France – Portugal (2-2) : L’Académie française aimerait être meilleure

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L’Europe nous envie.

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Après un triste second match de poules, les Bleus affrontent le Portugal dans un troisième match important  bien que déjà qualifiés : il s’agit à la fois d’aller chercher la première place du groupe, de rassurer sur notre capacité à répondre présents quand il le faut et, pourquoi pas, de renvoyer le Portugal à la maison (pour ce dernier point, j’suis pas sûr, j’ai pas fait les calculs des meilleurs quatrièmes potentiels, faut pas exagérer).

Les dernières confrontations face aux Lusitaniens – dont vous pouvez retrouver l’analyse dans l’exseinlente Bacalhau Académie du camarade Homerc – ont plutôt tourné à l’avantage de la France. Avant le coup d’envoi, certaines faiblesses clairement identifiées chez les potes de CR7, notamment un milieu pachydermique, laissaient entrevoir de belles possibilités. Malheureusement, Fernando Santos a cédé à la partie intelligente de ses supporters et a titularisé le lillois Renato Sanches. Pas une bonne nouvelle pour les Bleus.

Pour ce qui est de la partie « classement », c’est très simple (sisi) :

  • si la France gagne, elle est première et affrontera la Suisse ou l’Ukraine en huitièmes ; idem si elle fait match nul et que l’Allemagne ne bat pas la Hongrie
  • si la France fait match nul et que l’Allemagne bat la Hongrie, la France sera deuxième et affrontera les Anglais en huitièmes ; idem si elle perd et que l’Allemagne ne bat pas la Hongrie
  • si la France perd et que l’Allemagne bat la Hongrie, la France sera troisième et affrontera la Belgique ou les Pays-Bas

Voyez, c’est simple (et peut-être faux).

La compo :

Ca y est, DD a réfléchi : exit le 4-4-2/4-3-3 peu enchanteur des derniers matchs, revoici le 4-2-3-1 des familles. Mais, car il y a un gros « mais » : on est sur un 4-2-3-1 archétypal de DD. Vous avez aimé Matuidi ailier gauche en 2018 ? Vous aimerez Tolisso ailier droit en 2021. Autre surprise : la titularisation du jeunot Julot Koundé. Content pour lui. Un détail : ce n’est pas son poste.

Le derrière : on espère que Varane et Kimpembé seront meilleurs que face à la Hongrie car la capacité offensive des Portugais est toute autre. Lucas Hernandez de retour met tous mes membres en joie. Koundé vit sa grande première et dans un match qui compte. Bonne chance.

Le milieu : la réorganisation du système fait une victime en la personne de Rabiot, ce qui n’est pas un mal vu son dernier match. Un duo de très haut niveau international au milieu reste aligné. Corentin Tolisso, milieu, sera ce jour un genre d’ailier droit mais qui n’a pas le droit d’attaquer *wink wink*

Le devant : c’est le moment pour Karim d’ouvrir son compteur (oui, je dis ça depuis le début). Mbappé aura l’aile gauche et Grizou l’animation.

Les deux absents de la feuille de match : Marcus Thuram et Léo Dubois-ah-ah. Avec le forfait d’Ousmane Dembélé, seuls deux joueurs sont écartés.

Le match :

Comme on pouvait s’y attendre au vu des dernières confrontations entre les deux équipes, le match est, selon les points de vue : fermé et/ou tactique et/ou chiant. Quelle que soit l’option que vous choisissez, il faut reconnaître qu’il y a une bataille pour le ballon. Bataille plutôt remportée par les Portugais qui font courir le cuir et nos joueurs.

Hormis une frappe de Mbappé bien repoussée par Rui Patricio, les Bleus peinent à sortir de leur camp et à organiser leurs offensives. Benzema et Griezmann décrochent pour venir tâter le cuir – et ce n’est qu’un début. Sûrs de leur force et plus en jambes, les Portugais obtiennent un coup-franc excentré tiré par Moutinho. Captain Hugo, toujours fair play, ne se pose pas de question et rend hommage à Anthony Lopes.

Pénalty logique et carton jaune gentil. Cristiano s’en charge et zou, ça fait 1-0, 30e. De là, les Bleus coulent complètement dans le jeu : ils multiplient les fautes, se prennent des jaunes mérités, ratent des passes faciles… Une fébrilité inquiétante. Heureusement, le Portugal ne fait pas le break. A deux minutes du terme de la première période, votre rédacteur lance alors à la personne à côté de lui : « tu vas voir qu’on va marquer juste avant la mi-temps sur une demi-occasion dégueulasse alors qu’on ne fait rien » (sic).

