Rennes – Metz (6-1) : LA METZ QUE UN CLUB Académie n’en a plus rien à péter.
« Franchement belle claque les mecs. On est rentré à la maison comme des clodos, les fesses toutes rouges, comme si on avait joué du bongo dessus toute la nuit. Mais ce n’est pas ça le pire. Vous voulez le connaître ? Vous voulez savoir mon sale petit secret honteux ?
C’est que cela ne m’a même pas fait de peine.
C’est terrible hein ? Mon équipe de cœur, la seule, celle que je jure devant Dieu de laisser tomber à chaque nouvelle défaite. Oh que j’aimerais renier mon sang est grenat ! Mais ce serait comme changer biologiquement de mère. C’est impossible. Et pourtant, d’avoir vu ma mère blessée, à terre, après s’être pris 6 buts à l’aise : j’en ai strictement rien eu à péter. C’est terrible.
« Fils ingrât ! Honte à toi ! Sans-cœur ! », pourrait-on me dire. Et je dis oui. Franchement, cela me perturbe vraiment d’avoir eu aussi peu de considération devant ce désastre. Du coup forcément, j’ai cherché à analyser cette absence d’émotion.
Est-ce parce que, des raclées sévères et des humiliations, on y est habitué lorsqu’on est grenat ? Certes c’est dans l’ADN depuis quelques années j’ai l’impression. Je n’ai pas envie de sortir la liste comme récemment avec la défaite contre Bergerac en coupe de France ou la remontée pétée en Ligue 1, mais j’aimerais quand même évoquer le millésime 2016 avec le record de défaite en Ligue 1, la débâcle 7-0 contre Monaco le 1er octobre 2016, et la torture contre Nancy 4-0 le 30 novembre. Je m’en souviens bien car c’était le 1er décembre de cette année, que je me suis rasé la tête comme ma grand-mère à la libération.
La réponse est non du coup. Parce que même si j’étais abattu les jours qui ont suivis, sur le coup, j’ai vraiment hurlé. J’étais en colère. J’ai fait du déni, du marchandage et toutes les autres phases de la mort.
Alors quoi ? Est-ce parce que cette saison est particulièrement nulle ? J’ai juste envie de dire : 2016 les gars. Sérieux quoi…
Est-ce par ce que je vois depuis toute cette saison un manque flagrant d’intérêt et d’investissement de la part des joueurs ? Peut-être. Franchement, ça doit jouer. Chaque match je vois l’absence d’allant offensif, de repli défensif. Il manque toujours un joueur quelque part. Les mecs veulent se barrer en début de saison mais ils sont encore là. On vire ceux qui voulaient rester et se battre. On a un plan de jeu qui n’est pas fun et qui je suis sûr doit ennuyer aussi les joueurs. On humilie des joueurs en les faisant ressortir après deux minutes de jeu. On se bat. On s’énerve. On découpe d’autres joueurs dans la frustration.
Je n’ai aucune info, c’est juste du ressenti mais il y a l’air d’avoir une ambiance morose autour du staff, des joueurs, du club. J’ai l’impression que tout le monde se meurt doucement sans se débattre.
Et je pense que c’est ça la raison. Pourquoi moi j’aurais envie de me battre alors que visiblement les joueurs ne le veulent pas ? C’est simple. Et je ne vois pas d’autres explications : ils ne veulent pas. Après, à voir pour les raisons. Mais moi je galère à chaque fois pour préparer ces académies car j’ai l’impression que c’est toujours la même chose. Toujours le même constat d’échec.
Je me doute bien que c’est bien plus simple de critiquer. Mais moi je ne suis pas payé pour chercher des solutions… Alors cette académie n’en est pas vraiment une, on est d’accord. Rien de technique, juste du personnel. Je n’ai pas fait mon job, comme les joueurs de l’équipe de Metz. Alors je vais, tout de suite, de ce pas, aller voir le directeur de l’académie pour refuser mon salaire, comme devrait le faire les joueurs et l’entraîneur.
Le cours est terminé. »