FC Lorient-AC Ajaccio (1-0) : la Bretagne, ça nous gagne (enfin presque)

Vous savez, ma plus grande peur dans la vie n’est pas la mort, ni les araignées, mais celle de tomber en panne en 106 sur la route d’un déplacement. Et c’est (presque) ce qui m’est arrivé en allant à Lorient. Récit.

Aller en Bretagne est toujours un périple. Surtout quand on a une 106 de 1994 avec 316 000 km au compteur. Après une heure de route à peine, sur une 2X2 voies, le voyant du liquide de refroidissement s’allume et de la fumée blanche sort du capot. Arrêt obligatoire sur une aire de repos pour un atelier mécanique. J’attends, je rajoute du liquide de refroidissement, de l’huile, j’attends. Et je repars. Mauvaise nouvelle : le voyant reste allumé. J’hésite. M’arrêter et attendre la dépanneuse puis une voiture de location ? Ou alors continuer et croiser les doigts en espérant arriver à l’heure au stade ? La deuxième option est choisie. Je roule, je roule, je roule, le voyant s’allume, s’éteint mais la 106 tient le coup.

Au final, il semblerait que cette mini-panne, qui m’a fait perdre une grosse heure – heureusement que je pars toujours très en avance -, n’était visiblement qu’un trop-plein de liquide de refroidissement. Rien à voir donc avec les pannes aux noms barbares et effrayants qu’on m’avait soufflées : joint de culasse et calostat.

Après 624 km mouvementés de route, me voici arrivé aux alentours du stade du Moustoir. Auparavant, le FC Lorient avait pris le temps de se renseigner sur ma plaque d’immatriculation, pour que je puisse entrer dans le parcage visiteurs sans souci. C’est la première fois qu’on me demandait mon numéro de plaque pour pouvoir entrer dans un stade de football. Le bordel commence maintenant. On va voir un stadier, qui ne sait rien du tout. On va ensuite attendre à l’entrée du parcage visiteurs, mais il n’y a ni guichetière, ni stadier. On retourne voir le premier stadier, qui est accompagné de son chef. Ils me disent « ah non, on ne connaît pas cette partie du stade nous, on ne vient jamais là normalement ». J’accoste un troisième stadier posté dans le stade. Il m’indique qu’il faut prendre le chemin de la billetterie principale. Je m’y rends de suite, tout seul, avec mon écharpe de l’ACA, sans escorte et au milieu des supporters lorientais, dont certains me regardent avec des gros yeux.

Au guichet, une personne âgée me reconnaît suite à l’article paru la journée dans la presse locale. Le mecs du guichet ne sait pas ce qu’il doit faire de nous. Il demande à son chef et revient avec les sésames dans la main. Détail important : le FCL nous a offert les quatre places, ce qui est assez rare pour être souligné. Me voici de retour devant le parcage. Mais les embrouilles ne sont pas terminées. Nous sommes 4 mais pourquoi ouvrir le parcage visiteurs, hein ? Autant nous mettre au milieu des supporters lorientais, tout en bas d’une tribune, avec des Lorientais qui vont nous faire chier à passer derrière nous pendant le match, n’est-ce pas ? C’est ce que le FCL a fait, à notre plus grand désarroi. Tout cela pour éviter de mobiliser un ou deux stadiers de plus. Si les supporters semblent être des sous-citoyens, alors les supporters visiteurs sont des sous-sous-citoyens.

