Les Aventures de la Porte de Saint-Cloud Académie : L’énigme du parapluie bulgare

Motta ciao, Motta ciao, Motta ciao, ciao, ciao.

Dans l’épisode précédent, la section de l’Internationale footballistique des Hauts-de-Seine rendait une copie parfaitement parfaite contre les stade-malherboristes, laissant entrevoir une belle campagne européenne pour les équipiers parisiano-saint-germanois et leur secrétaire de section espagnol, à la hauteur de l’idéal politique et social dont ils se trouvent être l’incarnation (avec des gros cuisseaux). C’était sans compter avec la horde hurlante des affreux Violés de la Ville Rause, et leur capitaine burné (désolé pour cette introduction bien trop longue (d’ailleurs je l’interromps de suite (là (maintenant (non mais vraiment))))).

 

 


Première partie : « Monsieur Motta, vous êtes un salaud ! »


 

C’est sûrs de leur force, raffermie par leur brillante victoire en un set face aux Caennistes maoïstes, que les camarades de Paris-Saint-Germain-en-Laye se présentaient en ce premier vendredi d’automne dans le stade du Footlouse Touball Club, avec en ligne de mire le début de leur aventure européenne, cinq jours plus tard à Sofia, en match aller du premier tour de la Coupe d’Europe des vainqueurs de coupes.

Autant vous dire que ce déplacement en terre d’ovalie, juste avant nos grands débuts sur la scène internationale, on en avait franchement rien à branler. C’était un peu comme se coltiner au petit-déjeuner un quignon de pain rassis et sans gluten sur le carrelage froid et humide de la cuisine, alors qu’une belle brioche tout juste sortie du four et dégoulinante de confiture aux fruits rouges nous attendait sur la table de la salle à manger. Pour tout avouer, j’ai longtemps songé à passer mon tour ce soir-là. Tout me paraissait plus enthousiasmant que ce match gris et terne. Par devoir plus que par envie, j’ai pourtant consenti à m’affaler devant mon streaming dégueulasse, et à vous narrer les péripéties ordinaires d’un club de banlieue parisienne destiné à des échéances autrement plus grandes que cette banale rencontre tout juste bonne à tenir lieu de fond sonore pour vos insipides after-works entre esclaves ultra-libéraux gras et stupides, satisfaits de pouvoir quitter la prison du bureau pour celle de la maison de campagne de vos beaux-parents. À Dinard. Alors qu’il pleut. Et que vos lardons ne font pas encore leurs nuits. Mais c’est bien parce que c’est vous, bordel.

Notre adversaire était lui aussi d’une banalité sans nom dans le paysage du football franchouillard provincial. Un vieux vélodrome en guise de stade, quelques chômeurs longue durée, intérimaires en vacances et étudiants poils aux dents pour mettre de l’ambiance, deux-trois Sud-Américains sur la pelouse pour faire illusion, et enfin un coach tout en gueule et en grosses couilles bien apparentes pour mener le bazar. À bien y regarder, à un détail près, ces qualificatifs peuvent tout aussi bien désigner notre propre club. D’autant que, tout comme nos chers Bleus-et-un-peu-violets parisiano-saint-germanois, les Footlousains se parent de mauve, même si ça ne leur sied pas aussi bien qu’au petit Lucas.

Malgré tous ces points communs, la différence avec nos demi-frères jumeaux ennemis chromatiques est grande, et d’ordre idéologique : car si l’équipe de PSGEL défend les intérêts de la classe dont elle est issue et qu’elle représente, les Sudistes-oui-mais-nous-au-moins-on-a-le-soleil-con n’ont à défendre que leurs salaires et les burnes king-size de leur coach (parce qu’à force de les poser sur le bord du terrain, faut pas s’étonner si on lui marche dessus par inadvertance).

 

PSGEL
Les joueurs footlousains entrent sur le terrain. Au premier plan, les couilles de rechange du coach.

 


LA RENCONTRE


 

Le premier acte peut facilement se résumer en quelques phrases : après une première demi-heure qui a vu PSGEL faire circuler le cuir sans idées et donc sans se montrer dangereux face à des Violés pressant très haut, les Alto-Séquanais se sont réveillés dans le dernier quart d’heure de la première période, butant par à-coups, au terme de quelques combinaisons de fort belle facture, sur un goal pré-pubère touché par la Grâce virginale.

