Goal FC – Nancy (1-0) : La Chardon à Cran Académie mesure ses priorités

0

La petite histoire dans la grande

Les rares enjeux d’une fiction à succès reposent en général sur des éléments classiques comme la famille et quelques résurgences passionnelles de notre impuissance telles que l’amour, l’amitié, le pouvoir. Une fois ces larges concepts passés à la moulinette du capitalisme et ainsi transformés en patriarcat, camaraderie virile et richesse monétaire, il ne reste plus que cette notion de communauté explosive et irradiante que l’on a l’humour de qualifier de nucléaire. Les passages de séduction, d’union et de possession, évacués dans le premier chapitre et ramenés plus tard à des résurgences de culture du viol pour le commentaire scientifique, une fois passés, laissent libres les relations fraternelles (la sororité est exclue car imprononçable), filiales et parentales puis, par un pas de côté parfois courageux, donnent finalement la place à des expérimentations que seule la vérité finit par envier. Qui ose parler de vérité d’ailleurs, lui qui n’est qu’un scribouillard amateur aux ambitions honteuses ? Quels sont les mots qui prétendent correspondre à leur objet dans le vaste ciel des phonèmes où se confondent signifiant et signifié, motivations et autre symboles ?
Parmi eux -un exemple pris au hasard- la bêtise illustre assez la complexité, sinon l’indicible centrifuge du langage. Comment qualifier de bête ce qui renvoie à la préciosité d’une nature animale à cent lieux des considérations conscientes des humains, d’un instinct si glorieusement absous des tentations vaniteuses des hommes, d’un aveuglement immanent propice au repos et à l’ennui, là où l’activité salariée du bipède prétendument civilisé le contraint à essouffler sa nature spontanée dans une quête effrénée de la vie pour lui-même ? Même ce dualisme étranger à la science moderne ne saurait illustrer correctement ce qu’est la vraie bêtise, celle dont on défend toujours qu’elle est le premier moteur universel. Le mot (tous les mots, d’ailleurs) échappe donc à notre sens commun comme à notre rationalité et offre un mystère favorable à la création potentielle de toutes les belles histoires. Aussi afin d’éluder force circonlocutions, le chercheur intrépide s’astreint-il à quelques prolégomènes conventionnés qui échappent à la démonstration mais, fort heureusement, point à la dialectique et offre au moins trois axiomes à placer sinon dans le registre de l’évidence, parmi les choses communément admises :
-Du point de vue anthropo-ontologique, à tout être pensant-sentant la bêtise évoque invinciblement Pascal Praud.
-du point de vue social et culturel, la bêtise forme un réseau de faisceaux assez dense pour exercer le pouvoir à différentes échelles jusqu’à une forme terminale évoluée (quoique le lombric puisse lui en montrer en termes d’évolution) de dirigeant de club de football.
-du point de vue de la matière, la bêtise colle aux basques, répand une odeur nauséabonde et possède une qualité forçant la propension unique du détenteur du titre de Ministre de l’intérieur à se rouler dedans, qualité qui vérifie cet état de fait avec la même certitude que la table des éléments.
Ces évidences recensées, il revient à la contemplation artistique de prendre le relais et d’offrir à la fiction, dût-elle la mâtiner d’une réalité admise par ce qu’apprécie la mode littéraire comme « témoignage », sa somme définitive et de faire de la bêtise le personnage central, le thème universel et à la fois le creuset historique du grand roman de l’humanité.


Le match

Parce qu’il y en a marre, à la fin. Ah vous veniez pour le football ? Ça tombe bien : l’adversaire du jour s’appelle Goal FC. Ça ne veut rien dire, c’était peut-être hier, en tout cas si la maman du génie qui a trouvé ça n’était pas morte, elle a depuis bien dû trouver le couteau pour s’ouvrir les veines de honte. On ne sait même pas si cela appartient à une ville, une communauté de commune, une rivière asséchée ou une cité artificielle perdue entre une cimenterie et des champs de colza à perte de vue (non ce n’est pas en Haute-Marne) et on doit jouer contre ce machin créé de toutes pièces façon Paris Saint-Germain dans un stade qui contient moins de places assises que notre terrain d’entraînement.

Entendons nous bien, les braves quidams qui jouent, entraînent, encadrent cet avorton de club de football n’ont pas grand chose à se reprocher dans cette aventure. Nous lamentons ici le pitoyable destin de l’AS Nancy Lorraine, encore une fois illustré dans toute sa décadence par une nouvelle péripétie dont elle n’est pas à la hauteur. Oui, perdre contre le Goal FC, même si cela peut se justifier de bien des manières, nous plonge dans des profondeurs de désarroi dont seul l’espacement entre deux matchs nous permet de nous remettre. Conscients d’avoir échappé de peu au fond du bout du rouleau depuis quelques saisons, ce genre de matchs nous rappelle comme une envie de chier après la douche que si ce n’est pas sur le plan administratif que ce club a notre peau, le secteur sportif se chargera bientôt de nous la retirer avec un couteau à beurre rouillé, sans anesthésie de préférence.


Les notes

Sourzac 1/5
Moins que zéro but encaissé mais du mauvais côté d’Euclide.

Pellegrini 1/5
C’est bien gentil de mettre en avant son patronyme évoquant Baresi ou Yanncik Cahuzac mais à un moment faudrait aussi se rappeler que ces deux-là avaient des qualités de footballeurs avant d’être des ânes bâtés sur le terrain. Quoique. Non, oubliez ce que je viens d’écrire.

Mendy 1/5
Ni fils de ni frère de ni même cousin d’aucun Mendy du foot français, il s’en tire avec la gloire de s’être fait tout seul, sans capital culturel de football pour devenir la génération spontanée de la chèvre moderne.

Bussmann 1/5
Va te faire mettre. C’est con, régressif et aussi méchant mais ça soulage.

Delos 1/5
Le commentateur la appelé « Deulos » tout le match, peut-être en pensant que son nom était à particule, ce qui en français correct (c’est-à-dire assez préservé de le langue du commentaire footballistique) aurait dû donner « Los », qui est un des nombreux synonymes de saucisse en allemand mais qui signifie en première instance défaite.

Tayot 1/5
Lui e signifie pas grand chose hélas, qu’il se coupe le nom, les cheveux ou encore la bite.

Bouriaud 1/5
On n’en fait plus des 10 comme lui : lent, gras, sans idées, les deux pieds carrés, la tête à l’envers…lui manque plus qu’enchaîner les blessures et sortir fêter ça en boite à Metz puis signer là-bas, mais oh, ça va, tout le monde n’est pas Amine Bassi non plus.

Diaby 1/5
Son immense potentiel devrait, comme d’habitude, se manifester uniquement à la fin de son prêt, quand il chaussera de nouveau une tunique ne portant pas le chardon de la malédiction.

Nangis 1/5
Pour jouer en serrant autant les fesses, il doit se coltiner une décliquette de tous les enfers semaine après semaine, on ne voit que ça.

Camara 1/5
Il a ajouté l’inélégance à l’inefficacité mais ce n’est rien de personnel car la plupart de ses collègues ne font pas mieux, si ce n’est pire.

Touré 1/5
Lui n’a pas fait pire, il a juste rien fait.

Marcel Picon

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.