EA Trincamp / Paris SGEL (1-3) – La Porte de Saint-Cloud Académie s’en remet à son sauveur

Nolan Roux is the new François Perrin.

 

 

Ah, mes chers amis,

Que c’est bon de retrouver le cadre champêtre et sympathique de notre bonne vieille Liguain ! Après tous ces mois de tournois estivaux sans intérêt, tous ces mâches de préparation contre des faire-valoir, nous revoilà enfin dans le vif du sujet : un bon vieux traquenard à l’ancienne dans le stade de province chauffé à blanc d’une équipe de seconds couteaux assoiffés de sang… Respirez-moi un peu cet air pur, entraînant avec lui les effluves d’engrais chimiques, de frites baignant dans l’huile et de vestiaires qui sentent le vieux chasuble passé sur huit joueurs transpirants sans avoir été lavé… Admirez ces tronches avinées, ces sponsors aux couleurs criardes, ces mascottes finies à la pisse de graphiste raté… Écoutez le son délicat de ces cornes de brume, la mélodie joyeuse de ces chants homophobes et racistes, la symphonie subtile des consignes d’entraîneurs beuglées par dessus le brouhaha général… Goûtez à ces galettes-saucisses molles et décongelées, à ces bières sans alcool hors de prix, aux nuages de fumis qui vous percent les papilles en les mijotant doucement…

Tous les sens sont en éveil dans ce bon vieux championnat domestique que l’on a plaisir à retrouver, comme un doux foyer, après ces longues semaines à battre la campagne mondiale… Ras-le-bol de tous ces matches internationaux, de ces prolongations et séances de tirs au but interminables, de ces tribunes et supporters aseptisé•e•s et de ces célébrations pseudo-nationales récupérées par le pouvoir avant même que la victoire ne soit acquise… Nous voilà enfin de retour en Liguain, dans ce championnat qui nous attend déjà, bras et jambes grand•e•s ouvert•e•s, prêt à nous hisser à son sommet en nous jetant des fleurs et des encouragements, à peine audibles depuis notre piédestal : « Ô, puissant Péhèsseujé, ramène-nous des points à l’indice UEFA… Fais ruisseler sur nos humbles têtes la manne financière de tes aides d’État infinies en nous plumant de nos meilleurs joueurs pour mieux nous écraser sous ta botte encore luisante de la salive de nos éditorialistes… »

 

La Liguain devant Némarre : « Allez, roule-moi dessus, beau blond… »

 


LA RENCONTRE


 

Retour aux sources, donc, pour nos chers Bleus-et-violets de la section séquanaise de l’Internationale footballistique, qui avaient déjà commencé la saison dernière, à l’extérieur, dans la même campagne armoricaine, avec à la clé une victoire 3-0 et le premier but de l’autre blondasse brésilienne sous nos couleurs (merde, je voulais mettre le lien de mon acad’ de l’époque, mais je me rends compte que j’en avais pas fait, du coup débrouillez-vous avec ça). Notre nouveau secrétaire de section, le rouge teuton Thomas dont on nous a vanté les moult qualités tactiques, nous aligne pour l’occasion une équipe composite, entre bleusaille, vieilles connaissances et retrouvailles familiales, dans un 4-3-3 qui semble décidément immuable à Paris-Saint-Germain-en-Laye.

 

Et ouais, cette année, je me la joue comme ça, je mets des schémas.

 

Le tout début de mâche nous laisse espérer une rencontre placée sous le signe d’un gegenpressing féroce dans la moitié adverse, avec un N’coucou à la baguette dans l’animation offensive, très libre entre les lignes. Le problème, c’est qu’une fois les cinq premières minutes passées, PSGEL ne parvient plus à mettre le pied dans cette fameuse moitié adverse, et recule inexorablement face à l’impact physique mis dans les duels par les Brittons : le milieu est tout simplement bouffé à l’envie, et la défense ne sort pas pour lui porter secours.

Sous la pression, nos camarades-joueurs empilent les mauvaises passes et les erreurs de relance, qui profitent aux rapides ailiers adverses : après le débordement d’un fils de champion du monde qui a déposé sur place Tom le meunier au quart d’heure de jeu, Jean-Louis doit ainsi se distinguer et sortir une parade magnifique, au sol, sur le centre en retrait et la reprise plein axe qui suit, alors que sa défense était complètement aux fraises (alle fragole, comme on dit chez lui (au fait, vous saviez que ce bon vieux Jean-Louis avait joué à Parme avec Lil… Oui, vous le saviez ? Bon, je n’insiste pas alors)).