Surgit donc Mbappé en profondeur, lancé par Pogba. Kylian vieillit et progresse dans la thématique « aller chercher le pénalty comme un roublard ». L’accrochage, disons très léger (voir ci-après), de Semedo est sanctionné par l’arbitre et confirmé par le VAR. Le pénalty, c’est Benzema qui s’en charge. C’est au fond (1-1, 45e). Nul inespéré à la pause. Made in Deschamps.

https://twitter.com/rdixhuiit/status/1407791240855363591

La dynamique va-t-elle s’inverser au retour des vestiaires ? Vu le scénario, les Bleus devraient être remontés et heureux de s’en sortir comme ça ; ils ne peuvent pas faire pire en seconde période. Quant aux Portugais, seront-ils revanchards ou énervés ? A noter la sortie inquiétante de Lucas Hernandez (satané genou…) remplacé par Lucas Digne.

Eh bien la réponse arrive vite : Pogba, encore lui, lance Benzema en profondeur dans le dos du meilleur joueur de Premier League cette saison Ruben Dias (lol) ; Karim frappe croisé et la glisse au fond. Après intervention du VAR pour un potentiel hors-jeu, le but est validé (2-1, 47e). Les Bleus repartent dans le bon sens. Une mauvaise nouvelle arrive cependant : Digne, à peine entré, se blesse. Les Bleus n’ont plus d’arrière gauche. C’est Adrien Rabiot qui entre et qui dépanne.

Alors que la partie retombe en intensité, la ballon arrive côté droit de notre défense ; CR7 tente un centre qui est contré du bras par Julot Koundé pris en flagrant délit de chorégraphie de Ces soirées-là. Le pénalty est à nouveau transformé par Cristiano, sans trembler (2-2, 61e). Cherchant à aller de l’avant, Pogba enroule une superbe frappe, Rui Patricio s’envole et dévie le ballon sur l’équerre, Griezmann reprend mais le portier portugais sauve encore. Et puis plus rien : les Portugais, on le sent, peinent davantage physiquement ; les Bleus reprennent le dessus mais ne poussent pas particulièrement. Le nul convient aux deux équipes.

Il convient aussi à l’arbitre qui, malgré sa réputation, a été particulièrement mauvais et l’a prouvé notamment dans les arrêts de jeu : après avoir débordé, Kingsley Coman voit sa cheville agressée par Bruno Fernandes au niveau de la surface de réparation. L’homme au sifflet se réfère alors à deux jurisprudences : « oh les gars, c’est la 93e minute, vous êtes tous les deux qualifiés, j’ai déjà fait plusieurs conneries, je vais pas re-re-compenser, faites pas chier ! » ainsi que « mais il joue à Manchester United le Bruno Fernandes là, non ? Bon alors y’a rien ».

Les Bleus terminent premiers du groupe et affronteront donc la Suisse en huitièmes de finale ce lundi à 21h.

Le débrief :

D’un match fermé, tactique et chiant pendant toute la première demi-heure, la partie a connu de nombreux rebondissements. Outre les pénaltys et décisions arbitrales, il faut noter côté bleu la double blessure d’Hernandez (retour du genou…) et de Digne (blessure musculaire) : la France n’a, pour le moment, plus de latéral gauche. Face à cette situation, l’inquiétude, certes, mais aussi la question : que faire ?

DD a apporté une première réponse pendant le match : faire de Rabiot un latéral gauche de fortune. Le Duc s’en est sorti avec les honneurs. Mais est-ce une solution pérenne ? Pourquoi ne pas être passé à trois centraux (Varane-Kimpembe-Kounde) et mettre des pistons (Lemar, Rabiot, Coman, Sissoko…) ? Un vrai sujet à suivre pour le prochain match.

Sur le match en lui-même : première période très insuffisante et assez inquiétante. Je ne peux en vouloir au côté droit (Kounde-Tolisso) d’avoir été inutile : aucun des deux ne jouait à son poste. J’en veux par contre à Benzema d’avoir autant décroché et à Grizou d’avoir été très peu inspiré – comme lors des deux premiers matchs par ailleurs.

