OL de Lyon / Paris SGEL (0-1) – La Porte de Saint-Cloud Académie recompte ses annuités

2 septembre 2019, 16h54, à la caisse de retraite des sportifs-fonctionnaires :

« Ma foi, voilà une bonne journée de faite. Plus qu’à aller me glisser tranquillou sous ma couette.

-Bonsoir, il y a quelqu’un ?

-Ah, non, on ferme, là…

-Oui, pardon, je sais, mais j’ai une petite question…

-Mais ? Quoi, c’est encore vous, monsieur Némarre ?!

-Oui, je voulais juste vous demander…

-Mais ça fait quinze fois que je vous le dis, monsieur Némarre : vous n’avez pas encore assez cotisé pour toucher votre retraite !

-Oui, je sais, vous me l’avez déjà dit, mais…

-Et non, vous ne pouvez pas prendre votre retraite à 27 ans !

-Oui, oui, d’accord, mais enfin…

-Mais enfin quoi, qu’est-ce qui ne va pas, à la fin ? Je vous ai déjà tout expliqué en long, en large et en travers, c’est pourtant pas compliqué : vous cotisez sur chacun de vos salaires bruts en tant que footballeur-fonctionnaire de Paris-Saint-Germain-en-Laye un montant calculé rétroactivement sur la base du taux d’indice annualisé de 7,18 %. Vous ajoutez à cela la part prélevée par la 3F sur les primes de fin d’année, de signature, de match, de but, de passe décisive, de pourcentage de dribbles réussis et de changement de coupe de cheveux trimestriel, part rapportée au ratio saisonnier de unes de L’Équipe aux deux tiers, au taux de remplissage mensuel du stade Francis-Le-Blé au quart, et au rapport canapés achetés / pizzas calzone consommées au dixième du prix de revient, au taux d’intérêt de 19,16 % en vigueur au 1er janvier 2019. À cela s’ajoutent bien évidemment les diverses clauses unilatérales de performance, de comportement et d’arts appliqués, imposées au prorata du montant des partenariats publicitaires contractés sous seing privé avec des entreprises de la région agréées par la direction interministérielle des sponsors fessiers. Le total, auquel l’on soustrait la part à taux fluctuant des pensions dues aux 417 vainqueurs de la Coupe de la Ligue et à leur ayant-droits, ainsi que la part réservée au comblement du trou de la Sécu, en application de la jurisprudence Guy Roux, équivaut à la base fixe de votre rémunération d’intermittent du spectacle. Le résultat de cette simple addition, ramené aux six derniers mois de votre activité et réduit à la décimale inférieure, constitue votre taux d’indice pour votre future pension, lequel est pris en compte lors du calcul de votre total de points accumulés, délivrables en trois à huit versements en PCV. Chaque point équivaut à 57,64 % de la valeur totale d’un euro, soit 57,64 centimes d’euro. Et tout cela, bien sûr, sans oublier le taux de change.

-…

-Vraiment, je ne comprends pas pourquoi les Français rouspètent encore, cette réforme éclaircit pourtant tout, et chacun y gagne, puisque l’on cotise pour sa propre retraite ! C’est ça, le triomphe de Macron : c’est du win-win à tous les niveaux ! La justice sociale, made in France ! Ah, vous aviez pas ça, au Brésil, hein ?

-Euh… Non, mais… Y a encore un petit truc que je ne comprends pas…

-Ah, mais il me semble que j’ai pourtant été on ne peut plus clair, monsieur Némarre ! Vous allez finir par abuser de ma patience ! Et la patience, c’est de l’argent ! Et pas à cotiser, celui-là !