Après avoir refait le tour du stade pour entrer dans le stade – encore une fois au milieu des Lorientais -, se présente la première fouille. Si on peut appeler ça une fouille : sac à peine fouillé, sac à dos pas fouillé du tout et palpation très sommaire. Si, quelques fois, on se plaint que les fouilles sont trop poussées, celle-ci a été trop vite expédiée. Dans la foulée, d’autres stadiers, plus hauts gradés visiblement, nous interpellent. Ils veulent fouiller le sac. Pas de soucis. Mais ils veulent fouiller le sac de la bâche là, devant l’entrée lorientaise, au milieu des supporters adverses. Je refuse et j’obtiens de déplier la bâche pour vérification un peu plus à l’écart. Enfin terminé. Enfin presque, on nous laisse ensuite en liberté, sans escorte et sans surveillance, au milieu de centaines de Lorientais, aller jusqu’à l’entrée de notre tribune. Pour la sécurité, on repassera. (Vous allez dire que les supporters se plaignent, soit on est trop encadré, soit pas assez. Et bien non, il faut juste trouver le juste milieu). Il est 19h50 lorsque nous nous installons dans notre tribune, tout en bas de la tribune Nord. Au moins, nous pouvons bâcher tranquillement mais impossible de nous retrouver entre membres d’I Sanguinari, de chanter et de prendre ses aises. Je me répète mais PUTAIN ouvrez-nous ce parcage visiteurs, on aurait été au top et on aurait fait chier personne.

Bref, nous sommes six supporters acéistes présents au Moustoir (Maxime, sa copine, Max et un ami, Sérid et moi). L’ambiance de notre kop est impactée par notre positionnement. On n’ose pas sortir le mégaphone et on n’ose pas trop chanter. Du coup, on assiste impuissant – comme si on nous avait enlevé notre droit de supporter notre équipe à 100% – à une première période assez fade sur le terrain et triste en tribunes (merde les gars, je croyais qu’il y avait bien plus d’ambiance que ça à Lorient). Même le chant en l’honneur d’Emiliano Sala à la 9e minute du match n’aura récolté qu’une voix, celle du kapo lorientais.

Heureusement, nous savons que le meilleur nous attend : le casse-croûte !

Les + :

  • Le choix. Énorme, vraiment. Et pour tous les goûts. Il y a même un burger vegan. En sucré ou en salé, tout le monde peut trouver son bonheur. Une palette de choix qu’on ne voit qu’à Lorient, en Ligue 2.
  • Le burger était croustillant, frais, avec plusieurs légumes à l’intérieur. Le fromage était savoureux et la sauce douce.
  • On a eu droit à des bonnes frites bien grosses et bien grasses et surtout pas trop cuite, comme on les aime.
  • La bière est alcoolisée et ça putain, ça fait du bien.
  • Il y a du vin chaud, bien sucré, au bon goût de cannelle. Un bon point pour le FCL, sachant qu’on ne retrouve du vin chaud que dans les buvettes de clubs amateurs, en général.

Les – :

  • On va faire la fine bouche mais le pain du burger était un peu trop dur et le sandwich était compliqué à manger proprement.
  • C’est la rançon de la gloire : à proposer de si bons produits, le prix est plus élevé que celui des autres buvettes de Ligue 2. Le combo burger+frites coûte ainsi 10 euros.

Note sur le guide Michelin/Perfettu des buvettes de Ligue 2 : 4,5/5. On va être clair tout de suite : le fait que nous ayons mangé dans les buvettes « normales » et pas « visiteurs » est clairement de la triche. Le FCL perd donc un demi-point de bonus mais récupère un demi-point de bonus pour la vraie bière et surtout le vin chaud. Sinon, le choix est gargantuesque, on pourrait manger tout ce qu’on veut jusqu’à se faire exploser le bide. Les produits sont bons, certains sont locaux et tous sont gras. En gros, c’est tout ce que j’aime. Alors chapeau au FCL pour ces jolis et bons stands de restauration. Je reviendrais la saison prochaine avec grand plaisir.

Ensuite, direction les toilettes, bien évidemment. Nouveauté cette saison : on va également noter les… toilettes des stades de Ligue 2. Alors faites attention, les photos peuvent choquer les âmes les plus sensibles.