S’appuyant sur un nul obtenu assez miraculeusement à la pause, le coach footlousain faisait gonfler ses burnes dans les vestiaires pour remotiver ses joueurs. Ceux-ci, comme montés sur ressorts, entament la seconde période tambour battant en récupérant très haut dès le coup d’envoi, et en trouvant leur avant-centre suédois dans la surface. Celui-ci s’écroule dans la surface, bousculé par Serjorié. Double peine : penalty, mais aussi deuxième carton jaune et donc expulsion pour le latéral. La pénalité est transformée, 1-0 pour les Footlousains.

Réduit à dix, PSGEL, qui doit pourtant rattraper son retard, ne propose rien de bien dangereux dans le quart d’heure qui suit, et fait montre des défauts qui lui sont caractéristiques depuis le début de saison : le 4-3-3 de la dernière saison a été conservé, et laisse un énorme trou au milieu de terrain en l’absence du grand Yougo à catogan qui, malgré sa traîtrise, présentait au moins l’intérêt d’occuper cet espace entre les lignes, d’offrir des solutions de passes, et d’ouvrir le champ dans l’axe pour les ailiers – un profil qui ne correspond pas à celui du camarade Eddy (qui a cependant bien d’autres atouts pour lui), ou encore à celui de l’angelito de Marie (franchement en dedans en ce début de saison). Bien qu’il en ait assurément l’intention, mon petit coach espingouin ne semble pas avoir les mains entièrement libres au moment d’apporter une solution à ce problème, qui serait pourtant vite réglé par l’entrée dans le onze titulaire du beau et maigre Xavier, mon beau numéro 10. Une force invisible semble pourtant tenir celui-ci cloué sur le banc, et le condamne à démontrer l’étendue de sa classe par de brèves apparitions qui nous laissent sur notre faim.

Ce match à Footlouse n’a pas échappé à la règle : l’entrée du Flasque, à l’heure de jeu, a tout de suite apporté des solutions nouvelles et du danger, malgré le fait que les Parisiano-saint-germanois jouaient alors à dix, et bientôt à neuf avec l’entrée de monsieur Motta, dix minutes plus tard. Celle-ci a en effet sonné le glas de nos derniers espoirs : à peine le temps de placer une belle ouverture, que le vieux beau ritalique prenait son petit jaune habituel pour une belle gifle toute en finesse sur un Footlousain de ses amis, puis manquait de peu l’expulsion à peine une minute plus tard pour une bousculade stupide. Autant vous dire que je conchie l’arbitre pour avoir été si clément avec cette ordure fasciste, car cette expulsion nous aurait bien rendu service : cinq minutes après cet incident, sur une remise en jeu anodine, le vieux avec ses genoux en compote ratait son contrôle le long de la ligne, et laissait du même coup tout l’espace et le temps nécessaire à l’attaquant footlousain pour chiper le ballon et aligner notre goal.

 

PSGEL
Le buteur footlousain mystifie Motta d’un dribble déroutant.

 

2-0, une erreur à l’image d’un match marqué par les imprécisions techniques et l’implication plus que douteuse des joueurs dans les duels. L’intensité n’y était pas, et c’est en fin de compte une défaite logique pour nous, qui nous confirme à la fois que Thiago Motta est une salope, et que notre salut viendra de Javier Pastore, ce bel homme (au moins ça m’a permis de retenir leurs noms). Pas de notes pour les joueurs, ces quelques mots auront certainement suffi à vous faire saisir l’idée générale. Au pire, reportez-vous aux notes de fin d’acad’, le patron vous en apportera un ramequin, vous vous ferez une idée.

Pour clore cet épisode douloureux, les images de la joie des Footlousains :

 

PSGEL
Les Footlousains piétinant les certitudes de PSGEL.

 


Deuxième partie : « De l’autre côté du rideau »


 

Voilà enfin le moment que vous attendiez tous, le grand voyage vers l’inconnu, le début de l’Aventure avec un grand A, l’acte fondateur d’une épopée fantastique dont les échos héroïques résonneront pendant des décennies dans le cœur des prolétaires de tous pays : l’entrée en lice de Paris-Saint-Germain-en-Laye dans la glorieuse Coupe d’Europe des vainqueurs de coupes, qui a couronné les plus grandes équipes du continent, et qui sera bientôt le piédestal sur lequel trônera l’idéal marxiste de l’Internationale footballistique.

