Rouen-Nîmes (1-1) : La Costières Académie va faire comme si

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On ne sait plus trop par où commencer, et d’ailleurs vous aurez je l’espère remarqué qu’on commence en retard : nous avons raté la reprise en ratant l’académisation du match contre Martigues (il y a eu 1-1, on avait ouvert le score avant de se faire piteusement reprendre sur un but évitable). Vous nous en excuserez en mettant ça sur le compte de notre opposition aux matchs au mois d’août : on n’a plus d’argent, plus de joueurs, plus de dignité, mais nous avons encore des valeurs.

Nous voici donc en National, fiers représentants du football presqu’amateur, le trou de balle bien ouvert mais la tête haute pour tenter de vous parler d’actionnariat populaire, de dép champêtres et ou encore, au hasard, de cette tête de bite de Rani Assaf. Plusieurs résolutions pour cette saison : parler football, ne plus parler (que) de cette tête de bite de Rani Assaf, et surtout s’efforcer de durer plus longtemps que ladite tête de bite. Concernant ce dernier point, nous serons probablement amenés à revoir les règles en fonction des matchs et des nouvelles du front, n’étant pas à l’abri des rechutes se manifestant généralement sous la forme de crises logorrhéiques assez pénibles dont ma femme et mon psy sont les premiers à faire les frais. On en parle, d’ailleurs, du coût pour la Sécu occasionné par la prise en charge psychologique des supporters rendus chèvres par la gestion de ce club de mastres ? La question du devenir de cette académie s’est réellement posée : peut-on encore décemment supporter cette équipe sans être un affreux suppôt de la direction ?

Note de la rédaction : le terme « suppôt », du latin « suppositus » (participe passé du verbe « suppono », signifiant « placer au dessous »), désigne le ou la « complice des mauvais desseins de quelqu’un ; le serviteur d’une mauvaise cause ». Ce terme, inélégant au possible, possède donc visiblement la même racine que le dérivé suppositoire, dont il me semble inutile ici de rappeler la définition précise, mais dont la finalité n’est pas sans rappeler le pénible vécu quotidien des supporters nîmois. Fin de la parenthèse : la Costières Académie a aussi des ambitions d’éducation populaire.

Bref, l’idée est là : la Costières Académie s’engage en ce début de saison à (essayer de) « faire comme si » afin de vous proposer des compte-rendus décalés, disruptifs et surtout de qualitey : faire comme si tout était normal dans ce club de jobastres, faire comme si nous avions encore quelque espoir de sortir du marasme tant que le jobastre en chef sera dans les parages. Nous parlerons donc un peu football dans ces lignes, car c’est le but premier de cette académie, mais aussi parce qu’après tout il n’est pas interdit de donner une chance à cette équipe. Nos gars ne sont en rien responsables du merdier actuel, et ce n’est pas vers eux que doit se diriger le courroux populaire. Faire comme si, cela veut aussi dire ne pas être dupe : tout en maintenant cette académie à flot tant bien que mal, nous encourageons aussi et surtout toutes les actions susceptibles de faire dégager le sinistre Assaf, notamment par le biais d’un soutien aux groupes de supporters (GN en tête, toujours interdits à domicile mais présents partout à l’extérieur) et au collectif Sauvons le Nîmes Olympique, dont l’action devrait s’accélérer dans les prochaines semaines. Précision au passage : il est de bon ton parmi les supps Nîmois de s’entrechier dessus ces derniers temps, les uns accusant les boycotteurs d’être des lâcheurs, les autres accusant les présents au stade d’être des vendus (en gros, hein, je suis un vulgarisateur moi, pas un spécialiste). Pas de ça ici : creusant toujours plus droit leur sillon de neutralité, les objecteurs de conscience de la Costières Académie vont tâcher d’éviter d’houspiller un camp ou l’autre. Généralement, ce type de considération conduit à être insulté par les deux camps sur Twitter : eh bien soit, s’il nous faut prendre sur nos frêles épaules ce fardeau, nous le ferons, tel un Christ abreuvé de pastaga ou un bouc-émissaire salvateur (le saviez-vous ? L’auteur du Bouc-émissaire, René Girard, n’a aucun lien de parenté avec ce gros sac à merde de traître de René Girard, l’autre).