Ce fut mieux en seconde période quoique pas folichon non plus, mais l’entrée de Coman à l’aile droite a fait beaucoup de bien. Etonnant : mettre un joueur à sa place naturelle apporte du positif. On peut aussi décréter, après trois matchs et demi ensemble dont trois dans une compétition internationale de haut niveau, que le trio Griezmann – Benzema – Mbappé n’est pas à la hauteur. Pour le moment, ça ne marche pas.

Ces derniers temps, on voit Deschamps bricoler : passage en 4-4-2 losange, Grizou à droite mais ça marche pas, je le remets au centre mais du coup à droite je mets Tolisso car si je mets Coman je prends trop de risques offensifs… On me dira qu’en 2016 et en 2018, c’était pareil : moyen en poules et bon ensuite. Sauf que là, j’ai ressenti une vraie fébrilité de la 30e à la 45e, chose très rarement vue sous Deschamps. Compte tenu des forces en présence et des nouveaux absents, il faut que DD remette de l’ordre dans ses idées pour affronter la Suisse ce lundi : aligner 3 centraux et des pistons semble la piste la plus évidente. La suivra-t-il ?

Les notes :

Lloris (1/5)

Prendre Anthony Lopes comme modèle de fin de carrière n’est pas son meilleur choix. S’en sort bien en ne prenant que jaune ; s’en sort toujours aussi mal sur les pénos. Tente quelque chose, prends-toi pour Landreau !

Hernandez (2/5)

A l’image de l’équipe en première période, Lucas a souvent été en retard et commis des fautes. Je m’inquiète pour son doux genou. Remplacé par L. Digne (non noté), qui, pour l’occasion, a pris modèle sur Jacques Chirac : deux minutes douche comprise. Remplacé par A. Rabiot (non noté) , ancien rebelle désormais ouvert à toute position en Bleu.

Varane (2/5)

Raphaël a le pouvoir de rester très calme et serein même quand son bateau coule. On aimerait toutefois qu’il écope de temps en temps.

Kimpembé (1/5)

Presnel n’a pas le pouvoir de rester très calme et serein même quand son bateau va très bien. Alors quand le bateau coule… Qu’est-ce que c’est que ce carton jaune à la 85e où il va découper je sais plus quel Portugais dans ses 35 mètres ?

Koundé (1/5)

Première titularisation ô combien difficile pour le Julot. Pas à son poste, il avait en plus devant lui un Tolisso n’étant lui non plus pas à sa place. Symbole d’un match hémiplégique, son bras levé coûte un péno.

Kanté (2/5) :

Dans le marasme, Ngolo a continué à bosser. Il a souffert face à Renato Sanches, d’où moins de projections que d’habitude et plus de déchets.

Pogba (4/5)

Certainement la note la plus élevée la moins méritée vu le match global des Bleus mais si Paulo n’était pas là, aucun ballon n’arriverait à nos attaquants. Son jeu long est en ce moment délicieux et Mbappé s’en délecte.

Tolisso (1/5)

Comme pour Koundé avec la même circonstance atténuante. Le mettre à ce poste, c’est donner de la confiture à des cochons. Remplacé par K. Coman (non noté) qui a percuté, débordé et pris le dessus sur le côté droit ; comme l’ailier de haut niveau qu’il est. Ne devrait plus sortir du 11 que ce soit en 4-2-3-1, 3-4-3 ou 3-5-2 : mets-le Didier !

Mbappé (3/5)

Il est de plus en plus évident que Kylian peut, seul, débloquer des situations. Même dans une équipe en difficulté, ses appels et sa vitesse mettent toujours l’adversaire en difficulté. Attention toutefois à ne pas surdévelopper un tropisme benzemien…

Griezmann (1/5)

Après deux matchs en, bon défenseur, Antoine a essayé de récidiver. Mais cela commence à taper sur le système de votre rédacteur. Il va sérieusement falloir passer au niveau supérieur face à la Suisse et apporter la lumière que tu es censé délivrer devant. Tu es un grand joueur : reviens vite. Remplacé par M. Sissoko (non noté), autre solution pour un piston ou pour un faux ailier (nooooooooooooooooooooon).

Benzema (3/5)

Puisque Karim a mis un doublé, je ne peux décemment pas lui mettre moins. Ceci étant, sa première période est nulle, ses combinaisons avec Grizou et Kyky ne sont pour le moment pas bien réalisées et ses décrochages intempestifs rappellent de mauvais souvenirs : à force de descendre, Karim va arriver au niveau de ma braguette. On espère de tout cœur que ses deux buts ont lancé la machine.

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