Cinq minutes plus tard, le jeune Colin manque un contrôle de la poitrine, pense naïvement que son capitaine va le sortir de ce guêpier, mais voit finalement un adversaire lui chiper le ballon et aller servir un coéquipier roux qui aligne ce vieux Jean-Louis à contre-pied (in contropiede, comme on dit chez lui). 1-0 pour les locaux, qui ont bien retenu qu’au football, ce n’est pas avec les pieds qu’on marquait.

 

 

Et le calvaire continue de plus belle pour nos chers joueurs, qui voient pointer un deuxième but sur une louche dans le dos de la défense, remisée dans l’axe par un Marcus (mais ils en ont combien, bordel ?) pour la tête d’un petit Nicolas. 2-0, ça sent la br… Ah ben non, au temps pour moi, la sacro-sainte VAR ayant fait action divine, le but est refusé après une demi-heure de palabres, pour un croc-en-jambes fort peu évident, même après mille et un ralentis. La décision des arbitres inspirera par ailleurs cette intelligente saillie à Olivier Tallarond : « Mais alors, même avec la vidéo, c’est contestable ? »

L’ensemble des spectateurs du stade s’étant tu devant tant de sagacité, le mâche reprend sur un petit rythme, avant que les locaux ne reprennent peu à peu leur domination après cette pénible interruption. Le milieu parisiano-saint-germanois est toujours soumis à la pression, les ailes prennent l’eau, les attaquants ne proposent aucun mouvement, des tacles en retard, pas de pressing collectif, un avant-centre tout simplement introuvable (d’ailleurs, vous saviez que Jean-Louis avait également joué contre le père de ce gamin-là, qui est aujourd’hui président de… Ah, vous le saviez aussi ? Bon, d’accord, je n’insiste pas…). Bref, on est pas mécontent de rentrer aux vestiaires avec un seul but dans la musette.

SAUF QUE VOILÀ : dans le vestiaire parisien, à la pause, le ténébreux Thomas décide d’allumer un bûcher avec les manuscrits des derniers ouvrages de Marc Lévy (brûler des livres juifs, une vieille tradition allemande), et d’y sacrifier un jeune du centre de formation pour invoquer un Mbappé élémentaire de feu. Il le place à la pointe d’un 4-2-4 audacieux, en compagnie de Némarre, le duo étant épaulé par les ailiers N’coucou et Angelito.

Les effets de l’incantation ne tardent pas à se faire sentir : le K nous gratifie rapidement d’un grand pont pour déborder à gauche, et sert Némarre qui subit un tacle litigieux dans la surface. Malgré les efforts du Brésilien pour exagérer sa chute et la faire ressembler à s’y méprendre à une grotesque simulation, la faute est bien réelle, et le tombeur se charge de le transformer en toute sérénité, 1-1. Quelques minutes plus tard, Kiki nous offre cette fois-ci un subtil petit pont avant de servir l’Ange de Marie, qui bute sur le gardien.

La vingtaine de minutes qui suit voit le rythme s’endormir quelque peu, avant que PSGEL ne remette un coup d’accélérateur dans le dernier quart d’heure, profitant de la logique baisse de régime adverse. C’est d’abord un poteau trouvé par Angelito sur corner à dix minutes du terme, avant que ce même Argentin ne s’infiltre quelques minutes plus tard dans la surface au prix d’un beau une-deux, et décale Mbappette qui peut aligner le goaliste : 1-2, puis 1-3 sur une balle en profondeur de Némarre pour le même Mbappette, à la limite du hors-jeu, qui s’extrait du marquage en démarrant quasiment à l’arrêt, et place un piqué tout en toucher rectal au-dessus du gardien.

 

Kiki vient se rappeler au bon souvenir de la Liguain.

