France – Andorre (3-0) : L’Académie française Léopold Sédar S’Endort

Et un ! et deux ! et trois sédatifs pour résister aux appels incessants de Morphée. La trêve internationale prend fin pour les Bleus sur un match qu’on savait gagné mais qu’il fallait gagner. Avec ou sans intérêt.

Non non, je m’y refuse, oubliez ça tout de suite ! Tout le monde sait où se trouve la Présipauté d’Andorre. Pas la peine de faire un cours sur le sujet, ni de mettre un lien vers l’hymne officiel au cas où, ni même de rappeler que Macron (empaffé) en est co-Prince. Autant la Moldavie, c’était nécessaire, l’Albanie, ça aurait pu se comprendre, mais Andorre, non. Alors en deux mots : Andorre est souveraine, Andorre est vieille, Andorre est woke.

La compo :

La défense :

On change les latéraux, Digne prenant la place d’Hernandez et Dubois celle de Pavard. A priori, un des deux côtés est perdant. Mais lequel ?

Le milieu :

Tolisso est de nouveau là, accompagné cette fois-ci de Sissoko et non pas de Matuidi. Héhé oui, on sort un milieu défensif et on le remplace par un autre. Parce que pourquoi pas hein !

Le devant :

Griezmann-Giroud, évidemment. Coman est reconduit après son bon match face à l’Albanie. L’autre ailier, c’est Ikoné, en lieu et place de Lemar. A mon sens, assez étonnant : c’est quand même rare que DD se laisse aller comme ça sur un mec néo-Bleu, et le « récompense » directement après une bonne entrée (et un but). On l’a connu moins enclin à satisfaire d’autres joueurs, y compris dans des matchs un peu en bois. Ikoné n’a pas dû marquer des points que face à l’Albanie (n’y voyez rien de salace). 

Au secours ! Andorre nom de diou. An(putain de)Dorre. Les mecs en face, c’est pas des peintres, c’est des joueurs de 5e division espagnole, alors faut du solide : Sissoko-Tolisso. Quels ballons tu veux récupérer Didier exactement ? Ceux que Lloris ou ta charnière vont donner à tes milieux ? Si c’est le cas, du coup, c’est pas des ballons grattés, arrachés, ça s’appelle des passes, avec un objectif de construction du jeu. Pourquoi un vrai défensif et un relayeur bien récupérateur face à une si faible équipe ? Je demande pas le feu, mais quelques flammèches. Y’a des munitions au milieu, Fékir par exemple. J’irai même plus loin : y’a de la jeune poudre qui demande à être allumée.

Le match :

Après 5 minutes de jeu, les Andorrans ont touché 5 fois le ballon. Une moyenne plutôt faible d’un ballon par minute. Une moyenne d’autant plus faible qu’en réalité, le ballon a été touché 5 fois dans la même action, sur un cafouillage dans leur surface. Ce match débute bien.

Léo Dubois surgit côté droit, s’infiltre dans la défense andorrane comme des bulletins de vote siglés Serge Dassault dans l’urne de Corbeil-Essonnes (ou comme dans du beurre, c’est selon), et donne son ballon un chouilla trop tard. Le temps passe lentement, car Andorre défend à 11, le gardien et les 10 joueurs de champ se trouvant dans leur propre surface.

On trouve d’ces trucs sur les internets…

Heureusement, on trouve assez vite la solution pour débloquer le compteur : Ikoné trouve une belle ouverture plein axe entre deux défenseurs et sert Coman. Alors qu’on croit le ballon perdu car très proche de deux Andorrans, Kingsley parvient à récupérer le cuir, soit qu’il court très vite, soit que les Andorrans sont très très nuls, soit les deux. Coman place le ballon sous la barre (1-0, 18e).

La première période est globalement chiante, bien que quelques occasions l’aient ponctuée, nous permettant de ne pas sombrer physiquement et mentalement dans notre canapé. Ainsi de la reprise en pivot de Giroud qui passe au ras du poteau, de la lourde de Coman depuis les 20 mètres qui frôle l’équerre ou de celle de Varane des 30 mètres qui oblige le gardien andorran à la parade.

Sans oublier le péno de Grizou, obtenu après un bon une-deux avec Giroud : pas très bien tiré, Antoine enchaîne un deuxième échec de suite dans l’exercice. Il n’en fallait pas plus à l’Equipe TV pour faire 15 minutes sur le sujet (avec caméra isolée sur Grizou, de l’obtention de la faute à la déception post-pénalty), et à Frédéric Callenge pour préciser que le gardien andorran « n’avait pas vraiment les pieds sur la ligne », que « ça aurait dû être retiré » et que, c’est bien dommage qu’il n’y ait « pas de VAR pendant ces éliminatoires ».

