Montpellier – Nîmes (1-0) : La Crocro Académie est colère

Salut les zguègues,

« Quand c’est pénible, autant faire court », comme a l’habitude de me dire Madame. En l’occurrence, lorsque retentit le coup de sifflet final de ce match aussi laid que les tatouages d’Andy Delort et que la coiffure de Joris Chotard, l’état d’abattement dans lequel je me trouvais laissait peu de probabilité à un retour de la Crocro Acad’ sur le présent site. Les joies de la paternité m’avaient tenu éloignées de ces travées sentant la bière et la mauvaise foi, tout pris que j’étais par les senteurs non moins amènes de diarrhées et de vomi, non éthylique pour une fois.

Et puis, après tout, « même si c’est dur, il faut aller au bout », comme j’ai l’habitude de dire à Madame. Faire face dans l’adversité. Après tout, qu’est-ce qu’une défaite chez les éboueurs après tant d’années de galère ? Le vent tournera, collègue.

Nous voilà donc partis pour une nouvelle saison et un nouveau derby. Dans l’intervalle, je sais pas si t’avais suivi, mais un certain Téji Savanier est parti avec armes et bagages poser son gros cul de tête de noeud de gitan obèse de l’autre côté du Vidourle, nous laissant, il faut bien le dire, gros-Jean comme devant et pour tout dire un peu paumés. Alors certes, un comptable ou un macroniste te dirait qu’on a récupéré le type pour que dalle il y a cinq ans et qu’on le revend à son club formateur pour 10 briques et que de ce point de vue là, on frôle le génie. Mais ces types là peuvent bien se séguer avec Rani Assaf en regardant les maquettes du nouveau stade, il ne comprendraient même pas les concepts de fierté, d’identité et de trahison. Si l’on ajoute à ça les départs, dans le désordre, de Bozok, Alioui, Thioub, Bouanga et Bobichon, tu te retrouves avec une équipe qui n’a plus du tout la même gueule que l’an passé. Côté positif, on garde l’essentiel de la défense (Alakouch, Briançon, Miguel, Landre et cette chèvre de Paquiez dont personne ne voudrait de toute façon) et on se renforce même avec l’arrivée de Pablo Martinez, formé au club et dont on sent tout de suite qu’il va bien se couler dans l’équipe. Devant, on compense pas si mal les départs avec les arrivées de Ferhat et Philippoteaux, déjà efficaces sur les ailes, et Haris Duljevic, ex-Dresde en D2 teutonne, pour qui j’avais aucun a priori et qui a effectué un début de saison très encourageant en attaquant de soutien. Le gros hic pour le moment c’est la pointe, où l’on retrouve le gros Renaud Ripart dont les choix capillaires sont aussi discutables que le talent footballistique intrinsèque. Le bougre compense tout ça par une envie évidente, du coffre et une couverture de balle intéressante par séquence, mais ça manque quand même d’un 9 qui plante. On devrait prochainement avoir le retour de Clément Desprès, pas un crack non plus. Surtout, on manque clairement d’un tireur de CPA performant : les corners et coups-francs de Savanier et Bobiche nous avait sorti de la panade plusieurs fois l’an passé, et les nouveaux milieux (Sidy Sarr, Lucas Deaux et Lamine Fomba) sont plus des pistons et des gratteurs de balles que des artistes.

Nous voilà donc disais-je repartis dans cette « ville de plages et de pipes » chère à Louis Nicollion, avec pour objectif de se montrer moins pleutres que l’an passé. Dans des termes moins choisis, la mission était la suivante :

Ce fut donc un sacré bon match de merde. Blaquart avait choisi l’option fort contestable de se présenter en « mode Paillade », c’est à dire avec l’intention de tout faire sauf jouer au foot, cinq derrière et des milieux qui ferraillent en espérant un contre ou un exploit. Niveau intensité, la première demie-heure fut bonne, avec notamment un bon Lucas Deaux, solide depuis son arrivée, et quelques remontées rapides intéressantes. Arriva vite la preuve que la journée serait merdique : sur un centre de la droite, Souquet écarte le ballon de la main et dégage ensuite. Le geste semble involontaire, mais c’est bien le bras du gusse qui enlève le ballon à Martinez qui arrivait derrière. L’arbitre va voir le VAR : on se dit alors que c’est forcément péno, et bé finalement non : la fâcheuse impression de se la faire mettre continue après les deux pénos accordés contre nous à Paris puis Nice pour des fautes pourtant encore moins évidentes. A l’arrivée, on va pas se cacher derrière ça, étant donné que la deuxième mi-temps fut un néant d’envie et de foot, mais ça fait chier quand même. Dans la foulée, Souquet envoie une fort belle lourde sur une balle mal dégagée et marque sur ce qui restera comme une des seuls tirs des Pailladins. Fomba et Miguel sont fautifs au marquage, et l’équipe trop passive sur l’action.