 

Une première mi-temps ratée dans les grandes largeurs, une seconde dynamitée par ce diable de Kiki, et à l’arrivée, contrat rempli avec cette victoire dans le bourbier costarmoricain. Alors, oui, on pourrait disserter longtemps sur le but annulé par l’utilisation de la vidéo, ou même sur le pénalty non sifflé pour les Bretons sur une obstruction de notre lourd Belge, alors que les deux équipes étaient encore à égalité, à dix minutes de la fin. Arbitre corrompu, diront certains ? Pourquoi pas, après tout : le nouveau code d’éthique de la FIFA (DROITE) accepte bien officiellement la corruption (tant qu’on ne se fait pas choper avant dix ans). C’est pourtant bien connu, pour régler un problème, il suffit de faire accepter l’idée que ce n’en est pas un ! Et puis, s’il y a quelques gusses pour avoir à y redire, la FIFA se donne le droit de les bannir pour délit de « diffamation ». Le football, finalement, c’est aussi simple que la Cinquième République sous l’état d’urgence – ah ben non, pardon, que je suis bête, maintenant l’état d’urgence C’EST la démocratie, c’est marqué noir sur blanc, au temps pour moi.

 


LE SOVIET BIPOLAIRE


 

Jean-Louis Buffon (3/5) : Dites, vous saviez que Jean-Louis avait aussi joué contre le père de Thibault Giresse ? Ah, ben voilà, ça vous le saviez pas. Et pour le père d’Antoine Kombouaré, vous saviez ?

Tommy la Meule (1/5) : Étiré, rincé, essoré, blanchi par les attaques incessantes des Marcus dans son dos en première période, le petit Tom a en plus été parfaitement invisible offensivement. Non content d’avoir été inutile, il a bien failli provoquer un pénalty en fin de mâche sur une obstruction grossière.

Marquis & Titi (2/5) : C’est pas sorti beaucoup pour aider les copains du milieu quand y avait du grabuge, par ici. Mais ça a aussi dû compenser les errements des uns et des autres pour sauver les meubles, alors, on va dire que ça va.

Colin Bagdad (1/5) : Pari osé que d’exiler ce petit jeune inexpérimenté sur un côté gauche qu’il maîtrise mal. Et pari perdu, avec l’erreur qui amène l’ouverture du score, et beaucoup de fébrilité défensive en général, pour un rendement offensif proche du néant. Allez, on oublie ça, et on essaie encore, petit.

 

Colin n’avait pas senti Marcus Coco arriver dans son dos.

 

Antoine Bermudes (2/5) : L’autre bizut de la journée, qui avait hérité de la scabreuse position de sentinelle, a eu le mérite de tenter de jouer simple, mais a bien souvent été dépassé par l’impact physique adverse. Là encore, il faudra muscler encore un peu son jeu, mais tout n’est pas à jeter.

(Remplacé à la 80e par Gigi Le Celsuce, qui va devoir confirmer cette saison tout le bien qu’on pense de lui depuis que Ravière nous a lâchés)

Adrien Nabot (1/5) : Le relou de la bande, qui se prend pour un cadre alors qu’il n’a même pas de poil au menton, nous a gratifié d’une première mi-temps absolument merdique, perdant des ballons à la pelle. Un peu plus libre de ses mouvements en seconde période, il ne s’est pas beaucoup projeté pour autant, et n’a pas apporté ce qu’on attend de lui. Bouge de là, petit.

Chris N’coucou (3/5) : L’un des rares à surnager offensivement en première période. Chris a su se rendre disponible entre les lignes, créer des décalages, mais il était bien le seul. Replacé sur l’aile après la pause, il fut quelque peu éclipsé par la montée en puissance de ses compères de l’attaque.

(Remplacé à la 74e par Moussa le jeune, impliqué sur le premier but du Kiki, et plutôt prometteur)

Némarre (1 puis 4/5) : Actif mais inutile en première mi-temps, la pause et l’entrée du Kiki l’ont transformé, avec un but sur pénalty et une passe décisive sur le troisième but à la clé.

Ange de Marie (1 puis 4/5) : D’une lenteur à peine croyable dans le premier acte, il a donné un bon coup de collier en seconde pour se mettre au niveau de Mbappette, et s’en sort avec une passe décisive et quelques actions de classe.

Le fils de George (1/5) : Victime d’un changement tactique cruel mais nécessaire à la pause, il a traversé les 45 premières minutes comme le fantôme de son paternel, sans parvenir à se mettre en bonne situation pour recevoir la balle.

(Remplacé à la mi-temps par Kiki (5/5), le retour du fils prodigue)

La bise trotskanale,

Georges Trottais

Georges Trottais

L’homme le plus (lutte des) classe(s) du monde.

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