-Non, mais, en fait, c’était juste pour savoir s’il serait possible de transférer mon dossier en Espagne, à Barcel…

-Mais vous n’y pensez pas ! La moindre absence d’activité de plus de trois jours sur le territoire français remettrait tous vos compteurs de points à zéro, un zéro calculé au taux d’indice de 0,00 % en vigueur au 18 avril 2019, et l’usufruit en serait reversé pour une part d’au moins trois tiers à une école primaire du Gers ou bien, pire, à un camping d’accueil de migrants loué par Vinci sous le périphérique ! Non, vraiment, tout cela ne serait pas vous rendre service.

-Mais la vérité c’est que je m’en fous pas mal de votre foutue retraite à points, j’ai déjà de quoi voir venir, merci bien ! Je cherche juste à me barrer, un point c’est tout !

-Mais vous n’y pensez pas ! Vous ne pouvez évidemment pas quitter le territoire français avant d’avoir fini de cotiser ! La dernière réforme est très claire, toute substitution au régime à points équivaut à la réclusion à perpétuité !

-Hein ?! Mais je vais quand même pas rester moisir ici jusqu’à mes 65 ans ! Y a forcément un autre moyen, je peux pas être bloqué comme ça, c’est illégal !

-Mais bien sûr qu’il y a un moyen : payer toutes vos cotisations !

-Mais comment ? Vous m’avez dit vous-même…

-Mais en marquant des buts, monsieur Némarre, en marquant des buts. C’est le maître mot de cette nouvelle ère pour notre belle civilisation : pro-du-cti-vi-té. C’est là que ce système est génial : en travaillant deux fois plus, on cotise deux plus vite, et on part à la retraite deux fois plus jeune. C’est ça, la start-up nation ! Tenez, si je fais un rapide calcul sur la base de vos taux d’indice personnels pondérés par le parcours européen de votre équipe – je pars sur un moyenne de huit matches par saison, mais on ne sait jamais, vous pouvez faire mieux un jour, hein -, il ne vous reste que… 767,35 buts à marquer pour obtenir toutes vos annuités sans attendre l’âge minimum légal ! Allez, vous mettez un bon coup de collier, et dans un ou deux ans, c’est fait ! Alors maintenant, au boulot, on prend son Feed, on coupe sa pause déjeuner en quatre, et on plante, on plante, on plante ! Et pas de passes décisives, hein, ça rapporte rien, ça. Bon, maintenant, sans vouloir vous presser, je vous raccompagne à la sortie : il faut vraiment que je ferme, je vais être en retard pour mon troisième boulot. Allez, bon courage monsieur Némarre, et au travail ! »


LA RENCONTRE


Dans ce monde sans foi ni loi où aucun.e Français.e, d’après les dires de celleux-mêmes qui les gouvernent, ne pourrait comprendre que l’on puisse vivre au-delà de 100 ans sans travailler jusqu’à 75, il est des femmes et des hommes qui luttent contre la broyeuse de vies capitaliste. A leur tête, un blackblocquéquipe de camarades-joueurs, déterminés à faire chuter l’oppression du néo-capital footballistique. Pour les mener face à la répression, un bel homme, allemand et pourtant gentil , prêt à tout pour faire appliquer la justice sociale. Face à lui, face à ces militant.e.s, l’emblème du conservatisme bourgeois, le fanion du gouvernement par la répression, le symbole du pouvoir de la peur recroquevillé derrière ses sbires harnachés pour tuer : l’OL de Lyon, de sinistre mémoire.

Et au-dessus, bien au-dessus de tou.te.s ces belligérant.e.s – car il s’agit bien d’une guerre à mener -, l’Homme capable d’inspirer les masses, de conduire les opprimé.e.s à la destruction de ce système injuste et mortifère, de mener le monde à l’avènement d’une société gouvernée par et pour le peuple : Maxéric Choupomotin, titulaire en pointe devant l’éternel.

