Egypte-Uruguay (0-1) : La Tupamaros Academia livre ses notes.

Ola hermanos,

Le maillot, vous le connaissez. Le football, vous le connaissez. Le pays, vous le connaissez au moins de nom. Mais l’esprit qui nous anime, le connaissez-vous ? C’est l’esprit de la liberté émancipatrice, de la fièvre qui tend à repousser les montagnes au nord sur l’oppresseur brésilien et l’océan au sud dans les pieds de ces putas argentines. Nous sommes petits mais nous sommes teigneux, pleins d’une vitalité sans limite (du moins tant qu’on peut boire notre maté). Nous sommes les Uruguayens.

Mais pas seulement des Uruguayens. Nous sommes la frange éclairée qui libérera les peuples méprisés, les tenants de l’action directe héritée de la FAU, qui citons Marx pour bien autre chose que défendre l’hégémonie du grand capital. Nous sommes les TUPAMAROS !

Pour ce premier match contre un des pays les moins démocratiques du monde, au sein de la poule la plus oppressive du globe dans un des pays les moins libres de l’univers, la menace est identifiée formellement en la personne de Mohamed Salah. Le vil agent de Sissi, camarade objectif du traitre Kadyrov, va devoir découvrir les joies du socialisme à la culotte de Diego Godin. Ou à défaut, il découvrira les joies d’un duel au couteau. Ni oubli, ni pardon !



Le match.

Ah mes amis la lutte était âpre et sans fioritures. Bien décidés à sacrifier à la beauté de l’objectif le raffinement des modes d’action, le tout dans un stade parmi les plus infâmes qui nous ait été donné de voir (avec des gradins inexplicablement vides dans les tribunes basses), les vaillants guerilleros de la Celeste ont alterné longs ballons en pure perte et phases directes pour tenter d’atteindre le plus vite possible leurs pointes, que l’on sait affûtées comme des coupe-choux.

Entre centres adressés généreusement aux gants du gardien et phases de possession aussi stériles qu’une politique de relance menée par des socialistes, il a fallu le génie dialectique de notre meilleure paire : Diego Godin pour tranquillement écrire les pages enfiévrées qui échauffent les esprits séditieux et Gimenez pour enflammer les braises de la révolte (1-0, 89e). La parole divise et l’action unit : taisons-nous et apprécions cette première victoire, camarades !


Les notes.

Muslera 3/5
Rarement inquiété, si ce n’est par les quelques centres mal appareillés des oppresseurs, il a résisté aux viles attaques des Pharaons avec sérénité.

Caceres 3/5
Mais quel bel homme. Peu importe qu’il n’ait pas pesé lourd dans ses montées offensives, ni apporté de solides garanties pour bloquer son couloir : la révolution s’accommode aussi très bien de têtes bien faites prêtes à porter sa propagande son universel message !

Godin 4/5
Le plan d’immanence des conquêtes à venir porte un nom, frères et sœurs ! Qu’il vole ou qu’il cloue au sol fertile de notre grandeur future les ennemis de la liberté, il arbore ce nom à écrire dans toutes les écoles de football et du socialisme réel comme les odieux possédants arborent leur palmes. Ce nom, c’est Diego GODIN !

Gimenez 5/5
L’histoire retiendra qu’on peut vivre dans l’ombre des grands noms, des hommages et des tournants de l’histoire, mais qu’une présence éclairée à un moment-clé vaut mieux qu’une vie de lutte dans l’anonymat. Si c’est contraire à la doctrine, cela ne nous en donne pas moins la victoire.

Varela 3/5
Un enfant de la révolution loin encore de sa pleine réalisation, placé un peu au hasard et malhabile dans l’application pratique de ses desseins. L’important étant qu’il soit resté disponible jusqu’à la fin.

Bentancur 4/5
On lui a vu de belles dispositions pour huiler les mécaniques rugueuses du progrès, nul doute qu’il acceptera volontiers de prendre sous peu la place du chauffeur dans la locomotive du train blindé.

Vecino 2/5
Bien caché dans l’ombre de Bentancur tout le match, il a réalisé une sortie aussi anonyme que sa prestation.

De Arrescaeta 2/5
Était-ce bien ce que l’on demandait à son rôle d’ailier de venir ainsi ternir le travail de ses camarades dans le cœur du jeu ? La discipline et l’application scrupuleuse de la doctrine sont la base d’une réussite millénaire, jeune franc-tireur !

Nandez 2/5
Le jeu globalement axial ne lui a pas vraiment réussi, comme à son compatriote du côté gauche. Il était cependant bien là pour apporter soutien logistique et moral.

Suarez 1/5
Il pleurera encore, essayera toujours, mordra peut-être…mais dans un autre match. La lutte est faite d’échecs et de répétitions, d’embûches et de cahots, ainsi que de pleurnicheries de grosses têtes de cons, aussi.

Cavani 4/5
Le Samson de notre saine révolte ! Que jamais l’infâme opportuniste à gros cigare ne lui coupe un centimètre de cheveux, d’où il tire vista et généreuse mise en commun des potentialités !

SUBSTITUTOS.

Sanchez 4/5
Une brique épaisse et forte pour cimenter une telle victoire en tirant parfaitement son coup franc, c’était bien tout ce dont Oscar Tabarez avait besoin.

Rodriguez NN
Tout en muscle. Les fiers Tupamaros vont à la salle aussi, parfois.

Torreira NN
Ola cabron.


Si la parole des féodaux à coiffe dorée vous intéresse, vous la trouverez ici, sous le beau stylet de Pharaon Rolantournevis, scribe de qualité. Mohammed Salah n’a même pas joué, effrayé qu’il était de voir son épaule céder définitivement sous les assauts des vrais compagnons de la liberté. Notre route n’a pas de fin mais elle connaîtra une prochaine étape avec une rencontre face à un nouvel oppresseur notoire : l’Arabie Saoudite. D’ici là, maté pour tout le monde !

Diego Guedin.

Diego Guedin

Présent sur tous les fronts révolutionnaires sud-américains depuis les premiers soubresauts zapatistes, Diego Guedin joue les agitateurs partout où il passe. Il a choisi la voie populaire du football pour faire valoir les droits du prolétariat qui travaille ses centres à l’aide de ses mains calleuses.

3 commentaires

  1. Félicitations compañero pour ce bel article, et pour cette victoire qui fera avancer la cause à n’en point douter. Si je n’étais pas un monarque absolu, j’y croirais presque à votre histoire de dictature du prolétariat.

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