Marseille-Nîmes (1-2) : La Crocro Académie se fait une sardinade

Salut les pitres,

Encore une fois, c’est l’ami Stan Carwash qui s’y colle, je l’héberge car il est aussi perdu face à WordPress que Jéjé Arpinon face à une séance tactique. Je n’ai pour ma part pas pu voir ce match. Après avoir raté le derby, voilà donc que je rate la 2e victoire un poil jouissive de la saison, il y a peut-être des signes qui ne trompent pas. En tout cas, si on descend après avoir gagné à la Mosson et au Vélodrome, on le fera au moins le coeur léger. Allez, la bise.

Karoud


Le Nîmes Olympique poursuit son tour des routes de France en direction de Marseille, un court déplacement certes, mais la Crocro Académie n’est pas du genre à rater une occasion de faire rougir son fessier suite au contact rugueux avec du matériel de jardinage, même si l’enceinte du boulevard Michelet constitue un écrin moins susceptible d’accueillir des faits divers glauques que les bars-tabac-PMU de Bretagne ou les voies ferrées désaffectées de l’Est de la France.

Oui, ce montage existe vraiment et nous vient des Nemausus 2013, l’un des deux principaux clubs de supporters du Nîmes Olympique, merci à eux pour l’orthographe

Nîmes/OM ou OM/Nîmes, ce fut, jadis, il y a longtemps, un classique du championnat de France de première division. Un derby même, avant que Montpellier ne pointe le bout de son nez, ne raffle toute la coke à disposition et ne ramène les distances kilométriques et le challenge sportif à des considérations plus raisonnables. Tout cela ne doit pas nous faire perdre de vue le fait qu’OM/NO, c’est la rencontre de deux styles aussi voisins que différents.

A ma droite le grand favori, multiple champion de France et décuple vainqueur de la Coupe de France, seul club français vainqueur de la Coupe d’Europe des clubs champions, l’un des clubs les plus populaires de France, j’ai nommé l’Olympique de Marseille. A ma gauche, le Poulidor du football français, qui s’est maintes fois sabordé alors qu’il était susceptible de gagner quelque chose, quatre fois deuxième du championnat, trois fois finaliste malheureux de la Coupe de France (Guy Roux et Philippe Sence, je ne vous pardonnerai jamais d’avoir anéanti mes rêves de jeunesse) mais néanmoins détenteur de la cossue coupe Charles Drago, j’ai nommé le challenger Nîmes Olympique.

Deux clubs du sud, quasiment voisins, qui se sont échangé des joueurs aussi mythiques que José Anigo, Arthur Moses, Alain Cantareil, Gérard Bernardet ou Karim Dahou. Deux clubs que l’on pourrait aussi estimer proches du fait de leurs pratiques : Tapie, Anigo, Courbis d’un côté, sont en quelque sorte les mentors de Coencas, Maillol, Conrad ou autre Kasparian de l’autre. En ce sens, faute de donner à ce match les malheureux et pathétiques sobriquets « classico », « derby », « poubellico », ou « olympico », la Crocro Académie se propose d’introduire le terme (qui bientôt nous n’en doutons pas, fera autorité) de corruptico. Parce que 300 000 francs enterrés dans un jardin quelque part du côté de Valenciennes valent bien 3 caisses de piquette glissées en scred dans un vestiaire à Caen.

L’occasion d’affronter l’Olympique de Marseille est toujours une occasion de rappeler à certains Gardois, pour qui rien n’existe en-dehors de la Ligue 1 et qui se sont laissé séduire par les sirènes phocéennes faute de football de haut niveau pendant de trop longues années dans leur département, qu’ils ont le cul entre deux chaises. Je me demande d’ailleurs qui ces gens supportent pour un OM/Nîmes.

J’avais côtoyé l’un de ces phénomènes en décembre 2019 au stade Vélodrome d’ailleurs. Le déplacement étant très strictement encadré et l’accès au parcage visiteur impossible si l’on ne faisait pas partie d’un convoi escorté, j’avais pris une place en latérale. On ne m’y reprendra plus jamais. J’avais à côté de moi un authentique spécimen de demeuré originaire de Petite Camargue, cette belle partie du Gard où prolifèrent les beaufs trumpistes principalement passionnés par les taureaux et le tuning automobile (dans une variante qui consiste à mettre le plus possible de phares et projecteurs annexes sur leur pickup, sans doute pour mettre ce dernier aux normes de lux exigées par la LFP) ce et où le pourcentage de votes Front National n’a rien à envier aux degrés d’alcool du Ricard. Ce phénomène concentrait toutes les tares observées dans sa région d’origine (accent caricatural et forcé, maîtrise approximative du français, phrases toutes faites qui ne veulent rien dire, ouverture d’esprit inexistante, incapacité à produire une réflexion construite, racisme latent – Rani Assad le président arabe semblait l’inspirer tout particulièrement –, etc.) et était, bien entendu, atteint de ce syndrome de Stockholm dont souffrent de nombreux prétendus supporters nîmois qui regrettent le manque de moyens ou d’affluence à Nîmes – où ils ne fréquentent bien entendu le stade que ponctuellement, selon l’affiche et la division – tout en remplissant les caisses de la boutique du club phocéen en achats de places et de produits dérivés. Il avait visiblement également rempli les caisses des South Winners puisqu’il portait une parka estampillée du nom de cette sympathique association à but non lucratif. Pardon pour cette digression mais cette expérience fut tellement traumatisante que la relater, même brièvement, a des vertus cathartiques salvatrices.