Côte coulisses, justement, l’été aura permis, sans grande surprise, de creuser encore davantage le gouffre d’amateurisme qu’est devenu ce club, de creuser encore plus profond dans le caca quotidien que nous dépose sur la tête Rani Asshole (tiens, pas mal celui-là non ?), si tant est que cela fût possible. Ledit Asshole s’est barré en vacances sur son yacht de trou de balle (le saviez-vous ? En anglais, « asshole » signifie précisément « trou de balle », quelle coïncidence) en précisant aux larbins de la PQR qu’il était en vacances « loin de France et surtout du football », façon même pas cachée de préciser que finalement, que le NO soit en Ligain, en National ou en District, il s’en cogne comme de sa premier Freebox. Barré en vacances donc, laissant la gestion courante à notre nouveau DS Sebastien Larcier (on te souhaite bien du plaisir Seb) et à notre entraîneur Frédéric Bompard (on te souhaite surtout d’aller voir un bon psy Frédo), et laissant l’espace médiatique à qui aurait envie d’aller l’occuper, et pourquoi pas en l’occurrence ce cher Jean-Jacques Bourdin, qui ne s’en priva pas et alla donner sa petite interview à Midi Libre pour dire que tout ceci était bien triste, mais que c’était surtout la faute du public qui ne venait plus au stade, et qu’il fallait s’unir derrière le Nîmes Olympique, parce que quand même c’est une institution le Nîmes Olympique (on te souhaite rien Jean-Jacques, si ce n’est d’aller te planquer avec ton avocat). Rumeurs de repreneurs vite démenties, mercato illisible (nous y reviendrons) et grand flou pour l’avenir : la saison s’annonce bien. C’est sûr qu’à Nîmes, on sait faire de la merde comme personne, et mieux encore, on sait manger notre pain noir.

Note de la rédaction : Quand on dit « manger son pain noir », en référence à des épisodes de disette sportive ou de désillusions répétées, c’est toujours en considérant qu’on va sortir par le haut, qu’à force de caillasses, on finira par trouver, un jour, de l’or. Mais pas ici. Ici, on mange notre pain noir en sachant qu’on mangera jamais rien d’autre. Le supporter du NO est comme ce toxico qui sait qu’il se détruit mais qui se détruira quand même, qui se tapera son fix jusqu’au bout, qui non content de se réveiller dans son vomi un lundi matin vautré sur le parvis des Arènes, se fera embarquer par les éboueurs, concasser dans le camion-benne, larguer en petits morceaux, rebalayer sur le Victor Hugo un soir de Feria parmi les remugles de pisse.

Côté terrain, on dira que ces deux premiers matchs furent moins pires que ce à quoi on pouvait s’attendre. Les matchs de préparation n’avaient laissé entrevoir qu’assez peu de motifs d’espérance. La cohérence et l’envie de cette équipe, malgré des lacunes évidentes, a été entrevue contre Martigues et confirmée à Rouen. D’honnêtes chèvres pour la plupart, à deux ou trois exceptions près. Honnêtes, car travailleuses, et ceci est une nouveauté de taille comparée aux deux saisons précédentes où l’équipe était composée de chèvres dilettantes et fanfaronnes, du genre à faire les mijaurées quand le berger les amène au pâturage sur l’air de « han mais sérieux, elle est toute moche ton herbe ». On risque de suer du derche et de ne pas voir beaucoup de joga bonito cette saison, mais les mecs n’ont pas l’air de tricher. Si on ajoute à ça un Bompard en roue libre, qui dézingue Asshole à chaque conf d’après-match, on peut se dire qu’on va au moins avoir quelques raisons de rigoler.

Allez, sans transition :


LE MATCH

Mercato illisible disions-nous plus haut, car nous avons perdu plus ou moins la totalité du groupe de la saison dernière, et attaquons celle-ci avec un paquet de nouvelles têtes, et pour beaucoup novices à ce niveau. Difficile de juger d’emblée.

