Kaiserslautern-Freiburg (0-2) : la Schwarzwald Akademie livre ses premières notes

Hallo zusammen.

Je suis Jonathan Jägermeister, maître des chasseurs et des pédiluves, et je viens vous raconter la folle histoire du SC Freiburg en 2. Bundesliga, alias le meilleur championnat du monde après quelques autres. Lavez-vous les pieds et entrez.

Le talent vous salue

Je vais vous la faire courte, on aura le temps d’en reparler plus tard, mais Freiburg est un club champêtre et forestier, situé à l’entrée de la Forêt Noire (d’où le nom du stade, Schwarzwald-Stadion, puisque Schwarzwald signifie forêt noire et Stadion est le mot allemand pour stade) et le long du petit mais mignon torrent nommé Dreisam (d’où le vieux nom officiel du stade avant tout naming, Dreisamstadion). Oui, à Freiburg, on a un naming, sauf que c’est l’office de tourisme qui raque et qui a donc choisi le nom de Schwarzwald, pour le stade comme pour l’Akademie. La classe capitalistico-écolo qu’on appelle ça dans l’administration.

Ces derniers temps, Freiburg jouait crânement sa chance en Bundesliga. L’an dernier, sur un malentendu – on était persuadé que les 5 dernières minutes des matches ne comptaient pas et on laissait donc les autres faire match nul pour ne pas les contrarier – le club est descendu. Tout le monde s’est barré : Bürki vers Dortmund, Schmid vers les enculés d’Hoffenheim, Darida pour un stage Erasmus à Berlin, Sorg et Klaus chez Hannover soit le club qui se maintient avec Frontzcek comme entraîneur et qui nique Freiburg à la dernière journée… Bref. Depuis, Jonathan a eu le temps de s’offrir plusieurs gueules de bois pour oublier chacun de ces désagréments. Ne parlons plus de ce temps révolu (sauf de Schmid, parce que tous les Jonathan méritent l’Equipe de France).
Désormais, donc, Freiburg joue à la balle avec l’Union Berlin, Düsseldorf, Heidenheim et les FDP du RB Leipzig, par exemple. Perd-on vraiment au change ? Les stades sont sympas et on profite de quelques victoires faciles : 5 matches, pour 4 victoires et une défaite contre l’invincible armada de Bochum (les types ont battu Dortmund cet été, y a pas de regrets à avoir, même si le sourire de Verbeek donne envie de lui faire avaler quinze litres de bain de bouche pour voir des filets de vomi sortir le long de chacune de ses joues). Sixième match après la trêve, celui du week-end : un joli déplacement chez le beau Rigobert Pirès. Non, non, Metz n’est pas encore en Allemagne.

Kaiserslautern-Freiburg, une belle affiche, un beau test pour savoir si la balade en championnat peut continuer. Malheureusement, c’est sans Grifo, la meilleure surprise du mois d’août. L’entraîneur Christian Streich sort donc sa botte secrète pour déstabiliser le bloc adverse : le génie, l’improbable, le remuant, le virevoltant Karim Adbul-Jabbar Guédé, international germano-togolo-slovaque.

Le talent dans la chute

Ce qui donne sur la ligne de départ : Schwolow – Mujdza, Höhn, Kempf, Günter – Frantz, Höfler, Abrashi, Philipp – Petersen + Guédé quelque part dans tout ça.

 

Les 3 points du match :

– Freiburg a joué haut, très haut, très très haut comme une équipe à domicile pendant que Kaiserslautern a essayé quelques contres. C’était faible en face, on peut le dire.
– Des combinaisons sur coup-franc toujours aussi loufoques que l’an dernier, avec toujours aussi peu de succès. Thomas Müller a tout appris du SC Freiburg.
– Après le premier but, un long moment de flottement pas joli à voir qui rappelle les heures sombres de notre histoire (la saison dernière). Comme c’était faible en face, ça passe quand même.

Le talent dans la joie

Les hommes du match :

Schwolow (3/5) : une soirée tranquille, une main sur la bière, l’autre sur les couilles. La feuille blanche qui va bien.
Mujdza (2/5) : en difficulté sur sa base arrière, surtout lorsque Löwe faisait le surnombre. Plus à l’aise pour émigrer dans la zone adverse.
Höhn-Kempf (3/5) : une bonne charnière, peu mobilisée. Le retour de Kempf et ses tacles par derrière sans aucune chance de toucher le ballon font du bien. Dans trois ans, on en parle comme des deux meilleurs centraux d’Allemagne.
Günter (1/5 pour la perf, 3/5 pour l’artistique) : fait des conneries et s’en félicite.
Höfler (3/5) : sobre, commun négatif photographique de moi-même après la victoire.
Abrashi (3/5) : aussi lent qu’une 2CV en montée en début de saison, il est désormais aussi rapide qu’une 2CV sur terrain plat. Et quand il n’a qu’à frapper dans le ballon, ça se passe bien.
Frantz (2/5) et Philipp (2/5) : trop d’erreurs, trop de mauvais choix, pas assez de justesse. Les ailiers qui ont un prénom pour nom, c’est non.
Guédé (5/5) : Big Karim était partout, à défendre, à prendre le ballon en tombant pour obtenir la faute, à partir balle au pied pour servir Abrashi puis à centrer sur Petersen sans sourciller. Homme du match, homme du club. Sans Guédé, Freiburg n’est plus vraiment Freiburg.
Petersen (4/5) : la merveille de Freiburg qu’on admire en levant les yeux au ciel, ce n’est plus la Münster, c’est Nils. 15 buts en 17 matches depuis son arrivée il y a neuf mois, qui dit mieux ?

Des entrées de Hufnagel, Schuster et Hedenstad pour gagner du temps.

Freiburg n’est toujours pas premier de 2. Bundesliga, donc je continue de boire et reviendrai sous huitaine. Ne me cherchez pas ailleurs, je ne vis que là.

Pouce vers le haut avec les doigts

academicien

Le plus grand auteur Anal de football

4 commentaires

  1. Le style littéraire très proche de celui d’un Jean Colère. Un lien de parenté?
    Bienvenu en tout cas!

  2. Jean est mon cousin, c’est même lui qui m’a introduit ici-même. On écrit pareil dans la famille ?

    Merci The Spooner, mais pour la Suisse, il faut s’adresser à Octave Auguste.

  3. je m’attendais à avoir l’hymne en fond sonore en continu sur l’académie.

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