Nancy-Sochaux (2-2) : La Chardon à cran académie accueille un futur ballon d’or à Picot.

L’ASANAL est toujours à la recherche de sa première victoire, mais semble s’être fixé pour objectif prioritaire de plutôt se compliquer la tâche à tous les niveaux.

 

4e journée de L2 déjà, et toujours aucune victoire pour l’ASNL.
4, c’est aussi le nombre d’équipes qui n’ont toujours pas gagné cette saison.
4, c’est sans doute le peu de supporters à croire en la titularisation de Youssouf Hadji à la pointe de l’attaque de l’ASNL ce soir. Choix surprenant de la part de Pablo qui avait jusqu’à présent installé Eler, le géant slovène, puis Dembélé, la jeune pousse, au poste si convoité d’avant centre.

Afin de rappeler le contexte : Hadji n’a quasiment pas joué et donc très peu impacté les performances de l’ASNL la saison passée, ayant pourtant le salaire le + élevé du club (50 000€). Du haut de ses 37 ans, le frère du ballon d’or africain 1998 se voit reconduit pour un an par notre ami bisounours, Jacques Rousselot.

La jeunesse n’est qu’un mot, la vieillesse un naufrage, disaient Bourdieu puis De Gaulle (citations chronologiquement inversées). Effectivement, pour bon nombre de Nancéiens, les performances de Youssouf Hadji depuis un an ressemblent à un naufrage. Pourtant, un seul homme résiste encore et toujours à la vindicte populaire, le brave Pablo Correa qui décide de porter sa grosse paire de bouliches : Youssouf Hadji sera l’attaquant nancéien qui marquera le premier but à Marcel Picot cette saison, tel est le pari tenté par Pablo.


La compo :

Hadji est soutenu par Nordin à gauche et Koura à droite, ou inversement –rassurez-vous, eux non plus ne savent pas.
Abergel, le clone de Marchetti suspendu, Julien Cétout, le clone du videur de boite de nuit Place Stanislas et Abou Ba, le clone de … personne, forment le trio au milieu de terrain. Peu de création, mais cela devrait permettre à l’ASNL de ne pas laisser les milieux sochaliens s’amuser. Ou pas.
Défensivement, c’est du classique : Muratori à gauche, Badila dans l’axe (à se demander pourquoi Bidounga est passé pro cet été) avec Diagne (que l’on va vendre 3 miyons l’été prochain) et Cuffaut latéral droit.
Jourdren est dans les bois. A ne pas confondre avec Jourdren est aux abois, plus tard dans le match.


Le match :

600 sochaliens présents, ça fait beaucoup de 205 GTI garées sur le parking visiteur.

0 : 12 500 supporters présents au stade, dont 600 Sochaliens, Marcel Picot est bien garni.

5 : Ô rage, ô désespoir, les 12 500 présents ce soir se rendent compte de l’infamie. Julien Cétout va tirer tous les coups de pied arrêtés nancéiens… corners, coups francs, il prendra tout. Le dépit se lit sur les têtes des supporters.

10 : Florian Martin est à la baguette en ce début de match, à la fois au milieu, sur les côtés, véritable 10, libre (de tout marquage), se montre dangereux et centre en profondeur, l’attaquant sochalien ne peut reprendre.

12 : Koura, côté droit, centre dans la boite à l’aveugle (sa technique secrète) et trouve miraculeusement Hadji qui saute plus haut que le défenseur et place une tête que le gardien repousse sur son poteau. Le Marocain, en renard à l’affût, punit Sochaux et score du pied gauche. 1-0, but de Hadji. Correa a déjà gagné son pari.

15 : Temps fort nancéien, les milieux sont hauts mais touchent peu de ballons, les défenseurs envoient des sèches pour les ailiers ou sur Hadji qui joue en pivot. Erreur énorme d’un défenseur sochalien qui remet plein axe, Ba en profite et nettoie la toile d’araignée sochalienne. Lucarne opposée (placement de produit, allez voir leur site, c’est de la bombe) trouvée, l’ASNL gagne 2-0 à la 15e minute, personne n’en demandait tant, personne n’aurait pu y croire. Elle qui n’a pas mis de but pendant 268 minutes, l’ASNL en plante deux en 15 minutes. 2-0.

20 : Réduction du score sochalienne. Tardieu à 25 mètres reprend de volée et en première intention un dégagement, le tir à mi-hauteur et, semble-t-il, à portée de Jourdren, ricoche sur ses poings et trouve la lucarne. Le gardien se relève, fait signe à ses défenseurs qu’il est masqué comme Zorro. Excuse classique quand on prend un pion ridicule. Tardieu souligne qu’il est davantage qu’un joueur FM / Fifa. 2-1.

25 : Le rythme est retombé, Sochaux, a la possession, Florian Martin touche son 80e ballon. Constamment cherché et trouvé par ses coéquipiers.

35 : Le rythme reste bas, Sochaux a la possession, Florian Martin touche son 131e ballon. Constamment cherché et trouvé par ses coéquipiers.

Mi-temps : Nos ailiers sont invisibles, notre milieu ne garde pas le ballon. Trois joueurs sont à féliciter pendant cette première mi-temps : Abergel, qui récupère beaucoup de ballons, Badila et Diagne qui jouent parfaitement en couverture et devancent les attaquants sochaliens qui partent constamment dans le dos de Muratori et Cuffaut, les latéraux.

55 : Nordin et Koura ont dû prendre une soufflante de la part de Correa puisque ce sont les deux joueurs les plus chauds en cette reprise. Ça combine, ça déborde, mais ça ne fait rien de plus.

60 : Koura sort pour Robic, chouchou de Picot.

