FC Metz – AC Ajaccio (3-1) : Metz que un déplacement pour I Sanguinari

Le saviez-vous ? Je n’étais allé au stade Saint-Symphorien de Metz qu’une fois avant celle-ci. C’était le 11 mars 2016, pour une défaite acéiste 3 buts à 2. Pour mon retour en Moselle, on a vécu un déplacement historique. On vous explique pourquoi.

C’est l’une des questions que l’on me pose le plus à propos de mes déplacements : « combien ça coûte ? ». Pas besoin de demander à Jean-Pierre Pernaut, j’ai fait mes calculs pour mon déplacement à Metz, l’un des plus longs de la saison. Voici le détail :

  • 45 euros de gazole à l’aller + 36 euros de gazole au retour = 81 euros de gazole
  • Courses pour le repas du midi et pour le retour = 23 euros
  • Place du match : 5 euros
  • Buvette dans le stade : 7 euros
  • Presse (j’achète L’Équipe et le journal local partout où je vais en dép’) : 4 euros 20

Au total, ce déplacement à Metz m’aura donc coûté 120,2 euros. En évitant les autoroutes, comme je le fais la plupart du temps, j’ai économisé 48 euros sur cette note. Maintenant, n’ayez plus peur, déplacez-vous, allez suivre votre équipe partout, suivez-moi. C’est parti.

Revenons à nos moutons. Il est 9h, ce lundi 20 août 2018. La 106 est encore à l’infirmerie et laisse sa place à la Mercedes de la daronne. Le GPS est lancé. Il affiche 7 heures de route. La réalité sera bien différente : mon arrivée à Metz se fait à 18h, soit 9h plus tard, après deux petits arrêts. Direction l’hôtel des joueurs. J’y retrouve Jean-Luc et sa petite famille, habitués au déplacements avec moi dans le nord-est du pays. La discussion se fait avec un CRS qui nous accueille avec un « C’est vous, les supporters de Bastia ? ». Une erreur qu’on subit à peu près dix fois par saison. On lui répond que non, nous c’est l’AC Ajaccio et un CRS rétorque à son collègue fautif : « Tu confonds tout, t’es un peu con, ça se voit que t’es CRS ». Rires. Les flics nous proposent ensuite de nous escorter en moto jusqu’au parcage visiteurs. Nous refusons mais nous sommes étonnés : il existe des flics sympas.

19h30, nous voici garés dans le parking du parcage visiteurs. Nous nous avançons vers le guichet. Là, un gros, dont les bourrelets dépassent entre les boutons de sa chemise, nous accueille. Je lui demande une place et me la donne, après avoir cherché un moment dans le gros tas de billets qu’il avait. Je ne comprends pas trop ses gestes mais soit, j’ai ce qu’il me faut. Jean-Luc prend ensuite 5 places. Et le mec du guichet ne lui en donne qu’une et se trompe en rendant la monnaie. Là encore, on ne fait pas forcément attention et nous nous dirigeons vers le stadier qui s’occupe de la fouille. Il pointe du doigt un problème avec les billets. Et là, tout s’éclaire. En fait, l’obèse du guichet s’est fié au numéro du rang figurant sur la place pour nous donner les billets. Pour ma place, il a cherché dans son tas un ticket où figurait le chiffre « 1 » sous la colonne « rang ». Pour les 5 places de Jean-Luc, le mec a cherché sans son tas un ticket où figurait le chiffre « 5 » sous la colonne « rang ». Vous suivez ? Complètement débile le type. Il s’excusera en disant que c’est « la première fois » qu’il fait ça. J’aurais pas aimé être là la première fois qu’il a baisé.

Bref, passons. La fouille n’est pas chiante, le stadier qui s’en occupe très sympa. C’est l’un des seuls stadiers dans tous les stades que j’ai fait qui nous souhaite la bienvenue avec un « Bonjour à vous et soyez les bienvenus à Metz ». Agréable. (Même s’il nous a interdit de faire rentrer les stickers)

Vient le moment tant redouté du bâchage. Il faut savoir qu’à Metz, une grande vitre en plexiglas devance le parcage. Glissant, moche et pas pratique. Pour bâcher, il faut avoir un doctorat, un diplôme d’escalade et un échafaudage. Bon, on n’avait rien de tout ça, mais au final, on a réussi à installer la bâche d’I Sanguinari. Derrière elle, nous sommes 6 au total en parcage visiteurs.

Dans la foulée, nous recevons un invité : le mec qui s’occupe de la buvette. Il nous annonce que la buvette du parcage visiteurs ne sera pas ouverte car nous sommes moins de 30 mais qu’il va prendre notre commande et qu’il va venir nous livrer. Un homme d’une gentillesse rare dans un stade. Il prend les commandes et revient nous la livrer quinze minutes plus tard.

C’EST DONC L’HEURE DU CASSE-CROUTE !

Les + :

  • La gentillesse du type
  • Se faire servir sans se déplacer, c’est agréable
  • Le mec de la buvette nous a fait une ristourne
  • On nous a servi un hot-dog, un sandwich assez rare dans une buvette, c’est appréciable
  • Il y avait de la sauce samouraï !!! Première fois de ma vie de groundhopper que je vois ça. Et en plus, elle arrachait bien la gueule.
  • Le hot-dog était servi dans la moitié d’une baguette, une bonne quantité.