Les toilettes du Moustoir sont… honorables. Comme pour la bouffe, nous avons eu droit aux toilettes des tribunes « normales » et pas celles du kop visiteurs. Le parcage n’étant que très peu ouvert, ce sont donc ces toilettes-là qui sont en majeure partie du temps utilisées par les supporters adverses. Qu’en penser ? Leur particularité se situe dans leur absence de toit, ce qui permet d’évacuer toutes mauvaises odeurs possibles. Les cabinets lorientais sont immenses mais plutôt sommaires. Au sol ? Du béton. Tout est rustre et gris. Si tout est globalement propre, on repassera au niveau du confort. Il n’y a pas de chauffage (bah non, puisqu’il n’y a pas de toit), pas d’eau chaude, pas de savon. Il y a tout juste des serviettes en papier pour s’essuyer les mains. L’ensemble n’est pas dégueulasse, loin de là, mais il est très quelconque. Note : 2,75/5.

À mon retour, je peux une nouvelle fois remarquer l’hospitalité bretonne quand un supporter est venu m’offrir une bière. Plus tard, le célèbre @CBourpiff viendra m’offrir une écharpe et le troll lorientais @RomLr_ viendra m’offrir sa virginité. De quoi égayer ma soirée. Car niveau footballistique, ce n’est pas ça. À 10 contre 11 depuis l’expulsion de Sainati à la 40e minute, l’ACA encaisse un but de Claude-Maurice et ne parviendra jamais à véritablement inquiéter le FCL. Score final 1-0. Les pieds dans l’eau, les orteils gelés et la mine déconfite, nous saluons les joueurs, qui seront trois à nous faire un petit signe de loin : Joseph Mendes, Benjamin Leroy et Jérôme Hergault. Nous débâchons, nous faisons un petit tour par le bus de l’ACA et nous repartons. Mais pour moi, cette fois-ci, pas de retour direct à la maison : je passe le week-end à Rennes, chez un ancien camarade de classe.

Après une visite de Rennes, quelques pintes et une galette-saucisse (qui est incontestablement le meilleur encas footballistique qu’il m’ait été donné de manger dans ma vie), me voici au Roazhon Park de Rennes, pour SRFC-Amiens. Encore un pauvre match en terme de jeu à mon actif. Mais j’aurais au moins eu le mérite de découvrir la population rennaise. Pendant le match, un homme visiblement ivre est venu me demander « c’est où Amiens, en Haute-Normandie, non ? ». Un peu plus tard, aux chiottes (qui sont dégueulasses, au passage), un obèse qui louchait est venu pisser à côté de moi. Il m’a alors lancé : « elle est nulle, hein ?», en ne sachant pas s’il parlait de ma bite ou de la rencontre. Au final, il s’est avéré qu’il parlait du match. Ensuite, j’ai pu voir une meuf habillée 100% en camouflage, du chouchou jusqu’aux baskets et un mec qui avait un blouson comme celui-ci, alors que je croyais qu’on en voyait que dans les clips d’Alkpote.

Mais j’ai surtout pu rencontrer mes collègues de horsjeu.net @MauricioVince, @mozerfunker et @FranckRipoux. J’aurais d’ailleurs dû aller boire des bières avec eux après le match, mais entre-temps, j’ai rencontré des Colombiennes. J’espère qu’ils ne m’en voudront pas d’avoir préféré boire des bières danoises dans un pub irlandais de Rennes avec des Colombiennes plutôt que d’avoir bu des bières belges avec eux. La soirée s’est finie tard, et le matin, il fallait se lever tôt pour rentrer au bercail.

Vous aviez oublié la 106 ? Pas moi. Et mauvaise nouvelle, le voyant est resté allumé pendant tout le retour, ou presque, sans toutefois que le moteur ne surchauffe. Cette panne est donc un mystère. Mais toujours est-il que j’ai pu rentrer sain et sauf chez moi le dimanche soir. Un week-end plein de péripéties comme on les aime et qui me donne envie de continuer les déplacements le plus longtemps possible. En espérant que ma 106 m’accompagne le plus loin possible.

Perfettu

PS : vous êtes nombreux à attendre la vidéo de ce déplacement. Sachez qu’elle arrive très vite, je compte sur vous !

Perfettu Erignacci De l'Aiacciu

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