65 : Robic se montre déjà à son avantage en prenant son couloir depuis son camp ; il transmet dans l’axe à Nordin bizarrement seul, car hors-jeu.

70 : Florian Martin se montre encore et encore partout sur le terrain, rarement vu un seul joueur survoler autant un match à Picot. Il est sur toutes les transmissions offensives, toujours juste, aucun Nancéien ne parvient à le marquer, encore moins à l’arrêter.

75 : Abergel récupère un nombre de ballons incalculable, ce qui est loin d’être le cas de ses deux compères au milieux. Ba est utile par son physique mais Cetout n’est pas du tout à son avantage.

80 : On se chie dessus, comme d’habitude lorsqu’on gagne, ça rappelle Nancy-Lorient l’an dernier.

85 : Sochaux pousse, frappe, Jourdren à la rue depuis le coup d’envoi en est à sa 4e sortie aérienne manquée, mais détourne une frappe dangereuse en corner.

88 : Ce qui devait arriver, arriva : après avoir ébloui Marcel Picot de toute sa classe pendant 88 minutes, Florian Martin décide de reprendre la talonnade aérienne de Touzghar par une volée exter’ pied gauche dans la lucarne de Jourdren qui ne bouge pas. Le tout, à 35 mètres des cages. On applaudit et on se tait. 2-2.

90 : L’arbitre siffle la fin du match, Nancy ne gagne toujours pas, pire ne rassure absolument pas.


Notes artistiques :

Jourdren : 2/5 Sauve 2 belles frappes, mais responsable du premier but et à la rue sur de nombreuses sorties aériennes.

Muratori : 1/5 Comme Cuffaut, a beaucoup souffert sur son côté, et a peu apporté offensivement.

Badila : 3/5 Comme Diagne, a beaucoup compensé les erreurs et les placements hauts de ses latéraux.

Diagne : 3/5 Comme Badila, a beaucoup compensé les erreurs et les placements hauts de ses latéraux.

Cuffaut : 1/5 Comme Muratori, a beaucoup souffert sur son côté, et a peu apporté offensivement.

Abergel : 4/5 Son nombre de ballons récupérés est énorme, il a même été tranchant offensivement. Plus que nos deux ailiers réunis.

Ba : 4/5 Premier but en pro pour Abou Ba (né en 1998), d’une magnifique frappe enroulée. Très utile par son physique et son calme, il va rendre énormément de services à l’ASNL cette saison.

Cetout : 1/5 Perdu sur le terrain, il connaît pourtant le poste. Sans doute trop habitué au synthétique, il n’a pas trouvé ses marques et a passé le match à lire le numéro 10 dans le dos de Florian Martin.

Nordin : 1/5 Ne prend le dessus ni physiquement, ni techniquement, ni en vitesse sur son latéral.

Hadji : 3/5 Vite marqué, vite cramé. Correa réussit son pari, Hadji aussi. Sorti à la 65e. Remplacé par Dembélé qui s’est pris pour C.Ronaldo 2004 et ses passements de jambes à chaque touche de balle. Vite redescendu quand il a compris qu’aucun n’était réussi.

Koura : 2/5 Presque passeur décisif. Et basta. Trop peu pour un ailier. Trop peu pour un joueur qui voulait signer ailleurs en juillet.


Sans projet clair de jeu, sans joueur qui monte en puissance, avec une ligne d’attaque et un milieu que Correa va sûrement changer, Nancy prend son 3e point en 4 matchs. A ce rythme et par une règle de proportionnalité bête et méchante, les 28 points au bout de 38 journées, ne suffiront pas à nous maintenir. Nancy est donc très en dessous des résultats attendus.

Tactiquement, le milieu de terrain n’imprime pas encore sa marque sur le jeu, se contentant de défendre en récupérant des ballons plutôt que de créer et avoir la possession (40%-60%). Les ailiers ne provoquent pas assez, par manque de rythme, de niveau, d’automatismes ? El tiempo…
Pablo Correa a gagné son pari en titularisant Hadji, buteur, mais comment expliquer la mise au placard d’Eler, l’attaquant slovène, premier buteur cette saison et qui a convaincu les supporters en deux matchs ? On aime tous beaucoup Youssouf et on le sent volontaire, mais au bout de 30 minutes on le sent cramé.

Le coach expliquera en conférence de presse que le match nul est dû en grande partie à des « buts venus d’ailleurs », confirmant à tous qu’il se dédouane lui et ses joueurs d’un jeu famélique et de prestations indignes du statut du club. Le Saturday FC l’a bien compris et a décidé de ne pas saluer les joueurs (sans pour autant les siffler) à la fin du match. L’équipe est jeune, ce qui en explique sans doute le manque de caractère et donc l’égalisation en fin de match. Mais à domicile, lorsque l’ambition est celle de l’ASNL, les joueurs doivent montrer autre chose.

Enfin, un dernier mot sur le meilleur joueur ce soir, Florian Martin, trequartista sochalien qui a sublimé la rencontre. Sa prestation de haute volée, récompensée par un but magnifique (de volée également) restera en mémoire tant il a impressionné, et joué la musique aux milieux nancéiens. Son ballon d’or 2017 ne sera sans doute pas volé, les amateurs de L2 peuvent se régaler, il reste encore 34 journées à ce très beau joueur pour se faire un nom et passer d’une pizza domino au salon conforama.

Pablo Correa, en conférence de presse.

 

Roger Piantoni Vairelles.

Roger Piantoni Vairelles

One Comment

  1. Si je peux me permettre (oui, c’est l’apanage des gens qui ne font rien ou au moins n’écrivent rien, c’est honteux mais que voulez-vous ma bonne dame), on sent que l’académicien trouve son style et son rythme par rapport aux débuts de la saison dernière, c’est bieng!

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