En d’autres termes, un match aller de premier tour européen, joué dans un stade vieux comme Lénine, rempli au tiers de sa capacité par des Bulgares somnolents, récupérant de leur dure journée de labeur au kolkhoze – pas comme vous, bande de fiottes capitalistes. Un déplacement en terre promise qui fleure bon le traquenard, face à d’anciens porte-drapeaux de la révolution prolétarienne, bileux de leur déliquescence  politique et sociale, et désireux de retrouver un peu de fierté face à leurs glorieux successeurs, les camarades-athlètes 2.0 de PSGEL. Objectif pour notre secrétaire de section : éviter la casse, et se mettre en bonne position pour le match retour au Parc interdépartemental des Princes des Hauts-de-Seine.

 


LA RENCONTRE


 

Le début de mâche, bien loin d’effacer les doutes dans le jeu entrevus quelques jours plus tôt chez les danseuses sudistes, confirmait encore une fois les carences du moment, grandement imputables au sempiternel 4-3-3 des familles : un pressing désordonné, sans agressivité, un vide et un manque d’appuis entre les lignes, et beaucoup, beaucoup de pertes de balle franchement évitables. Bref, les limites actuelles d’un effectif qui semble jusqu’à présent bien peu réceptif aux préceptes de mon protégé espagnol, et qui a surtout l’air de s’en ballec’ sévèrement. Le premier quart d’heure voit d’ailleurs les Bulgares – ou plutôt les Brésiliens d’Extrême-Orient qui composent le onze de Bulgarie – se rapprocher dangereusement des cages alto-séquanaises en effectuant un pressing haut. Un contre mené à trois contre deux, et stoppé in extremis par le retour de Serjorié, amène ainsi un coup franc à l’angle de la surface, successif à une triple faute de l’indécrottable monsieur Motta. Sans surprise, on s’en prend une : notre mur s’ouvre avec plaisir devant le tireur bulgare, comme une nippone devant un monstre à tentacules. 1-0, et c’est même pas immérité.

 

PSGEL
La réaction des joueurs bulgares devant le trou béant du mur de PSGEL.

 

Comme face à Footlouse, la réaction parisiano-saint-germanoise tarde à venir, et il faut attendre la vingtième minute pour voir enfin une action porter le danger sur les cages bulgares. La domination territoriale du PSGEL demeure stérile face à des Bulgares toujours pressants, et prompts à repartir en contre. Les deuxièmes ballons, les contres favorables, et même les restants de frites à la cantine : tout est pour eux en ce début de rencontre. Ne restent aux joueurs de PSGEL, au jeu peu inspiré et sans intensité, que des miettes d’occasions, et des penalties non sifflés, à l’image de celui – pourtant évident – que le camarade Eddy était en droit d’obtenir après avoir été mis à terre dans la surface adverse.

Le salut vient de là où le jeu pêche habituellement : il suffit qu’un joueur du milieu de terrain s’insère pour une fois dans l’espace entre les lignes, derrière l’attaquant – en l’occurrence le petit Verratt-il, verratt-il pas – pour créer un décalage. Le hibou italien lance en effet le brave Blaise dans le dos de la défense, à la limite du hors-jeu, et celui-ci aligne le gardien bulgare juste avant la pause. 1-1, on s’en sort foutrement bien.

La seconde période, si elle n’atteint pas des sommets artistiques, voit au moins la formation alto-séquanaise hausser quelque peu son niveau de jeu : c’est amplement suffisant pour déstabiliser une équipe bulgare qui a visiblement cessé de jouer après la demi-heure. En cinq minutes, tout s’accélère soudain, après un début de mi-temps assez terne : les Bleus-et-violets plantent par l’intermédiaire de leur guérillero préféré, sur un coup franc du petit Ange légèrement dévié dans le petit filet opposé (1-2) ; puis, les Bulgares manquent l’égalisation sur un penalty concédé – je vous le donne en mille – par ce cas social de Motta, suite à une relance dans l’axe au moins aussi stupide de Serjorié sur un corner dangereux ; enfin, PSGEL, qui a eu chaud, se met à l’abri après que le petit Lucas, lancé idéalement sur le côté droit, ait centré en retrait en bout de course pour le camarade Cavanini, qui coupe au premier poteau pour son deuxième but de la soirée. 1-3, un score finalement logique sur l’ensemble de la rencontre, mais qui était loin d’être acquis après un quart d’heure de jeu…

 

PSGEL
Ou comment célébrer un penalty avant même qu’il ne soit marqué.

