France – Albanie (4-1) : L’Académie Française gagne mais passe pour une débile

Les vacances sont belles et bien terminées. Les plages sont beaucoup trop loin, les collègues beaucoup trop près. Le boulot a repris, les matchs de l’Équipe de France aussi. Haut les cœurs !

Eh oui, la trêve internationale est déjà là et éloigne nos âmes sensibles de nos clubs de cœur pendant une dizaine de jours. Petit point des forces en présence car Deschamps a fait un petit ménage dans les 23.

Derrière : bienvenue à Aymeric Laporte ! L’amitié basco-basque a enfin su éclore. Ah bah non, merde : Aymeric s’est blessé avec City face à Brighton (vous m’en voyez désolé). Finalement, c’est Umtiti qui est appelé en renfort alors même que Big Sam avait justement été remplacé par Laporte (Umtiti est remplaçant au Barça, et paye aussi une condition physique instable). Lenglet est à nouveau présent, tout comme Zouma. Nos latéraux font toujours assez peine à voir, mais on note le retour salvateur d’Hernandez. Mandanda est, une nouvelle fois, absent.

Au milieu : Tolisso fait son grand retour après sa longue blessure (croisés) et réadaptation. Ça fait plaisir. Il prend la place de Ndombélé, blessé, là où Nzonzi (sic) fait le nombre en remplaçant Kanté, forfait lui aussi. Enfin, le petit Guendouzi qui joue chez les Gunners pallie le forfait de Pogba annoncé lundi. Et Sissoko, évidemment.

Devant : Les inamovibles Griezmann et Giroud sont là ; pas Mbappé, blessé, ni Lacazette, toujours boudé par Deschamps malgré de belles performances. En tout cas pas moins belles que celles de la surprise Jonathan Ikoné. Le Lillois fête là son premier appel en A. Le néo-monégasque Ben Yedder, buteur lors du dernier rassemblement, conserve sa place de doublure. Fékir, Lemar et Coman (toujours là celui-ci) complètent l’attaque. Rappelons que Dembélé et Thauvin sont blessés au moment de la liste.

La compo :

Le derrière :

Retour d’Hernandez à gauche donc. Clément Lenglet reconduit auprès de Varane. Le néo-munichois Pavard à droite (il joue bien DC avec le Bayern en ce début de saison).

Le milieu :

Matuidi le roc en 6 (c’est mieux qu’en ailier gauche), accompagné de Coco Tolisso dans un rôle plus relayeur.

Le devant :

En l’absence de Mbappé à droite, c’est Kingsley Coman qui prend l’aile (et ma cuisse dans la tronche). Lemar, en forme en ce début de saison avec l’Atletico, sur le flanc gauche ; Griezmann en plateforme centrale et génie footbalistique, Giroud en pointe.

Le match :

Enfin un match des Bleus sur M6, ça m’avait manqué dis donc ! Quelle horreur. Déjà quand tu vois David Ginola et Alain Boghossian en avant-match te parler foot sur un plateau aux couleurs cheap et angoissantes, y’a de quoi faire un SPT : stress pré-traumatique. Et tu comprends après pourquoi on t’inflige ces deux-là : c’est un entraînement, une phase préparatoire. Le purgatoire avant l’Enfer. On te fait mijoter à feu doux avant de te faire frire. On te passe une éponge humide sur le front et les tempes avant de brancher la prise. On te ginolise pour mieux de balbiriser.

« Où est Denis Balbir ? », votre nouveau jeu bientôt dans toutes les bonnes galeries d’art.

Bon, une fois en Enfer, autant profiter du spectacle proposé. Et puis, ils mettent les petits plats dans les grands là-dessous. Avec le Diable, ça marche à la confiance. T’es là, prisonnier du bordel télévisuel et sportif, alors Belzébuth & Co, ils te font la totale : salade, tomates, hymne de l’équipe adverse sabordé. Le ridicule ne peut plus nous tuer, nous sommes déjà morts et en Enfer je vous rappelle.

Michel à la sono du Stade de France a donc lancé l’hymne d’Andorre au lieu de l’hymne albanais. La super classe. Rien à ajouter. Ah bah si : se rendant compte de l’erreur (encore heureux), le speaker a mangé son chapeau et fait des excuses aux supporters arméniens. Oui, oui, les supporters arméniens, qui ont supporté leur équipe jeudi face à l’Italie ou ce dimanche contre la Bosnie. Vous me direz, Arménie, Albanie… A trois lettres près, c’est pareil. Et à 3 000 kilomètres près, c’est quasiment le même pays. Michel récidive en annonçant que l’erreur allait être corrigée et qu’on jouerait bien « l’hymne arménien » (sic). Après 5 minutes d’un revival d’Ubu Roi, l’hymne albanais est enfin joué.

Tout est sous contrôle.

Le match commence enfin, avec un peu de retard donc. Quoiqu’il en soit, Kingsley n’a pas eu, lui, de retard à l’allumage. Sur une belle ouverture en profondeur de Varane, Coman s’avance côté droit, prend son défenseur de vitesse et d’un pointard met le ballon au fond des filets (1-0, 6e). Il n’en fallait pas plus pour que Ferreri et consorts s’enflamment déjà : « Il est en feu Coman ce soir ». Après 6 minutes de jeu. Je préfère ne pas imaginer de quelle matière sera constitué Coman au bout d’une période complète de jeu, voire d’un bon match entier.

