Monaco-OM (0-2), La Canebière académie en démonstration

Aïoli les sapiens,

Après une trêve internationale sans histoire (l’équipe de France est chiante, la commission de discipline de la LFP prend des décisions honteuses, Gérald Darmanin n’a toujours pas démissionné… la routine), l’OM se rendait au stade Louis II pour affronter ce qui ressemblait à son premier gros test de l’année. Troisième du dernier championnat, nanti d’une enviable stabilité et doté de quelques noms ronflants, l’AS Monaco semblait sur le papier un adversaire au moins aussi redoutable que Nice. De plus, entre repos des internationaux et blessures diverses, l’OM se voyait privé de 4 titulaires habituels, obligeant Sampaoli à recomposer une équipe qui, pour séduisante qu’elle soit, ne brillait pas jusqu’ici par sa solidité.

Ces inquiétudes, il s’avère au lendemain du match que nous pouvons aussi bien nous les mouler dans un suppositoire à la camomille. La seule réserve que l’on peut encore exprimer réside dans le niveau de l’adversité, matée avec une telle autorité que l’on peut se demander finalement si l’on pourra tirer davantage d’enseignements de ce match que d’un TFC-OM sous Marcelo Bielsa. Cela ne nous empêche en rien de savourer.


Les Longorious Basterds

Lopez
Saliba – Balerdi – Luan Peres
Lirola (Gueye, 78e) – Kamara – Rongier – Guendouzi
Ünder (De La Fuente, 78e) – Harit (Gerson, 72e) – Dieng (Luis Henrique, 67e)


Une page se tourne : Mandanda est envoyé sur le banc pour cause de préférence sportive envers Pau Lopez, sans que l’on sache à ce jour si l’alternance est appelée à se poursuivre. Revenus la veille du match lestés de 6 heures de décalage horaire, Gerson et De La Fuente sont ménagés. Milik n’est toujours pas revenu et, tuile de dernière minute, Payet est préservé pour cause de blessure à la cuisse.

La feuille de match fournie par Sampaoli nous oblige à touiller longuement les noms pour ébaucher la composition du soir. Alors que la présence de Dieng laissait supposer la présence d’un attaquant de pointe, le minot prend plutôt place sur l’aile gauche. Harit remplace Payet en meneur de jeu, Kamara est réinstallé plus franchement en sentinelle, assisté de Rongier. Guendouzi endosse le rôle du galopeur fou, alors que Lirola soutient Ünder à droite, dans une position légèrement plus recentrée que le Turc.


Le match

Là où Villas-Boas nous obligeait à suivre l’OM une boîte d’antidépresseurs à la main, suivre l’équipe de Sampaoli requiert plutôt un mélange Guronsan-cocaïne pour tenir le rythme, sans oublier l’indispensable rouleau de Sopalin pour les bons soirs. Or, il apparaît rapidement que la soirée sera belle, dans la mesure où Monaco n’est pas davantage venu pour compter les brins d’herbe. Ca galope, ça se rentre dans le lard, et surtout ça n’oublie pas de jouer au football des deux côtés. À ce petit jeu, c’est d’abord l’OM qui fait plier l’adversaire : Ünder est tout proche d’obtenir un pénalty puis Dieng, lancé par Guendouzi, conclut un surnombre d’une lourde juste au-dessus de la barre.

Emblématique de ce rythme haletant que même la télévision peine à suivre, la 12e minute du match : occupé à se pignoler sur ses ralentis, le réalisateur rate une authentique relance de terroriste (Balerdi ?) sur un six-mètres. L’incendie est vite éteint par le même Balerdi et Rongier, et dans la foulée Harit lance merveilleusement Dieng plein axe : cette fois, Cheikh se heurte au meilleur défenseur monégasque de la soirée : le poteau droit. Pas le temps de savoir dans quel sens mettre son slip, la contre-contre-attaque est partie, et Balerdi doit sauver l’action en taclant du cul (si si) dans notre surface. L’arbitre invente alors un hors-jeu imaginaire qui a le mérite de permettre à chacun de reprendre son souffle.


L’OM broie Monaco au milieu de terrain mais notre défense souffre sur les coups de pieds arrêtés ainsi que devant le pressing adverse. Dans un moment de folie, nous nous surprenons même à apprécier parfois ce match d’un œil neutre, nous disant « eh bien même si l’on perd à la fin, on se sera quand même régalés ». Ces pensées incongrues disparaissent bien vite, cependant au profit d’un plus naturel « putain de leur mère de chatteux de leur race », quand une passe de Rongier pour Dieng transperce une nouvelle fois une défense anale, et qu’une nouvelle fois Cheikh échoue face au deuxième meilleur atout défensif de l’ASM : le poteau gauche.

La réflexion que tire Luan Peres de ces événements présente la limpidité d’un arrêté préfectoral. Considérant :

1°) que les Monégasques nous font claquer du slip sur nos propres relances courtes ;

2°) qu’il suffit à Dieng de courir tout droit pour procurer un AVC à son défenseur ;

Décide :

1°) de ne plus se faire chier et d’envoyer une longue tartine sur le côté gauche

2°) que le dénommé Cheikh Bamba Dieng sera chargé de l’exécution du présent arrêté, ainsi que du défenseur et du gardien adverses.


