La PL Academy vous présente la trente-deuxième journée

Par où commencer ? Ces derniers jours ont été tellement intenses que l’on se demande par quel moyen rendre compte de tout ce bazar qui nous fait paradoxalement passer cette trente-deuxième journée à des années-lumières au-dessus de la tête.

Nos cousins latins, fidèles à leur tempérament volcanique, ont purement et simplement boycotté leurs propres clubs scélérats dans leur compte-rendu.

De notre côté, une petite chronologie des émotions s’impose. A l’annonce “officielle” – déjà pas relayée avec le même triomphalisme par tous les comptes des différents clubs impliqués – confirmant les rumeurs qui couraient depuis les derniers jours, l’incrédulité a vite cédé la place au dégoût le plus profond : cette saloperie de ligue fermée, c’est nos clubs qui étaient en train de la faire. Des annonces mentionnant le nom d’Ed Woodward en page d’accueil du site de Manchester City. Une entente inédite entre United, Liverpool, Arsenal. Tottenham prêt à marcher main dans la main avec ces derniers…, tout ça non pas pour la beauté du sport mais bien sûr pour répondre à l’appel d’un énorme paquet de pognon.

La honte s’est imposée, une bonne dose de déprime aussi. Et la colère. Fidèles à leurs couleurs, vos académiciens ont vu rouge et ils n’étaient pas les seuls. Lésés, pas consultés, méprisés, trahis par la tête d’éternel constipé de sordide bouffeur de croquetas de Florentino et de ses avatars se permettant de juger du fond de leurs bureaux policés de ce qui est bon pour eux, les supporters ont immédiatement fait connaître leur mécontentement général. Annoncer ce genre de coup en traître un dimanche à minuit ne permet pas de contourner la passion : ça aussi nos costumes creux semblent l’ignorer. Ils ont réussi à nous faire applaudir les supporters de Chelsea, ces abrutis. Pendant ce temps, les bourses se frottaient encore les mains. Et puis les joueurs, les coachs, les vrais acteurs du foot se sont mis à parler eux aussi. Certains anciens comme Neville et Carragher ont immédiatement mis des termes très forts sur cette sécession. Les réactions des joueurs et entraîneurs actifs ont forcément été plus rares et timorées. Pour autant, certains n’ont pas mâché leurs mots et parmi ceux directement concernés, rendons honneur à Guardiola, Kevin De Bruyne, Jordan Henderson au nom de tous les joueurs de Liverpool, Luke Shaw pour les plus explicites. Il était primordial pour les fans d’être rassuré quant aux avis des principaux acteurs de leur passion et on souhaite vivement que ces prises de position créent un précédent pour celles à venir d’autres joueurs ou entraîneurs.

La démonstration de lâcheté a été complète dans la nuit de mardi, provoquant joie et soulagement chez l’immense majorité des amoureux du ballon rond (jusqu’à un niveau de jouissance salissante pour certains qui ont vu leur président détesté devoir rendre gorge). Désormais, sans parvenir à dissiper quelques effluves rances de gueule de bois, le supporter peut s’autoriser un peu d’espoir avant le prochain coup de poignard. Car il le sait : ça n’ira pas mieux après. Ça n’allait déjà pas fort et après ces houleuses péripéties, le foot ne sort pas franchement grandi. Le seul espoir qui subsiste pourtant, c’est de ramasser la balle qui a traversé le pied des faquins qui dirigent leurs clubs et de leur balancer vigoureusement dans la gueule. Nous avons eu la preuve irréfutable que cette bande de bennes à ordures humaines se moquait éperdument de tout ce qui fait l’essence de notre jeu préféré et que leur cynisme se doublait d’une incommensurable incompétence. Il est temps de rappeler que le sort que l’on réserve aux chèvres du terrain depuis les tribunes a toute légitimité à être reproduit et amplifié contre ces dirigeants qui jouent systématiquement contre nous. Leur humiliation n’est qu’une étape. La suivante, on la connaît tous : brûlez les riches.


Everton 2 – 2 Spurs

Le match de trop pour Jouzé. Le lendemain de l’annonce de la Super ligue, ce qui a presque totalement effacé l’impact de la nouvelle, l’ami Mourinho se voit signifier vertement son éviction de Tottenham.

Harry goal machine Kane (c’est vraiment ridicule comme surnom, il faut absolument que le commentateur de RMC arrête avec ça. et de crier, aussi, ce serait bien. Et de soutenir Manchester City) ne parvient pas à le sortir du marasme malgré son doublé auquel répond Sigurdsson, les deux bénéficiant de largesses coupables voir d’interventions gag de la part des défenses.