 


LE SOVIET HYGIÉNIQUE


 

Saint-Aréole (3/5) : Prestation mi-figue mi-pruneau pour le jeune goal de PSGEL, qui ne peut pas grand chose sur les buts bulgare et footlousains, et sort quand même la parade qu’il faut sur le penalty – certes très mal tiré – des gens de l’Est. Ça vaut toujours mieux que le fasciste de service.

Serjorié (1/5) : Un penalty et demi concédés, une expulsion évitable, des gestes défensifs pas très rassurants… Chassez l’analité, elle revient au galop.

Marquignognos (2/5) : Non pas qu’il ait été désastreux, mais il s’est montré particulièrement fébrile dans ses interventions défensives, ratant systématiquement ses tentatives d’interception, et créant du même coup des brèches monumentales dans son dos pour les contres bulgares.

Capitão Thiago (3/5) : Notre black block national a bravé son assignation à résidence pour boucher les trous en défense centrale. Ça n’a pas toujours suffi.

Maxouèlle (2/5) : Pas très en vue offensivement, peu rassurant défensivement… On l’a vu faire mieux.

La salope (0/5) : Thiago Motta est une salope.

Marco Verrine (3/5) : +1 pour son dépassement de fonction sur l’action de l’égalisation, c’était ce qu’on attendait de lui en l’absence – bien regrettable – du beau Javier.

Remplacé par Grzegorz (au pays des Bulgares, le Polak est roi).

Le brave Blaise (3/5) : Heureusement qu’il était là pour apporter un peu de profondeur. Brave petit nègre, toi aussi, tes ancêtres sont gaulois.

Lucas (3/5) : +1 pour sa passe décisive. Sinon, pas grand chose à se mettre sous la dent. Totalement invisible contre Footlouse.

ADM (2/5) : +1 pour son coup franc/passe décisive. Un nombre de balles perdues assez consternant. En cela, il représente bien les carences actuelles de son équipe, friande d’imprécisions techniques, et avare en efforts, aussi bien défensifs qu’offensifs.

Remplacé par un petit jeune inconnu.

Camarade Eddy (4/5) : Contre Footlouse, il tombe malheureusement sur un gardien en état de grâce qui lui vole deux buts presque déjà faits. Contre les Bulgares, malgré le peu de ballons donnés dans de bonnes conditions, il plante un doublé salvateur. Que demander de plus ?

Remplacé par un petit jeune un peu moins inconnu.

 


LE SECRÉTAIRE DE SECTION


 

Réveille-toi, Unai ! Va, cours, crie sans crainte ! N’écoute pas ces petites salopes, libère-toi de tes démons laurent-blanquistes, secoue tes joueurs, remplace la salope ritalienne par le beau Javier, et le tour est joué ! Gloire aux numéros 10, gloire à PSGEL, et vive l’Internationale footballistique !

 

Voilà, les enfants. Deux buts d’avance avant de recevoir les Bulgares au retour, c’est finalement inespéré au vu du début de match ! Pour faire le parallèle avec Footlouse, deux matches assez similaires, tant dans le niveau proposé par PSGEL que dans les plans de jeu adverses, et en fin de compte, deux résultats opposés. Un bilan mitigé mais pas encore catastrophique, donc. Espérons quand même qu’on va vite redresser la barre avant d’affronter des onzes d’un autre calibre. Je crois en toi, Unai. #BringBackMyJavier

 

Cordianalement,

Georges Trottais

 

 

[P. S. : Thiago Motta est une salope]

5 thoughts on “Les Aventures de la Porte de Saint-Cloud Académie : L’énigme du parapluie bulgare

  1. Oh oh… « Bella ciao » en légende de l’acad’… Le comité relecture connaît ses classiques… Ça j’aime !

  2. Le gif japonnais valeur sûr!

    Bravo pour footlose, mais il fallait quand même noté et sanctionner au goulag ces traîtres à la révolution…

    1. Je ne retiens que deux choses de ce match : l’analité universellement reconnue de Thiago Motta, et le génie incompris de Javier Pastore. Il s’avérait donc inutile à mes yeux d’épiloguer plus longuement sur les performances des autres joueurs, puisque tout se résume à cela.

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