Ce corruptico 2021 ne s’annonçait pas, en tout cas côté Nîmois, sous les meilleurs auspices. Le caporal Jé avait décidé de placer Renaud Ripart en milieu relayeur et Lucas Deaux en défense centrale. Il est vrai que malgré le retour de Briançon, le boucher des Costières Henri-Désiré Landre reste indisponible. D’ailleurs ça serait pas mal de perquisitionner son domicile, je suis sûr qu’on y trouverait des morceaux du tibia de Youcef Atal. Dès l’annonce de la compo, je me suis rendu compte que je n’avais pas prévu assez d’alcool pour oublier ce qui allait se passer. Pour oublier pensais-je, car pas un instant je ne croyais que je pourrais fêter quoi que ce soit.


LE MATCH

Brisons tout de suite le suspense : Nîmes Olympique s’est imposé sur le terrain d’un OM qui a proposé un contenu famélique et en-dessous de tout. Si j’avais la moindre sympathie pour ce club et ses supporters, je compatirais volontiers avec ces derniers qui doivent supporter – dans tous les sens du terme – des semi-mongoliens coiffés par un hémiplégique atteint de la maladie Parkinson, mais fort heureusement, ce n’est pas le cas.

16h57 : les joueurs entrent sur le terrain et le Jump de Van Halen résonne dans un stade désert, bientôt suivi de sons pré-enregistrés dont il n’est jamais assez utile de souligner le caractère ridicule.

3e minute : occasion billard dans la surface marseillaise, j’ai pas trop compris ce qu’il s’est passé, bon apparemment on a fait n’importe quoi et quillé le ballon. Classique.

4e : les commentateurs parlent de Ribéry et du fait qu’il a présenté Marseille de manière positive à je sais plus quel gonze. Je me prends à imaginer comment il aurait pu présenter de manière positive Boulogne-sur-Mer, Alès ou Brest.

7e : les commentateurs se rendent compte que le dénommé Arpinon qui entraîne Nîmes est Jérôme et non Frédéric.

11e : Kamara se pète. Je sais pas qui c’est ce gonze de toute façon, j’ai lâché à l’époque d’Aboubacar « Titi » Camara. Gueye le remplace. Connais pas non plus, j’en étais resté à Marc-Eric Gueï. Putain de foot moderne. Et ça me bande les mecs qui parlent en mettant les mains devant la bouche, c’est la nouvelle mode à la con, genre tu crois que le staff adverse est en train de regarder Téléfoot et a embauché un préparateur mental spécialisé en lecture labiale ? Va bien niquer tes morts.

15e : sauvetage de Reynet (la frappe était globalement sur lui mais fallait quand même la sortir) sur une tentative marseillaise.

17e : frappe de Payet en coin, Reynet ferme bien l’angle, corner.

22e : occasion nîmoise en contre qui ne donne rien.

29e : coup-franc nîmois à l’entrée de la surface tiré par Eliasson. Rien de très intéressant si ce n’est le commentaire du préposé aux palabres, qui relevait que ce joueur décevait. J’approuve parfaitement cette observation, et je trouve qu’elle aurait gagné en assertivité s’il avait également été relevé que d’autres joueurs, comme Aribi ou Stojanovski par exemple, sont très en-deçà des attentes placées en eux. A croire que notre ami de Téléfoot avait eu une discussion avec le caporal Jé hors antenne et que ce dernier lui avait glissé quelques messages à faire passer pour casser du sucre sur le dos du directeur sportif et valoriser ses propres filières de recrutement.

32e : pénalty pour Marseille, un marseillais tire dans la main d’Alakouch, du coup M. Stiat siffle pénalty. Très bien donc dorénavant on va amputer les joueurs de foot ou les menotter avant les matchs, ça évitera ce genre de situations. Quelle connerie.

34e : Thauvin le rate et tant mieux. Même au rugby il aurait pas pris 3 points. Pour une fois qu’un truc de bien avec le numéro 34 nous arrive.

35e : arrêt de Reynet face à Benedetto, cafouillage, tête de Meling, on s’en sort un peu par miracle.

37e : ça doit être au MININMUM la quarante-douzième fois que nos rares attaques sont sanctionnées d’un hors-jeu. La faute aux joueurs ou à celui, à ceux, qui leur donnent des consignes ? Je ne doute pas que le sujet sera tranché de manière sérieuse dans la prochaine édition de notre quotidien préféré.

45e : centre de Ferhat, belle tête de Koné bien déviée en corner par Pelé.

46e : corner Eliasson, tête de Ferhat, à côté.