La carrière londonienne en blanc de Jouzé s’arrête donc ici, dans une période de frilosité extrême et à la veille d’une finale de League Cup synonyme d’une chance de trophée, chose qui échappe aux Spurs depuis belle lurette. La carrière du coach portugais est probablement loin d’être terminée, en revanche on doute de le voir prendre les rênes d’un nouveau grand club de sitôt. Les ambitions et pire, les résultats affichés récemment ne donnaient pas franchement confiance.

Ceci dit, un peu comme la grosse tête de Frank Lampard, les saillies cocasses, les grimaces et les vexations puériles de Jouzé nous manquent déjà. Sans lui souhaiter une carrière à la Pardew, on espère le revoir bientôt.


Newcastle 3 – 2 West Ham

David Moyes a perdu. Ça y est, la descente vers la 12e place est entamée (mais faudrait qu’il se magne de continuer à perdre jusqu’au bout).
Faut dire qu’il n’a pas été aidé le David : deux fautes bêtes de Craig Dawson, deux fois en retard comme un poussin, ont été synonyme d’expulsion à la demi-heure de jeu. Sur l’action du deuxième carton jaune, un but casquette encaissé après une chevauchée d’Allan Saint-Maximin. Deux minutes plus tard, Fabianski a sorti les gants en mousse et offert le break à Châteauneuf sur un plateau. Plus rien jusqu’à la soixante-dixième minute et l’espoir pour les Hammers : un but de la tête de Diop, un péno juste derrière de Jesse Lingard suite à une faute de main et the teams are level (score de 37 au TOEIC). Mais ce match devait encore nous surprendre : l’ancien Gunner Joe Willock donnait la victoire à Newcastle et un grand pas vers le maintien pour son équipe, désormais huit points devant le premier relégable. David Moyes est cinquième avec 55 points, à égalité avec Chelski mais seulement deux points d’avance désormais sur Tottenham et Liverpool.


Tottenham 2 – 1 Southampton (match en retard de la 28e journée)

Ryan Mason, ancien joueur et désormais coach de Tottenham, a 29 ans, soit cinq de moins que le capitaine Hugo Lloris ou deux qu’une figure du club comme Gareth Bale. Une nouvelle tête en PL qui ne devrait peut-être pas faire long feu mais qui a le mérite de pimenter un petit peu cette fin de saison dans laquelle il ne se passe pas grand chose (oui, c’est de l’ironie).

Le score reflète assez bien un match équilibré dans lequel aucun miracle n’a eu lieu avec l’éviction de Jouzé : ça a joué prudent, parfois un peu mollement. L’ouverture du score des Saints par l’intermédiaire du beau Danny Ings a eu au moins pour effet de donner un peu plus d’envie aux Londoniens. Bale a égalisé en début de seconde période et c’est Heung-min Son qui a donné la victoire à son équipe à un quart d’heure du terme.

Southampton se débat toujours en bas de classement et avec sa défense tandis que les Spurs raccrochent le wagon de tête en pouvant encore espérer obtenir leur place pour la Ligue des Champions, celle qui n’est pas encore tout à fait fermée.


Wolves 1 – 0 Sheffield

L’Histoire retiendra que ce sont les hommes de Mozerfunker qui ont condamné définitivement les Blades à retourner en Championship. Et que le but qui les a envoyés en enfer est parti d’une énorme occasion manquée par Enda Stevens, avant qu’un contre mené par Daniel Podence et relayé par Leander Dendoncker ne permette à Adama Traoré de servir sur un plateau Willian José (le footballeur, pas le salarié du Arsenal Football Club). Ticket composté, contrat de Paul Heckingbottom probablement déchiqueté et Sheffield, pourtant en course pour jouer l’Europe il y a un an, continue de ressentir les séquelles du Covid.


Arsenal 1 – 1 Fulham

Même séparatiste, Arsenal restera toujours Arsenal. Trois jours après avoir apparemment lancé leur fin de saison de manière idéale en corrigeant le Slavia Prague, les Gunners n’en ont surtout pas profité pour initier une dynamique positive, l’auto-sabordage étant tellement plus confortable. Un pénalty idiot concédé, pour permettre à Josh Maja, joueur honni des fans de Sunderland Till I Die, de soigner ses stats, un claquage de Lacazette, meilleur joueur de l’équipe depuis un mois, et un but tardif d’Eddie Nketiah qui a bien failli être refusé. Tout y est passé, le moral des supporters en prime, mais quatre jours plus tard, on en regretterait presque cette période d’insouciance.