A la pause, le même Frédéric nous informe que Digne et Dubois sont les deux Bleus à avoir touché le plus de ballons. Pour un résultat total de centres intéressants proches du néant.  

Quelques minutes après la reprise, Sissoko provoque et obtient un bon coup franc côté gauche. Aux 20 mètres, Grizou se régale et dépose le ballon sur la tête de Lenglet, complètement esseulé – enfin plus exactement accompagné d’un golgoth andorran de 50 piges aussi rapide sur le ballon que Transavia à répondre à mes réclamations où je les traite de connards (2-0, 51e).

Coman, toujours bien présent, oblige à nouveau le gardien à une belle détente sur une tête bien sentie, avant que Sissoko, passeur sur l’action qui vient d’être décrite, n’y aille lui aussi de son coup de casque, mais ça finit sur la barre. Il était pas loin de son 3e but en bleu Moussa. Oh Totoooooooo ! Roh ! Le voisin de Moussa manque sa tête alors qu’il était tout seul au second poteau. Mais Tolisso se remet dans le bon sens et ouvre en profondeur vers Digne. Le contrôle de Lucas dans la course lui permet de prendre de vitesse la défense. Son centre trouve Coman dont la reprise heurte, à nouveau, la barre.

Et puis plus rien. Les changements s’enchaînent, les Andorrans sont crevés, les Bleus n’ont plus du tout envie (déjà qu’ils étaient moyennement engagés). La fin de match est anecdotique, tout comme le but de Wissam Ben Dali sur un ballon mal repoussé par le portier adverse (3-0, 90e). Rideau.

Terrible. Sacré nom de Dieu, qu’est-ce que c’est que cette moustache ?

Le débrief : 

Plutôt que de parler du match qui avait peu d’intérêt, parlons si vous le voulez bien du Président Le Graët et de ses déclarations (l’interview en cause est en partie ici). Loin de moi l’idée d’affirmer que, depuis que nos regards se sont croisés, Noël perd la boule. Mais force est de constater qu’un choc émotionnel certain a accéléré la machine à débiter des conneries de Crazy Eyes.

Le Graët s’est donc distingué par sa prise de position dans le débat actuel des chants homophobes dans les stades. Avant d’enguirlander Noël, morceaux choisis de l’interview :

« Considérer que le football est homophobe et peut être l’image de l’homophobie en France, c’est un peu fort de café »

« Punir sans arrêt accentue [le problème] ; je l’ai remarqué […] au moment où il y avait des fumigènes partout. J’ai pris la décision assez ferme de m’attaquer à ce sujet : y’en a plus. »

« Surtout, ne venez pas au stade avec des banderoles, c’est aussi simple que ça ».

« L’arrêt des matchs ne m’intéresse pas. – Vous demandez aux arbitres de ne plus arrêter les matchs ? – Oui, c’est une erreur. J’arrêterai un match pour des cris racistes, ça c’est clair »

Bon. Je ne voudrais pas décrédibiliser le chef de la 3F, mais bordel, quelle(s) déclaration(s) de pignouf.

Si le football n’est pas le refuge premier ni le berceau de l’homophobie, il est, quoiqu’on en dise, à l’image de la société (prenez Stendhal et remplacez le roman par le foot, ça marchera bien). Il y a de l’homophobie dans les stades et dans le foot comme il y en a dans la société ; il en va de même pour le racisme, les cons, les pères de famille, les grands-mères, les ados boutonneux qui hurlent, les petits patrons, les artisans, les grandes gueules, les petites frappes, les qui pleurent, les qui crient. Y’a de tout dans un stade de foot, c’est ça qui est beau. Mais il faut comprendre qu’il y a aussi parfois le pire de tout. 

On peut par ailleurs valider le fait que la répression continue n’est pas une solution viable sans pour autant dire que Noël a effectivement résolu le problème des fumigènes, pas plus qu’il n’a trouvé la solution miracle pour en finir avec les banderoles insultantes – car non, Noël, ne plus venir au stade avec une banderole n’est pas une solution intelligente à la fin des banderoles à la con ; c’est comme dire : « pour désengorger les hôpitaux, disons aux gens de ne plus y aller et supprimons des postes pour que, même s’ils sont vraiment malades, ils aillent dans une clinique privée ». Idée de merde Noël. Y’a que des cons pour faire ça, et des mecs de droite. Et vous, vous n’êtes… non ! non ! pas vous Noël ! NAAAAOOOONNN.

