Manchester United – Huddersfield (3-1) : La Raide et Vile Academy a passé la journée en boxer

Chateau de Luke Seafer, bureau, intérieur nuit
Les épais rideaux de velours sont tirés, laissant la pièce dans la pénombre. Seule les vives flammes crépitant au coeur de la cheminée permettent de distinguer la scène qui se tient devant nos yeux curieux.

Le maître de maison est affalé dans son fauteuil, la chemise sortie du pantalon, la braguette déboutonnée. N’y voyez nulle scène que la morale réprouve si ce n’est celle d’un homme qui a encore trop mangé pendant les fêtes, rejouant la scène du « un dernier petit toast et j’arrête » une quinzaine de fois avant effectivement de s’effondrer dans son siège aux moelleux coussins rouges. Après, on ne peut pas vous en vouloir d’imaginer des choses dégoûtantes… Déjà, le fait que vous traîniez par ici, sur ce site, bon, on va pas vous faire un dessin…
Et puis le sourire béat qu’affiche notre sataniste de service à l’instant T pourrait prêter à confusion… Mais il s’agit bien de celui d’un homme qui a assisté à une performance que l’on pourrait qualifier de « footballistique » (si tant est que ce soit un mot) de la part de Manchester United.


C’est sans doute l’émotion de voir Ole (et dans une moindre mesure Miky Mike Phelan) retrouver Old Trafford, la liesse venue des tribunes, les scènes de joies oubliée, qui auront perturbé les 10 premières minutes timides voire ratées de la part des Red Devils. Derrière le match est pris en main et honnêtement, ce qui s’y est passé est tellement scandaleux que je n’ose à peine vous le raconter…
Bon allez, je vous le raconte un peu… Figurez-vous qu’en seulement deux matches les mecs ont retrouvé comment on faisait des passes vers l’avant, comment on créait du mouvement pour embêter vigoureusement l’équipe adverse, comment on pouvait marquer sur corner (l’impression que ce n’était plus arrivé depuis 2012), et même comment on réalisait la spéciale du club : les grosses contre-attaques dans les petites gueules des mecs d’en face, qui finissent par trembler des genoux.
Alors il est toujours bon de relativiser : Huddersfield est une lanterne rouge bien à sa place, le match était tellement fifou (oui fifou) qu’il ressemblait plus par moment à une partie de five (mais à 11 contre 11), le début de seconde période fut aussi brouillon que celui de la première, il aurait fallu en mettre six ou sept pour rendre hommage à l’écart de niveau, on n’utilise pas assez les côtés… Beaucoup de choses qui face à des plus gros ne pourront pas être négociées de la même façon.
Mais on s’en fout, c’est noël et on regarde Paul et les autres, déchirer les paquets pour retrouver ce qui leur avait manqué depuis tellement longtemps : le plaisir visible de rejouer au football, ensemble.

Putain ce que c’est bien.

LES DIABLES :

De Gea (5/5) :
il n’a rien eu à faire du match si ce n’est dégoûter Depoître du football avec un arrêt hors-norme en début de seconde période. Que c’est dur d’être un attaquant belge en Premier League actuellement (sondage réalisé auprès d’un échantillon de deux attaquants, Depoître et Lukaku)

Shaw (3/5) :
toujours cette dégaine du mec qui a bien trop abusé la veille d’un match, sauf que ça ne se ressent plus du tout sur le terrain. 90 minutes de navette non-stop… Manque un petit apport offensif (finalement il ne déborde que très peu pour centrer) pour que ce soit vraiment parfait.

Jones (4/5) :
un point bonus pour l’aider à lutter contre la cabale dont il est la victime, une partie des supporters à la mémoire courte estimant qu’il n’est qu’un piètre défenseur qui a à peine le niveau pour jouer à Charlton. Sa deuxième titularisation et sa copie plus que propre vous saluent bien bas messieurs.

Lindelöf (3/5) :
un match complètement au niveau de son compère de défense centrale. Si ce n’est qu’il a arrêté de bosser cinq minutes avant tout le monde, laissant la balle lui passer devant, sans rien faire, sur le but de Zanka… Alors que bon sang de bon soir, on méritait la clean-sheet. Et quand je dis « on » je pense à David, dans un subtil procédé de personnification ou d’identification, je sais pas trop.

Dalot (3/5) :
Pas franchement sûr de savoir ce qu’il vaut en défense, mais offensivement c’est enthousiasmant de le voir cavaler ainsi, le petit s’offrant même le luxe de se créer ses propres occasions (faudra juste penser à les convertir, à un moment).

Matic (4/5) :
Premier but de la saison… Et la beauté de la récompense, c’est qu’il s’agit, comme un symbole, de son premier bon match de la saison… De l’impact, des transversales délicates, c’était absolument tout mignon. Mignon pour un Serbe qui s’appelle Nemanja, hein…

Fred (2/5) :
Y a toujours un mec qui participe pas à la fête. Il est là, dans son coin, et il ne sait pas trop comment aborder les gens… A sa décharge, il a été éloigné du football pendant quatre mois. La confiance va revenir.

Lingard (3/5) :
On l’aime. Mais on sait aussi pourquoi le board essaie de faire venir Douglas Costa. Peu importe la joie, peu importe les pas de danses, la plupart du temps quand il réussit un geste crucial on se demande si ce n’est pas un miracle plus que de la technique à proprement parler…

Pogba (5/5) :
Je suis embêté parce que toutes les métaphores qui me viennent à l’esprit pour expliquer ce qu’il a fait subir à Huddersfield ne conviennent pas vraiment à l’esprit familial des fêtes. J’aimerai néanmoins que madame me caresse comme ses frappes viennent caresser le petit filet adverse. Le doublé pour Paul, les petits coeurs qui chavirent pour nous.

Mata (3/5) :
placé à droite mais autorisé à aller se caler dans l’axe dès que Paul partait accomplir l’œuvre du Sheitan là où bon lui semblait, Juan cristallise bien cette joie du football retrouvée, lui qui sans cesse bouge, joue vers l’avant et sourit. Vous allez voir qu’il va même se remettre à bloguer…

Rashford (3/5) :
agitateur, provocateur (oui vous l’avez dans la tête désormais). Ne lui manque que la réussite et on pourrait presque se dire qu’effectivement, il pourrait être le grantattakant promis. En tout cas, pour lui, beaucoup de choses vont se jouer dans les mois à venir.

Les suppôts de Satan :

Young pour Dalot, 54e (NN) :
au moment où l’équipe prenait un peu l’eau, il a semblé bon à Ole de faire rentrer un peu d’expérience et de roublardise pour calmer les ardeurs adverses. Et bien vous savez quoi, c’est vachement moins crispant de voir Ashley rentrer en cours de partie que de le voir démarrer avec le brassard.

Ander Herrera pour Fred, 54e (NN) :
ouais non, le côté droit c’était quand même un peu le point faible de l’équipe hier. Jusqu’à ce moment là. On appréciera aussi la passe décisive d’Ander sur le premier but de Pogba, une passe décisive à son image, c’est à dire en se jetant comme un gros déglingo pour tacler et pousser cette balle, « tant pis s’il y a des chevilles au milieu de tout ça, pas mon problème« .

Angel Gomes pour Mata, 81e (NN) : Rien à déclarer.

Le marathon se poursuit dimanche, avec la réception de Bournmouth.
La bise inferanale

Luke Seafer

Fils de Satan, fils du metal, fils de la haine, fils de Cobra.

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