Les – :

  • Manger un chien-chaud froid, c’est plutôt regrettable
  • La bière servie est sans alcool, et c’est franchement pas très bon
  • La saucisse est en plastique, mais c’est quand même meilleur qu’une Knacki

Note sur le guide Michelin/Perfettu des buvettes de Ligue 2 : 3,5/5. Ce n’était clairement pas le meilleur hot-dog de ma vie, ni le meilleur sandwich vendu en buvette. Mais il n’y a pas que le goût dans la vie, il y a également l’accueil. Le mec de la buvette est venu prendre la commande, est venu nous l’emmener, nous a fait payer 40 euros au lieu de 48, le tout avec le sourire. Il est même revenu avant la fin du match pour savoir si on voulait remanger ou reboire quelque chose. Une telle gentillesse, c’est rare. Cela ne nous fera pas oublier la bière sans alcool, le pain industriel et la saucisse en plastique mais le service et la sauce samouraï viennent relever la note. Bravo au FC Metz.

Dans la foulée, on va parler des chiottes. Nouveauté cette saison : on va également noter les… toilettes des stades de Ligue 2. Alors faites attention, les photos peuvent choquer les âmes les plus sensibles.

Les toilettes du parcage visiteurs de Metz sont ambivalents. D’un côté, les dalles du plafond sont démontées, on y voit de gros trous. Les chiottes en général sont neutres, pas sales – même si je n’y dormirais pas -, sommaires et ne sont pas puantes. Il y a cependant un gros bémol : cette pissotière collective répugnante. Cet ensemble plutôt insignifiant est toutefois nuancé par quelque chose de très agréable : dans les toilettes, il y a du PQ, du savon qui sent bon et des torchons déroulants propres.Et c’est pas partout comme ça. Note : 3,25/5.

Revenons au match. Ou plutôt à l’accueil, encore une fois. Avant le début de la rencontre, au moment de la présentation des équipes, le speaker nous a dit un petit mot, nous souhaitant la bienvenue. Là encore, c’est très rare. Le match se déroule sans aucune surprise. Jérémy Choplin et Kévin Lejeune, anciens du FC Metz, ont été longuement applaudis, l’ACA s’est fait bouger, Habib Diallo a marqué et on a perdu.

Après le coup de sifflet final, malgré la défaite, la plupart des joueurs acéistes sont venus nous saluer, de plus ou moins loin, comme depuis le début de saison. Ça change et c’est fort agréable (décidément, c’est un mot que j’aurais beaucoup utilisé aujourd’hui). À la fin, avant de débâcher, je vais donner une poignée de boulons et de rondelles que j’ai trouvé sur des sièges du parcage au stadier pendant que la famille de Jean-Luc ramasse les déchets de la soirée. Le stadier n’en revient pas et est à deux doigts de nous sucer la bite. Il nous dit « Si tout le monde était comme vous, ce serait génial, c’est pas le Pérou ». Bon ok, cette expression n’a aucun sens dans cette phrase, mais c’est quand même ce qu’il a dit. Super sympa, mais pas un génie, ce mec. On le remarquera ensuite lorsque je lui demande de nous prendre en photo.

Il est désormais l’heure de repartir. Départ à 23h, arrivée chez moi à… midi le lendemain, après une longue route et une pause sieste dans un endroit pas comme les autres. Le déplacement est officiellement terminé et il restera dans les annales. À coup sûr, il sera l’un de mes meilleurs dép’ de la saison. Bon, vous l’aurez compris, c’est pas grâce au résultat de l’ACA, mais grâce à l’accueil, à la gentillesse et à tout ce qui a entouré le match. Il y a même des ultras messins qui m’ont invité à boire une bière. Promis Metz, je reviendrai.

Perfettu

Perfettu Erignacci De l'Aiacciu

5 commentaires

  1. Magnifique. Un des rares dep’ de France que j’ai pas faits, et ça donne envie, tiens ! Hâte de lire les futures appréciations des lieux d’aisance de notre bonne vieille Ligue 2 :-)

  2. Merci pour ta visite !Au plaisir de vous revoir à Metz !!!

  3. Bonsoir,
    Nous sommes des supporters d’un club de N3 Bourguignon encore un (très) peu connu…Nous suivons vos pérégrinations assidûment et nous nous déplaçons nous aussi pour suivre notre équipe dans des destinations parfois improbables…Nous serions ravis de vous offrir pitance et gîte d’étape dans le Mâconnais à l’occasion de l’un de vos prochains déplacements passant par nos contrées viticoles! Et partager avec vous un moment de ce supporteurisme ingrat et incompréhensible qui nous enivre pourtant chaque WE…Si cela vous tente vous ferez deux heureux!

  4. Bonsoir, Nous sommes supporters d’un club de N3 ayant connu des heures de L2 assez glorieuses {ou pas). Nous suivons assidûment vos pérégrinations…Nous serions ravis de vous accueillir dans notre Mâconnais lors de l’une d’elles Pour une soirée étape à l’occasion d’un match de l’ACA.

  5. A Metz, on est idiot mais gentil… Peut être que je ne suis pas de Metz après tout…

    Content que le séjour à HobbitLand t’a offert autant de réjouissance. C’était une bien « agréable » acad’ en tout cas.

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