 

Individu.e.s très mobiles

 

Les forces de l’ordre lyonnais, bien en place dans leur triple cordon défensif, regardent leurs adversaires droit dans les yeux, bien décidées à ne pas leur céder un pouce de terrain, surtout dans l’axe. Offensivement par contre, les charges tentées dans le premier quart d’heure n’ont que peu d’effet sur nos camarades déterminés et rompus à ce genre d’exercice. Très vite, les percées en profondeur de l’Ange de Marie mettent à mal le dispositif adverse, bien aidé par les décrochages de Choupo, notre bel avant-centre. Trois occasions franches initiées par la Raie argentine. Le dernier quart d’heure du premier acte est le théâtre d’une occupation du terrain systématique, qui n’est malheureusement pas récompensée, du fait notamment des brigades mobiles d’en face qui empêchent tout rassemblement illégal devant la surface.

La deuxième période repart sur un petit rythme, mais voit PSGEL prendre peu à peu l’ascendant. Némarre, pris pour cible de la vindicte bacqueuse, odieusement criblé de projectiles « non-létaux », et ce à plusieurs reprises, prend le relais d’un Angelito plus effacé qu’en première mi-temps. Après un bon quart d’heure de domination stérile, PSGEL finit par se montrer de plus en plus pressant. Jusqu’à la fatidique 87e minute, et l’action qui fout le zbeul : après une belle phase de construction, le petit Marco trouve l’Ange de Marie à l’entrée de la surface, plein axe, lequel remet la balle en première intention à Némarre, dos au but. Notre ex-futur-ancien meneur de jeu, au duel, crochète pour se retourner, éliminer son vis-à-vis et frapper du gauche, croisé, à ras de terre, au ras du poteau droit. 1-0, rideau (de fumigènes).

 


LE SOVIET DE TÊTE


 

Kéké Navasse (3/5) : Sa défense centrale lui a piqué son job. Déjà deux clineshites, attention au bore-out.

Tommy la Meule (2+/5) : Le petit Thomas est à son équipe ce que le ventre mou est à la Liguain : ni particulièrement dangereux, ni particulièrement en danger.

Titi Silva (4+/5) : Ah mais en fait maintenant il est capitaine seulement quand c’est son anniversaire ?

Abdo Diallou (3/5) : Il faudrait que je trouve d’autres options drôlatiques avec son nom, parce que pour l’instant sa constance tranquille ne me permet pas de trouver quelque chose à dire de ses prestations.

Jean Bernard (2+/5) : C’était pas forcément un mâche à latéraux, ce soir. En tout cas, en ayant vu le mâche contre le Real, les Lyonniais ont bien compris qu’ils n’avaient pas intérêt à ce que ça le devienne.

(Remplacé à la 72e par Prunelle de Quimperlé, en attendant Simon Phoenix)

AnderRrérRrerRrarrg (3/5) : S’il faut rouler les R, je suis dans la mouise.

(Remplacé à la 72e par Marcoco, ambianceur de milieu)

Petit Marquis (2+/5) : Plutôt dans le dur que dans le mou.

Idrissa Guy (3/5) : Difficile de faire mieux que l’autre soir.

Ange de Marie (4/5) : Difficile de faire mieux que l’autre soir, MAIS il a bien failli.

Maxéric Choupomotin (3/5) : Le panneau dans lequel les défenseurs se plaisent à tomber.

Némarre (4/5) : Le Formidable Outil connecté™ était jusqu’ici dépourvu d’un système de climatisation. En bon président burkinabé, ce brave Némarre s’est gentiment chargé de l’installation. Il faudra qu’il revienne pour régler ce problème de fuites de merguez sur les poteaux de corner, par contre.

(Remplacé à la 91e par Liévin Kurosawa, comme si ça ne suffisait pas pour ces pauvres Lyonniais de se manger un pion à cinq minutes de la fin)

 

Allez, salut les ex-futur.e.s retraité.e.s,

Et n’oubliez pas de cotiser pour la pension des gros membres grâce aux boutons ci-dessous,

Crodialement,

Georges Trottais

 

Georges Trottais

L’homme le plus (lutte des) classe(s) du monde.

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