DIAS

SBAÏ – MENDY – GUESSOUM – DIALLO

MEXIQUE – DOUKANSYPICOULEAU

LABONNE – MBINA – BURNER

Comme évoqué en intro, l’équipe présente un état d’esprit positif malgré des lacunes évidentes et des manques à certains postes, notamment sur les ailes, où on va être franchement déplumés surtout si Frédo Bompard s’acharne à jouer en 4-3-3. Ajoutons que Mahamoudou Doucouré s’est à nouveau pété après avoir passé deux saisons en réathlétisation, à ce rythme il devrait jouer sa première saison complète à 35 ans, juste à temps pour arrêter sa carrière.

Sur ce match, on est pas malheureux de repartir avec un point vu la physionomie, et notamment d’une première MT où les Rouennais nous ont copieusement marché dessus. Le hold-up aurait été parfait après un but de Mbina sur un coup-franc intelligemment joué à l’heure de jeu, mais l’égalisation était prévisible et intervient sur une frappe lointaine sur laquelle Dias n’est franchement pas impérial (même s’il est masqué au départ du ballon…). Dans un autre registre, notons que les GN ont apparemment tarté les ultras Rouennais ; on ne se prononce pas sur le fond mais vu les sympathies politiques des locaux, on va pas pleurer sur leur sort.


LES GARS

DIAS (2/5). Nous voilà repartis avec ce brave Lucas dans les cages. On a bien essayé de s’en débarrasser ces deux dernières années, mais les joueurs prometteurs/décevants formés au club c’est comme tes vieux potes d’enfance : si tu parviens pas à les virer à l’adolescence, tu te les coltines toute ta vie. L’égalisation symbolise bien tous les sentiments contradictoires à son égard, il sort une parade superbe juste avant mais se fait surprendre de façon assez ridicule sur le corner qui suit.

SBAÏ (3+/5). Un latéral formé au club qui se démerde bien, c’est toujours ça de pris. Le dernier en date s’appelait Sainte-Luce, et il est parti à Montpellier. Voyons le positif : on est désormais vraisemblablement devenus trop mauvais pour se faire piquer nos joueurs par ces enculés. Remplacé par WADE en fin de match.

MENDY (2+/5). Nouveau capitaine et (espérons) taulier de la défense. M’a semblé dur sur l’homme et plutôt intelligent dans le placement.

GUESSOUM (1/5). Moins catastrophique que contre Martigues où il a provoqué non pas un mais DEUX pénos, mais toujours fébrile. A croire qu’il a jamais joué en ligain et qu’il a deux mois de vécu.

DIALLO (2/5). La discrétion est-elle une qualité ou un défaut ? Remplacé par SY, je vous jure.

DOUKANSY (2/5). Un grand échalas, sorte d’Abou Diaby sans la technique mais avec jusqu’ici de la justesse dans la passe.

PICOULEAU (2/5). Celui qu’on annonçait comme notre unique « grosse » recrue (car venant de L2). Plutôt timoré sur ce match, où notre milieu s’est allègrement fait ouvrir.

MEXIQUE (1+/5). Un nouveau venu qui grossit le contingent Martiniquais du club, et surtout un nom rigolo. Sur ce match, franchement pas grand chose à signaler. Remplacé par THOUMIN, plutôt classe balle au pied et qui donne la passe dé à Mbina.

LABONNE (1/5). Déjà trimballé à tous les postes la saison dernière, il n’avait je crois pas encore dépanné en ailier offensif : maintenant, on sait pourquoi.

BURNER (0+/5). Le « + », c’est pour récompenser sa persévérance : c’est sa quatrième saison au club et sa deuxième descente, sacré perf, tu m’étonnes qu’il ait envie de continuer ici. Remplacé par DELPECH, qui avait l’air, c’est rare, motivé en entrant sur la pelouse.

MBINA (3+/5). Grande gigue de type attaquant de pivot, un Samuel Adebayor du pauvre, mais qui en est déjà à son 2e but, ne chipotons pas.

Allez, hauts les coeurs et à vite pour la réception du Mans.

La bise,

Karoud

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