Pas grand chose à ajouter sur la deuxième mi-temps, ce fut long et pénible, comme précisé plus haut. Les entrées furent trop tardives et n’apportèrent pas grand chose, si ce n’est deux déboulés côté gauche de Philippoteaux. Sur un malentendu, on aurait pu égaliser par Sarr sur la dernière action, mais abrégeons. Alors oui, l’équipe a évidemment mieux abordé le derby que celui de l’an passé, mais l’idée c’est quand même de marquer des buts, con de tes morts. Et me voilà aigri pendant 6 mois dans l’attente du match retour, quelle vie.


Les collègues

Bernardoni (4/5). Impossible de lui reprocher quoi que ce soit sur le but, et rien à redire sur le reste. Propre.

Martinez (3/5). Putain, s’il avait pu reprendre cette balle de volée derrière le bras de Souquet… Solide et appliqué comme ses compères de défense centrale, on a finalement que très peu vu Delort et Laborde.

Briançon (3/5). Idem, c’est pas à eux qu’on a envie de reprocher des choses.

Landre (3/5). Blaquart l’a peut-être titularisé en imaginant qu’il nous remettrait le même but que lors du derby retour de l’an passé, mais le gros Loïck est resté prudent comme un lycéen lors de sa première Feria. Remplacé par Philippoteaux pour le dernière quart d’heure, qui a apporté deux fois le danger, faisant regretter de ne pas l’avoir vu plus tôt.

Paquiez (1/5). La deuxième surprise du chef, titularisé à la place d’Alakouch avec un rôle de piston qu’il n’a jamais rempli, la faute à un bloc héraultais bien en place et accessoirement aux parpaings qu’il a à la place des pieds.

Miguel (2/5). On sent qu’il monte en puissance cette année, mais ce match est à oublier pour lui, presque pas d’apport offensif et un oubli au marquage sur le but de Souquet.

Deaux (3/5). Au moins en première mi-temps, il a été le taulier du milieu, dans tous les coups au propre comme au figuré. Une grosse baisse de régime à l’heure de jeu, comme toute l’équipe d’ailleurs.

Sarr (2/5). Encore difficile de savoir qu’attendre de lui. Il a un swag intéressant balle au pied, et une capacité notable à gagner des duels. Il aurait pu être un improbable héros en fin de match s’il était plus vif qu’une moule trop cuite.

Fomba (1/5). C’est un peu la tête de Turc du public depuis le début de saison, la faute à un style un peu nonchalant et des qualités qui crèvent pas les yeux : ni très rapide ni très technique, il compense par du coffre et de l’envie (j’ai pas déjà dit ça pour Ripart?) mais là il a surtout couru dans le vide.

Ferhat (1/5). Le genre de match où il doit dribbler trois joueurs pour espérer faire une différence, assez pénible malgré des qualités de percussion évidente. Il a manqué d’espace et de soutien. Un bémol en plus pour sa sortie en marchant alors qu’il restait un quart d’heure. Remplacé par Valls, qui a me semble-t-il insufflé un début de révolte au milieu mais sans plus.

Ripart (1/5). J’aurais tellement aimé écrire quelque chose du genre « Renaud, ce pénalty transformé face à la Butte Paillade restera à jamais gravé dans mon coeur »… Ça va venir, va. En attendant, on peut toujours dire qu’il pèse et qu’il se donne, mais c’est pas encore ça.


Bonus

Bon, le temps que je finisse cette acad’, on a subi le hold-up du siècle à la maison contre Sainté… Va falloir corriger cette inefficacité chronique, parce qu’à un moment tourner autour ça va, comme le dirait Madame. Bon, sur le contenu c’est pas mal du tout, la saison est encore longue. Et vivement le derby retour. Et nique le VAR. Et allez Nîmes, pute borgne.

Et la bise quand même, va.

Karoud Fider

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