OM-Lille (0-0) : La Canebière Académie neutralise
Que notre joie demeure.

Aïoli les sapiens,
C’était encore un de ces soirs où l’on allume la télévision avec le vague espoir que le spectacle nous réconcilie avec le football. Dimanche dernier, en ce sens, ne nous avait pas particulièrement gâtés, quand l’on ne pouvait détourner le regard d’un groupe d’imbéciles sans tomber immédiatement sur un autre quarteron de débiles. A la navrance habituelle devant fascistes qui pullulent depuis des années dans le parcage lyonnais et dans l’impunité la plus totale, s’ajoute la consternation due à nos propres mongoliens s’imaginant que caillasser des bus et faire annuler le match est un bon moyen de rendre service à notre club. Dans ce concours de trépanés aussi veules qu’agressifs, Chibrald Darmanin et ses sbires n’allaient pas manquer de se montrer à la hauteur, prêts trouver à mille responsables à la catastrophe à l’exception de leur propre incompétence, insondable sur le coup.
Sur le plan sportif, la médiocrité ambiante ne nous aidera pas à trouver sur la pelouse quoi que ce soir à sauver. Il faudra donc remonter cinq ans en arrière, en ce 5 novembre, et se rappeler un stade communiant dans la dignité après la catastrophe de Noailles, pour se dire que l’OM peut encore être ce repère autour duquel un peuple peut se tenir chaud dans les moments durs, voire, qui sait si cela est encore possible, montrer le meilleur de son humanité. Faut-il que ce fil qui nous relie à l’OM soit solide, pour qu’il tienne encore malgré les coups de sécateur que les idiots, les méchants, les faibles, s’acharnent à lui donner semaine après semaine.
Les Longorious Basterds
Lopez
Clauss – Gigot (Meïté, 67e) – Mbemba– Renan Lodi
Kondogbia – Rongier
Sarr (Correa, 76e) – Veretout (Ndiaye, 68e) – Harit
Aubameyang (Vitinha, 76e)
Balerdi suspendu pour cause de balerdise, la charnière Mbemba-Gigot est reconstituée (et inversée, au passage). Pressenti pour disputer le match contre Lyon à la faveur des problèmes de Lopez et Blanco, Ngapandouetnbu retrouve son poste de remplaçant du replaçant, nous désespérant de pouvoir placer un jour un nom de famille qu’on s’est pourtant appliqué à apprendre par cœur depuis deux ans.
Devant, Gattuso expérimente un tantinet, en associant les Rongetout à Kondogbia. Jordan représente l’élément avancé de la triplette, tandis qu’Harit est expédié sur le côté.
Le match
Les joueurs font mine d’attaquer la rencontre avec entrain, avant de se rappeler qu’on est en novembre, que des enfants meurent, que le changement climatique menace de rendre la planète inhabitable, et que la Star Académy débute une nouvelle saison. L’OM dit « à quoi bon », Lille répond « t’as raison », et l’on se fait chier comme aux plus belles heures de la Ligue 1 d’il y a quelques années.
Dans ce contexte primesautier, Pau Lopez en particulier se demande se qu’il fout ici alors qu’il pourrait une bonne soirée ciné devant « Jeux interdits » ou « Le Tombeau des lucioles ». Le voici qu’un nous gratifie d’une relance « oh et puis merde, tiens », pas aidé par Rongier qui explose au pressing comme le premier Zambo Anguissa venu (pas le bon André-Frank de Naples, celui qui était chez nous). Yazici tente immédiatement le lob de 40 mètres dans le but vide, mais la barre transversale nous empêche de devoir vider l’armoire de Prozac, à défaut de préserver les stocks d’Imodium.
Ce petit gag est grosso modo le seul événement notable de ces quarante-cinq premières minutes pendant lesquelles, globalement, l’OM est dominé dans les duels et manifeste une faiblesse technique ahurissante dès qu’il s’agit d’attaquer le camp adverse. En témoigne ainsi l’énorme occasion d’Harit à la 45e, idéalement placé à la réception d’un très joli centre de Clauss mais qui gâche l’affaire d’une reprise saberkhalifesque.
La deuxième mi-temps st encore plus pauvre en émotions, si ce n’est une nouvelle candidature de nos supporters au prix Nobel, de par les sifflets systématiques qui tombent des tribunes à chaque ballon touché par Lopez. C’est que dans la ville de Marcel Rufo on est tous un peu habiles en psychologie, n’est-ce pas, et que face à un mec en pleine crise de confiance et de surcroît ouvertement dépressif, lui hurler en permanence d’aller niquer sa mère est le meilleur moyen de le remettre d’aplomb, et ce pour le plus grand bénéfice du club bien sûr.
L’OM domine davantage qu’en première mi-temps, avec une mention spéciale à la défense particulièrement efficace ce soir. En revanche, les joueurs paraissent toujours chaussés de grosses pantoufles Mickey Mouse au moment de tenter ce qui pourrait s’apparenter à un geste décisif. Le temps s’écoule ainsi jusqu’à la toute fin de rencontre, où deux têtes sur corner de Kondogbia puis Meïté nous procurent un ersatz de frisson.
Les joueurs
Lopez (2-/5) : C’est pas une appréciation qu’il faut déposer, c’est un registre SST.
