l’ont vraisemblablement mis à mal. Il nous a rappelé la largesse de ses jeunes épaules.

Jérémy Gélin : 4/5
Visiblement plus à l’aise aux côtés de Joris Gnagnon. Beaucoup de duels gagnés en l’air ; au vu de l’opposition c’est plutôt une belle performance.

Sanjin Prcic : 1/5
En difficulté dans une configuration où on en touche pas une. Des transitions offensives balancées et des pertes de balles préjudiciables. Il sera bien plus précieux quand on tiendra le ballon.

James Léa-Siliki : 2/5
Beaucoup de présomption et de précipitation tout au long du match. Mais un instinct de buteur libérateur. L’envie est juste, il suffit de la canaliser.

Benjamin Bourigeaud : 2/5
Beaucoup, beaucoup d’efforts dans un rôle qui ne lui est pas naturel. Beaucoup, beaucoup de déchet aussi.

Ismaïla Sarr : 2/5
Il semble uniquement être utile à obtenir des fautes, offensivement. Mais des efforts défensifs louables.

Wahbi Khazri : 4/5
FAIS MOI DES PUTAINS DE GOSSES WAHBI PUTAIN DE TUNISIEN A GRANDE VERGE

Diafra Sakho : 3/5
Match très clairement ingrat pour un avant-centre. Une disponibilité et des efforts qui auront très certainement joué. Quelques duels défensifs remportés sur des CPA qui auront été très importants.

 

CONCLUSION

La même voix qui continuait de me haranguer par l’évidence du funeste me dit que je redeviendrai le malotru vulgaire et colérique que j’ai peut-être toujours été. Mais toutes choses égales par ailleurs, malgré une intensité de passion qui ne désenflera sûrement jamais, je me libère. Au moins pour l’instant. En attendant ALLEZ LA RENNES LA PUTAIN DES CONS DE VOS MORTS.

 

Laezh Dour

Laezh Dour

5 Comments

  1. Hamari T. n’a pas de note parce que tu considères que seul Romain Danzé peut jouer arrière droit à Rennes ?

    • Tout à fait. Qui plus est j’ai une tradition d’oublier un joueur qui est souvent un latéral.

      Après j’aime bien Traoré.

  2. J’allais aussi dire ‘Bravo!’ mais la réplique est déjà prise.
    Est ce qu’on peut monter une cagnotte pour Wahbi?

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