Les Albanais sont absolument inoffensifs. Y’a pas vraiment photo. Avec le talent et du sérieux, les Bleus avancent sans forcer. Tout le contraire d’En Marche. Le break n’est pas loin. Giroud mange la feuille en voulant remettre de la tête à Griezmann un bon ballon au second poteau. Fous-y un coup de casque Olivier, pense à toi un peu ! Sois égoïste, arrête de prêcher la paroisse des autres, sur ou en dehors du terrain. Quelques minutes plus tard, Varane adresse une belle transversale vers Hernandez (légèrement et volontairement prolongée par Grizou), qui adresse un bon centre ras de terre à Giroud. Lancé, Olivier plat-du-pied-sécurise et prend à contre-pied le gardien (2-0, 27e).

Lucas Hernandez, remuant, se projette jusque dans la surface adverse et est fauché par un défenseur. Le pénalty est logique. Griezmann s’en charge et place une minasse. Sur la barre. Premier péno raté par Grizou sous le maillot bleu. Ça me va très bien qu’il les réussisse en Coupe du Monde et les rate face à l’Albanie.

Après la pause, les Bleus remettent un petit coup de collier, histoire de corser l’addition.  On manque de peu le troisième à plusieurs reprises. On pense notamment à ce beau double une-deux entre Griezmann, Lemar et Giroud. Les Bleus pressent haut et empêchent toute tentative albanaise. Ce temps fort est conclu fort logiquement par un troisième but : à gauche, Hernandez combine avec Giroud qui se déporte sur le côté, le ballon arrive sur Grizou qui centre. Coman récupère le cuir, contrôle orienté, frappe en pivot (3-0, 69e).

Les changements ne changent rien à la donne : les Bleus maîtrisent leur sujet. Ikoné étrenne son maillot deux étoiles en remplaçant Coman. Le Lillois en profite même pour inscrire son premier but après son une-deux avec Fékir qui lui offre le cuir sur un plateau (4-0, 85e). Le succès est à peine gâché par le pénalty concédé en toute fin de match par Lloris qui, bien que s’effaçant devant l’attaquant albanais (seule offensive notable des adversaires en seconde période), semble lui accrocher le pied (4-1, 90e). Rideau, à mardi face à Andorre.

Les notes :

Lloris (2/5) :

89 minutes à ronfler, 1 minute à travailler, 1 pénalty encaissé. C’est pas très grave, mais c’était pas nécessaire.

Hernandez (4/5) :

Hyperactif en première période, assez propre défensivement (peu de choses à faire, c’est sûr), tranchant offensivement. Passe dé et centres soyeux. Quel plaisir de le revoir en lieu et place d’un Mendy, d’un Kurzawa ou d’un Digne, qui l’a remplacé en fin de match.

Varane (4/5) :

Propre et efficace derrière, mais surtout bien inspiré sur ses passes vers l’avant, entre transversales bien senties et ouvertures en profondeur (passe dé à la clé).

Lenglet (3/5) :

Moins en vue que son camarade pour les lancements de jeu, plus en vue que son camarade pour son retard sur l’attaquant albanais en fin de match qui occasionne le pénalty.

Pavard (3/5) :

Benjamin a eu l’occasion de jouer assez haut, comme son compère de l’autre côté. Son duo avec Coman, coéquipier au Bayern, a bien fonctionné.

Matuidi (3/5) :

Blaise a sorti un match comme il en fait tant en Bleu : sérieux, vaillant, toujours là. L’opposition était cela dit trop faible pour qu’il ait vraiment à sortir le bleu de chauffe.

Tolisso (3/5) :

Un peu déçu pour ma part du match de Coco. Un poil trop appliqué dans une rencontre où il aurait pu (dû) prendre plus de risques. Mettons ça sur le coup de son retour en compétition.

Coman (4/5) :

Quand il n’est pas blessé, c’est-à-dire deux semaines par an depuis qu’il est professionnel, Kingsley éparpille ses défenseurs directs façon puzzle. Fait notable : il a joué presque tout le temps intelligemment, sans trop de grigris ou de touches de balle inutiles, ce qui le rend immédiatement plus intéressant et moins poulet sans tête. Gros match et doublé donc, à revoir face une réelle adversité (mais il joue à la place de Mbappé, donc bon). Remplacé par Ikoné (non noté), qui a ouvert son compteur pour sa première sélection comme d’autres illustres (pipes) avant lui.

Lemar (3/5) :

Thomas a repris des couleurs avec l’Atletico de Madrid, et ça s’est vu. Plus entreprenant que lors de ses derniers matchs en Bleu, sa complicité technique avec Griezmann est belle à voir. Mais il faut répéter ces gammes-là et devenir plus tranchant. Remplacé par Fékir (non noté), sémillant néo-sévillan à la passe dé’ pour Ikoné.

Griezmann (3/5) :

Il éclaire le jeu comme à son habitude, voit les bonnes passes à faire et les fait bien, se donne défensivement… On l’a senti un peu triste de ne pas marquer, mais en même temps, fallait réussir ton péno Antoine.

Giroud (3/5) :

Olivier est pas loin d’être une assurance tous risques. Contre vents et marées, qu’il joue en club ou pas, décrié ou non, il est là, et il marque. 36 unités maintenant, à 5 de Platini. Je l’ai trouvé plus à l’aise techniquement et souvent mieux placé ce soir que dans d’autres matchs, certainement parce que davantage de ballons lui arrivaient (avoir un vrai ailier à gauche qui joue face au but, plutôt que Matuidi, ça peut aider).


Faites des dons, abonnez-vous. V’nez voir Didier Décampe si j’y suis.

Didier Décampe

Un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.