Clauss (2+/5) : extinction sans rébellion.
Gigot (4-/5) : Une gestion de l’effort de rugbyman, consistant à tout massacrer pendant les deux tiers du match pour sortir cassé de partout et laisser le remplaçant finir le travail. Consacrer les trois jours suivants à se retaper avant de repartir au charbon, répéter le tout pendant quelques années, savourer sa retraite dorée en fauteuil roulant dès cinquante ans.
Meïté (67e, 4/5) : Entrée de patron, gérant avec classe aussi bien les attaques adverses que les relances slipométriques de son propre gardien. Méfiance tout de même : on a tous vu et apprécié ces dribbles en position de dernier défenseur, mais tes futurs adversaires les ont bien regardés aussi.
Mbemba (4/5) : On apprécie les charges de rhinocéros pour secouer la déprime ambiante, surtout quand elles sont sans préjudice de la sécurité défensive.
Renan Lodi (2-/5) : Constamment harcelé sur son côté par les attaquants adverses, il a évité le but de la même manière que Sarkozy évite la prison : inexplicable.
Kondogbia (3+/5) : Poursuit sa montée en puissance. On va voir ce qu’on va voir. Ça va venir.
Rongier (3-/5) :Comme souvent dans ce genre de circonstances, un match parfait à l’exception de ses frappes, dont j’ai toujours l’impression qu’elles sont annoncées par John Cleese en slip déclarant « and now, for something completely different ».
Veretout (1/5) : Bah qu’est-ce que tu veux que je te dise, Gennaro ? Ouais, t’as mis Jordan en meneur de jeu et Harit sur l’aile. Bah je sais pas moi, hier j’avais des girolles et des biscuits, j’ai mis les premières avec le rôti de veau et les seconds avec les mousses au chocolat : l’inverse ne se serait pas appelé « expérimenter » mais « faire un truc tordu et dégueu ».
Ndiaye (68e, 2/5) : Son drame c’est d’être amoureux de l’OM. S’il avait plutôt été amoureux de Guingamp, il se régalerait à marcher sur la Ligue 2 et tout le monde l’acclamerait. Evidemment, l’OM c’est ce top-model cruel et exigeant (qui a dit « une pétasse ? »), faut avoir un sexe énorme les épaules pour assumer un tel amour.
Sarr (1/5) : Une activité inversement proportionnelle à sa compétence, notre Marlène Schiappa à jour si ce n’est le fait qu’il n’arrose pas les copains éditorialistes (d’où l’intransigeance de la présente appréciation, mais ça peut s’arranger).
Correa (76e) : Personne n’a un beau-frère qui serait le sosie de Joaquin Correa ? Non parce que moi, j’ai un beau-frère mexicain qui est le sosie de Sergio Perez, le pilote de F1. Soudainement ce coureur, plutôt bon à la base, s’est mis à coller sa voiture dans le gravier à chaque course. Faute d’explication, je me suis dit qu’il avait été enlevé et remplacé par mon beau-frère : explication improbable, certes, mais qui préserve notre santé mentale en évitant de nous laisser devant un phénomène absolument irrationnel. De la même manière, je préfèrerais donc croire que Titi c’est toi le boss a enlevé Correa dès sa descente de l’avion pour le remplacer par son beau-frère : sans cela, il ne resterait comme seule autre explication que le vrai Correa est bien sur la pelouse, et que des professionnels de notre club l’ont donc recruté en estimant qu’il s’agit d’un joueur de football. Et ça, ce serait mentalement insoutenable.
Harit (1+/5) : S’est fait les mèches blondes à la Cristiano Ronaldo pour attirer l’attention sur sa prestation du soir. Pari réussi.
Aubameyang (1/5) : Désolé Jean-Bite, on a déjà tout donné pour condamner les sifflets sur Pau Lopez. La bienveillance a ses limites.
Vitinha (76e) : Un style et une technique toujours aussi immondes, mais au moins sa combativité nous a-t-elle fait gagner de bons ballons.
L’invité zoologique : Rémi Cabellamantin
Le lamantin est considéré à la fois comme une sirène et comme une grosse vache de mer, c’est donc peu dire qu’il compte parmi les êtres les plus indéfinissables du règne animal. L’invité approprié de ce match dont l’on ne sait trop quoi penser, si ce n’est : rien.
- Les autres : Un potentiel offensif apparemment plus sympathique que le nôtre mais des couilles miniatures au point ne plus chercher qu’à préserver le nul à vingt minutes de la fin. La Ligue 1 de la grande époque, disions-nous.
- Le classement :Nous sommes huitièmes à sept points du podium, pour les quelques-uns qui croient encore que la saison n’est pas d’ores et déjà foutue.
- Coming next : Deux déplacements au programme cette semaine, à Athènes et Lens. On ne dit plus rien, on n’espère plus rien, juste on regarde puis on constate.
- Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Twitter, ainsi que sur BlueSky pour les boycotteurs d’Elon. Olivier L. remporte le concours zoologique.
Bises massilianales,
Blaah
Merci pour ce digestif, qui aide encore une fois à faire descendre l’infâme gratin de coquillettes qu’on nous a servi hier soir