C’est ainsi que le jeune Matsima se fait uriner dessus une fois de trop et permet à Dieng un nouveau face-à-face avec Nübel : or, quoique doté de mains et de jambes, le poteau du milieu échoue là où le poteau droit et le poteau gauche avaient brillé (0-1, 37e). Dans un combat de MMA, Monaco aurait déjà crié sa soumission pour éviter de se faire étrangler à mort, mais ici les joueurs sont bien obligés de se faire pilonner jusqu’à la mi-temps. Quand Rongier dribble trois joueurs d’un coup en pleine surface avant d’offrir à Nübel son premier arrêt, on se dit que l’agonie monégasque n’a rien à envier à la nôtre ici même, quatre ans plus tôt sous Rudi Garcia. Rien à envier, sauf les buts : là où l’ASM rentrait aux vestiaires avec un avantage de 4 buts, la correction du soir n’est récompensée que d’une unique réalisation.

De retour sur le terrain, Monaco, en la personne notamment de Kevin Volland, laisse planer la menace d’une seconde mi-temps d’un autre calibre. Les Monégasques pressent ardemment notre relance et se procurent des surnombres en cassant notre propre pressing. Se produit alors ce que Luke Seafer appelle une « partie de manivelles », où d’un bel ensemble notre équipe se met à plat ventre pour mater la rébellion monégasque. Ces duels au milieu de terrain entre la 50e et la 57e, c’est comme faire avorter un coup de bordure au 100e kilomètre d’une étape Châteauroux-Vierzon, c’est fermer la boutique après un temps mort au handball, c’est tout l’équipage du voilier qui pisse contre le vent en passant le Cap Horn : c’est du combat, c’est solidaire, et ça finit définitivement de décourager les éléments contraires. Une fois acquis le fait que toute tentative monégasques se verra réprimée sans pitié par Rongier ou Luan Peres, entre autres, l’OM peut tranquillement asseoir son statut de patron sur la pelouse comme dans les tribunes.

Une nouvelle fois lancé sur les grands boulevards, Dieng laisse cependant paraître une légitime fatigue en ratant complètement sa remise. Espérant sans doute que l’un de leurs poteaux s’avance pour récupérer le ballon, les défenseurs monégasques ne suivent rien du tout et laissent Harit récupérer puis s’infiltrer dans la surface. Une petite passe retrouve Dieng qui, bien que très très fatigué, pivote autour du très très naïf Disasi pour visser le deuxième but (0-2, 60e).

Le derniers tiers du match est moins intense puisque, à l’exception de Rongier continuant à courir partout la bave aux lèvres, nos joueurs semblent très marqués physiquement. Là où la chose devient intéressante, c’est que l’équipe prend lucidement acte de cette fatigue et se replie sans se débander, dans le bon ordre et tout en maîtrise. C’est ainsi que Monaco récupère la possession du ballon, sans parvenir à produire autre chose que des imitations de mouches sur un pare-brise. À l’exception d’un coup-franc nous prenant à revers, les menaces adverses sont rarissimes, si bien que Balerdi peut même se permettre une petite relance en sombrero devant sa surface. Les nouveaux entrants, De La Fuente et Luis Henrique notamment, ne peuvent certes pas participer au festin offensifs que leur promettaient les défenseurs monégasques, mais l’essentiel est ailleurs. Après une ultime lourde envoyée par Guendouzi uniquement par charité envers les statistiques de Nübel, Marseille peut clore cette soirée placée sous le signe de la régalade.


Les joueurs

Lopez (3/5) : Évidemment, il lui faudra autre chose que les zéro tirs cadrés monégasques pour nous convaincre définitivement. Serein sur les quelques ballons aériens qu’il a eu à se mettre sous la dent, c’est déjà ça.

Saliba (3/5) : Auteur également d’une passe en retrait pour Mandanda d’autant plus slipométrique que notre gardien était Pau Lopez, et qu’il n’était visiblement pas placé où se trouve Steve d’habitude. William commet également quelques pertes de balles inquiétantes mais qu’il récupère lui-même avec une facilité telle qu’on se demande s’il ne n’a pas fait tout ça exprès, juste pour le frisson.

Balerdi (3+/5) : Impliqué dans cette perte de balle aussi abominable qu’anonyme de la 12e minute. La présomption d’innocence nous empêche de le sacquer d’avance pour ce qui représenterait son traditionnel pourcent d’atrocité au milieu de 99 % de performance de haut niveau.