Mi-temps : Images exclusives de la causerie du caporal Jé

52e : Ferhat bousculé dans la surcace, rien selon M. Stinat… quelques secondes plus tard centre sur Koné, hors-jeu comme toujours. Intéressant de voir que la vidéo est utilisée de manière différente selon le standing du club concerné, mais bon ça à la limite on le savait.

54e : Eliasson marque sans faire exprès. Ca fait trois cent cinquante soixante quatorze fois que le mec centre des ballons qui n’arrivent sur dégun, et là il marque sur un coup de flipper après une passe d’Alakouch – qui n’avait probablement pas fait exprès non plus, ça ressemblait à un tir raté.

58e : Contre-attaque, Koné s’arrache et transmet à Ferhat, qui fixe et lance Alakouch qui centre pour le doublé d’Eliasson, mais putain WHAT’S GOING ON??? Pourquoi j’ai pas parié mon PEL sur un double d’Eliasson ? Ah ben j’ai pas de PEL, ça doit être pour ça.

De la 59e à la 90e : j’ai alterné entre sègue, stress et tentatives de faire bouffer la gamine sans qu’elle en foute partout dans le salon, donc ça m’a plus ou moins échappé. Y’a un truc qui m’a pas échappé par contre, c’est le match de merde de Payet, et la cerise sur la brioche c’est sa coiffure, bordel mec comment tu fais pour sortir dans la rue, t’as vu ta gueule sérieux ?

Fin du match. Voilà voilà, donc l’OM a pris la piquette. Beau combat d’infirmes, beau duel d’olympitres, un corruptico comme on les aime, avec la victoire du moins talentueux des deux. En fait il me semble que cet OM-là (enfin un club de « notre championnat » ! c’est le caporal Jé qui doit être content) aurait tout aussi piteusement perdu contre Lorient, Dijon ou les autres clubs qui constituent le lumpenproletariat de la Ligue 1. Une sardinade qui fait du bien, on va pas se mentir, mais qui doit absolument être bonifiée par un bon gros merlu braisé pour se donner un peu d’air.


LES NOTES

Reynet (5/5). Encore un très bon match, encore les arrêts qu’il faut. J’ai vraiment de l’admiration pour ce mec, il aura fait sa carrière (elle n’est pas finie et je lui souhaite encore de très belles années) dans des clubs pétés qui jouent les dernières places et se traîne donc une réputation de nullard, mais c’est vraiment un excellent gardien avec, qui plus est, un très bon état d’esprit. Le joueur sous-côté par excellence.

Briançon (3+/5). Un match correct globalement, on n’en a pas pris comme aux boules donc c’est déjà un gros progrès par rapport à nos dernières sorties, et Anthony a globalement fait le job.

Deaux (3+/5). Pas de glissade ni de relance dans l’axe, on va pas faire la fine bouche.

Alakouch (4/5). Quelques erreurs mais l’un des hommes du match côté croco, très clairement. Bonne activité défensive et offensive également puisque impliqué sur les deux buts. Quel dommage que ce garçon soit branché sur courant alternatif, ce qui fait probablement partie des raisons pour lesquelles il n’a pas prolongé son contrat. Une jeune pousse formée au club, j’espère qu’on saura le conserver, si évidemment il est de son côté capable de reproduire ce type de prestations.

Meling (3/5). Globalement propre, RAS. Une vraie mobylette ce type.

Cubas (3/5). Un peu en retrait par rapport au niveau entrevu en début de saison, une perte de balle merdique sur le but de Benedetto, mais de l’activité et quelques bonnes interceptions. J’ai eu peur qu’il prenne un rouge quand même, ça pouvait se siffler.

Ripart (2+/5). Respect pour Renaud évidemment, mais faut arrêter de le faire jouer à des postes à la con même si c’était moins mauvais que lors des précédents matchs.

Fomba (2/5). 4 millions d’euros dans les poches d’Auxerre.

Ferhat (4+/5). Notre leader technique, une fois de plus, lui aussi très largement impliqué sur les deux buts, l’une des rares satisfactions d’une saison compliquée. Putain, quand je repense qu’à son arrivée (après 3 saisons pleines au Havre et un nombre hallucinant de passes décisives), des mecs nous disaient que ça valait pas un demi-Thioub…

Eliasson (3+/5). Je l’ai pas trouvé terrible malgré ses deux buts, mais bon espérons que cela pourra le mettre en confiance, notamment pour débloquer le compteur de passes décisives (mais vu que ses centres ne trouvent quasiment personne…).

Koné (3/5). Beaucoup de positions de hors-jeu, mais des occases et du jus (et une superbe remontée de balle sur le 2-0). Notre meilleure solution en pointe, Roux semblant complètement cramé et Aribi étant une gigantesque arnaque.


Bravo et merci les gars, maintenant on désosse Lorient pour confirmer ! ALLEZ ROUGES BORDEL

Stanislas Carwash

3 commentaires

  1. Précisons que le dessin original qui a servi à ce montage de haute qualité provient du grand (et marseillais) Philippe Carrese.

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