Et puis Noël a réussi à attraper la queue du Mickey, le gros lot, le Graal. Y’a pas à dire, hiérarchiser homophobie et racisme, faut vraiment avoir été bercé trop près du mur pour dire des trucs pareils (ou être un gros con, c’est possible aussi). Mais du coup Noël, si je te traite de gros empaffé, tu vas faire quoi ? Censurer d’abord le propos grossophobe ou le propos homophobe ? Qu’est-ce qui te vexe le plus : que je te dise que t’as vraiment pas que la peau sur les os ou que tu joues à la bête à deux fesses ?

Tu m’énerves Noël. Tu m’agaces. C’est déjà assez compliqué comme ça de voir des pignoufs du gouvernement raconter n’importe quoi pour pas que t’aies besoin d’en rajouter une couche. Avant de t’entendre, j’étais presque joyeux Noël. Maintenant je t’en veux.

Les notes :

Lloris (3/5) :

Était-il seulement sur le terrain ?

Dubois (2/5)

Plus remuant en première qu’en seconde période. De la bonne volonté, mais trop de touches de balle à mon goût. Un peu plus de spontanéité ne serait pas de trop.

Varane (3/5)

Quelques belles passes pour renverser le jeu dans un océan de je-me-fais-chier.

Lenglet (4/5)

Aussi peu de travail que son compère, moins de lancements, mais un premier but en Bleu qu’il convient de valoriser. 

Digne (3/5)

Aussi tiédasse et fade que le club dans lequel il joue en première période, un peu plus intéressant en seconde. Ne tient de toute façon pas la comparaison avec Hernandez.

Sissoko (3/5) :

Sérieux à défaut de plus. Quelques bonnes initiatives qui ont amené du danger et les coups-francs de Grizou. Il aurait fallu en faire plus (sa tête aurait mérité meilleur sort).

Tolisso (3/5)

Comme face à l’Albanie, Corentin a été un peu trop sage. Deux matchs face à deux petites nations, c’était une bonne occasion de marquer des points. Pas sûr que l’excuse de la reprise dure encore longtemps.

Ikoné (3/5)

Le Lillois est souvent passé de droite à gauche, proposant des solutions sans toujours être servi. Sa belle passe dé’ vers Coman complète un match encourageant (pas foufou non plus) pour la suite, bien qu’il faille se souvenir qu’il a joué face à l’Albanie et Andorre. Remplacé par Lemar (non noté), en très neutre.

Griezmann (3/5)

Un maître du jeu qui a donné de belles munitions, s’en est gardée une seule, et l’a gâchée (un péno mi-hauteur pas très bien placé, ça n’aide pas). Il n’en reste pas moins que, sans lui, je sais pas bien ce qu’on ferait, alors qu’avec d’autres joueurs, j’ai bien quelques idées.

Giroud (2/5) :

Un match à oublier pour Oliv’, peu servi car aussi peu en vue à part sa frappe en pivot. Evidemment pas aidé par le fait qu’il y avait 10 Andorrans dans la surface, soit 3,14 andorrans à la pousse d’herbe carrée. Remplacé par Ben Yedder (non noté), buteur dans les arrêts de jeu sur un coup-franc repoussé.

Coman (Note-entre-3-et-4-mais-sans-décimale-sinon-le-chef-me-gronde/5)

Dans la lignée de son match face à l’Albanie, Kingsley a confirmé qu’il était en forme. Bien en jambes, habile avec ses pieds, il a une nouvelle fois marqué (presque 2 fois) et a souvent été l’élément dangereux de l’attaque bleue. Un atout en plus si ses pépins physiques le laissent tranquille, soit une probabilité inComansurable. Remplacé par Fékir (non noté) en fin de match.


Dans 1 mois, c’est l’Islande et la Turquie. Ça devrait être plus intéressant, et on verra si DD nous étonnera niveau choix de joueurs. Suivez Horsjeu, abonnez-vous, faites des dons, suivez-moi, et amusons-nous ensemble avec Coman. Déjà vus et appréciés : Coman l’ouragan, Coman le Barbare. Nouvelles propositions : Coman poisson dans l’eau, « Coman ? Qu’est-ce que j’apprends », Comanouche sans guitare et des châteaux sans la Loire.

Didier Décampe

4 commentaires

  1. Au sujet de l’homophobie… Si je comprends bien la logique gvt, on ne peut traiter ceux qui crient des conneries d’idiots, car ce terme a étymologiquement une signification médicale, et ce serait qui ferait du terme une atteinte à la dignité des déficients mentaux.
    Par ailleurs, on va faire quoi, quand le stade scandera « homophobes enculés » ?
    Ne rêve pas, LFP: c’est toi qui es visée, pas les homos. Dont un certain nombre fait partie de ceux qui tiennent les propos soi-disant homophobes! (considérer que les homosexuels sont absent des tribunes d’ultras, étrangers aux chanteurs inconvenants etc serait une discrimination basée sur l’orientation sexuelle qu’on pourrait baptiser hétérophobie)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.