Luan Peres (4/5) : On a retrouvé le Luan Peres des matchs de préparation, celui qui défend tellement en avançant qu’il finit par intercepter des ballons devant la surface adverse. S’il progresse encore ça va finir en Minority Report, demain il y a un attaquant Rennais qui va le voir frapper à sa porte et lui dire : « bonjour Monsieur, j’ai vu que vous envisagiez de porter une attaque sur mon côté dimanche prochain à 17h29 et je tenais à vous prévenir que ce n’était même pas la peine d’essayer. »

Kamara (4/5) : Recentré en sentinelle, avec des mouvements plus cohérents et une efficacité qui s’en ressent positivement. Ajoutons à cela que le brassard lui va très bien (prolonge, s’il te plaît).

Rongier (5/5) : Didier Deschamps était venu superviser Tchouaméni, si ça continue il va repartir à Clairefontaine avec le Rongieur. Tout le monde trouvera que l’on y gagne au change (y compris Daniel Riolo mais lui ce sera pour de mauvaises raisons).

Lirola (3/5) : En voyant la composition d’équipe, il n’y aura plus un seul coin du terrain que l’adversaire ne pourra regarder sans pleurer de détresse. Chacun son tour, les saisons précédentes, c’était nous.

Guendouzi (4/5) : Une heure de très haut niveau, à piler les monégasques avant de servir des mortiers d’aïoli 5 étoiles à ses coéquipiers. Perdant en fraîcheur et en lucidité en fin de match, Mattéo a surtout été remarqué en train de solliciter des conseils chevelure auprès de Stéphanie Frappart ; on criera au préjugé mais comprenons aussi Mattéo, pour une fois qu’il ne rencontrait pas un arbitre chauve.

Ünder (3+/5) : Évidemment, quand le défenseur monégasque côté opposé fait de grands gestes en criant : « Hé ! là ! regardez-moi, je suis nul ! c’est de mon côté qu’il faut attaquer ! », le jeu passe un peu moins souvent à droite. À la limite, c’est même rassurant de voir que l’on peut dominer aussi même sans performance XXL de Cengiz.

De la Fuente (78e) : Petite soirée pour Konrad qui, décalage horaire oblige, ne pouvait plus sprinter qu’à 45 km/h environ.

Dieng (5/5) : OK, en théorie une note parfaite doit récompenser un match parfait, or avec un peu plus de justesse Cheikh aurait pu finir la rencontre avec un quadruplé. Je pense que vous serez d’accord avec moi pour dire qu’on s’en bat les couilles et porter en triomphe notre minot pour ses premiers buts en Ligue 1.

Luis Henrique (67e) : Nous appréhendions son entrée avec une gourmandise sadique, mais l’apparition de Luis Henrique a coïncidé avec une phase plus défensive qui l’a empêché de faire subir les derniers outrages aux défenseurs du Rocher.

Harit (4/5) : Amine a fait passer inaperçue l’absence de Payet, je ne sais pas si l’on se rend bien compte.

Gerson (72e) : Soucieux de se préserver après un voyage éprouvant, Gerson a assuré son entrée en faisant les gros yeux et en demandant aux Monégasques :

– y en a un qui veut tenter encore de revenir au score ici ?

– non, c’est bon, chef, ça va.


L’invité zoologique : Kevin Poisson Volland

Élegant et majestueux, l’exocet file à toute allure à la surface des mers pour échapper à ses prédateurs. Sauf que la fuite élégante, ça ne marche qu’une fois : depuis le temps, la dorade a appris la combine et, désormais, sait également les attendre à l’arrivée de leur vol pour les bouffer tout crus. Le poisson volant est donc l’invité approprié pour raconter ce match contre une équipe qui, malgré quelques fulgurances, ne sera jamais le patron de la mer.

– Les autres : Je leur en veux. On était partis pour un beau match-référence, maîtrise, combat, victoire convaincante contre un rival direct et tout et tout, tout ça pour finir par repartir avec le soupçon tenace qu’une telle défense se fera aussi bien taper par Clermont ou Bordeaux.

– Le classement : Nous voici donc troisièmes, avec ce match en retard (à rejouer contre Nice) dont on a appris l’an dernier qu’il équivalait rarement à trois points assurés.

Coming next : Nous abordons un enchaînement dantesque de 6 matchs en 18 jours, avec pour faire bonne mesure un long voyage à Moscou dès jeudi pour inaugurer notre Ligue Europa. Finalement, la bonne nouvelle de la soirée, c’est surtout de constater que l’on peut compter sur un effectif fourni.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Instagram et sur Twitter. Anthony Ch. réalise le doublé au concours zoologique.

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

5 commentaires

  1. Super match, super acad'(comme d’hab en fait) et surtout superbe crotte de nez sur le veston du Jack London de Ris-Orangis. Me likes.

  2. Clap, clap…
    Monsieur Lapin aurait été de bon aloi pour la LFP…
    Sinon on a retrouvé Rongier. Dingue de voir des joueurs autant se transformer…

  3. Une métamorphose qui se généralise et s’étend jusqu’à nos petits foyers; me voilà surpris à rire devant une canebière acad’ de lendemain de victoire.

    M. Blaah, je commençais à peine à débander et voilà que la lecture de votre élégant verbe eut un effet revigorant.

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