Manchester United 3 – 1 Burnley

Chez les Raides et Vils, on se tamponne pas mal du creux de forme du mois d’avril et on enchaîne avec une belle régularité les bons résultats. Cinquième victoire de suite pour les Mancuniens en rouge en PL et en jouant plutôt pas mal, s’il vous plaît. Surtout, un joueur semble vouloir laisser ses problèmes passés de côté : Mason Greenwood revient plutôt fort en cette fin de saison et ce n’est pas pour nous déplaire. Il inscrit un doublé qui le rapproche des 10 buts.

Les Clarets se sont appuyés sur le gros point faible de leurs adversaires pour égaliser en inscrivant leur but sur corner, James Tarkowski profitant d’un marquage un peu trop relax de Wan-Bissaka ou du rayon dans l’oeil de Dean Henderson malgré sa plus belle imitation de Thomas Price

C’est pas la classe ?

Au classement le second reste second tandis que le dix-septième reste dix-septième. Attention, quand même…


Leeds 1 – 1 Liverpool

Et pourquoi ne pas profiter du faux-pas de West Ham et du match en retard de Chelsea pour ne pas prendre la quatrième place au classement synonyme de LDC l’an prochain ? Hein, pourquoi ne pas ? Les Reds font décidément tout pour énerver leurs supporters.
La première période a été pourtant largement dominée par les scousers qui ont ouvert le score fort logiquement grâce à Sadio Mané (enfin, que la disette fut longue…) à la suite d’une belle ouverture de Jota et d’une remise d’Alexander Arnold. Mais la seconde période fut d’un tout autre acabit : les hommes d’El Loco, bien meilleurs, ont rencontré des Reds bien mauvais, lents, apathiques, plein de déchets. Si Alisson a repoussé plusieurs tentatives, il n’a su repousser l’inévitable : à force de pousser, Leeds a égalisé de la manière la plus logique possible sur corner par une tête de Llorente.
Et comme c’est beau un sport où le faible peut emmerder voire battre le fort…


Chelsea 0 – 0 Brighton

La malédiction de Brighton s’est pour une fois abstenue de frapper. Avec 0,67 xG pour Chelsea et 0,48 pour les Mouettes, la logique de cette saison aurait voulu que Brighton perde 3-0. Mais rassurez-vous, la plus grosse occasion du match est tout de même à mettre à l’actif d’Adam Lallana, seul à l’entrée de la surface. Le poteau a également refusé de laisser rentrer une jolie frappe des vingt mètres de Danny Welbeck. Heureusement, les Blues n’en profitent pas, car voir les hommes de Graham Potter descendre serait un déchirement, tant leurs intentions sont là, mais qu’il leur manque l’instinct des tueurs.


Aston Villa 1 – 2 Manchester City

Villa est plutôt bien parti en marquant dès la 20e seconde (!) par McGinn, mais ça n’a servi qu’à énerver des Citizens qui ont immédiatement pris le contrôle du jeu. Quelques instants plus tard, le temps d’une période à sens unique, le score était inversé par Foden puis Rodri.

L’exclusion de Stones en fin de première période a peut-être fait naître quelque espoir dans les camp des Villans, hélas Matty Cash l’a vite imité. La seconde période n’a d’ailleurs connu que ce fait de jeu, le reste nous faisant sombrer dans l’ennui.

Le City pragmatique de Pep l’emporte encore, on ne va pas en ajouter sur le fait que c’est pas toujours enthousiasmant…


Leicester 3 – 0 West Brom

Les Foxes n’aiment pas niaiser : si derrière ça stagne et ça perd des points, eux, ils avancent. L’adversité n’était pas folle, bien évidemment, mais Leicester fait le boulot, presque toujours.
L’inévitable Jamie Vardy a ouvert le score après avoir été servi sur un plateau par Timothy Castagne. Les Foxes ont fait le break sur corner par Jonathan Evans. Le même Timothy Castagne a failli aggraver le score mais le poteau en a décidé autrement. Du côté de WBA, eh bien, rien. C’est triste : parfois, on peut dire des trucs mais là, vraiment, queud’chi. A la limite, on peut rappeler l’essentiel : leur maillot est dégueulasse. Vardy a finalement scellé le sort du match après un festival côté gauche et une passe pour Iheanacho qui n’avait plus qu’à conclure.
West Brom fait toujours grise mine et reste 19e à trois points de Fulham mais les Baggies comptent un match de moins. Ça sera tendu jusqu’au bout. Leicester est 3e avec 4 points d’avance désormais sur les poursuivants : la LDC, ça sent bon.


The table : tout ça est presque vrai, même si l’écart de point entre Everton et Arsenal était moindre à la 32e journée.

Edgar Allan Poeteau

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.